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08.05.2008

Giulio Tremonti, l'homme fort du gouvernement

Giulio Tremonti, le 8 juillet 2003.

REUTERS/FRANCOIS LENOIR Giulio Tremonti, le 8 juillet 2003.

Cet ancien socialiste converti en 1994 au berlusconisme a conduit la politique économique et financière des gouvernements Berlusconi en 1994-1995, et, surtout, de 2001 à 2004, avant d'être contraint à la démission à la suite de dissensions avec son rival et allié d'Alliance nationale, Gianfranco Fini.

Cet universitaire de 61 ans, juriste de formation, qui s'exprime d'une voix fluette sur un ton monocorde, sera à nouveau l'homme fort du gouvernement. Face à la situation économique difficile et aux menaces de récession internationale, c'est lui qui a incité "il Cavaliere" à faire profil bas sur les promesses électorales.

Giulio Tremonti a toujours ajouté un doigt de colbertisme au libéralisme de Silvio Berlusconi, mais il a franchi une étape supplémentaire en publiant dernièrement un pamphlet fustigeant la tyrannie du "tout-marché". Pour lui, les recettes anti-crise préconisées par le G7 sont "comme une aspirine contre une maladie grave".

Si, par le passé, il a été le champion de la "finance créative" pour gonfler artificiellement les recettes du Trésor, il revendique désormais la rigueur, la lutte contre la fraude fiscale et un certain interventionnisme de l'Etat. Favorable à l'instauration de barrières douanières en Europe et au fédéralisme fiscal dans la Péninsule, le nouveau ministre de l'économie, vice-président de Forza Italia, est considéré comme proche de la Ligue du Nord.

Jean-Jacques Bozonnet

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