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07.05.2008

Le pouvoir réel du président russe Medvedev en question

LE MONDE | 07.05.08 | 13h51  •  Mis à jour le 07.05.08 | 13h51

 Dmitri Medvedev succède à Vladimir Poutine qui, à son futur poste de premier ministre, conservera d'importants leviers politiques.

AP
Dmitri Medvedev succède à Vladimir Poutine qui, à son futur poste de premier ministre, conservera d'importants leviers politiques.

Troisième président de Russie depuis la fin de l'Union soviétique, Dmitri Medvedev devait entrer en fonctions à la mi-journée, mercredi 7 mai, après avoir prêté serment sur la Constitution dans la salle Saint-André du Kremlin, lieu du couronnement des tsars à partir de 1856 et jusqu'à la fin de leur dynastie. Comme le stipulent les textes en vigueur, l'investiture devait avoir lieu dans "une atmosphère de cérémonie", où se mêlent les fastes de la Russie moderne et la tradition tsariste. Plus de 2 000 invités – ministres, gouverneurs, députés et ambassadeurs étrangers – avaient été conviés.

Après avoir reçu "le jeton présidentiel" – une médaille frappée de l'aigle bicéphale et de la croix orthodoxe – des mains de son prédécesseur, Vladimir Poutine, M. Medvedev devait prêter serment dans la salle du trône. Salué par une salve tirée par 30 canons, le nouveau président devait enfin se rendra à la cathédrale de l'Annonciation, dans l'enceinte du Kremlin, pour recevoir avec sa femme, Svetlana, la bénédiction du patriarche Alexis II.

Dès 8 heures mercredi, les principales artères de la capitale avaient été fermées à la circulation pour permettre aux cortèges officiels de rouler sans entrave jusqu'au Kremlin. Retransmise par toutes les télévisions, la cérémonie devait être suivie en direct par des millions de Russes. L'investiture de Dmitri Medvedev a beau être la sixième du genre (après celle de Mikhaïl Gorbatchev en 1990, celles de Boris Eltsine, premier président élu en juillet 1991 puis en 1996, et celles de Vladimir Poutine en 2000 et en 2004), elle revêt un caractère exceptionnel. L'âge du nouveau président – 42 ans – fait de lui le plus jeune dirigeant que le pays ait connu depuis Nicolas II, monté sur le trône à 26 ans.

La jeunesse du chef de l'Etat, ses origines et son parcours professionnel, décrits comme celui d'un "membre de l'intelligentsia", suscitent l'espoir. "On peut supposer que Dmitri Medvedev s'entourera d'intellectuels, de technocrates, d'entrepreneurs qui remplaceront les hommes issus des services de sécurité qui forment actuellement 30 % de l'élite politique", estime la sociologue Olga Krychtanovskaïa, spécialiste du personnel politique russe à l'Académie des sciences.

"REINE D'ANGLETERRE"

Reste à savoir de quelle marge de manœuvre le nouveau président va disposer. Le protocole de l'investiture fait ainsi une large place au président sortant, Vladimir Poutine, le premier à entrer dans la salle Saint-André, le premier à prononcer un discours. "Tout est fait pour montrer que c'est Vladimir Poutine qui amène Dmitri Medvedev au pouvoir", souligne le politologue Alexeï Makarkine. Au lendemain de l'investiture, jeudi, le président sortant reviendra sur le devant de la scène politique en prenant la tête du gouvernement. Son approbation par la Douma au poste de premier ministre, boudée par les députés communistes qui ont annoncé leur intention de voter contre, ne sera qu'une formalité.

La population n'est pas dupe. Selon un sondage effectué à la mi-avril par le centre indépendant Iouri Levada, deux tiers des Russes interrogés estiment que le premier ministre Poutine contrôlera Dmitri Medvedev, malgré les attributions considérables que la Constitution confère au chef de l'Etat. De plus en plus souvent, le futur rôle de M. Medvedev est décrit par la presse comme celui "de la reine d'Angleterre".

