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12.04.2008
La grande lassitude des Italiens

AFP/ALBERTO PIZZOLI Un homme passe devant des affiches électorales, vendredi 11 avril à Rome.
En 2006, vous avez écrit L'Italie à la dérive (Perrin, 2006), comment jugez-vous aujourd'hui l'évolution du pays ?
Depuis deux ans, le gouvernement Prodi a agi, en particulier sur l'assainissement des dépenses publiques. Le centre-gauche est d'ailleurs en train de payer cette politique de rigueur, même si elle a permis de redonner une certaine crédibilité internationale à l'Italie. A l'actif de ce gouvernement, il y a aussi la politique étrangère, son rôle au Liban, où il a envoyé des troupes et une présence plus remarquée en Europe. La dérive de l'Italie se mesure sur l'enjeu fondamental pour toute l'Europe, le développement de la société de la connaissance. Or le retard italien en matière d'enseignement supérieur et de recherche s'aggrave.
Les Italiens doutent de la capacité de la politique à agir. Cette crise de confiance explique-t-elle le peu d'intérêt manifesté pour la campagne électorale ?
Enfin, une autre Italie cherche à inventer de nouvelles formes de pratiques démocratiques, la démocratie participative. Dans quel pays plus de trois millions et demi de salariés ont-ils voté directement sur une réforme de la protection sociale ? Dans quel pays plus de quatre millions de citoyens du centre-gauche ont-ils choisi eux-mêmes leur candidat, Romano Prodi en 2005 ? Dans quel pays trois millions et demi de sympathisants ont-ils élu l'assemblée constituante d'un parti, comme cela a été le cas à l'automne 2007 pour le Parti démocratique ? Il existe une vie associative et une exigence de contrôle de la démocratie supérieures à bien d'autres pays européens. Si l'Italie est un pays malade de la démocratie, c'est aussi un pays qui cherche à inventer un remède à ce malaise.
Le choix de Walter Veltroni de présenter le Parti démocrate sans ses alliés de gauche, quitte à perdre à court terme, peut-il conduire à une recomposition du paysage politique ?
Si l'opération réussit, pourrait s'opérer alors une transformation notable de la vie politique. S'imposerait un système bipartisan dominé par le PD et le futur Peuple de la liberté, avec de petites formations qui tentent de résister : à gauche, la Gauche arc-en-ciel (Sinistra arcobalena) ; à droite, la droite extrême (Destra), et au centre un conglomérat de petites formations démocrates-chrétiennes comme l'UDC. M. Veltroni considère que, la gauche étant désormais minoritaire dans nos sociétés, son parti ne se situe plus dans le clivage gauche-droite, mais dans l'antagonisme entre réformistes et conservateurs. Si sa stratégie est claire, son projet reste vague, son identité floue et ses références incertaines.
Dans la refonte du paysage politique, comment situer l'Eglise, qui a l'habitude d'être présente dans la plupart des partis ?
Le blocage politique est aussi lié aux institutions, et notamment au système électoral, qui risque à nouveau de produire un résultat très serré, voire d'égalité. Croyez-vous à l'hypothèse d'une "grande coalition" ?
Mais des accords limités au Parlement pour quelques réformes institutionnelles et des décisions économiques et sociales sont peut-être envisageables. La marge de manoeuvre sera étroite, car la Ligue du Nord fera payer très cher son soutien à Silvio Berlusconi en exigeant encore plus de fédéralisme, ce que le PD n'acceptera pas.
Depuis 1994, l'Italie est dominée par le berlusconisme. Cet ensemble de valeurs plus ou moins cohérentes repose sur des assises sociales fortes au nord et au sud de l'Italie : petits commerçants, artisans, professions libérales, chefs d'entreprise, et des catégories apeurées par le processus de modernisation (personnes âgées, classes populaires, etc.). C'est un phénomène capital dans ce pays. L'homme a changé, il a modéré son discours. Il n'est plus celui qui diabolisait en permanence la magistrature, les intellectuels et la gauche en général. Il a dit qu'il aurait à prendre des mesures impopulaires pour redresser l'économie.
