
Le quotidien espagnol El Pais a publié, dans son édition du samedi 10 mai, un article intitulé "Des documents des FARC incriminent Chavez""a financé et armé" la guérilla colombienne et facilité l'achat d'armes auprès de puissances étrangères.
dans lequel le journal explique avoir eu accès à des documents trouvés dans l'ordinateur du numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Raul Reyes, tué lors d'un raid de l'armée colombienne en mars. Ces documents, affirme le quotidien de centre-gauche, indiquent que le président vénézuélien
Le 8 novembre 2007, rappelle le journal, le président du Venezuela a reçu Ivan Marquez, un des dirigeants des FARC. Le but : tenter de trouver un accord humanitaire pour échanger 44 otages de la guérilla contre 500 membres des FARC emprisonnés en Colombie. Mais selon El Pais, cette rencontre n'aurait été que la "partie publique". Il y aurait également eu, selon le journal, "une réunion secrète pendant laquelle le président vénézuélien aurait 'approuvé sans sourciller la demande' de 300 millions de dollars (194 millions d'euros) faite par la guérilla marxiste". C'est en tout cas ainsi que le rapporterait Ivan Marquez lui-même dans un mail daté du 12 novembre, et envoyé aux membres du secrétarait général des FARC, dont Raul Reyes.
D'AUTRES GOUVERNEMENTS POURRAIENT ÊTRE IMPLIQUÉS
Le journal rapporte également que, dans un autre mail daté du 4 janvier 2007, Ivan Marquez explique que le général Carvajal, chef des renseignements militaires et proche de Chavez, et un autre responsable militaire vénézuélien vont lui faire parvenir "la semaine prochaine des bazoocas (lance-grenades) de grande puissance, dont dix seront destinées à Timo [Timochenko, un autre commandant de la guérilla dans la zone frontalière avec le Venezuela] et dix seront pour ici". "Tout porte à croire [que le responsable militaire anonyme est] Cliver Alcala, en détachement dans l'Etat de Zulia dont la capitale est Maraïcabo", indique El Pais qui précise que la livraison s'est faite quelques jours plus tard : "Les appareils que nous avons reçu avec Timo sont des missiles anti-char de 85 mm, deux tubes et 21 munitions. L'ami nous dit qu'il y a plus de mille munitions et qu'ils nous en feront parvenir d'autres plus tard", aurait écrit Marquez le 20 janvier, cité par le journal.
Au-delà de la relation directe entre M. Chavez et les FARC, le quotidien révèle également que Caracas aurait joué un rôle clé dans l'approvisionnement de la guérilla en armes auprès de gouvernement étrangers. Rappellant que plusieurs trafiquants d'armes, dont le russe Viktor Bout et le syrien Monzer Al-Kassar, ont été arrêtés récemment pour avoir tenté de vendre des armes aux FARC, El Pais cite un mail daté du 8 février 2008 dans lequel Ivan Marquez explique qu'Hugo Chavez jouerait le rôle d'intermédiaire avec les autorités biélorusses. "L'ami de Biélorussie a suggérer de faire passer le paquet par le marché noir (...) Le 17 de ce mois, un haut responsable proche de notre ami de Biélorussie arrive à Caracas pour finaliser l'affaire. Angel nous a demandé d'être présents pour s'accorder directement avec lui", indiquerait le mail. Angel serait le pseudonyme de M. Chavez et "l'ami de Bielorussie" serait Víctor Sheiman, secrétaire du Conseil de sécurité biélorusse et proche du président Lukachenko.
INTERPOL VÉRIFIE L'AUTHENTICITÉ DES ORDINATEURS SAISIS
Des liens similaires, qui iraient de l'aide militaire aux dons financiers, impliqueraient également des responsables politiques de gauche et d'extrême-gauche du Salvador, du Nicaragua et d'Equateur. Le président nicaraguayen Daniel Ortega aurait ainsi promis de faire parvenir aux FARC "des vieilles 'caucheras' [qu'il] a gardé et qui fonctionnent toujours". "Cauchera", ou "tirachina" en Colombie, est le nom utilisé par les guérilleros pour désigner les armes.
Vendredi, le Wall Street Journal avait indiqué que les services de renseignement américains étaient convaincus que des données informatiques saisies révélant des liens entre Hugo Chavez et la guérilla des FARC étaient authentiques. "C'est un mensonge", s'est défendu M. Chavez, en rejetant une affirmation du président américain George W. Bush, accusant Caracas d'avoir collaboré et accordé refuge à des unités des FARC sur son territoire."Nous ne reconnaissons la validité d'aucun de ces documents. Ce sont des faux brandis pour discréditer le gouvernement vénézuélien", avait pour sa part affirmé cette semaine l'ambassadeur vénézuélien aux Etats-Unis, Bernardo Alvarez. Interpol étudie actuellement les ordinateurs saisis dans le campement de Raul Reyes pour en vérifier l'authenticité et doit rendre publique ses conclusions au cours de la semaine prochaine.