Le glissement progressif du pouvoir du chef de l'Etat vers le premier ministre a déjà commencé. Le 29 avril, M. Poutine a signé deux décrets par lesquels il subordonne l'activité des gouverneurs – les représentants de l'exécutif dans les régions – et des maires au gouvernement. Depuis juin 2007, les barons régionaux devaient envoyer un rapport d'activité à une commission de l'administration présidentielle. Désormais, ils devront l'adresser au gouvernement, qui sera chargé de leur évaluation et de celle des maires. A cette occasion, nombre de commentateurs officiels ont cru bon de rappeler que le premier ministre était bien "le chef de l'exécutif".

Juste avant de quitter le Kremlin, Vladimir Poutine a donc privé son successeur d'un levier important sur les régions. Elu récemment à la tête du parti Russie unie, M. Poutine disposera également de ce réseau non négligeable pour faire entendre sa voix. Les élites régionales sont très liées au parti officiel, qui a été décrit par l'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev comme "la pire copie du Parti communiste que l'on puisse imaginer".

Marie Jégo

Liban : la grève générale dégénère en affrontements entre partisans de la majorité et de l'opposition

 

L'armée libanaise a été déployée dans les rues de Beyrouth pour tenter de maintenir l'ordre, le 7 mai 2008.
AFP/RAMZI HAIDAR
L'armée libanaise a été déployée dans les rues de Beyrouth pour tenter de maintenir l'ordre, le 7 mai 2008.

Alors que le Liban, sans président depuis près de six mois, s'enfonce dans la crise politique, la grève générale commencée, mercredi 7 mai au matin, pour réclamer une revalorisation des salaires s'est vite transformée, à Beyrouth, en confrontation entre partisans des camps politiques rivaux. Le quotidien libanais francophone L'Orient-Le Jour estime même que "la situation dérape".

Dès mercredi matin, les partisans de l'opposition ont bloqué plusieurs routes, dont celle de l'aéroport, brûlant des voitures, des pneus, des poubelles. Le déploiement en masse des forces anti-émeutes et de l'armée dans la capitale n'a pas empêché les affrontements dans plusieurs quartiers. Ainsi dans le secteur mixte de la Corniche al-Mazraa, des partisans du parti Courant du futur, présidé par le leader antisyrien Saad Hariri (sunnite), et ceux des mouvements d'opposition chiites Hezbollah et Amal, se sont lancé des pierres. Une grenade aurait également explosé, sans faire de blessé. L'armée est intervenue en tirant en l'air, sans pouvoir faire cesser les affrontements. Les télévisions locales ont montré des jeunes gens au visage ensanglanté.

CAMPAGNE DE DÉSOBÉISSANCE

Dans les quartiers également mixtes de Ras el-Nabeh et de Noueiri, près du centre-ville, des coups de feu ont été tirés par des partisans des deux camps et des tirs de roquettes ont été entendus. Des locaux du Courant du futur ont été incendiés et un partisan d'Amal a été blessé par balle. Les chaînes locales évoquaient des heurts similaires dans l'ouest de la capitale. Des véhicules de l'armée sillonnaient Beyrouth, dont certains quartiers étaient pratiquement déserts. Pris à partie, plusieurs photographes ont été blessés.

Des manifestants expliquaient la grève par la hausse des prix, demandant une revalorisation du salaire minimum. Mais sous la revendication économique percent les tensions entre les deux camps. La majorité antisyrienne a vite accusé le Hezbollah d'être l'instigateur des troubles. "Il s'agit de tout sauf d'une grève contre la hausse des prix. C'est une tentative du Hezbollah de déstabiliser le gouvernement et l'Etat", a affirmé de son côté l'un des dirigeants de la majorité, Ghattas Khoury.

