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04.04.2008
EXCLUSIF : TV Magazine a rencontré George Clooney
A l'observer en personne, dans cette suite à Los Angeles, on comprend sans réellement toutefois pouvoir l'analyser, pourquoi nul ne résiste au charme de George Clooney. Cet homme respire la jovialité, l'humour et l'intelligence. Il a un perpétuel sourire craquant (sauf quand il parle du Darfour, sa cause, sa bataille) - même ses rides sur ses tempes sourient. On n'est même pas étonnée de découvrir qu'il a de très belles mains - en plus. Ultra-mince, en jean, avec un simple polo noir qui réhausse son bronzage, George est la convivialité et la bonne humeur incarnées. What else ?!
L'action de Jeux de dupes se situe en 1925, on a vraiment l'impression de voir un film d'époque, d'autant que les années folles vous seyent à merveille...
Merci (sourire). On voyage dans le passé c'est vrai. C'est exactement ce que je voulais faire en tant que réalisateur sur ce film. J'ai utilisé le même genre de dialogue, de cadrage et de look. Voilà l'astuce. Bien sur c'est en couleurs pas en noir et blanc mais ce sont les mêmes mouvements de caméra : au lieu d'utiliser les caméras à l'épaule qui donnent un mouvement généralement très rapide au film, j'ai usé largement de plans séquences, plus lents. Et on a filmé depuis des grues, ce qui donne des plans fixes.
C'est votre troisième film en tant que réalisateur, après Confessions d'un homme dangereux et Good Night, and good luck, mais c'est le premier qui ne soit ni personnel ni engagé. Vous aviez envie de faire quelque chose de plus léger ?
Oui. Tous les films que j'ai réalisés sont des films très sérieux, très politiques. J'ai eu peur d'être étiqueté. Dans les médias je devenais celui que ne fait que des thrillers politiques. Je ne veux pas devenir la conscience morale de l'Amérique. Je veux juste être réalisateur. J'ai façonné ma carrière pour être réalisateur plus qu'un acteur. Donc je me sentais prêt à faire quelque chose de vraiment différent. Or il y a dix ans j'ai lu un début de synopsis de ce film mais ça ne marchait pas, on avait de bons personnages mais pas vraiment d'histoire. On a passé l'été à le réécrire. Je suis revenu en septembre et j'ai dit à Universal Studio : « Je crois que je tiens un bon film mais si vous voulez qu'on le fasse on ferait mieux de le faire rapidement car j'ai 45 ans passés et je me fais vieux » (rires)

George Clooney
Photo : Mélinda Sue Gordon / 2008 Universal Studios
Votre façon d'interpréter votre personnage, Dodge, à la fois maladroit et séducteur, m'a beaucoup fait penser à Tom Selleck dans Magnum...
C'est amusant que vous me disiez cela... Je l'adore et je m'en suis inspiré en effet. Lui et James Garner dans sa série The Rockford Files (1974). Tom Selleck et Garner savent jouer le type qui ne se prenne pas au sérieux comme personne d'autre et en même temps ils sont beaux gosses. Ce sont deux gars à qui vous pouvez emprunter pour votre jeu, ils sont très bons...
En parlant de Magnum, il aurait été question un temps que vous repreniez le rôle de Selleck dans l'adaptation de la série au cinéma ?
Oh oui j'en ai entendu parler mais ce n'est qu'une rumeur. De toute façon, c'est exclu : Tom fait 1m93 et moi qu'1m79, cela ne va pas être possible ! (rires) Et puis Tom est encore beau gosse : il pourrait très bien reprendre son propre rôle. Laissez le être Magnum à nouveau !
Vous jouez un footballeur professionnel : vous êtes-vous astreint à un entraînement particulier ?