Trois explications à cela. D'abord, la crise financière internationale. Ensuite, la situation économique très dégradée dont Berlusconi rend responsable le gouvernement Prodi. Enfin, le climat de tension politique dont on a parlé inquiète tous les responsables qui se sentent menacés en cas de nouvel échec. Dernière explication plausible : à 72 ans, Silvio Berlusconi pense à sa postérité. Après avoir été l'homme qui a marqué l'Italie, mais qui l'a aussi divisée, il semble vouloir prendre un peu de hauteur et apparaître comme fédérateur, y compris parce qu'il veut briguer la présidence de la République.
Sur le fond, n'y a-t-il pas la prise de conscience que son modèle ne correspond plus à la situation ?
Incontestablement, il hésite sur les politiques à promulguer. En 2001 comme en 1994, il s'est présenté en champion d'une politique libérale. Il ne l'a pas vraiment mise en oeuvre, d'une part parce qu'il a souvent privilégié ses intérêts personnels, de l'autre parce qu'il avait des alliés moins libéraux et que, dans son propre parti, Forza Italia, existaient des tenants d'un système "libéral colbertiste", comme le définit l'économiste Mario Monti. A l'évidence, l'entourage de Silvio Berlusconi est divisé sur les priorités économiques. Le projet berlusconien a perdu de sa dynamique.
Quelles sont les priorités absolues de demain pour remettre l'Italie dans une dynamique positive ?
L'Italie a déjà fait preuve, au cours de son histoire récente, d'une étonnante capacité de rebond dans les situations les plus dramatiques. Dans les années 1970, les bombes de l'extrême droite explosaient et l'ultragauche avait basculé dans la lutte armée. Et, pourtant, elle s'en est sortie. Aujourd'hui, le principal handicap provient de ce que son modèle de développement est épuisé. Il était fondé sur un Etat faible bien que fortement présent, qui laissait agir une société civile dynamique, parfois en fermant les yeux sur certaines pratiques. Désormais, nos sociétés ne peuvent se développer qu'à condition d'avoir un Etat efficace et régulateur. Ainsi, pour atteindre les objectifs de la société de la connaissance, il faut aussi des décisions politiques, les efforts de la société civile ne suffisent pas. A cet égard, la campagne électorale qui s'achève n'a pas soulevé les thèmes cruciaux de l'avenir de l'Italie.
Marc Lazar, professeur à Sciences Po et à la Luiss (Rome). Dernier livre paru : "L'Italie à la dérive", (Perrin, 2006)
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Que faisaient-elles en Mai 68?
Chanteuse, ministre, créatrice, femmes de lettres, ces sept personnalités avaient entre 15 et 30 ans ce printemps-là.Dans leurs récits, fascinés ou indignés, on entend les rires, les bruits de la liberté, de la confusion… En revivant cette page d’histoire, c’est leur jeunesse qu’elles nous révèlent.
Élisabeth Badinter (1)
« Je me suis mise très instinctivement en retrait. La position du voyeur. Ce que j’entendais me semblait démagogique. Ils méprisaient le peuple. J’étais enceinte jusqu’aux yeux. J’ai accouché le 23 juin. J’étais très angoissée. Début mai, je devais passer l’agrégation de philo à la bibliothèque Sainte-Geneviève quand les CRS sont arrivés pour surveiller les épreuves. Hurlements : jamais on ne passera l’examen avec les policiers. On parlemente, on refuse de composer. Un certain nombre d’entre nous sortent. D’autres restent. Je fais partie de ceux qui sortent. Je me suis dit : voilà une année de foutue ! J’habitais alors place des Vosges. Notre obsession, à Robert et à moi, était de pouvoir aller à la clinique malgré la pénurie d’essence. À cause de mon état, je n’ai pas participé aux grandes fiestas à la Sorbonne. J’écoutais la radio.
