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10.05.2008

Le quotidien "El Pais" accuse Hugo Chavez de "financer et armer les FARC"

Le représentant colombien des Farc, Yvan Marquez, et le président du Venezuela Hugo Chavez lors d'une conférence de presse à Caracas, le 8 novembre 2007.
AFP/JUAN BARRETO
Le représentant colombien des FARC, Yvan Marquez, et le président du Venezuela Hugo Chavez lors d'une conférence de presse à Caracas, le 8 novembre 2007.

Le quotidien espagnol El Pais a publié, dans son édition du samedi 10 mai, un article intitulé "Des documents des FARC incriminent Chavez""a financé et armé" la guérilla colombienne et facilité l'achat d'armes auprès de puissances étrangères.
dans lequel le journal explique avoir eu accès à des documents trouvés dans l'ordinateur du numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Raul Reyes, tué lors d'un raid de l'armée colombienne en mars. Ces documents, affirme le quotidien de centre-gauche, indiquent que le président vénézuélien

Le 8 novembre 2007, rappelle le journal, le président du Venezuela a reçu Ivan Marquez, un des dirigeants des FARC. Le but : tenter de trouver un accord humanitaire pour échanger 44 otages de la guérilla contre 500 membres des FARC emprisonnés en Colombie. Mais selon El Pais, cette rencontre n'aurait été que la "partie publique". Il y aurait également eu, selon le journal, "une réunion secrète pendant laquelle le président vénézuélien aurait 'approuvé sans sourciller la demande' de 300 millions de dollars (194 millions d'euros) faite par la guérilla marxiste". C'est en tout cas ainsi que le rapporterait Ivan Marquez lui-même dans un mail daté du 12 novembre, et envoyé aux membres du secrétarait général des FARC, dont Raul Reyes.

D'AUTRES GOUVERNEMENTS POURRAIENT ÊTRE IMPLIQUÉS

Le journal rapporte également que, dans un autre mail daté du 4 janvier 2007, Ivan Marquez explique que le général Carvajal, chef des renseignements militaires et proche de Chavez, et un autre responsable militaire vénézuélien vont lui faire parvenir "la semaine prochaine des bazoocas (lance-grenades) de grande puissance, dont dix seront destinées à Timo [Timochenko, un autre commandant de la guérilla dans la zone frontalière avec le Venezuela] et dix seront pour ici". "Tout porte à croire [que le responsable militaire anonyme est] Cliver Alcala, en détachement dans l'Etat de Zulia dont la capitale est Maraïcabo", indique El Pais qui précise que la livraison s'est faite quelques jours plus tard : "Les appareils que nous avons reçu avec Timo sont des missiles anti-char de 85 mm, deux tubes et 21 munitions. L'ami nous dit qu'il y a plus de mille munitions et qu'ils nous en feront parvenir d'autres plus tard", aurait écrit Marquez le 20 janvier, cité par le journal.

Au-delà de la relation directe entre M. Chavez et les FARC, le quotidien révèle également que Caracas aurait joué un rôle clé dans l'approvisionnement de la guérilla en armes auprès de gouvernement étrangers. Rappellant que plusieurs trafiquants d'armes, dont le russe Viktor Bout et le syrien Monzer Al-Kassar, ont été arrêtés récemment pour avoir tenté de vendre des armes aux FARC, El Pais cite un mail daté du 8 février 2008 dans lequel Ivan Marquez explique qu'Hugo Chavez jouerait le rôle d'intermédiaire avec les autorités biélorusses. "L'ami de Biélorussie a suggérer de faire passer le paquet par le marché noir (...) Le 17 de ce mois, un haut responsable proche de notre ami de Biélorussie arrive à Caracas pour finaliser l'affaire. Angel nous a demandé d'être présents pour s'accorder directement avec lui", indiquerait le mail. Angel serait le pseudonyme de M. Chavez et "l'ami de Bielorussie" serait Víctor Sheiman, secrétaire du Conseil de sécurité biélorusse et proche du président Lukachenko.

INTERPOL VÉRIFIE L'AUTHENTICITÉ DES ORDINATEURS SAISIS

Des liens similaires, qui iraient de l'aide militaire aux dons financiers, impliqueraient également des responsables politiques de gauche et d'extrême-gauche du Salvador, du Nicaragua et d'Equateur. Le président nicaraguayen Daniel Ortega aurait ainsi promis de faire parvenir aux FARC "des vieilles 'caucheras' [qu'il] a gardé et qui fonctionnent toujours". "Cauchera", ou "tirachina" en Colombie, est le nom utilisé par les guérilleros pour désigner les armes.