Disons que j'ai toujours été très sportif - j'ai grandi en jouant au foot, avec mes amis - pas en club. Et j'ai fait basket ball, deux ou trois fois par semaine et du base-ball au lycée... Mais là, oui, je devais vraiment être au top de ma forme pour ce film car ce n'était pas de tout repos : j'allais jouer tous les jours 3 ou 4 heures pendant 4 mois et demi ! C'est là que j'ai perdu du poids. En plus, ce n'est pas le football américain qu'on connaît, là, dans Jeux de dupes, cela ressemble plus au rugby... à base de types qui s'aggripent les uns aux autres (il le mime) et qui s'envoient des pêches dans le nez !
Avez-vous pris quelques coups perdus ?
Oh oui ! Le tout premier jour - je dois préciser que j'ai eu des opérations du dos et du cou dans le passé - j'ai reçu un coup qui m'a mis K.O. les fesses dans la boue ! Là je leur ai dit « Ok !! On fait un break : nouvelles règles : NE FRAPPEZ PAS LE REALISATEUR - quoi qu'il arrive. Merci !! » (sourire). Cela m'a permis de revenir à la réalité... il y avait une partie de moi qui oubliait que j'avais 46 ans...
Dans les scènes de match sur le terrain, on sent que vous avez passer un bon moment : vous affichez un véritable sourire d'enfant ébahi !
(Il éclate de rire) Touché ! Oui, c'était très drôle à faire. Vous savez, une fois qu'on a décidé jusqu'où l'on pouvait aller dans le jeu, dans la comédie, il faut savoir lâcher prise. Là, plus c'était gros, mieux c'était - on peut comme sur le tournage d'O'Brother. C'était le même genre d'humour. Il n'y a pas de limite pour ce film, vous ne pouvez pas en faire trop.

George Clooney
Photo : Mélinda Sue Gordon / 2008 Universal Studios
Vous dites que vos films sont comme vos enfants : quel sorte d'enfant est Jeux de dupes ?
Un sacré garnement ! (rires) C'est amusant quand on y pense parce que cette année j'ai joué un personnage de vraiment très différent de ce qu'on a pu voir de moi dans Michael Clayton, mon dernier film à l'affiche. J'ai la chance qu'on me permette de jouer les deux extrêmes. La plupart des acteurs sont cantonnés à n'être que dans un même registre, le type drôle, ou le gars sérieux. Ils n'ont que les mêmes propositions. Moi, sans doute n'ai-je pas été marqué par un énorme rôle. Alors on me laisse faire ce que je veux.
Il y a une grande scène de séduction entre vous et Renée Zellweger : vos personnages se rencontrent pour la première fois et s'affrontent dans une joute verbale de séduction ; comment-est-ce de vivre une première rencontre avec une inconnue quand on est George Clooney ?
La grande différence quand je rencontre n'importe qui, femme, homme, enfant ; c'est qu'en général ils en savent plus sur moi que j'en sais sur eux. L'avantage quand on ne vous connaît pas c'est que vous pouvez vraiment être vous-même tout le temps : si vous avez envie d'être drôle ou de mauvais poil, vous pouvez. Moi, les gens ont déjà une petite idée de ce que je suis ou devrais être selon eux. Pour eux, vous êtes comme ça et ne pouvez pas changer. Alors d'un côté vous ne pouvez pas être vous-même mais d'un autre, être connu, permet d'aller droit au but et de s'ouvrir plus vite aux autres. Et quelque part aussi, les gens rient plus facilement.
Est-ce que la scène de baiser avec Renée avait un air de déjà-vu... dans la vraie vie ?
