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08.03.2008

Au soir du 9 mars, les candidats parisiens n'échapperont pas aux calculs du "troisième tour"

LEMONDE.FR | 08.03.08 | 19h34
Projections en sièges de conseillers de Paris sur la base des élections de 2007.
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Projections en sièges de conseillers de Paris sur la base des élections de 2007.

A Paris, comprendre les élections municipales suppose d'imaginer les tractations du lendemain du premier tour, de se projeter dans le troisième tour, celui où le marie se fait élire par le conseillers de Paris, avant que le second n'ait eu lieu devant les électeurs. De faire de la combinatoire électorale.

 

L'élection du maire de Paris se joue en fonction du nombre de conseillers de Paris obtenus par les listes en présence dans chaque arrondissement. 163 conseillers composent le Conseil de Paris. 82 sièges sont nécessaires pour obtenir la majorité absolue. Conquérir ces sièges nécessite pour les partis de fusionner ou d'obtenir des désistements entre les deux tours. La loi électorale permet aux listes dépassant 5 % des suffrages exprimés de fusionner, à celles dépassant 10 % de fusionner bien sûr mais aussi de se maintenir si elles le veulent. Au soir du premier tour, les Verts chercheront les arrondissements dans lesquels ils seront en mesure de passer le premier seuil pour fusionner avec les listes du PS. Le MoDem listera les arrondissements lui permettant en principe de se maintenir, afin de pouvoir peser dans les discussions du jour d'après et envisager de fusionner (tableau 1).

DANS LES COULISSES

Au soir du 9 mars, en fonction des résultats du premier tour, les états majors à la Mairie de Paris et à l'UMP chercheront à évaluer le nombre de sièges gagnables sans alliances, avant d'engager des tractations en connaissance de cause. L'analyse électorale permet dès à présent d'établir des scénarii en partant des résultats des seconds tours des élections présidentielle et législatives de 2007. En dressant, grâce à ces données deux hypothèses dans chaque arrondissement, l'une favorable à la gauche, l'autre à la droite, on obtient les projections représentées ici.

Dans le cas où la droite se maintiendrait dans ses bastions, menacerait les sortants dans les 12e, 9e et 4e mais viendrait à perdre les 1er et 5e, la droite parisienne pourrait espérer entre 67 et 85 sièges, soit 76 sièges en moyenne. Dans ces conditions, les espoirs de la gauche se situeraient entre 78 et 96 sièges (87 en moyenne). Ne pouvant prendre le risque – même faible – de perdre la municipalité, Bertrand Delanoë se trouverait devant la quasi obligation de composer avec le MoDem, dans le 12e et donc dans le reste de Paris.

Dans l'hypothèse où la gauche serait en mesure de conserver tous ses arrondissements y compris le 12e, gagnerait en outre les 1er et 5e mais perdrait les 4e et 9e, ses espérances en sièges oscilleraient alors entre 84 et 96 (moyenne de 90 sièges). Ceci donnerait au maire de Paris l'opportunité de confier aux Verts des sièges sans plus dépendre d'eux. De leur côté, les Verts ne pourraient espérer fusionner, donc réclamer des places de conseillers dans la majorité, que dans 4 à 8 arrondissements où ils seront en mesure de réaliser des scores supérieurs à 5 %.

Enfin, dans les arrondissements où elles pourraient imposer des triangulaires, les listes du MoDem ne sauraient espérer conquérir que quelques sièges. Uniquement dans des arrondissements forts pourvoyeurs en sièges comme le 12e et le 14e (10 sièges chacun) Car même avec de bons scores, des triangulaires dans les 5e, 6e ou 7e ne permettraient pas à cette formation d'espérer gagner des sièges compte tenu du trop faible nombre de conseillers dans ces arrondissements (respectivement 4, 3 et 5). Pour le MoDem, la conquête d'un nombre plus élevé de sièges passe nécessairement par un accord.

 MONOPOLY MUNICIPAL

Au matin du 10 mars, Bertrand Delanoë devra décider des alliances politiques à mettre en œuvre. Plus l'arithmétique lui sera favorable, plus les critères politiques seront déterminants. Plus la combinatoire sera incertaine, plus il devra composer pour construire sa nouvelle majorité.

Si l'espoir de gain se situe au-dessus de 90 sièges, le maire sortant pourra se permettre d'octroyer aux Verts des conseillers (en fonction de leurs résultats) tout en gardant la majorité absolue. Il pourra aussi se passer d'une alliance avec le MoDem, pour peu que le maintien de celui-ci ne lui fasse pas prendre le risque de perdre un arrondissement crucial comme le 12ème ou le 14ème.

Si les gains espérés se situent pour la gauche autour de 80 à 85 sièges, l'alliance Verts-MoDem pourrait s'avérer utile ou indispensable selon les cas. Une alliance à minima entre le PS et le MoDem dans la capitale, "dans la clarification" pour Bertrand Delanoë, "dans le respect de l'autre" selon Marielle de Sarnez, contraindrait le maire sortant à céder au moins un conseiller dans chaque arrondissement au MoDem là où celui-ci accepterait de fusionner. L'accord devrait être revu à la hausse si l'alliance avec le MoDem permettait d'éviter de perdre une mairie (14e ou 12e). Ou d'en gagner une aussi emblématique que celle du 5e. En revanche, le MoDem devrait revoir ses espoirs à la baisse dans le cas où Bertrand Delanoë envisageait de lui confier des mairies, dans le 5e ou le 14e par exemple comme il le fit dans le 2e arrondissement pour les Verts en 2001, qui avaient obtenu un très haut résultat (plus de 12 % au premier tour). Car au Monopoly municipal, donner une mairie d'arrondissement vaut "davantage" que deux conseillers. Cette économie en sièges aurait naturellement un coût politique : l'octroi d'une mairie d'arrondissement au MoDem reviendrait à opérer un choix politique décisif pour l'avenir municipal, partisan et national de Bertrand Delanoë.