Vendredi, le Wall Street Journal avait indiqué que les services de renseignement américains étaient convaincus que des données informatiques saisies révélant des liens entre Hugo Chavez et la guérilla des FARC étaient authentiques. "C'est un mensonge", s'est défendu M. Chavez, en rejetant une affirmation du président américain George W. Bush, accusant Caracas d'avoir collaboré et accordé refuge à des unités des FARC sur son territoire."Nous ne reconnaissons la validité d'aucun de ces documents. Ce sont des faux brandis pour discréditer le gouvernement vénézuélien", avait pour sa part affirmé cette semaine l'ambassadeur vénézuélien aux Etats-Unis, Bernardo Alvarez. Interpol étudie actuellement les ordinateurs saisis dans le campement de Raul Reyes pour en vérifier l'authenticité et doit rendre publique ses conclusions au cours de la semaine prochaine.

Le Monde.fr

L'histoire de l'esclavage sera enseignée à l'école primaire

  LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 10.05.08 | 12h52  •  Mis à jour le 10.05.08 | 15h52

 "Cette histoire doit être inscrite dans les manuels scolaires afin que nos enfants puissent comprendre ce qu'a été l'esclavage", a affirmé Nicolas Sarkozy dans les jardins du Luxembourg, le 10 mai 2008.

AFP/MEHDI FEDOUACH

"Cette histoire doit être inscrite dans les manuels scolaires afin que nos enfants puissent comprendre ce qu'a été l'esclavage", a affirmé Nicolas Sarkozy dans les jardins du Luxembourg, le 10 mai 2008. 

L'histoire de l'esclavage "commune à tous les Français" sera enseignée à l'école primaire à partir de la rentrée 2008, a annoncé, samedi 10 mai, Nicolas Sarkozy à l'occasion de la Journée nationale de l'esclavage. Aboli une première fois en 1794 puis rétabli par Napoléon, l'esclavage a été définitivement interdit en France en 1848. "Parce que les Francais l'auront comprise, cette histoire, alors, deviendra notre histoire commune, l'histoire de tous les Francais, pas simplement l'histoire d'une partie d'entre eux", a-t-il poursuivi.

La Journée nationale de commémoration consacrée à la mémoire de l'esclavage, de la traite négrière et des abolitions a été instaurée il y a trois ans, le 10 mai. Elle se base sur la loi du 21 mai 2001 dite "loi Taubira", du nom de la députée de Guyane Christiane Taubira, loi qui reconnaît l'esclavage comme un crime contre l'humanité.

AIMÉ CÉSAIRE SERA ENSEIGNÉ AU COLLÈGE ET LYCÉE

La traite des Noirs "est une blessure profonde qui pèse encore sur nos consciences et les mémoires portent le poids de cette histoire", a fait remarquer le chef de l'Etat, qui s'est dit conscient "qu'il existe encore aujourd'hui des inégalités qui trouvent leur origine dans cet héritage si douloureux". "Ayons le courage d'en parler pour assumer ensemble notre Histoire", a-t-il demandé. "Je voudrais qu'on mette cette lucidité au service de l'apaisement", a ajouté le président, pour qui "le devoir de mémoire ne peut souffrir des concurrences et des clivages".

Cette volonté présidentielle se traduira à l'école afin, a expliqué M. Sarkozy, "que nos enfants puissent comprendre ce qu'a été l'eclavage" et "mesurer les souffrances que l'esclavage a engendrées, les blessures qu'il a laissées dans l'âme de tous ceux que rien ne peut délier de ce passé tragique". La traite des noirs, l'esclavage et l'abolition devraient ainsi être introduits dans les nouveaux programmes de l'école primaire à la rentrée 2008. Le chef de l'Etat a également demandé que soient étudiés au collège et au lycée l'œuvre d'Aimé Césaire, poète et député martiniquais décédé le mois dernier à l'âge de 94 ans, retiré en 1995 des programmes de terminale littéraire par l'ancien ministre de l'éducation François Bayrou.

Autre annonce du chef de l'Etat : le 23 mai deviendra "une journée commémorative pour les associations qui regroupent les Français d'Outre-Mer de l'Hexagone et qui souhaitent célébrer le passé douloureux de leurs aïeux". Nicolas Sarkozy était accompagné dans les jardins du Luxembourg par les ministres de la culture, Christine Albanel,  et de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, et par la secrétaire d'Etat à la politique de la ville, Fadela Amara.