Non, pas dans la vraie vie. En fait un jour on a exagéré mes propos dans la presse. Je crois que j'ai dérapé un jour en interview, j'ai du dire que j'étais sorti avec Renée mais je plaisantais - c'est là où je vois qu'une blague pour la télé ou la presse écrite, cela ne rend pas pareil. Pendant trois jours Renée était dévastée et me disait « tu m'as tuée » (rires). J'étais penaud ! Car Renée est véritablement l'une de mes plus chers amis. Nous sommes très proches. On s'appelle une fois par semaine, on s'envoie des textos... C'est incroyable comment les choses explosent si vite dans les medias : par exemple cette semaine, j'ai été révéillé plusieurs fois à 7h du matin par mon palm qui était «en feu» ! Je l'ouvre et je lis que je suis fiancé. Je me dis «Whaou, je suis fiancé » et je me recouche. Le lendemain matin, je lis sur le palm « Je reviens dans Urgences », idem « Chouette, je reviens dans Urgences». C'est comme ça tous les jours. et une fois que cela paraît, c'est déjà commenté à la télé et réimprimé un millier de fois avant que vous ayez le temps démentir...
Vous l'avez choisie personnellement pour le rôle de Lexie ?
Quand j'écrivais, je pensais à elle pour le rôle. Mon problème est que je voulais faire un film avec elle mais que je ne voulais pas qu'on se plante, qu'on se rate. Si le duo ne fonctionnait pas cela aurait été décevant. J'avais la responsabilité de ne pas tout faire capoter.

George Clooney et Renée Zellweger
Photo : Mélinda Sue Gordon / 2008 Universal Studios
Regardez-vous la télé ? Avez-vous des séries préférées ?
Parce que John* est dedans je ne peux que répondre la série The Office (Canal+)... Sinon, je regarde sans cesse la télé, principalement regarder les nouveautés en tous genres. J'aime surtout les talk show et les émissions politiques.
Pouvez-vous encore déguster un expresso, par exempl près de votre villa au Lac de Côme, en Italie, sans que quelqu'un vous dise « What else »** ?
Bien vu ! J'en suis réduit à envoyer les gens acheter des cafés pour moi ! (rires) Mais ce qui est le plus amusant c'est à propos d'une autre publicité que j'ai faite pour le Martini en Italie où cela dit « No Martini, no party ! » (l'acteur se voit claquer la porte au nez par une belle plante parce qu'il n'a pas la fameuse bouteille). Alors n'importe où je vais en Italie on me dit (avec l'accent) « Georgio !!! Hé ! No Martini, no party !! « (rires) et il y en a une autre où je dis « Magnifico !! » alors c'est « Magnifico Georgio !!! » à longueur de journée. Ca me fait franchement rire. Et accessoirement, ce genre de pub - j'en fait une par an - sont absolument drôles et sont un bon moyen de me moquer de moi-même. J'ai besoin de ne pas me prendre sérieux.
Grâce à votre publicité, le chiffre d'affaire de Nespresso a progressé de 42% en 2006...
Vraiment ? Dites leur qu'ils m'augmentent ! (rires)
Vous qui êtes tant engagé politiquement, que pensez vous de notre président ?
Je ne connais pas Sarkozy. Je ne l'ai jamais rencontré mais j'ai entendu dire qu'il traverse une passe difficile dans les sondages. Par contre je connais très bien Kouchner ! On s¿est retrouvés il y a quelques mois au Congo***. Je ne peux pas vous dire combien je le trouve génial. C'est un esprit brillant, il est incroyablement courageux et drôle. Il a un très bon sens de l'humour. Bon je sais qu'il peut heurter un peu les gens avec ça et les exaspérer mais c'est aussi ce que j'aime chez lui. Et puis il y a les gens qui parlent beaucoup et qui promettent et ceux qui agissent. Kouchner fait partie de ceux là. Laissez moi vous resituer la scène : je suis en plein milieu du Congo, sale et couvert de poussière depuis des mois, après être passé par le Tchad et le Darfour, et lui est arrivé. Super beau et super class dans sa veste bleue. Il est allé tout droit vers l'endroit où des gens étaient en train de se tirer dessus, pour leur parler. J'ai trouvé cela très très courageux. Je suis fasciné par lui. Je l'aime beaucoup. Il ferait un bon président, non ?
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