Françoise Hardy
Propos extraits de son autobiographie à paraître. Chanteuse, derniers albums : «Parenthèses… _et _Françoise Hardy, 100 chansons, chez EMI.
Mireille Dumas (1)
« Mai 68, je l’ai vécu comme une “petiote”. J’avais 14 ans et demi. J’étais en troisième littéraire au lycée Hélène-Boucher à Chartres. Ma mère, institutrice et veuve, habitait un petit village. Un vent de liberté soufflait alors sur notre lycée, d’autant plus que nous étions pensionnaires. J’étais piquet de grève avec mes copines. J’étais déjà très politisée. L’année d’avant, en classe de quatrième, j’étais entrée aux Jeunesses communistes (JC), mais en étais ressortie au bout de six mois. À la maison, le poste de télé est tombé en panne, et l’on a été privés d’images pendant tous les événements. Ces images, moi je ne les ai vues que bien après. Mai 68, je l’ai suivi branchée sur la radio. Un gros poste doré avec plein de boutons. On était des provinciaux. On avait l’impression que la France était en guerre ! Mes deux grandes sœurs étaient étudiantes à Nanterre, et ma mère avait très peur pour elles. Au lycée, j’ai le souvenir que tout le monde était en grève. On collait des affiches, on distribuait des tracts. On était déjà branchées pilule, alors qu’on ne connaissait rien de la sexualité !
(1) Journaliste et productrice télé, son émission Vie privée, vie publique est diffusée tous les 15 jours, le lundi à 20 h 50.
Roselyne Bachelot (1)
« J’étais étudiante à Angers, où je faisais la contre-révolution. J’étais avec trois copains, trois Jacques face à l’agitation étudiante. On était très décidés. Je me souviens que j’avais une Dauphine bleue et on faisait un peu de rodéo avec les piquets de grève. Je me rappelle qu’on a décidé de descendre tous les quatre sur la place André-Leroy. On avait un drapeau tricolore, et les gens se mettaient aux fenêtres pour nous applaudir. Quatre toqués! L’anarchie avait mis un drapeau noir en haut du théâtre. Alors on est allés le décrocher et on l’a remplacé par un drapeau tricolore. C’était pour moi tout naturel avec ce que faisait mon père, ancien résistant et député de la 1re circonscription du Maine-et-Loire, dont je suis l’élue depuis vingt ans. Mon père dirigeait alors le mouvement gaulliste dans le Grand Ouest. Le général de Gaulle l’avait mandaté pour punir Pisani, qui venait de le trahir.
(1) Ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative.
Sonia Rykiel (1)
(1) Créatrice de mode.
Laure Adler (1)
« En 68, j’avais 18 ans et je venais de débarquer en France après avoir passé 17 ans en Afrique. À Clermont-Ferrand depuis un an, j’avais tout à découvrir. J’étais une jeune bourgeoise ayant eu une enfance dorée au soleil. Je me retrouvais dans un lycée caserne, un lycée de filles, le lycée Jeanne-d’Arc, avec en face le lycée Blaise-Pascal, un lycée de garçons avec lesquels il nous était interdit de parler. Une sorte de prison. Nous portions des blouses boutonnées jusqu’au cou, et je suis passée trois fois en conseil de discipline parce que la mienne ne l’était pas. J’étais très frondeuse. La directrice me détestait. Elle a voulu me foutre à la porte à trois mois du bac. Heureusement, cette année-là, la naissance de la passion pour la philo m’a sauvé la vie. La philosophie et la littérature. J’ai découvert Gide. Dans la cour de récré, on récitait par cœur des extraits de Nathanaël.
