25.07.2008

Pourquoi Obama reste si peu à Paris et à Londres

Barack Obama quitte l'aéroport de Berlin : il s'apprête à faire une courte escale à Paris, le temps de rencontrer Nicolas Sarkozy, avant de rejoindre Londres.
REUTERS/JIM YOUNG
Barack Obama quitte l'aéroport de Berlin : il s'apprête à faire une courte escale à Paris, le temps de rencontrer Nicolas Sarkozy, avant de rejoindre Londres.

Un jour entier à Berlin, la bise à Angela Merkel et à son ministre de la défense, un discours impressionnant devant des centaines de milliers de personnes : Barack Obama a tout donné pour l'étape allemande de sa tournée internationale, jeudi 24 juillet. Mais le style s'annonce bien différent pour la fin de sa tournée européenne. Il ne passe que vendredi après-midi en France pour un entretien et une conférence de presse à l'Elysée, avant de gagner la Grander-Bretagne pour dîner avec Gordon Brown.

Barack Obama, le 12 juillet 2008.

Autant dire qu'à Paris comme à Londres, l'"Obamania" des gouvernements et des oppositions s'est teintée d'agacement. Mais Barack Obama n'est pas là pour ménager les susceptibilités de ceux dont il n'est pas sûr de devenir l'homologue. Il cherche avant tout, en une unique tournée internationale d'à peine six jours, à prouver à ses électeurs potentions américains qu'il a la stature d'un commandant en chef. Or le 25 juin, 55 % des Américains l'en estimaient capable, contre 80 % pour John McCain, selon un sondage Gallup.

ÉTAPE STRATÉGIQUE

Pourquoi Berlin, alors ? Les Etats-Unis y ont participé à des moments historiques forts, à l'issue de la seconde guerre mondiale : ils ont mis en place un pont aérien au moment du blocus soviétique et lancé le plan Marshall. John Kennedy s'y est écrié "Ich bin ein Berliner", alors que la ville était coupée en deux, puis Ronald Reagan y a demandé à Mikhaïl Gorbatchev de faire "tomber le Mur". Des symboles d'une Amérique forte, puissante, et aimée, pour un candidat qui promet à ses électeurs de redorer l'image de leur pays dans le monde.

Par ailleurs, alors que Nicolas Sarkozy est au pouvoir depuis un an seulement, et Gordon Brown confronté à une crise, Angela Merkel fait clairement figure de chef d'Etat européen qui pèse le plus en ce moment, explique le Spiegel allemand.

Le sénateur démocrate sait aussi qu'il a intérêt à s'exposer le moins possible en France pour ne pas revivre l'échec du précédent candidat démocrate, John Kerry, jugé beaucoup trop "français" par ses rivaux. Pas de bain de foule, pas de discours, Barack Obama est là pour "écouter le président Sarkozy et tirer profit de son expérience", a expliqué au Figaro l'un de ses conseillers, et "consulter [le] président sur le dossier iranien", un des dossiers internationaux qu'Obama compte privilégier.

Quant à l'Angleterre, où Barack Obama avait initialement prévu de débuter sa visite en Europe, elle s'est vexée du peu d'égard qui lui est fait, vus les liens qui unissent traditionnellement Londres et Washington, et son investissement dans la guerre en Irak.

Cécile Dehesdin

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