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06.05.2008
Service minimum : Xavier Darcos prêt à recourir à la loi

Afin de faciliter l'accueil des élèves, le ministre de l'Éducation pourrait obliger les enseignants à déclarer s'ils sont grévistes. La journée du 15 mai servira de nouveau test.
Contre vents et marées, Xavier Darcos veut avancer sur le service minimum d'accueil dans les écoles. Avec comme prochaine échéance, la grève du 15 mai prochain. Il s'agit d'une «mesure à caractère social, destinée à aider les familles et les enfants, et nullement une mesure qui est de nature à contrecarrer le droit de grève», a répété le ministre de l'Éducation lundi sur Europe 1, alors que les enseignants sont déjà très critiques sur les suppressions de postes et les nouveaux programmes du primaire.
Xavier Darcos annonce la couleur : s'il n'arrive pas à instaurer le service minimum par la négociation la journée du 15 mai aura valeur de nouveau test , il faudra passer par la loi. Son objectif principal est d'instaurer une déclaration préalable individuelle de grève, a priori 48 heures à l'avance, à l'image de ce qui a été mis en place dans les transports. «Pour le moment, aucune négociation n'est en cours», explique Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp, syndicat d'enseignant du primaire, qui avec les SE-Unsa et Sgen-CFDT a dénoncé une volonté de «remettre en cause du droit de grève». Réponse de Xavier Darcos : «Nous avons déjà évoqué plusieurs fois ce type de question.» Dans les textes actuels, un professeur des écoles peut se déclarer gréviste jusqu'au tout début de ses cours, même si les préavis syndicaux doivent être déposés au moins cinq jours à l'avance.
Dans la pratique, cependant, la plupart des enseignants et des écoles préviennent les parents à l'avance afin qu'ils s'organisent. Mais l'idée du ministre est d'aller plus loin pour organiser l'accueil des enfants. À l'heure actuelle, il est très complexe d'évaluer le nombre d'enseignants grévistes. La déclaration plus formelle, qui conditionne le non-paiement de la journée de grève, se fait… une dizaine de jours plus tard. Lors de la dernière grève du 24 janvier, les chiffres précis 23 % de grévistes n'ont été connus que le 22 mars !
Les municipalités sont libres
Une déclaration préalable de grève permettrait aux communes de mieux s'organiser, que ce soit dans l'école avec du personnel municipal, ou dans des centres aérés ou des locaux associatifs. Elle diminuerait les problèmes pratiques que disent rencontrer certaines communes. Car, dans les faits, les municipalités sont libres de mettre ou non en place un tel dispositif. À cet égard, la première expérience de service minimum d'accueil lors de la grève du 24 janvier s'était révélée peu convaincante : seules 2 023 communes avaient appliqué le dispositif sur les 22 500 accueillant une école. Pourtant Xavier Darcos a proposé aux mairies de financer le coût de l'emploi de personnels supplémentaires par les retenues sur salaires des enseignants grévistes. Une manne non négligeable : 13 millions d'euros, après le mouvement du 24 janvier.
En attendant, le ministre doit faire face à la fronde des maires socialistes, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, en tête. De son côté, Bruno Le Roux, secrétaire national du Parti socialiste a indiqué qu'«il faut beaucoup de culot à M. Darcos pour, après avoir provoqué une crise majeure avec la communauté éducative, s'occuper plus de l'école les jours de grève que les autres jours».
Alors que les lycéens manifestent à nouveau aujourd'hui contre les suppressions de postes, et la mobilisation du 15 mai, la communication semble pour le moins brouillée entre le ministre et les partenaires sociaux. En rouvrant la brèche du service minimum, Xavier Darcos a fait monter d'un cran la tension.
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Bertrand: «Le PS ne manque pas d'air, il manque d'idées»

Un an après l'élection de Nicolas Sarkozy, le nouveau secrétaire général adjoint de l'UMP appelle la droite à être «plus offensive».
LE FIGARO. Un an après l'élection de Nicolas Sarkozy, les Français sont déçus par les premiers résultats, cela vous inquiète-t-il ?