Arrive Mai 68. Je reste mes nuits, dans la maison de mes parents à Chamalières, l’oreille collée sous l’édredon à écouter Europe 1 pour savoir ce qui se passe. Mes camarades me proposent de diriger le comité d’action lycéenne (Uncal) de Clermont-Ferrand. Et nous voila parties à Paris pour faire la révolution ! Mur de la maison, auto-stop, Sorbonne occupée, Odéon enfiévré. Heureusement, j’ai une copine, secrétaire, qui m’héberge dans son petit studio du XVe. N’ayant pas de sous pour acheter des tickets de métro, je rentrais la nuit à pied. Je me souviens de ces cinéastes, Truffaut, Godard, qui refaisaient le monde et appelaient au boycott de Cannes. De Marguerite Duras, qui disait que ce que nous vivions était exactement comme après la Libération et qu’on allait refonder un monde!
(1) Journaliste et écrivain, dernier essai paru : Les femmes qui écrivent vivent dangereusement, avec S. Bollmann et O. Demange, éditions Flammarion.
Régine Deforges (1)
(1) Écrivain, dernier roman paru : Deborah, la femme adultère, éditions Fayard.
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En Italie, le "fantôme encombrant du match nul" plane sur les élections
LE MONDE | 12.04.08 | 13h35 • Mis à jour le 12.04.08 | 13h35
La publication de tout sondage étant interdite en Italie depuis deux semaines, en vertu d'une des lois les plus restrictives d'Europe en matière de publicité électorale, les moindres indices sont exploités pour prendre la température de l'électorat à la veille des élections législatives des 13 et 14 avril.
Il y a eu beaucoup de monde dans les derniers meetings de Walter Veltroni à Naples et Milan, ainsi qu'à Rome, vendredi 11 avril, où le candidat du Parti démocrate (PD, centre gauche) et ancien maire de la capitale jouait à domicile. Il ne s'est pas privé de noter que la veille, au pied du Colisée, Silvio Berlusconi, son adversaire du Peuple de la liberté (PDL, droite), n'avait rassemblé que quelques milliers de supporteurs.
Est-ce suffisant pour accréditer l'idée d'une "remontée spectaculaire", comme le fait Walter Veltroni en comparant le Parti démocrate à la Squadra Azzurra de 1982, championne du monde de football alors qu'elle avait débuté de manière catastrophique le "Mundial" en Espagne ? Seule concession des sondeurs, le nombre d'indécis serait resté élevé jusqu'à la fin. Selon certains, 10 % des électeurs ne se détermineraient que "sur le chemin entre leur domicile et le bureau de vote".
La Chambre des députés ne devrait pas échapper à Silvio Berlusconi, donné large favori depuis le début. Il suffit d'une voix d'avance pour que le parti arrivé en tête obtienne une confortable majorité en sièges, en raison de la prime majoritaire attribuée nationalement. Pour le Sénat, en revanche, cette prime est affectée région par région, selon des mécanismes complexes. Des régions comme le Latium (Rome), la Ligurie (Gênes) ou la Sardaigne (Cagliari) pourraient être décisives.
Une remontée du PD dans les sondages secrets que les états-majors des partis ont décortiqués jour après jour pourrait expliquer le durcissement du ton de Silvio Berlusconi afin de rameuter les indécis. Après avoir promis l'ouverture, voire une présidence de chambre à la gauche en début de campagne, "Il Cavaliere" est devenu moins magnanime. Non seulement il a retiré son offre, mais il a contesté la neutralité du président de la République, Giorgio Napolitano. Ces propos de M. Berlusconi "reflètent peut-être la peur non avouée de se retrouver au Sénat avec une faible majorité, numériquement supérieure, mais politiquement instable", écrit Il Corriere della Sera.
LA BALLE AU CENTRE ?
A l'approche de l'échéance, la presse italienne a évoqué "le fantôme encombrant du match nul". Une chambre à la droite, l'autre à la gauche. Un partout, la balle au centre ? Pas sûr que les centristes démocrates chrétiens, anciens alliés de Silvio Berlusconi, puissent tenir le rôle d'arbitre qu'ils espèrent. Selon certains observateurs, la tendance au "vote utile", prôné par le PD et par le PDL, serait "un phénomène plus vrai à droite qu'à gauche".
17:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le nouveau gouvernement Zapatero compte plus de femmes que d'hommes
Le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero a dévoilé samedi 12 avril son nouveau gouvernement, qui comprend neuf femmes, contre huit hommes. C'est la première fois que la composante féminine est majoritaire au sein d'un gouvernement espagnol, et la première fois qu'une femme est nommée ministre de la défense, en la personne de Carme Chacon, étoile montante du Parti socialiste en Catalogne, âgée de seulement 37 ans.
Investi vendredi à la tête du nouveau gouvernement espagnol après la victoire de son parti aux législatives, M. Zapatero a prêté serment devant le roi Juan Carlos avant de présenter sa nouvelle équipe, qui marque une certaine continuité avec la précédente.
Les poids lourds sont reconduits, notamment la vice-présidente et porte-parole Maria Teresa Fernandez de la Vega et le vice-président chargé de l'économie Pedro Solbes. Miguel Angel Moratinos demeure à la tête de la diplomatie et Alfredo Perez Rubalcaba, en dépit de ses réticences, conserve le poste sensible de ministre de l'intérieur.
Quatre titulaires de l'équipe sortante, dont le ministre du travail et des affaires sociales Jesus Caldera, pourtant proche de M. Zapatero, s'en vont. Cinq nouveaux ministres sont nommés. Parmi les nouveautés figurent un ministère de l'égalité, attribué à l'Andalouse Bibiana Aido, 31 ans, et un ministère des sciences et de l'innovation, qu'occupera la Basque Cristina Garmendia, 45 ans.
LEMONDE.FR avec AFP | 12.04.08 | 12h35 • Mis à jour le 12.04.08 | 16h2217:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Aimé Césaire très gravement malade

(AFP)
Le poète martiniquais, dont l'état est « préoccupant », souffre notamment de problèmes cardiaques.
Les rumeurs alarmistes sur la santé d'Aimé Césaire qui circulaient depuis plusieurs jours en Martinique étaient bien fondés. L'état de santé du poète de 94 ans, hospitalisé depuis mercredi après-midi à Fort-de-France est «préoccupant», ont indiqué vendredi soir ses médecins. Le chantre de la négritude, dont l'état s'est aggravé, souffre notamment de problèmes cardiaques.
Ancien maire de Fort-de-France, Aimé Césaire a été député de Martinique pendant près de 50 ans. C'est en 1939, dans son célèbre recueil «Cahier d'un retour au pays natal» qu'il fait une entrée fracassante en poésie, employant pour la première fois le terme de «négritude». Le sénégalais Léopold Sédar Senghor a assuré que c'était Césaire qui a inventé ce mot mais ce dernier préférait parler de «création collective». Infatigable promoteur de l'autonomie, et non de l'indépendance, de la Martinique, Aimé Césaire a été de tous les combats contre le colonialisme et le racisme.
Entré en politique avec le soutien du Parti communiste qu'il quittera en 1956, il devient maire de Fort-de-France de 1945, à 32 ans à peine, poste qu'il conservera jusqu'en 2001. Il est député de 1946 puis président du Conseil régional de Martinique, il abandonne, en 2005, la vie politique et la présidence du Parti progressiste martiniquais (PPM) qu'il avait fondé. La formation revendique l'existence d'une communauté historique martiniquaise et veut jouer le jeu de la décentralisation.
00:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Walter Veltroni, "Homo democraticus"

Le podium est installé, le pupitre et les micros sont prêts. Des supporteurs crient déjà son nom. Derrière la vitre, assis dans l'autocar, Walter Veltroni les contemple un moment, le regard vague. A quoi pense-t-il en scrutant comme un film muet la foule de visages, de drapeaux et de ballons verts qui l'attendent dehors ? Il pousse un léger soupir, puis se lève. Encore une pause avant de descendre, le temps d'ajuster les revers de son costume et de préparer son sourire. Le voilà à la porte du car. Il sourit, il salue. La foule s'emballe d'un coup. "Wal-ter ! Wal-ter !"
