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03.04.2008
L'OTAN retarde l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 03.04.08 | 16h08 • Mis à jour le 03.04.08 | 16h13
La Géorgie et l'Ukraine n'ont pas hérité du statut de candidat officiel à l'OTAN qu'elles réclamaient, à l'issue de la deuxième journée du sommet de Bucarest, jeudi 3 avril, mais les deux pays ont néanmoins obtenu l'engagement des autres membres d'intégrer "un jour" l'organisation. Ce compromis, négocié après de longues discussions et défendu notamment par la France et l'Allemagne, qui ne souhaitent pas froisser la Russie, n'a pourtant pas été du goût de Moscou.
Le vice-ministre des affaires étrangères russe, Alexandre Grouchko, cité par l'agence Interfax, a prévenu que l'intégration des deux anciennes républiques soviétiques serait "une grande erreur stratégique (...) qui aura les conséquences les plus sérieuses pour la sécurité de l'Europe". En revanche, la Géorgie a salué une avancée "historique". Le dossier des deux pays sera examiné en décembre par les ministres des affaires étrangères, a précisé le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer. D'ici là, Kiev et Tbilissi ont été encouragés à maintenir leur candidature au "plan d'action pour l'adhésion" (MAP), première véritable étape avant l'intégration.
Paris, Berlin et leurs alliés estiment en outre que l'OTAN n'a jusqu'ici jamais accepté un pays qui est confronté à des velléités sécessionnistes, comme la Géorgie en Abkhazie et en Ossétie du Sud, régions proches de la Russie et où le rouble circule. Le fait que les aspirations ukrainiennes et géorgiennes aient été jugées légitimes à Bucarest risque toutefois de priver bientôt la France et l'Allemagne d'arguments.
Autre recalée : la Macédoine, dont l'adhésion a été mise en échec par un veto grec. Athènes refuse que la Macédoine intègre l'OTAN sans avoir changé de nom, car c'est également le nom de la province la plus septentrionale du pays. Ce différend a provoqué le départ précipité de la délégation macédonienne en signe de protestation. L'OTAN a déploré ce blocage mais s'est dit confiante qu'une "solution mutuellement acceptable"
soit trouvée.
Si le refus d'accepter la Géorgie et l'Ukraine au sein de l'Alliance atlantique est considéré comme un revers pour George W. Bush, qui défendait cette proposition, l'accord conclu, jeudi, entre Washington et la République tchèque pour l'implantation sur le sol tchèque d'éléments du bouclier anti-missile américain apparaît bien comme une victoire. "Cet accord est un pas important dans notre effort pour protéger nos nations et nos alliés de l'OTAN de la menace grandissante posée par la prolifération de missiles balistiques et d'armes de destruction massive", explique le communiqué commun.
18:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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