TOUJOURS PAS D'ACCORD SUR LE NOM D'UN PRÉSIDENT

"Ce qui s'est passé aujourd'hui est le début d'une campagne de désobéissance civile. Les routes resteront fermées, y compris celles menant à l'aéroport, jusqu'à ce que le gouvernement revienne sur ses décisions", a déclaré de son côté un porte-parole de l'opposition mercredi après-midi. Le responsable se référait aux décisions prises mardi par le gouvernement d'enquêter sur un réseau de télécommunications et de caméras de surveillance que le Hezbollah est accusé d'avoir installé.

Les deux camps s'accusent mutuellement d'entraver toute solution à la crise qui empêche l'élection d'un président de la République depuis le 24 novembre 2007. La majorité et l'opposition n'ont pas réussi à se mettre d'accord au Parlement sur le nom du chef de l'Etat. L'Assemblée est convoquée pour la dix-neuvième fois le 13 mai, mais les blocages entre les deux camps persistent. La Syrie, ex-puissance de tutelle, est accusée par la majorité de bloquer l'élection et de vouloir regagner son influence au Liban, tandis que l'opposition reproche à la coalition au pouvoir d'être inféodée à Washington.

 

La Lettre du Gouvernement

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mercredi 7 mai 2008
Assurance-chômage / Conseil des ministres du 7 mai
Sécurité routière / Consultation des jeunes 
Fête de l’Europe / Présidence française de l’UE / Mémoire / Service minimum d’accueil

A la une

Le chef de l’Etat plaide en faveur de l’emploi des seniors

Nicolas Sarkozy a rencontré, le 6 mai, les ouvriers d’une usine au Pujaut (Gard) sur le thème de l’emploi des seniors. Entouré de Xavier Bertrand, ministre du Travail et des Relations sociales, et de Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, le président de la République a réaffirmé sa volonté de supprimer les mises à la retraite d’office, d’autoriser sans restriction le cumul emploi-retraite et de majorer de 5 % les pensions dès la première année d’allongement d’activité. "L’idée la plus fausse en France, ça a été l’idée du partage du travail. Nous sommes le pays qui a le plus grand nombre de jeunes au chômage et le plus petit nombre de quinquagénaires au travail (...)", a-t-il déclaré. Avec un taux d’emploi en 2007 de 38,3 % des personnes âgées de 55 à 65 ans contre 43,6 % pour l’Union européenne, la France se situe loin derrière la cible de 50 % fixée au niveau communautaire.

-  L’article d’actualité, sur le site du Premier ministre

L'actu

Clarifier l’offre raisonnable d’emploi

Lors d’une réunion avec les partenaires sociaux, Christine Lagarde et Laurent Wauquiez ont défini, le 6 mai, les critères de l’offre raisonnable d’emploi (ORE) et son dispositif évolutif dans le temps. A titre d’exemple, au-delà des trois premiers mois de chômage, le demandeur d’emploi ne pourra pas refuser un emploi compatible avec ses qualifications, rémunéré à 95 % du salaire antérieur et situé dans la zone géographique de sa recherche. Le refus de deux ORE aurait pour conséquence une radiation temporaire de 2 mois avec, le cas échéant, la suspension de l’allocation.

-  L’article d’actualité, sur le site du Premier ministre


Création de l’agence France nucléaire international

La création d’une agence, France nucléaire international, a été annoncée en Conseil des ministres du 7 mai. Cette instance apportera son expertise en matière de nucléaire civil aux pays souhaitant développer cette filière. Durant ce même conseil, le Premier ministre a évoqué le train de réformes mises en œuvre depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Deux communications ont notamment été présentées sur deux chantiers importants : le rendez-vous sur les retraites 2008 et la réforme de l’hôpital.