1955
Naissance à Rome.
1988
Député du Parti communiste italien.
1992
Directeur du quotidien "L'Unita", jusqu'en 1996.
1996
Ministre de la culture dans le gouvernement de Romano Prodi.
2001
Maire de Rome ; il sera réélu en 2006.
2008
Candidat du Parti démocrate aux élections législatives des 13 et 14 avril.
Le leader du centre gauche aura ainsi parcouru les 110 provinces d'Italie, au cours d'une campagne marathon en autocar vert, jusqu'aux élections législatives des 13 et 14 avril. Loin des effets de manche, des chemises ouvertes et des bons mots inégalement raffinés de son adversaire tribun, la bête de scène Silvio Berlusconi. Le style Veltroni est modeste : costume cravate sombre et sobre, lunettes d'intellectuel, voix ferme et posée, visage rond, humour sage, sourire rare. Emporté juste quand il faut pour chauffer la foule. Polémique, mais sans jamais citer le nom du "candidat du camp d'en face", qu'il ne nomme que par périphrases.
Les Italiens ont accolé à Walter Veltroni un adjectif : "Buonista". De bonne volonté. "La bonté érigée en idéologie", interprète Gaetano Quagliariello, proche de Berlusconi. De Veltroni, on dit aussi : "Une main de fer dans un gant de velours." En d'autres termes : méfiez-vous du buonista.
Au cours de ses sept années à la tête de la mairie de Rome, fort d'avoir su redonner une énergie spectaculaire à la Ville éternelle endormie, le buonista avait juré qu'il arrêterait la politique. Qu'après deux mandats à Rome, son destin ne serait plus en Italie, mais en Afrique, pour une cause humanitaire. L'Afrique attendra. "Mon programme de vie reste le même, confie Walter Veltroni lors d'un arrêt de son bus de campagne. Je ne veux pas vieillir avec la politique. J'ai dû rester parce que mon rêve devenait réalité : la création du grand Parti démocrate (PD)."
Le 14 octobre 2007, 3,5 millions de citoyens portent Walter Veltroni à la tête de ce nouveau parti, né de la fusion des Démocrates de gauche (ex-communistes) et de la Marguerite (ex-démocrates-chrétiens de gauche). Le nouveau héros qui suscite l'engouement populaire est un animal politique d'un genre très nouveau pour l'Italie : un Homo democraticus qui définit son parti comme n'étant "pas de gauche mais réformiste, de centre gauche", plus proche du modèle américain ou de la "troisième voie" blairiste que du socialisme européen : "Un Parti démocrate américain à l'italienne."
En éliminant les petits partis de la gauche radicale, Walter Veltroni a provoqué à lui seul ce tremblement de terre dans la politique italienne : il a mis fin à l'alliance ingérable des douze partis de gauche qui a précipité la chute de Romano Prodi, le chef du gouvernement sortant ; il a contraint Silvio Berlusconi à réduire de son côté ses alliances à droite, et dessiné ainsi les contours d'un bipartisme à même de rendre le pays gouvernable.
Son habileté politique vient de loin. Il est formé dans la meilleure des universités, au Parti communiste italien (PCI). Il prend sa carte dès le lycée, emporté par l'indignation collective contre la guerre du Vietnam, avant de poursuivre une carrière dans la hiérarchie du parti. Un destin étroitement mêlé à celui de son rival de toujours et frère ennemi, Massimo D'Alema, ex-président du conseil et ministre sortant des affaires étrangères. Ils ont l'un et l'autre dirigé L'Unita (le quotidien du parti), mené la transformation progressive du PCI, été ministres dans les gouvernements de Romano Prodi. Mercredi 9 avril, à Naples, ils sont apparus ensemble sur le podium, soudés dans la campagne. Mais entre D'Alema, le communiste rigoureux passé au socialisme européen, et Veltroni, l'expert en communication tenté par la démocratie américaine, le courant passe mal.
