03.07.2008
Traité de Lisbonne : le président polonais conditionne sa ratification à celle de l'Irlande

Après avoir annoncé qu'il ne ratifierait pas "pour le moment" le traité de Lisbonne, le président polonais, Lech Kaczynski, a déclaré, mercredi 2 juillet, qu'il approuverait le document uniquement si l'Irlande, qui l'a rejeté le 12 juin, organisait un nouveau référendum et l'approuvait.
A ses détracteurs, qui l'accusent d'avoir enrayé le processus de ratification, M. Kaczynski répond que sa "signature n'aboutira pas à l'entrée en vigueur du traité". "Ma motivation, c'est de ne pas violer le principe de l'unanimité. Si ce principe est traité avec sérieux, en ce moment, la ratification est sans objet, puisqu'elle n'aura pas pour effet l'entrée en vigueur du traité", a-t-il argumenté, estimant que le référendum irlandais bloque toujours cette possibilité.
"METTRE LES CHOSES AU CLAIR" AVEC M. SARKOZY
Lech Kaczynski ajoute par ailleurs une deuxième condition, celle-ci interne à la Pologne, concernant un projet de loi donnant plus de prérogatives au président en matière européenne. "Je pourrai signer le traité quand nous aurons une législation appropriée. Elle aurait été aussi une condition interne pour ratifier le traité, même si le référendum [irlandais] avait eu un autre résultat", a-t-il fait savoir. Le Parlement polonais doit encore voter sur cette loi, que le premier ministre libéral, Donald Tusk, voit d'un mauvais œil.
Enfin, le président polonais a évoqué ses rapports avec Nicolas Sarkozy, qui avait tenu des propos particulièrement durs à son encontre. "Mes rapports avec le président Sarkozy sont très bons. Ses opinions me tiennent à cœur", a-t-il déclaré, tout en laissant entendre que les deux hommes pourraient "mettre les choses au clair" en marge du sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet à Paris.
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