«En Birmanie, la France veut agir sans attendre»

Propos recueillis par Tanguy Berthemet et Anne Cheyvialle 10/05/2008 | Mise à jour : 00:26
«Il n'est pas question de fournir une aide à la junte. Nous passerons par nos propres canaux», explique Bernard Kouchner.
«Il n'est pas question de fournir une aide à la junte. Nous passerons par nos propres canaux», explique Bernard Kouchner.

Le ministre des affaires étrangères détaille l'aide française pour la Birmanie et appelle à une reprise des pourparlers politiques au Liban.

LE FIGARO. Paris a décidé d'envoyer de l'aide vers la Birmanie alors même que la junte bloque toujours l'entrée de secours étrangers. Comment faire parvenir ces vivres ?
Bernard KOUCHNER.
La France va effectivement envoyer le Mistral, un gros navire chargé de 1 500 tonnes de vivres et de matériels achetés sur les fonds du Quai d'Orsay. Nous avons décidé d'agir sans attendre, pour être prêts quand l'autorisation des autorités birmanes arrivera. Il y a urgence. Les aides seront distribuées directement aux sinistrés par des petits bateaux à fond plat ou par hélicoptères par les personnels du navire ou par les ONG françaises déjà sur place.

Craignez-vous qu'une aide distribuée directement aux autorités birmanes soit détournée par les militaires ?
Bien sûr, et il n'est pas question de fournir une aide directe à la junte, même si elle l'accepte. Nous passerons par nos propres canaux, ce qui est sans doute mieux que d'avoir recours à des parachutages de vivres.

Paris a tenté de faire adopter devant le Conseil de sécurité de l'ONU une résolution pour passer outre le veto des autorités birmanes au nom du droit d'ingérence. Est-ce toujours à l'ordre du jour ?
Absolument. L'idée n'est pas seulement de s'appuyer sur le droit d'ingérence, mais sur la responsabilité de protéger les populations en danger, une notion qui a été adoptée par le Conseil de sécurité au cours d'une longue nuit de débat. Pour l'instant, la proposition rencontre des résistances. Mais nous allons insister et, peu à peu, nous obtiendrons des résultats. Déjà les choses changent. Elle a des soutiens forts comme celui, aujourd'hui, de la chancelière allemande Angela Merkel qui dit soutenir expressément notre initiative.

N'existe-t-il pas un risque de froisser Pékin, principal soutien du régime Birman, qui s'oppose à ce texte ?
Le Conseil est un lieu de négociations. Nous ne voulons froisser, ni la Chine ni personne. Je savais que les discussions ne seraient pas faciles et je sais qu'elles ne le seront pas. Mais nous ne pouvons pas reculer. C'est de la survie de millions de personnes dont il est question.

La télévision birmane vient d'annoncer que le pays acceptera l'aide des États-Unis. Est-ce un signe que la pression mise sur la junte fonctionne ?
Si c'est vrai et si cela se confirme, c'est évidemment un signe encourageant. Mais il ne faut surtout pas cesser nos efforts avec ce régime qui est capable de tout, même de maintenir un référendum constitutionnel en pleine catastrophe naturelle, ce qui est, je pense, unique dans les annales.

Un autre sujet de préoccupation est la situation libanaise. Un calme précaire est revenu à Beyrouth après trois jours d'affrontements. Pensez-vous que le risque de guerre civile se soit éloigné ?
Il y a un risque permanent. Le Hezbollah et Amal ont réalisé un coup de force en envahissant Beyrouth. Le premier ministre, Fouad Siniora, avec lequel je viens de m'entretenir, parle d'un «viol». L'urgence aujourd'hui est de stopper l'engrenage, la marche vers la guerre. Espérons que les pourparlers politiques reprennent très vite. Toutes les initiatives prises jusqu'à présent n'ont pas abouti à une détente suffisante. Nous condamnons cette attitude d'affrontement et demandons une levée des blocages et une réouverture de l'aéroport. L'autre partie de Beyrouth n'a pas bougé, c'est un bon élément.

Considérez-vous les milices chiites comme des organisations terroristes qui doivent déposer les armes ?
Le Hezbollah et Amal font partie du paysage politique. Nous les avions invités en France, à la Celle-Saint-Cloud (rencontre interlibanaise en juillet 2007, NDLR). Il faut poursuivre le dialogue.

Quel rôle peut jouer la France pour résoudre la crise au Liban ?
En maintenant un contact avec toutes les composantes du pays, à commencer par la Ligue arabe. Il y a un gouvernement légitime au Liban, que nous respectons et aidons. La solution politique existe, cela signifie des élections, un gouvernement d'union et une modification de la loi électorale.

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