Pour lui, quels que soient les résultats à l'issue du premier tour, il ne pourra pas envisager d'aller à la bataille du second tour sans alliés sauf à prendre le risque d'accréditer une image d'arrogance. Les Verts seront donc de la partie, comme déjà annoncé dans les deux camps. L'incertitude concerne le nombre – sans doute réduit – de conseillers qu'il leur accordera. Elargir l'alliance au centre poserait d'autres difficultés. En particulier celle de faire accepter par ses alliés (PC, MRC, MRG) l'entrée dans la majorité d'ex-adversaires de droite. Et imposera également d'assumer une ligne stratégique d'ouverture au centre dans son éventuelle course au leadership au sein PS.

Une double alliance pourrait également avoir pour le maire sortant des avantages. Dans le cas où il ne pourrait envisager d'obtenir seul la majorité au Conseil de Paris, négocier des conseillers avec les Verts et avec le MoDem lui permettrait peut-être de s'affranchir de la dépendance à l'égard d'un seul allié. Bertrand Delanoë serait alors en situation de construire des majorités variables au Conseil de Paris. Rien ne dit que ceci serait confortable. Mais rien ne dit non plus que ce ne serait pas une façon de habile de diviser pour mieux régner, et garder plusieurs fers au feu pour l'avenir.

Philippe Chriqui (expression-publique.com pour Le Monde.fr)

Des Victoires de la musique imprévisibles

 
Abd al Malik . (Le Figaro/Ceccarini)

  • Abd al Malik . (Le Figaro/Ceccarini) Crédits photo : Le Figaro

    À la vue des nominations pour le 23e palmarès, qui sera proclamé ce soir à partir de 20 h 50, mille interprétations divergentes sont possibles.

    Abondance de biens ? Paysage brouillé ? Prodigalité de la scène française ? Incohérence des professionnels de la musique qui votent pour les victoires de la musique ? À la vue des nominations pour le 23e palmarès, qui sera proclamé ce soir à partir de 20 h 50, mille interprétations divergentes sont possibles. Un exemple ? La catégorie groupe ou artiste masculin de l'année, qui met en lice Abd al Malik, Étienne Daho, Yannick Noah et Michel Polnareff. Sur quels critères ont pu se départager le jeune rappeur Malik, victoire pour l'album de musique urbaine de l'année en 2007, le maître de la pop Daho qui révolutionna les années 1980 avant d'engranger victoire sur victoire depuis des lustres, le très populaire, mais modérément créatif Noah et le triomphe historique de Polnareff après trente-quatre ans sans concert en ­France ?

    Il faut rappeler d'ailleurs qu'entre ces quatre nommés les jeux sont déjà faits : depuis les victoires 2001, le vote se fait en un seul tour de scrutin. Un collège de professionnels constitué de salariés de maisons de disques, de producteurs, de journalistes, d'auteurs, de compositeurs, de musiciens et d'artistes interprètes (qui sont, d'après la rumeur, les votants les moins réguliers) a choisi dans chaque catégorie, à partir d'une liste d'événements survenus entre les dernières semaines de 2006 et la fin 2007.

     

    Injecter du glamour

    Chaque électeur vote pour trois noms (le premier a trois points, le deuxième deux points et le troisième un point). La liste des nominations publiée avant la soirée des victoires est la liste des quatre scores les plus élevés à ce vote, le nom du vainqueur étant tenu secret jusqu'à l'ouverture des enveloppes ce soir, sur la ­scène du Zénith de Paris, et devant les téléspectateurs de France 2. Seules catégories échappant à cette règle, les révélations désignées par vote téléphonique par le public.

    La sincérité des opérations de votes ne faisant plus de doutes depuis une certaine affaire de 1996, c'est dans le découpage des catégories et des sélections que l'on trouve, le cas échéant, sujet à polémique : le retour en catégorie chanson de l'année de Ma France à moi de Diam's paru début 2006, les frontières poreuses des catégories variétés et pop-rock, la cohabitation du rap «sérieux» et de l'album de Fatal Bazooka pour la catégorie «album de musiques urbaines»…

    Mais il reste que rarement un palmarès des victoires de la musique aura été aussi peu prévisible.

    « On observe une plus grande densité d'artistes que l'année dernière où la nouvelle scène fran­çaise était très présente», commente Gilles Bressand, président de l'Association des victoires de la musique.

    Reste à savoir si la cérémonie captera durant quatre heures l'attention des téléspectateurs. Pour cela, vedettes et people en tout genre sont conviés en nombre. «On va prendre des “remettants” qui ne sont pas connotés musique, des comédiens, des mannequins ou des comiques, pour injecter du glamour dans la cérémonie», explique Nagui en tant que producteur. Parmi les principaux invités pressentis : Valérie Bègue (Miss France 2008), ­Mareva Galanter, Cécile Cassel, Anne Brochet, Ariel Wizman ou encore Édouard Baer.

    « En proportion, on est à trois quarts de musique pour un quart de remise de récompenses : je veux bien qu'on m'explique comment faire plus rapidement» , note Nagui. « Si la durée était moins importante, on risquerait de ne voir sur scène que les artistes déjà aperçus dans d'autres émissions», rappelle Gilles Bressand. Et de souligner l'importance pour les «nommés» de participer à l'émission : «Prenons l'exemple d'Anaïs. Elle s'était produite il y a deux ans aux Victoires. Elle n'avait pas gagné, mais elle est passée en quelques mois de 20 000 à 200 000 ventes.»

Cécilia nie l'existence d'un SMS attribué à Sarkozy

L.S. (lefigaro.fr) avec AFP 08/03/2008 | Mise à jour : 08:38 | 
Nicolas Sarkozy et son ex-femme le 14 juillet 2007 (AP)
Nicolas Sarkozy et son ex-femme le 14 juillet 2007 (AP) Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

L'ex-première dame a réfuté devant la police l'information du site du Nouvel Observateur à propos d'un texto que lui aurait envoyé le chef de l'Etat.