Pour Walter Veltroni, la politique ne va pas sans l'image. Au lycée, il se spécialise en technique du cinéma et de la communication. "Un diplômé en fiction !", adore ironiser Silvio Berlusconi. Chargé de la communication au Parti, il apprend à devenir ce grand communiquant qui, chef du Parti démocrate, inaugurera une nouvelle imagerie des meetings : il pose devant un paysage de l'Ombrie, dans la verdure italienne, loin des scénographies traditionnelles de la gauche avec places monumentales, drapeaux et musique. Un petit air mitterrandien de "force tranquille"...
La vraie passion de Veltroni, c'est le cinéma. "La seule chose qui l'occupait plus que les manifs pour le Vietnam", se rappelle son ami d'enfance et actuel porte-parole, Roberto Roscani. Obsédé par la mémoire de son père, mort quand il avait 1 an et figure de la RAI (télévision publique) où il avait dirigé le premier journal télévisé, le jeune Walter s'engouffre dès qu'il peut dans le noir des salles de Rome.
Directeur de L'Unita, ce communiste atypique invente le premier les fameux "plus produits", dont raffolent les journaux d'aujourd'hui : avec le quotidien, des cassettes de film. Dans l'imaginaire des ex-communistes italiens, Easy Rider, de Hopper, Zabriskie Point, d'Antonioni, ou Sur les quais, d'Elia Kazan, c'est L'Unita de Walter Veltroni.
C'est une autre bizarrerie de l'Homo democraticus : l'éclectisme. Veltroni, marié et père de deux filles, s'intéresse à tout. A la politique, au cinéma, à l'Amérique, à la musique pop, à la littérature, à l'Afrique. Il a écrit un livre sur Robert Kennedy, une préface à une biographie de Barack Obama, des essais politiques, un carnet de voyage en Afrique, des romans et nouvelles... "Veltroni est populaire parce qu'il est un mélange, analyse Ezio Mauro, directeur du quotidien de centre gauche La Repubblica. Il vient de la politique mais ne parle pas comme un professionnel de la politique ; il vient de la gauche mais construit un parti qui ne s'adresse pas qu'aux gens de gauche."
Qu'est-ce que le Parti démocrate ? Un comique populaire, Crozza, ironise sur sa manie du "mais aussi". Walter Veltroni se dit proche des socialistes français, dont son ami Bertrand Delanoë, venu le soutenir en meeting... mais refuse aussi d'intégrer l'Internationale socialiste : "Pour que nous y soyons, dit-il, il faudrait que l'Internationale socialiste change son nom, cesse de s'enfermer dans une idéologie, élargisse son spectre. Comment imaginer une maison démocrate sans les Etats-Unis ?" Dans l'Italie de gauche, l'Homo democraticus à l'américaine fait parfois perdre son latin.
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Deux candidats, deux réponses
A droite, Silvio Berlusconi promet un ministre du Sud. A gauche, Walter Veltroni dit vouloir donner un ministre pour le Nord-Est. Deux Italie, deux malaises, deux réponses ? La dichotomie entre l'Italie septentrionale et le Mezzogiorno a été au coeur d'une campagne électorale dominée par le scandale des déchets à Naples et par les inquiétudes sur l'avenir de l'aéroport de Milan-Malpensa "sacrifié" par Alitalia.
Les deux crises ont été fortement exploitées par la Ligue du Nord, parti populiste allié de Silvio Berlusconi, dont le discours séparatiste et xénophobe a repris de la force. Les sondages lui promettent un succès électoral sur ses terres. Son leader, Umberto Bossi, ne manque pas une occasion de menacer de "prendre les fusils contre la charogne romaine" censée protéger les intérêts du Sud au détriment du Nord.
