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01.05.2008

L'éditorial de Pierre Rousselin du 30 avril.

Walter Veltroni.
Walter Veltroni. Crédits photo : AP

1936680764.gifLe KO de la gauche italienne

La gauche italienne est KO debout. Après la chute du gouvernement Prodi, suivie du triomphe électoral de Silvio Berlusconi aux législatives des 13 et 14 avril, voici que la mairie de Rome est tombée à droite.

Gouvernée par la gauche depuis quinze ans, la Ville éternelle voit les conservateurs l'emporter à des élections municipales, pour la première fois depuis la chute de Mussolini.

La victoire de Gianni Alemanno, candidat de la formation de Berlusconi, a donc valeur de symbole. Elle a été acquise avec une marge de sept points d'avance, d'autant plus remarquable qu'au premier tour la mise en ballottage du favori, le candidat de gauche Francesco Rutelli, avait déjà causé la surprise.

La démobilisation d'une partie de l'électorat, dépitée par l'alternance au niveau national, explique en partie le résultat. Celui-ci confirme de manière éclatante le virage à droite pris par l'Italie, il y a quinze jours, aux législatives.

Mais la défaite est trop importante pour ne pas constituer un sérieux camouflet adressé à Walter Veltroni, le maire sortant, triomphalement réélu en 2006, qui avait laissé sa place pour se consacrer à la bataille des législatives.

En créant le Parti démocrate et en refusant de s'allier à l'extrême gauche, Walter Veltroni voulait rénover la gauche réformiste pour échapper à la surenchère des petits partis. Sa défaite aux législatives pouvait, sur le long terme, être considérée comme un demi-échec dans la mesure où la recomposition politique était en marche, avec l'émergence d'un bipartisme rapprochant l'Italie des autres pays européens.

Après les municipales de Rome, la stratégie de Veltroni est remise en question. Son autorité à la tête du nouveau parti aussi. Il est un peu l'anti-Delanoë, s'étant lancé dans l'arène nationale avant d'avoir consolidé son assise locale.

Au-delà des personnes et des partis, la défaite de la gauche dans son fief romain est un nouveau signe du désarroi de l'Italie. La capitale est le centre de cet État pesant, coûteux et inefficace qui s'avère impossible à moderniser. L'échec de la réforme du système des taxis présentée par Prodi est là pour le rappeler.

La campagne a été menée sur le thème de l'insécurité et du contrôle de l'immigration, à la suite de meurtres commis par des immigrés roumains. Un peu comme notre élection présidentielle de 2002, elle a révélé un pays qui a peur, plutôt qu'un pays décidé à s'adapter aux défis de la modernité.

La droite a profité de ce climat délétère. Il lui reste à ne pas décevoir. Gianni Alemanno est l'un des dirigeants les plus prometteurs d'Alliance nationale, le parti de Gianfranco Fini. Malgré l'étiquette d'ancien militant postfasciste qui lui colle à la peau, la démocratie n'est en rien menacée par sa victoire. Reste à savoir si l'Italie sera grandie par le nationalisme étroit qui lui a fait annoncer que le Festival de Rome n'accueillerait plus que des films italiens.

La Lettre du Gouvernement

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mercredi 30 avril 2008

L'actu
Retraites / Europe / Contraception


Les autres titres
Immigration / Programmes du primaire / le contrat d’autonomie


A venir
Déplacement aux Etats-Unis / Déclaration de revenus 2007


Parlement
A la une

Moderniser l’économie au service de la croissance et de l’emploi

Le projet de loi de modernisation de l’économie présenté par Christine Lagarde au Conseil des ministres du 28 avril devrait rapporter, à terme, 0,3 % point de croissance supplémentaire et permettre la création de 50 000 emplois par an pendant les cinq premières années. Pour enclencher une baisse des prix dans la grande distribution, le texte renforce la concurrence entre les enseignes. Le développement des entreprises est facilité par un ensemble de mesures très fortes, de la réduction des délais de paiement à la suppression des effets de seuil de dix et vingt salariés. Le projet crée un forfait fiscal et social pour l’entrepreneur individuel, qui ne sera imposé qu’à partir du jour où il rentre du chiffre d’affaires. La transmission des entreprises est facilitée. Préparé en étroite collaboration avec tous les acteurs concernés et avec les parlementaires, le projet de loi "s’attaque à des verrous et à des blocages qui ne sont plus supportables dans notre société", a expliqué la ministre au Parisien du 25 avril.

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L'actu

Retraites : premières concertations dans le cadre du rendez-vous de 2008

Xavier Bertrand, ministre du Travail et des Relations sociales a reçu, le 28 avril, les partenaires sociaux pour leur présenter un plan de réforme du régime général des retraites. La mesure phare du document d’orientation est le passage de la durée de cotisation de 40 à 41 ans d’ici à 2012. D’autres propositions comme l’assouplissement du cumul emploi-retraite, le maintien du dispositif pour carrières longues, la revalorisation des retraites et la relance de l’emploi des seniors, seront débattues.

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Comité interministériel sur l’Europe à deux mois de la Présidence française de l’UE

Le comité interministériel sur l’Europe du 30 avril a été l’occasion, pour le Gouvernement, d’aborder des points essentiels de la future Présidence française de l’UE : la recherche d’un accord sur la lutte contre le changement climatique, la sécurité énergétique et le bilan de santé de la Politique agricole commune (PAC).

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Contraception : favoriser le dialogue

Libérer la parole, lever les peurs, aller au-delà des préjugés, susciter la réflexion : tels sont les mots d’ordre de la deuxième phase de la campagne lancée par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, le 29 avril.