Cécilia Ciganer-Albeniz, l'ex-épouse du président Nicolas Sarkozy, entendue par la police, a formellement nié l'existence d'un SMS qui, selon un « confidentiel » du site du Nouvel Observateur, lui aurait été adressé par le chef de l'Etat avant son mariage avec Carla Bruni.

L'ancienne première dame a été entendue vendredi soir comme témoin par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), dans le cadre de la plainte déposée par Nicolas Sarkozy pour «faux, usage de faux et recel» à l'encontre du site internet.

Celui-ci avait affirmé que, huit jours avant son mariage avec Carla Bruni, Nicolas Sarkozy avait envoyé un SMS à son ex-femme déclarant : «Si tu reviens, j'annule tout». Celle-ci a donc déclaré ne jamais avoir reçu un tel SMS.

Auparavant, Airy Routier, rédacteur en chef du magazine et auteur de l'article incriminé, avait déclaré aux policiers avoir écrit son article sur la foi d'informations «verbales fiables», et avait confié au Figaro ne pas avoir vu le SMS dont il affirmait l'existence.

Diretta on line Berlusconi-Fini al Palalido di Milano

La nostra campagna elettorale sta proseguendo a pieno regime

In questo fine settimana ti segnalo due eventi:

a) Sabato 8 marzo diretta on line su www.votaberlusconi.it della grande manifestazione del Palalido di Milano, nel corso della quale Silvio Berlusconi e Gianfranco Fini daranno il via "ufficiale" alla campagna elettorale del Popolo della Libertà.

b) I nostri gazebo continuano la loro azione di presenza nelle piazze, per dialogare con gli italiani in merito ai punti principali del nostro programma di governo. "Più sicurezza, più giustizia" sarà il tema per l?8 e il 9 marzo. Per dire la tua opinione ti aspettiamo qui: http://prioritaprogramma.votaberlusconi.it/

Un grazie di cuore a tutti i militanti del Popolo della Libertà che animano i gazebo.

Grazie anche a tutti coloro che ci hanno scritto in risposta alle precedenti e-mail. Nei prossimi giorni completeremo le risposte ai quesiti che riguardano la campagna elettorale. Non siamo invece in grado di dare risposta a segnalazioni di casi personali ma garantiamo che tutte le mail saranno lette e conservate.

Infine ti segnalo che abbiamo cominciato a pubblicare le segnalazioni giunte al sito e ai gazebo: le puoi leggere qui: http://prioritaprogramma.votaberlusconi.it/suggerimenti.p...

1259589571.jpgGrazie per l’attenzione. Buona campagna elettorale,


on. Antonio Palmieri


responsabile comunicazione elettorale e internet Forza Italia /Popolo della Libertà

07.03.2008

L'Union européenne à la recherche de son "George Washington"

LE MONDE | 21.02.08 | 14h03  •  Mis à jour le 21.02.08 | 14h03

Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe.

REUTERS/STRINGER/BELGIUM Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe.

Qui sera le futur président du Conseil européen ? Tony Blair, le flamboyant Britannique, Jean-Claude Juncker, le sage de Luxembourg, Anders Fogh Rasmussen, l'outsider danois, et d'autres encore, dont les noms sont lancés çà et là.

Chaque nom a son histoire, qui reflète une conception propre de ce que devra être ce nouveau président de l'Europe. Celui-ci est censé prendre ses fonctions le 1er janvier 2009, pour deux ans et demi renouvelable une fois, lorsque le traité de Lisbonne entrera en vigueur, mais son rôle est encore loin d'être défini. "L'Europe doit rechercher et inventer son George Washington", s'est enflammé Valéry Giscard d'Estaing, mercredi 20 février, à Hambourg. L'ancien président de la Convention chargé d'élaborer feu la Constitution européenne a plaidé pour associer les opinions publiques. "N'échouons pas et ne décevons pas dans la désignation du premier président de l'histoire de l'Europe ! Nous savons bien que beaucoup de dirigeants se satisferaient d'une personnalité effacée, ne faisant pas d'ombre à leurs propres activités sur le plan national. Mais ce serait un recul, pire, une blessure grave infligée au beau rêve d'union", a-t-il dit.

 

Lors de la Convention, deux conceptions s'étaient affrontées : celle d'un président "chairman" chargé de coordonner les travaux du Conseil européen, qui réunit quatre fois par an les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, à la visibilité limitée ; celle d'un président "leader", plus offensif, incarnant l'Union auprès des citoyens, plus proche des idées françaises.

C'est ce qui a amené Nicolas Sarkozy à lancer le nom de Tony Blair, 54 ans, peu enclin à inaugurer les chrysanthèmes. L'exécutif français note que si l'ex-premier ministre vient d'un pays eurosceptique qui n'est ni membre de la zone euro ni de l'espace Schengen - ce qui est tenu par beaucoup comme rédhibitoire -, il a toujours été convaincu de la place de la Grande-Bretagne dans l'Europe, lançant la défense européenne en 1998. Mais M. Blair a trop d'ennemis, notamment pour le rôle qu'il a joué dans la guerre en Irak, pour être crédible.

Aujourd'hui, le candidat de consensus est le premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, 53 ans, qui préside également les réunions des ministres des finances de la zone euro. A la double culture française et allemande, il sait manier un humour féroce mais est avant tout un conciliateur né ; et il a l'avantage de venir d'un petit pays.

"Un candidat presque trop parfait", dit-on à Paris. Nicolas Sarkozy préférerait, dit-on, quelqu'un de plus neuf, comme le premier ministre danois, le libéral Anders Fogh Rasmussen, 54 ans. Son pays est cité en modèle pour avoir su concilier réformes libérales et Etat-providence. Outre qu'il dirige un gouvernement dépendant de l'extrême droite, il lui faudrait donner des gages de sa foi européenne. Il a prévu d'organiser un référendum à l'automne pour lever les dérogations du Danemark, qui ne participe ni à la défense européenne ni à l'euro.

