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09.05.2008

Le bras de fer se poursuit à Beyrouth

J.C. et S.L. (lefigaro.fr) avec AFP et AP 09/05/2008 | Mise à jour : 18:37
Des combattants de l'opposition, dans l'ouest de Beyrouth vendredi. (AFP)
Des combattants de l'opposition, dans l'ouest de Beyrouth vendredi. (AFP)

L'opposition pro-syrienne accuse le gouvernement libanais de refuser le dialogue. Alors que les combats ont cessé dans la capitale, deux nouveaux opposants ont été tués vendredi dans le sud du pays.

Alors que les combats ont cessé à Beyrouth, le bras-de-fer se poursuit entre le gouvernement et l'opposition chiite du mouvement laïc Amal et du Hezbollah, qui refuse toujours de lever les barrages qui paralysent l'aéroport de la capitale libanaise.

L'opposition accuse le pouvoir de refuser le dialogue après trois jours de violents combats, les plus meurtriers depuis la fin de la guerre civile en 1990. A l'origine de ces affrontements, qui ont fait treize morts, dont deux vendredi, et plus de 20 blessés, la décision du gouvernement de limoger le responsable de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, présenté comme proche du Hezbollah, mais surtout la volonté du pouvoir d'enquêter sur le réseau de communication du mouvement chiite dans le sud du pays.

Cette décision avait provoqué jeudi la colère du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui avait parlé de «déclaration de guerre» et amorcé le début des combats. Combats qui ont permis au mouvement chiite et à ses alliés de l'opposition de se rendre maîtres de tout l'ouest de Beyrouth, où ils ont paradé vendredi.

 

La communauté internationale inquiète

Désormais en position de force, l'opposition campe sur ses positions. «Nous sommes en train de proposer un partenariat et eux [le gouvernement] veulent monopoliser le pouvoir et limiter notre participation», explique un responsable proche du Hezbollah, qui affirme par ailleurs ne pas mener de «coup d'Etat» comme l'affirme la majorité antisyrienne. Et exige le retrait des projets du gouvernement.

Pendant ce temps, la communauté internationale s'inquiète. François Fillon a mis en garde contre les violences, qui «peuvent conduire à un engrenage, engrenage qui lui-même conduirait à la guerre civile». Il demande la levée des barrages et la réouverture de l'aéroport et insiste sur l'importance d'une solution politique au conflit.

Vendredi midi, la Syrie, qui, tout comme l'Iran, soutient le Hezbollah, a démenti toute implication. Le président Bachar el-Assad parlait quant à elle d'une «affaire intérieure» libanaise et espérait «une solution à travers le dialogue».

Plusieurs pays, dont l'Italie, ont mis en place des plans d'évacuation de leurs ressortissants. Une évacuation rendue difficile par la fermeture de l'aéroport. Plusieurs centaines d'étrangers se pressent vendredi aux frontières du pays pour fuir les violences.

Les livraisons d'urgence de l'ONU fortement perturbées par les restrictions de la junte birmane

LEMONDE.FR avec Reuters, AP et AFP | 09.05.08 | 15h36  •  Mis à jour le 09.05.08 | 18h36
Des soldats birmans transportent des caisses d'aide humanitaire en provenance d'Inde, mercredi 7 mai.
REUTERS/HO
Des soldats birmans transportent des caisses d'aide humanitaire en provenance d'Inde, mercredi 7 mai.
Six jours après le passage du typhon Nargis en Birmanie, la tension est très vive à Rangoun, où l'arrivée de l'aide humanitaire d'urgence est toujours ralentie par la junte militaire. Les responsable du Programme alimentaire mondial (PAM) ont annoncé, dans un premier temps, la suspension de leur livraison d'aide humanitaire après que les militaires birmans eurent confisqué les premières cargaisons de vivres. "Cette aide alimentaire aurait du être embarquée sur des camions pour être distribuée aux victimes. Or, elle est aujourd'hui immobilisée sur le tarmac de l'aéroport, où elle ne sert à rien", a expliqué Tony Banburry, directeur du PAM. L'organisation a ensuite annoncé la reprise des livraisons dès samedi.

Les autorités birmanes ont démenti ces accusations, qualifiées de "sans fondements". Un porte-parole a déclaré que le gouvernement avait saisi les cargaisons "pour les distribuer lui-même dans les zones touchées". Jusqu'ici, la junte militaire a accepté l'aide internationale mais a refusé l'entrée de son territoire à la majorité des équipes étrangères. Selon Shari Villarosa, diplomate américaine en poste à Rangoun, la Birmanie n'était toujours "pas prête" à accepter l'aide américaine, vendredi.

John Holmes, secrétaire général adjoint de l'ONU, chargé des secours humanitaires, expliquait dans un entretien au Monde, vendredi, qu'il "perdait patience" face aux refus du régime birman d'ouvrir le pays, mais qu'il n'existait "pas d'autre choix que d'essayer de les persuader". Preuve des difficultés qui règnent à Rangoun pour organiser les opérations d'aide, deux des quatre experts en évaluation de catastrophes de l'ONU, arrivés vendredi, n'ont pas été autorisés à sortir de l'aéroport pour des problèmes de passeports.

"PEU DE BATEAUX ET PAS D'HÉLICOPTÈRES"

 

De nombreux responsables humanitaires estimaient, jeudi, que tout nouveau retard dans l'arrivée de vivres et de produits de première nécessité pourrait être catastrophique. Alors que l'ONU estime que "1 à 1,5 million de personnes sont très gravement affectées", Anders Laderkal, un membre de la Croix-Rouge danoise présent sur place, dit que le équipes humanitaires ne peuvent secourir qu'une personne sur dix. "Il est difficile de faire parvenir l'aide à l'intérieure de la Birmanie, et encore plus difficile de la faire parvenir dans le delta" de l'Irrawaddy, indique-t-il à l'Associated Press, il n'y a presque pas de bateaux et pas d'hélicoptères. C'est un cauchemar de mettre en place cette opération."

Alors que le bilan officiel de la catastrophe naturelle s'élève à près de vingt-deux mille morts et soixante-deux mille blessés ou disparus, de nombreuses sources craignent que les chiffres augmentent encore "de manière vraiment dramatique", à l'instar de l'ambassadeur britannique à Rangoun, "Nous savons aussi qu'entre 1,2 et 1,9 million de personnes sont actuellement vulnérables", explique-t-il. L'agence météorologique de l'ONU annonce par ailleurs que de fortes pluies sont prévues dans la région au cours du week-end, ce qui pourrait rendre la situation encore plus désespérée.

Le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner, a affirmé qu'un bateau de la marine nationale chargé de 1 500 tonnes de produits et matériels arriverait en Birmanie "mercredi ou jeudi". "Le problème est de savoir où [ces aides] arriveront et comment elles seront distribuées. L'idéal est évidemment de passer par les ONG. C'est ce sur quoi nous essayons de travailler pour que ce soient elles qui, au moins, supervisent la distribution", a ajouté M. Kouchner. Médecins du monde (MDM) et la Croix-Rouge française ont chacun annoncé l'acheminement par avion de matériel humanitaire et médical ainsi que de renforts médicaux. MDM a précisé avoir reçu l'autorisation des autorités birmanes.