Xavier BERTRAND. Je retiens plutôt un chiffre du sondage publié hier dans Le Figaro : si on revotait dimanche, Nicolas Sarkozy progresserait de deux points au premier tour (33% contre 31% l'an passé). Cela prouve que les Français sont bien conscients qu'on applique tout ce qu'on a dit. 2007, c'est l'année des engagements tenus. Cela change par rapport aux époques précédentes où l'on oubliait les engagements de la campagne. Si on tourne le dos à nos promesses, alors on verra resurgir l'abstention et les extrêmes. 2007 a été une année de travail et de changement. Le changement d'état d'esprit est incontestable. Pendant des années, on débattait des RTT. Aujourd'hui, on discute autour des heures supplémentaires. Et ce n'est que le début.
C'est une victoire idéologique de la droite ?
Un an après, on y voit clair dans les nouveaux clivages. D'un côté, il y a le mouvement incarné par le président et l'UMP. De l'autre, il y a les conservatismes de tous bords. On voit bien qu'il y a une volonté permanente et sournoise pour dire «les réformes, ça ne marchera jamais». Or ces réformes, on ne les fait pas par caprice, mais parce que la France en a besoin et que les Français les demandent. L'immobilisme nous est interdit.
Comment expliquez-vous alors que le président de la République batte des records d'impopularité ?
Nous n'avons pas été élus pour être à 70% d'opinion favorable dans les sondages! Nous avons été élus pour moderniser la France. Mais il faut davantage de résultats, plus rapidement. Les Français ne doivent plus se dire: «Le changement, c'est quand pour moi?» Il faut que les résultats se fassent sentir plus vite. Nous devons donc faire des textes de loi plus simples, plus clairs et avec des résultats encore plus rapides. Le meilleur exemple, ce sont les six millions de Français qui font des heures supplémentaires. Ils voient tous les mois la différence. 80 euros de plus en moyenne, c'est beaucoup mieux qu'un grand discours.
Que répondez-vous à François Hollande quand il qualifie Nicolas Sarkozy de «président du gâchis» et de «“M. Plus” pour les plus riches» ?
Les socialistes manquent d'idées, mais ne manquent pas d'air. Nicolas Sarkozy, c'est un an d'action, et le PS, un an d'agitation. Au lieu de se lancer dans le concours de caricatures, les socialistes feraient mieux de se mettre au travail. En un an, je n'ai pas entendu une idée nouvelle. Avec Hollande, c'est toujours plus de démagogie et moins d'idées nouvelles. La réalité, c'est que l'opposition ne travaille pas et s'enfonce dans le conservatisme le plus ringard. Au PS, il y a plus de candidats au poste de premier secrétaire que d'idées nouvelles ou de militants, je caricature à peine!
Mais on entend aussi des critiques jusque dans les rangs de l'UMP. Le projet de loi sur les institutions passe mal…
On a certainement besoin de faire plus de pédagogie avec les députés UMP. Je rappelle que nous avons tous été élus autour du projet de Nicolas Sarkozy. Quant à la réforme des institutions qui prévoit un renforcement sans précédent des pouvoirs du Parlement, la gauche et la droite la réclament depuis des années. Nicolas Sarkozy la propose. La refuser aujourd'hui serait donc difficilement compréhensible. Si notre pays ne va pas de l'avant, il est condamné à descendre en deuxième division.
Mais la pédagogie, c'est le rôle de l'UMP dont vous êtes le secrétaire général adjoint…
Soyons plus offensifs. Arrêtons toute autoflagellation! On n'a pas à rougir de ce qu'on a fait face à des socialistes sans idées, sans projet. C'est l'une des leçons qu'on doit tirer des municipales. Ne soyons pas sur la défensive. L'UMP doit se placer en permanence devant le gouvernement dans le débat d'idées, la pédagogie et pour détecter les talents de demain. C'est ce qu'on est en train de mettre en place avec Patrick Devedjian et Nathalie Kosciusko-Morizet.
Hier, le premier ministre était sur France Info et vous étiez quelques minutes plus tôt sur RTL. Cette course-poursuite médiatique va-t-elle durer longtemps?
Vous oubliez Brice Hortefeux, lequel gère avec courage et détermination le dossier des travailleurs sans papiers, qui était aussi sur France Inter au même instant. La vérité, c'est que nous sommes sur le pont pour défendre les réformes du gouvernement sous l'autorité du premier ministre.
Ces « chicayas » au sein du gouvernement, ça fait désordre?
Elles sont derrière nous. Le président nous a demandé de nous concentrer sur l'essentiel. Ceux qui l'oublieront auront tout faux. Quant aux Français, ils ne supportent ni les « chicayas », ni les couacs.
14:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bertrand, sarkozy, gouvernement