Le job du futur ministre des affaires étrangères de l'Union, qui aura pour titre celui de "haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité", fait lui aussi l'objet des négociations. Celles-ci sont compliquées par le fait que le titulaire, qui sera vice-président de la Commission, devra à ce titre être aussi agréé par le Parlement européen. L'actuel titulaire du poste, l'Espagnol Javier Solana, ancien secrétaire général de l'OTAN, rempilerait volontiers. Il incarne la continuité d'une politique étrangère sous contrôle des grands Etats, qui veulent rester maîtres du jeu.

L'eurodéputé Vert Daniel Cohn-Bendit cite le nom de son ami, l'ex-ministre des affaires étrangères allemand Joschka Fischer. On évoque aussi le Français Michel Barnier, ou l'actuel premier ministre belge Guy Verhofstadt, reçu mercredi par M. Sarkozy, qui s'était fait barrer la route de la présidence de la Commission en 2004. La présidence de cette dernière devra attendre, comme la présidence du Parlement européen, les élections européennes de 2009. En cas de victoire de la droite, le Portugais José Manuel Barroso a toutes les chances d'être reconduit pour un second mandat : proche des Anglo-Saxons, atlantiste, représentant d'un petit pays... Il est soutenu par Nicolas Sarkozy.

Henri de Bresson
Article paru dans l'édition du 22.02.08.

Medvedev élu avec 70,28% des voix

Dmitri Medvedev a obtenu 70,28% des voix à la présidentielle de dimanche en Russie, a annoncé aujourd'hui un responsable de la Commission électorale centrale Stanislav Vavilov en présentant à la télévision les résultats définitifs du scrutin.
Le candidat communiste Guennadi Ziouganov a obtenu 17,72% des voix, l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski 9,35% des voix et le candidat pro-européen Andreï Bogdanov 1,30%, a précisé M. Vavilov sur la chaîne d'information continue Vesti.
Le taux de participation a été de 69,81%, selon M. Vavilov.
 
Source: AFP

06.03.2008

«J'appelle les Farc à ne pas commettre l'irréparable»

Propos recueillis par E. M., P.-H. L., N. B., Ph. G. et C. J. 06/03/2008 | Mise à jour : 07:13 |
«Il est fondamental de créer l'Union pour la Méditerranée pour que la rive du nord et la rive du sud construisent un pôle de stabilité».
«Il est fondamental de créer l'Union pour la Méditerranée pour que la rive du nord et la rive du sud construisent un pôle de stabilité».

Nicolas Sarkozy estime qu'un accord entre la France et l'Allemagne est «nécessaire» pour faire avancer l'UE, mais qu'il «n'est pas suffisant».

LE FIGARO. Quelle initiative comptez-vous prendre à propos d'Ingrid Betancourt ?
Nicolas SARKOZY. Je n'ai cessé de prendre des initiatives depuis neuf mois. Pendant cinq ans, l'affaire Betancourt n'a pas avancé d'un centimètre. Depuis que je suis à l'Élysée, nous avons la preuve qu'Ingrid, dont nous étions sans nouvelles, est en vie. Par ailleurs, six otages ont été libérés. Je prends une autre initiative aujourd'hui en m'adressant à Canal RCN, la première chaîne privée colombienne. Je veux dire aux Farc : «Continuez dans la stratégie de la libération humanitaire, ne commettez pas l'irréparable, Ingrid est en danger de mort.»

Comptez-vous vous rendre en Colombie rapidement ?
S'il le faut, j'irai. Il y a un petit nombre de gens sur lesquels repose le destin, et notamment Monsieur Marulanda, chef des Farc. C'est à lui de savoir ce qu'il veut aux yeux du monde entier : apparaître comme un assassin ou comme quelqu'un qui aura eu le courage de faire un geste humanitaire.

On a beaucoup commenté vos désaccords avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Avez-vous tourné cette page ?
En neuf mois, nous avons fait deux choses très importantes. Nous avons uni nos forces pour faire sortir des limbes le traité européen simplifié, et nous avons trouvé une nouvelle gouvernance pour EADS. Lundi, à Hanovre, nous avons trouvé un compromis sur l'Union pour la Méditerranée. Il est fondamental de créer l'Union pour la Méditerranée pour que la rive du nord et la rive du sud construisent un pôle de stabilité. Nous travaillons main dans la main.

Quel accord avez-vous trouvé sur ce dossier ?
Angela voulait que tous les pays européens puissent participer à l'Union dans le cadre du processus de Barcelone. Et moi je considérais que ce processus, créé en 1995, était enlisé et qu'il fallait créer un vrai partenariat avec les pays du Sud. Nous nous sommes mis d'accord pour créer l'Union pour la Méditerranée. Tous les pays membres de l'Union européenne et tous les pays riverains de la Méditerranée pourront y participer.

L'Union pour la Méditerranée sera coprésidée par un président de la rive du nord et un président de la rive du sud. Une structure de direction, légère et opérationnelle, donnera corps à ce partenariat. Ne pourront présider que les pays qui sont riverains de la Méditerranée. Il y aura une réunion des chefs d'État et de gouvernement tous les deux ans, les décisions seront prises ensemble. Tous les pays membres de l'Union pourront participer au processus. Le 13 juillet, à Paris, il y aura un sommet des pays européens et des pays de la Méditerranée.

L'entente franco-allemande est donc toujours le moteur de l'Union européenne ?
Quand le général de Gaulle et Konrad Adenauer se mettaient d'accord, toute l'Europe était d'accord. D'une certaine façon, quand Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt se mettaient d'accord, toute l'Europe suivait. Mais nous ne sommes plus dans cette Europe-là. La France et l'Allemagne doivent toujours se mettre d'accord, mais en concertation avec tous les partenaires.