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Les autres titres

Immigration, nucléaire civil : la France et la Tunisie signent plusieurs accords

Nicolas Sarkozy et plusieurs membres du Gouvernement ont effectué un déplacement en Tunisie les 28, 29 et 30 avril. Paris et Tunis ont signé un accord sur l’immigration. Il devrait permettre à 9 000 professionnels tunisiens d’accéder, en France, à 77 métiers notamment dans les secteurs de la construction, l’hôtellerie et la restauration. Un accord de partenariat économique et un accord sur le nucléaire civil ont également été conclus.

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Les programmes du primaire recentrés sur le français et les mathématiques

Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, a présenté le 29 avril les nouveaux programmes 2008 pour l’école primaire. Plus précis, ils sont recentrés sur les matières fondamentales, le français et les mathématiques. A partir des objectifs nationaux définis dans les programmes, les professeurs des écoles doivent "inventer et mettre en oeuvre les situations pédagogiques qui permettront à leurs élèves de réussir", a indiqué le ministre.

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Un contrat pour installer durablement les jeunes dans l’emploi

Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville a lancé, le 28 avril, à l’ANPE de Corbeil-Essonne le contrat d’autonomie destiné aux jeunes âgés de 16 à 25 ans. Mesure essentielle de la dynamique Espoir banlieues, ce contrat propose un accompagnement sur 3 ans à 100 000 jeunes des quartiers en difficulté sous la forme de contrats d’apprentissage, de formations qualifiantes ou d’emplois durables. Objectif : accompagner ces bénéficiaires vers l’embauche, la formation ou la création d’entreprise pendant une période de 6 mois renouvelable une fois.

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A venir

Déplacement du Premier ministre aux Etat-Unis

François Fillon se rendra à Washington pour une visite de travail du 1er au 2 mai. Il sera accompagné de Christine Lagarde, ministre de l’Economie et de Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Il rencontrera des personnalités du monde économique et financier, dont le président du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

La déclaration de revenus 2007 simplifiée

Le site internet pour les télécontribuables ouvrira le 2 mai. Les personnes dont la déclaration de revenus préremplie ne nécessite ni correction ni complément peuvent valider directement leur déclaration par téléphone au 0811 701 702. Pour toutes questions fiscales, les agents des impôts sont accessibles au 0810 impôts (le 0 810 467 687 pour le prix d’un appel local) en semaine de 8 à 22 heures et le samedi de 9 à 19 heures.

-  Impots.gouv.fr, le site de l’administration fiscale

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A venir

Projet de loi portant modernisation du marché du travail
vote à l’Assemblée nationale, le 29 avril

Projet de loi relatif à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique
en discussion au Sénat, les 29 et 30 avril

Projet de loi relatif à la lutte contre le trafic de produits dopants
en examen à l’Assemblée nationale, le 30 avril

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Compte-rendu du Conseil des Ministres Interventions du Premier ministre Communiqués du Premier ministre
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Edito du Monde Adieu à l'antifascisme

LE MONDE | 30.04.08 | 15h15  •  Mis à jour le 30.04.08 | 15h15

L'arrivée de Gianni Alemanno au Campidoglio, la mairie de Rome, constitue une première dans l'histoire de la République italienne. Ce n'est certes pas la première fois que le plus haut magistrat de la Ville éternelle appartient à la droite. Il a fallu attendre 1993 et l'élection de Francesco Rutelli, le candidat malheureux de cette année, pour que la gauche l'emporte sur la Démocratie chrétienne. Mais, depuis la chute de Mussolini, en 1943, les maires de Rome venaient tous de ce qu'il était convenu d'appeler l'"arc constitutionnel", c'est-à-dire les partis ayant participé à la Résistance et à la fondation, en 1946, de la République. L'éventail allait des démocrates-chrétiens aux libéraux, aux socialistes et aux communistes.

M. Alemanno n'appartient pas à cette famille. C'est un ancien dirigeant des jeunesses du Mouvement social italien (néofasciste), qui, pendant des années, a rassemblé les nostalgiques du Duce et leurs héritiers. Sans doute, le nouveau maire de Rome a suivi son chef, Gianfranco Fini, dans sa marche vers la respectabilité républicaine, qui l'a fait passer de la vénération des emblèmes mussoliniens à un poste ministériel. Il doit sa victoire moins à ses anciennes convictions idéologiques qu'à la faible mobilisation de la gauche, sonnée par sa défaite aux récentes élections législatives.

Une tradition n'en est pas moins rompue au moment même où, le 25 avril, l'Italie célébrait, comme chaque année, sa Libération. Et, comme chaque année, cette fête a donné lieu à des polémiques entre une gauche qui a du mal à se défaire des mythes de la Résistance et une droite berlusconienne qui, acharnée à dénigrer la gauche et à saper la légitimité historique de celle-ci, va jusqu'à réhabiliter les "enfants égarés" du postfascisme.

Avec le retour de Silvio Berlusconi au pouvoir, l'élection à la mairie de Rome d'un ancien néofasciste et l'apparition au Parlement de deux partis qui prétendent dépasser le traditionnel clivage gauche-droite, une période de l'histoire italienne se clôt vraiment. Celle où, par-delà les rivalités partisanes, l'antifascisme était le ciment de la société politique. Soixante-cinq ans après la chute de Mussolini, c'est inévitable et, peut-être, souhaitable, à condition que l'absence de conscience historique ne se substitue pas au mythe.

Article paru dans l'édition du 02.05.08.

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