-  Le décret, portant création de l’Agence France nucléaire international, sur le site du Premier ministre
-  La communication, portant sur l’action de réforme entreprise par le Gouvernement, sur le site du Premier ministre
-  La communication, portant sur le rendez-vous retraites 2008, sur le site du Premier ministre
-  La communication, portant sur la réforme de l’hôpital, sur le site du Premier ministre

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Les autres titres

Nouvelle campagne de la sécurité routière

Une nouvelle campagne de communication intitulée "Sécurité routière, tous responsables" a été lancée le 7 mai par Jean-Louis Borloo et Dominique Bussereau au ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire. Cette campagne multimédia (télévision, radio, internet) est prévue jusqu’au 27 mai et a pour objectif d’inciter les Français à changer leur comportement sur les routes.

L’article d’actualité, sur le site du Premier ministre


Les jeunes ont la parole

Dominique Versini, Défenseure des enfants, a lancé le 6 mai une consultation nationale des jeunes de moins de 18 ans sur de grands sujets de société : éducation, famille, justice, vie privée et internet, santé, violence... Celle-ci prendra la forme d’un tour de France qui parcourra huit villes étapes de mai 2008 à mai 2009. L’objectif est de donner aux jeunes un espace d’expression et de propositions pour définir de nouveaux droits. Les propositions retenues seront inscrites sur un Livre d’or remis officiellement, le 20 novembre 2009, au président de la République et aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.

-  L’article d’actualité, sur le site du Premier ministre

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A venir

Les citoyens invités à débattre avant la fête de l’Europe

Dans le cadre de la future Présidence française de l’Union européenne, Jean-Pierre Jouyet vous invite, le 7 mai à Lille, au "rendez-vous des Européens", à l’avant-veille de la journée de l’Europe. Autour du thème des valeurs européennes et de l’identité commune des Européens, cette journée de débat réunira plusieurs membres du Gouvernement dont Xavier Darcos, Rama Yade et Martin Hirsch.

-  L’article d’actualité, sur le site du Premier ministre
-  Le site de la Fête de l’Europe


Le Premier ministre à Malte et à Chypre pour préparer la Présidence française

Le Premier ministre accélère la tournée des capitales européennes qu’il effectue en alternance avec le chef de l’État dans la perspective de la Présidence française de l’Union européenne. Prochaine étape : Malte et Chypre, les 8 et 9 mai.

10 mai : journée commémorative du souvenir de l’esclavage

Le président de la République participera à la cérémonie organisée dans les jardins du Luxembourg à Paris, le 10 mai, à l’occasion de la journée commémorative consacrée à l’histoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Le 23 mai, une autre journée commémorative nationale sera dédiée aux victimes de l’esclavage.

-  L’article d’actualité, sur le site du Premier ministre


Service minimum d’accueil à l’école le 15 mai

Le service minimum d’accueil (SMA), permettant de recevoir les enfants à l’école primaire, sera organisé le 15 mai. Déjà expérimenté le 24 janvier dans 2 000 communes, le SMA permet de respecter le droit de grève tout en assurant la liberté de travail des familles. Les communes qui mettront en place le SMA seront remboursées grâce au reversement des salaires des personnels grévistes. L’entrée en vigueur du dispositif se fera à la rentrée 2008.

-  L’article d’actualité, sur le site du Premier ministre

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A venir

Projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés
deuxième lecture à l’Assemblée nationale, les 13 et 15 mai

La sauvegarde et la transmission des langues régionales ou minoritaires
question orale avec débat au Sénat, le 13 mai

La politique étrangère de la France
débat au Sénat, le 14 mai

Proposition de loi relative aux conditions de commercialisation et d’utilisation de certains engins motorisés
deuxième lecture à l’Assemblée nationale, le 15 mai

Projet de loi relatif à la protection du secret des sources des journalistes
en examen à l’Assemblée nationale, le 15 mai

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Compte-rendu du Conseil des Ministres Interventions du Premier ministre Communiqués du Premier ministre
Crédits photographiques
La une : Stephane de Sakutin/Présidence de la République ; L’actu : Eric Feferberg/AFP ; Les autres titres : Pierre Verdy/AFP ; A venir : Logo de la Fête de l’Europe

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