Quand Angela et moi, nous nous mettons d'accord sur le traité simplifié, cela est nécessaire, mais ce n'est pas suffisant. Pendant les six mois de la présidence française de l'Union européenne, au-delà de la nécessaire entente franco-allemande, j'ai bien l'in-tention de travailler étroitement avec tous les pays membres et toutes les institutions européennes. Mon objectif n'est pas d'en faire un succès seulement pour la France mais pour l'Europe.

«Je ne crois pas aux plans de rigueur, ils ne mènent à rien»

Propos recueillis par E.M., P.-H. L., N. B., Ph. G. et C. J. 06/03/2008 | Mise à jour : 08:06 |
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«La stratégie qui consiste à augmenter sans fin le smic n'est pas la bonne. Le smic n'est perçu que par 17 % des salariés. Si vous augmentez le smic, vous laissez de côté 83 % des salariés.»
«La stratégie qui consiste à augmenter sans fin le smic n'est pas la bonne. Le smic n'est perçu que par 17 % des salariés. Si vous augmentez le smic, vous laissez de côté 83 % des salariés.» Crédits photo : Le Figaro

Le chef de l'État veut encourager les hausses de salaires mais admet que celles-ci «ne se décrètent pas».

LE FIGARO. Le climat économique international s'est beaucoup détérioré depuis votre élection. Cela vous amène-t-il à changer de stratégie ?
Nicolas SARKOZY. Cela rend un peu plus difficile ma tâche mais cela ne la change pas. Je n'ai jamais pensé que les problèmes de l'économie française venaient d'abord de l'extérieur. Ils viennent d'abord de nous-mêmes. Ce n'est pas la faute des subprime s'il faut alléger le carcan des 35 heures. Ce n'est pas la faute des déficits américains si les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques sont trop élevés en France. Ce n'est pas la faute de la crise du système bancaire si notre droit du travail dissuade les chefs d'entreprise de recruter. Ce n'est pas la faute des Chinois si notre marché du travail ne fonctionne pas bien. C'est pour cela que nous avons réalisé la fusion ANPE-Unedic pour offrir aux demandeurs d'emploi un guichet unique et mieux les accompagner dans leurs recherches. C'est pour cela que j'ai souhaité et encouragé la négociation entre partenaires sociaux qui a abouti en janvier à un accord historique sur le fonctionnement du marché du travail. C'est pour cela que je souhaite aussi que le refus de deux offres d'emploi acceptables conduise à la réduction des allocations voire à leur suppression. Le contexte international doit même nous encourager à accélérer les réformes. Si demain il y avait 10 % de croissance aux États-Unis, il faudrait malgré tout aménager notre droit du travail et notre fiscalité.

Préparez-vous, comme l'affirme la gauche, un plan de rigueur pour le lendemain des municipales ?
Non. Je ne crois pas aux plans de rigueur. Ils ne mènent à rien. C'est la réforme qui amènera les économies et ce sont les économies et la croissance qui amèneront la réduction des déficits.

Vous avez annoncé que les allégements de charges se feraient sous certaines conditions. Qu'entendez-vous par là ?
Les 35 heures ont nui considérablement aux évolutions salariales dans notre pays. C'est la raison pour laquelle les allégements de charges seront conditionnés à de réelles discussions dans les branches et dans les entreprises. Toutes les entreprises ne peuvent pas accorder des hausses de salaire. Mais quand je vois certains groupes aligner des milliards d'euros de bénéfices, je m'en réjouis mais je me dis qu'il est juste que leurs salariés en reçoivent une partie.

Vous aviez promis d'être le président du pouvoir d'achat. Quelles solutions proposez-vous en 2008 pour répondre aux attentes des Français ?
Les hausses de salaires ne se décrètent pas. La stratégie qui consiste à augmenter sans fin le smic n'est pas la bonne. Le smic n'est perçu que par 17 % des salariés. Si vous augmentez le smic, vous laissez de côté 83 % des salariés. En revanche, je crois en l'intéressement. Un texte de loi proposera en juin des incitations fiscales pour encourager les entreprises à généraliser ce système, notamment celles de moins de 50 salariés. À cela s'ajoutent les heures supplémentaires exonérées de charges et d'impôts sur le revenu. Les salariés de 37 % des entreprises françaises ont vu leur fiche de paie augmenter à ce titre. C'est considérable. Et depuis quelques jours les rachats de RTT sont possibles. De même, les réserves de participation peuvent être libérées. En matière de niveau de vie, jamais aucun gouvernement n'a fait autant. L'élévation du niveau de vie des Français, de tous les Français, est un objectif central de ma politique.

Favoriser la concurrence entre les grandes surfaces, n'est-ce pas une autre piste ?
C'est effectivement le bon choix. Il faut renforcer la concurrence entre les grandes surfaces et il faut renforcer la concurrence dans les négociations entre les producteurs et les distributeurs. J'ajoute que ce faisant, il faudra préserver aussi les agriculteurs et les petits producteurs. Ce qui se passe en matière de prix n'est pas normal, c'est même parfois choquant. Des augmentations de tarifs ont été exagérées et d'autres anticipées. Quand je vois que le prix du jambon a parfois grimpé de 40 % alors que le prix payé aux producteurs de porcs diminue, je dis que quelque chose ne va pas. Il est vrai que l'appréciation de l'euro n'a rien facilité, pas plus que le renchérissement des matières premières, mais ce ne sont pas des raisons suffisantes.

Laurence Parisot a lancé une opération mains propres contre l'UIMM. La soutenez-vous ?
C'est une affaire interne du Medef. De surcroît, il y a une procédure judiciaire qui suit son cours. Cela dit, je comprends la position de Laurence Parisot. Elle souhaite que les chefs d'entreprise donnent une bonne image. La France en a besoin.

