21.07.2008
Inculpation d'Al-Bachir par la CPI : la Ligue arabe préconise une "solution politique"

REUTERS/NASSER NURI
Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa lors d'une réunion convoquée en urgence, le 20 juillet 2008 au Caire, sur l'inculpation du président soudanais par la CPI pour génocide au Darfour.
Ce plan de sortie de crise, dont la teneur n'a pas encore été révélée, a été établi, samedi au Caire, lors d'une réunion en urgence des ministres des affaires étrangères des 22 pays membres. Elle visait à se prononcer sur la demande faite lundi aux juges de la Cour par le procureur en chef de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, d'émettre un mandat contre le président soudanais, l'accusant d'avoir organisé un génocide ayant directement causé la mort de 35 000 personnes et fait mourir de "mort lente" 100 000 autres habitants du Darfour, région de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003. S'il était accordé, ce mandat serait le premier lancé par la CPI contre un président en exercice.
Lors de la réunion, l'Algérie a appelé à faire pression sur le conseil de sécurité de l'ONU pour empêcher l'émission d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais, estimant que"ce qu'a fait le procureur du tribunal représente un dangereux précédent" et "entravera les efforts en faveur de la paix au Darfour". L'Egypte a elle jugé "nécessaire que le Conseil de sécurité de l'ONU prenne ses responsabilités pour sauvegarder la stabilité au Soudan et qu'il agisse en conséquence". Au sortir de la réunion qui a duré sept heures, M. Moussa a indiqué que les chefs de la dipomatie reprochaient au rapport de M. Moreno-Ocampo de refléter une "position déséquilibrée", car il "ne contient rien au sujet des mouvements rebelles (du Darfour) et de ce qu'ils ont fait".
Le communiqué final appelle "à donner la priorité à une résolution politique (...) et à l'organisation d'un sommet international de haut niveau afin de faire progresser la situation politique au Darfour". Selon le journal arabe Al-Hayat, le secrétaire général de la Ligue arabe a "été chargé d'engager des consultations avec le secrétaire général des Nations unies et la présidence de l'Union africaine à propos des relations entre le Soudan et la CPI et la crise du Darfour".
Le Soudan a demandé l'aide de la Chine et de la Russie (qui disposent d'un droit de veto), ainsi qu'à la Ligue arabe et de l'Union africaine pour obtenir du Conseil de sécurité une résolution demandant à la CPI de suspendre la procédure pour un an. Mais les ministres arabes n'ont pas mentionné cette idée dans leur communiqué. Mais ils évoquent "le mandat des institutions judiciaires civiles soudanaises" et estiment qu'"une justice efficace sera rendue (au Soudan) sous le contrôle de la Ligue arabe et de l'Union africaine". Selon le chef de la diplomatie égyptienne, M. Aboul Gheit, "appel à la justice soudanaise de poursuivre ses efforts pour établir la justice au Soudan sur les évènements au Darfour", est "l'un des points importants de la décision arabe".
08:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : al-bachir, cpi, darfour

















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