Ce ne serait pas plus simple qu'il y ait une seule organisation ?
Vous posez le problème de la représentativité des organisations professionnelles. Les partenaires sociaux sont en train d'en discuter entre eux à la demande du gouvernement. S'ils n'aboutissent pas fin mars à un accord, le gouvernement traitera lui-même la question, naturellement en concertation avec les intéressés. Il est bien évident qu'on ne peut pas laisser inchangés des critères et des règles qui datent de l'après-guerre. Nous changerons cela aussi dans l'an-née 2008.

Seriez-vous hostile par principe à la prise de contrôle de la Société générale par une banque étrangère ?
Je ne suis pas protectionniste. Mais il n'est pas possible que les pouvoirs publics ne soient pas vigilants quand un grand acteur bancaire français est menacé. J'ai lu qu'un ancien ministre des Finances disait qu'il se méfiait de l'ingérence de l'État : il a raison, mais je n'ai toujours pas digéré la disparition de Pechiney. Sans que le ministre des Finances de l'époque ne lève un petit doigt, Pechiney est devenu Alcan. Et Alcan n'existe plus. Je préfère la stratégie volontariste qui nous a permis de sauver Alstom, de créer Suez Gaz de France ou de fusionner Sanofi Aventis.

Maintiendrez-vous cette année le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ?
Oui, nous le ferons. En trente ans, pas un seul gouvernement n'a remis en cause plus de 10 000 postes de fonctionnaires. Nous n'a-vons pas remplacé 22 000 départs ! Si nous avions voulu tenir l'engagement du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, nous aurions dû supprimer 36 000 postes dès 2007. Or je n'ai pris mes fonctions qu'en mai. Cela aurait été trop brutal. Chacun doit comprendre qu'il n'y a pas d'alternative en France à la réduction des dépenses publiques.

Va-t-on passer à 41 ans de cotisation, cette année ?
La loi Fillon votée en 2003 prévoit qu'on passe à 41 ans sauf décision contraire fondée sur des éléments nouveaux. Nous verrons s'il y a des éléments nouveaux. Nous en discuterons avec les partenaires sociaux.

Nicolas Sarkozy : «Maintenir le cap et accélérer les réformes»

Propos recueillis par Étienne Mougeotte, Paul-Henri du Limbert, Nicolas Barré, Philippe Goulliaud et Charles Jaigu
06/03/2008 | Mise à jour : 13:19 |

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«Ma mission est de faire en sorte que toutes les réformes qui n'ont pas été engagées depuis tant d'années en France soient conduites à leur terme», a réitéré Nicolas Sarkozy devant les journalistes du Figaro.
«Ma mission est de faire en sorte que toutes les réformes qui n'ont pas été engagées depuis tant d'années en France soient conduites à leur terme», a réitéré Nicolas Sarkozy devant les journalistes du Figaro. Crédits photo : Le Figaro

INTERVIEW EXCLUSIVE - Le président de la République tiendra compte de «la signification politique» des municipales, mais exclut un remaniement «en profondeur» avant la présidence française de l'UE.

LE FIGARO. Nous sommes à trois jours du premier tour des élections municipales, qu'en attendez-vous ?
Nicolas SARKOZY. Les Français vont choisir ceux qui gèrent leur ville et il est bien qu'ils le fassent en pensant d'abord à cette mission. Mais je sais que ce scrutin aura aussi une signification politique que j'entendrai et dont je tiendrai compte. À ce titre, je souhaite que ceux qui veulent que le changement continue, se mobilisent et fassent le choix du candidat qui porte cette stratégie du changement. Je suis élu pour cinq ans. Chaque année, il y aura des élections. Mon devoir est d'envisager les choses dans la durée, avec du recul, du sang-froid. Je n'ai pas l'intention de rythmer mon quinquennat en fonction des scrutins locaux, régionaux ou européens qui nous attendent. J'ai un cap, je tiendrai ce cap.

Le cap, c'est réhabiliter le travail pour donner à chacun la chance de vivre de son activité, assurer l'autorité de l'État pour protéger les plus faibles, bâtir une justice qui protège les victimes, reconstruire des universités fortes qui soient les meilleures au monde, revenir à une école primaire où l'on enseigne à lire, écrire et compter pour mettre un terme à l'échec scolaire. Ma mission est de faire en sorte que toutes les réformes qui n'ont pas été engagées en France depuis tant d'années soient conduites à leur terme ; mon rendez-vous est clair : c'est la fin du quinquennat, et les résultats concrets que les Français en attendent à juste titre. En tout état de cause, pour moi, comme pour tous les Français, le changement est une ardente obligation.

Entendez-vous réformer au même rythme, quel que soit le résultat des élections ?
Je dis à tous ceux qui m'ont fait confiance que je mènerai cette politique du changement avec la même force, la même envie, le même volontarisme tout au long des quatre prochaines années.

Allez-vous poursuivre l'ouverture ?
Le devoir d'un président de la République est de rassembler, de refuser toute forme de sectarisme. La France a grand besoin de tolérance. J'ai souhaité associer tous les talents à notre action au service de la France. Nous avons clairement gagné les élections présidentielle et législatives. J'ai cependant voulu travailler aussi avec ceux qui n'avaient pas voté pour moi. Je ne le regrette pas. Je dois rassembler.

Ne croyez-vous pas que vos électeurs désirent aussi une ouverture à droite et pas seulement à gauche ?
L'ouverture est d'abord un état d'esprit. Cependant, quand nous proposons des quotas pour l'immigration avec une obligation de résultats quant aux reconduites à la frontière, n'est-ce pas une politique voulue par les Français ? La rétention de sûreté, cette nouveauté dans l'univers juridique français, ou la condamnation des multirécidivistes à des peines planchers il y a déjà près de 4 000 décisions rendues ne sont-elles pas des politiques qui rompent avec tant d'années de laxisme ? Quand nous nous réconcilions avec les Américains, n'est-ce pas un changement bienvenu et peut-on penser une minute que le contrat qu'a gagné magnifiquement EADS pour les avions ravitailleurs aurait été signé dans le climat de tension qu'on a connu entre les Américains et les Français ? Quand la France porte l'idée du traité simplifié et contribue à sortir l'Europe de la crise, n'est-ce pas une politique qui satisfait les plus européens et donc le centre ? Nous faisons après l'élection ce que nous avions promis avant. C'est une question de respect, de crédibilité et même de morale.

Comment expliquez-vous votre baisse dans les sondages ?
Pendant six ans, j'ai connu des sondages à leur zénith. Et mes adversaires expliquaient que cela ne signifiait rien. Aujourd'hui, après deux mois de baisse, les mêmes expliquent que la situation est très grave. Bien sûr, les bons sondages facilitent les réformes, et les mauvais les compliquent, mais cela ne change pas mon cap. Je travaille à la modernisation de la France sans me laisser distraire par les péripéties, même si je me dois d'être attentif à tout, y compris à l'humeur du moment.

Que répondez-vous à ceux qui attribuent votre baisse dans les sondages à votre nouveau style ?
On porte toujours sa propre part de responsabilité. J'aime l'engagement, j'aime prendre mes responsabilités, je suis quelqu'un qui ne triche pas, alors cela peut surprendre, voire déranger parfois. Pour autant, le rôle du chef de l'État, c'est de garder une certaine distance par rapport au quotidien. Il n'a pas le droit de céder à l'agitation.

Avez-vous commis des erreurs qui expliqueraient cette baisse dans les sondages ?
Qui serais-je si je ne reconnaissais pas mes erreurs ? On en commet, j'en ai commis. Je ne m'exonère de rien, mais je ne crois pas utile de commenter en permanence l'écume des choses ! Ce qui intéresse les Français est de savoir si le pouvoir d'achat va augmenter, si la sécurité va s'améliorer, si le chômage va baisser. Ce qui compte, c'est que, désormais, un demi-million d'entreprises proposent à leurs salariés des heures supplémentaires défiscalisées. Nous étions un pays dans lequel on décourageait les gens de travailler. Nous sommes devenus un pays dans lequel on est de nouveau récompensé lorsqu'on travaille davantage.

Je veux développer massivement l'intéressement et la participation pour que plus de salariés soient associés au partage des bénéfices. J'avais promis aux Français que ceux qui ont tiré sur la police à Villiers-le-Bel seraient arrêtés, ils le sont. J'avais promis aux Français que les multirécidivistes seraient plus fortement condamnés, ils le sont. J'irai jusqu'au bout. Je veux que les criminels dangereux qui ont été condamnés avant l'adoption de la loi créant la rétention de sûreté, ne puissent pas être rendus à la liberté s'ils sont toujours dangereux.

Vous avez saisi le président de la Cour de cassation après la décision du Conseil constitutionnel sur cette loi. Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de vouloir contourner les Sages ?
Le Conseil constitutionnel dit ce qui est conforme à la Constitution ou pas. Il a validé la mesure de rétention, c'est capital. Mon devoir est de veiller à ce que des femmes, des petites filles, des petits garçons ne tombent pas dans les mains d'un violeur ou d'un pédophile qui a déjà été condamné et qu'on va libérer. C'est mon devoir de président de la République de protéger les plus vulnérables. Le principe de précaution ne s'applique pas seulement à l'environnement. Par ailleurs, qu'il me soit permis de poser la question : pourquoi serait-il impossible de faire en France ce que font les autres pays européens ? Cela fait trop longtemps que l'on oublie les victimes. J'avais promis de les mettre au cœur de mon action ; c'est ce que je fais.

La popularité du premier ministre est-elle une cause de tension entre vous ?
Non. Je rappelle à ceux qui spéculent sur ce sujet qu'on ne change pas un premier ministre en fonction des sondages. Le président de la République doit choisir le meilleur pour mettre en œuvre sa politique. C'est le choix que j'ai fait avec François Fillon.

Y aura-t-il un remaniement après les municipales ?
Je voudrais mettre un terme à cette maladie française qui consiste à changer de ministres tous les six mois. Cela donne le tournis et une grande impression de légèreté. Alors que les Anglais ont gardé Gordon Brown dix ans au ministère des Finances, nous avons connu huit ministres à Bercy pendant la même période ! Durant mon quinquennat, il y aura d'autres rendez-vous et d'autres occasions pour marquer un changement politique. Le lendemain de la présidence française de l'Union européenne sera certainement un rendez-vous important. J'ajoute qu'il me paraît peu indiqué de renouveler en profondeur le gouvernement avant la présidence française de l'Union. Les ministres doivent avoir la pleine maîtrise de leurs dossiers.

Vos conseillers et le premier d'entre eux, Claude Guéant, vont-ils continuer à s'exprimer publiquement ?
Qu'il y ait eu quelques erreurs, c'est certain. Je note qu'elles n'ont pas été commises par Claude Guéant. Il a toute ma confiance et mon amitié.

Êtes-vous satisfait de l'UMP ? Voulez-vous lui insuffler un nouveau dynamisme ?
L'UMP est devenue la première formation politique de France. Elle doit s'adapter à un nouveau contexte, ce n'est pas facile. Je souhaite qu'elle reste une force de débat, qu'elle promeuve de nouveaux talents. Après Rama Yade ou Rachida Dati, une nouvelle génération doit émerger. J'ai besoin du dévouement et de l'amitié de ces centaines de milliers de militants qui ont tout fait pour que la pensée unique ne triomphe pas et que le changement qu'ils ont voulu soit mis en œuvre.

Les parlementaires UMP se plaignent de ne pas être suffisamment consultés…
Il faut que nous les associions davantage. Ils sont un soutien indispensable pour mettre en œuvre la politique voulue par les Français. Ils sont la force du changement.

Le rapport Attali a contrarié les élus, comptez-vous le mettre en œuvre intégralement ?
Je sais qu'il a pu choquer certains, qu'il y a eu des maladresses de communication. Mais je compte retenir nombre de ses suggestions. Concernant les taxis, nous devons créer, notamment à Paris, des licences nouvelles afin que nous ne soyons pas la seule capitale au monde où l'on ne puisse trouver facilement un taxi. Cela dit, il est hors de question de spolier ceux qui sont en activité.

Avez-vous l'intention d'aménager la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État ?
Non. Il peut y avoir telle ou telle modification technique sur le statut fiscal de telle ou telle association. J'ai dit ce que j'avais à dire sur le sujet : je suis de ceux qui pensent que la question spirituelle est essentielle, mais je dois veiller à ne ranimer aucune nouvelle guerre dont la France n'a vraiment pas besoin.

Votre projet sur la Shoah est-il abandonné ?
Non. Xavier Darcos a mis en place une commission qui rendra ses conclusions dans deux mois. Ma conviction, au moment où les survivants vont disparaître, est que l'antisémitisme et le racisme ont été sous-estimés en France pendant longtemps et qu'il est très important de transmettre cette mémoire.

Êtes-vous satisfait de la réforme de la carte judiciaire ?
Depuis cinquante ans, rien n'avait été décidé. Rachida Dati l'a fait. La justice de proximité, ce n'est pas un tribunal à quelques kilomètres de chez soi. C'est obtenir rapidement une décision de la justice, étayée par des motifs clairs et compréhensibles par tous. Je considère que le Garde des Sceaux est l'un des ministres les plus courageux. Elle a conduit la réforme de la carte judiciaire là où nombre de ses prédécesseurs avaient renoncé. Elle a mis en place les peines planchers quand tous les spécialistes disaient que c'était impossible.

Quand la réforme des institutions va-t-elle voir le jour ?
Le Parlement sera saisi après les municipales. Cette réforme renforcera le rôle et les prérogatives du Parlement. Cela passe notamment par une meilleure maîtrise de son ordre du jour. Le pouvoir de nomination du président de la République sera encadré afin qu'il n'y ait aucune nomination de connivence ou de complaisance. Les nominations devront être précédées d'auditions garantissant le choix des meilleurs. Je veux aussi que le Parlement puisse se prononcer sur l'engagement des troupes françaises à l'extérieur ou sur la politique étrangère de la France. Je souhaite, enfin, proposer une réforme du Conseil économique et social pour qu'il s'ouvre aux ONG et aux associations de jeunes qui, de façon incompréhensible, en sont aujourd'hui totalement absentes.

Souhaitez-vous toujours que le président puisse s'exprimer devant le Parlement ?
Il me paraît curieux que le Parlement français puisse inviter tous les chefs d'État à s'exprimer devant lui, sauf le président de la République française. Et que ce dernier puisse s'exprimer devant tous les Parlements, sauf le sien.

Votre fils, Jean Sarkozy, est candidat aux cantonales à Neuilly. Ne craignez-vous pas les accusations de népotisme ?
Le népotisme, c'est la nomination, pas l'élection. Mon fils souhaite simplement pouvoir tenter sa chance comme les autres. Je respecte sa liberté, je trouve qu'il mène sa campagne avec beaucoup de courage. C'est un jeune homme qui ne plie pas dans la tempête. Il a du tempérament. Si son bonheur est de faire de la politique j'en suis heureux. Je suis fier de lui.

Peut-on être président de la République et être heureux ?
Il se trouve que je le suis.

Pendant la campagne, vous aviez dit qu'être président de la République, c'était renoncer au bonheur…
Eh bien, il a dû se passer quelque chose de nouveau…

05.03.2008

Le président azéri menace de lancer une offensive militaire dans le Haut-Karabakh


Le président azéri Ilham Aliev lors d'une cérémonie à Varsovie, le 26 février 2008.

AP/ALIK KEPLICZ Le président azéri Ilham Aliev lors d'une cérémonie à Varsovie, le 26 février 2008

Pendant que l'Arménie traverse une crise politique majeure, l'Azerbaïdjan menace de lancer une offensive militaire dans le Haut-Karabakh, afin de reconquérir les territoires perdus pendant la guerre (1988-1994). "Nous achetons du matériel militaire, des avions et des munitions pour être prêts à libérer les territoires occupés et nous sommes prêts à le faire", a déclaré le président azéri, Ilham Aliev mardi 4 mars.

 

Ce n'est pas la première fois que les autorités de Bakou tiennent un langage offensif sur la question du Karabakh, qui fait partie du territoire azéri, malgré la proclamation de son indépendance. Mais le président Aliev s'est exprimé alors que plusieurs soldats azéris - huit selon les autorités du Karabakh, deux selon Bakou - ont été tués, mardi, au cours d'affrontements particulièrement intenses entre les deux camps, dans la région de Martakert (Nord). Leur intensité n'avait rien à voir avec les tirs isolés qui sont enregistrés chaque semaine de part et d'autre de la frontière de fait. Les deux pays se rejettent la responsabilité de ces incidents, dont le bilan exact reste inconnu.

"J'exclus la possibilité d'une solution par la force", a affirmé, pour sa part, le premier ministre de l'Arménie, Serge Sarkissian, qui vient d'être élu président le 19 février. A Erevan, la priorité reste le rétablissement de l'ordre après les violents affrontements qui ont opposé les policiers et les partisans de l'ancien président Levon Ter Petrossian, défait à l'élection présidentielle. Le régime l'accuse d'avoir tenté de renverser le pouvoir par la force et d'être responsable des huit morts du 1er mars. L'état d'urgence a été instauré jusqu'au 20 mars.

Plusieurs sites d'information sur Internet ont été censurés. A la demande du Parquet, le Parlement arménien a levé l'immunité de quatre députés proches de l'opposition et autorisé leur arrestation. Le procureur général n'a pas exclu celle de Levon Ter Petrossian.

Piotr Smolar
Article paru dans l'édition du 06.03.08.

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