"TENTATION SÉCESSIONNISTE"
Au-delà de la gesticulation et du folklore entretenu par les tenants d'une "Padanie libre", la gauche s'inquiète de l'influence grandissante du discours nordiste. "Si Berlusconi gagne les élections, une force hostile aux intérêts du Sud sera déterminante dans le prochain gouvernement, a averti Massimo D'Alema, le ministre des affaires étrangères, en campagne électorale en Campanie. Or, être gouverné par une puissance extérieure est une condition de type colonial."
Parallèlement, la gauche doit reconnaître la réalité de la "question septentrionale". Les régions les plus dynamiques s'estiment freinées dans leur développement par des infrastructures insuffisantes. Dans un essai intitulé Ainsi nous perdons le Nord (Editions Mondadori, 98 pages, 14,50 euros), l'un des principaux dirigeants de gauche du Nord-Est, Riccardo Illy, président depuis 2003 de la région Frioul-Vénétie, estime que "la tentation sécessionniste risque de séduire à nouveau les régions les plus riches".
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11.04.2008
MAM et Jégo, défenseurs du ministère de l'Outre-Mer

«Notre organisation actuelle date d'il y a trente ans. Je déplore donc que le PS soit devenu si conservateur en n'acceptant jamais l'idée que la réforme puisse être porteuse de progrès», s'agace Yves Jégo.
D'ici à 2009, le secrétariat d'État à l'Outre-Mer connaîtra une réforme de son administration.
Fin de polémique. Le ministère de l'Outre-Mer est et restera. Après la controverse lancée, cette semaine, par le député socialiste de la Guadeloupe, Victorin Lurel, sur une supposée suppression du secrétariat à l'Outre-Mer d'ici à 2009, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales, et Yves Jégo, son secrétaire d'État chargé de l'Outre-Mer, ont tous deux formellement démenti cette rumeur qui circulait depuis une semaine.
Dans un communiqué, ils affirment qu'«ils tiennent à rassurer nos compatriotes d'outre-mer sur l'hypothèse évoquée par Victorin Lurel». «Il n'est pas question de supprimer ni son rattachement au ministère de l'Intérieur ni la fonction d'un membre du gouvernement en charge de l'outre-mer», affirment-ils.
«Idée farfelue»
Interrogé par Le Figaro, Yves Jégo confie déplorer que «les socialistes pratiquent à nouveau la caricature et l'amalgame». Selon lui, cette rumeur véhiculée par Victorin Lurel viendrait que lors du conseil de modernisation des politiques publiques, vendredi dernier, le gouvernement avait indiqué qu'une «réforme de l'administration centrale de l'outre-mer était actuellement en cours» et «devrait trouver sa pleine réalisation dans le courant de l'année 2009».
Selon ce texte, «une administration de mission prenant la forme d'une délégation interministérielle ou d'une délégation générale à l'outre-mer se substituera aux deux directions actuelles» du secrétariat d'État. Nulle part, il n'a donc été évoqué de supprimer le ministère. Pour Yves Jégo, «il est regrettable que Victorin Lurel, qui colporte cette idée farfelue de suppression, participe ainsi à une entreprise de désinformation préjudiciable aux intérêts de nos “Outre-mers”. Nous n'allons rien supprimer, mais nous allons tout réformer dans un souci de plus d'efficacité».
Selon ce proche de Nicolas Sarkozy, nommé il y a trois semaines, cette réorganisation administrative sera bouclée avant l'été afin d'être opérationnelle au 1er septembre. «Notre organisation actuelle date d'il y a trente ans. Je déplore donc que le PS soit devenu si conservateur en n'acceptant jamais l'idée que la réforme puisse être porteuse de progrès».
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Charte et loi contre l'anorexie

Verra-t-on bientôt davantage de rondeurs sur les podiums des défilés et dans les pages mode des magazines ? En signant, mercredi 9 avril, une "charte d'engagement volontaire sur l'image du corps et contre l'anorexie", les organisations professionnelles de la mode et de la publicité sont désormais censées "promouvoir dans l'ensemble de leurs activités une diversité dans la représentation du corps, en évitant toute forme de stéréotypie pouvant favoriser la constitution d'un archétype esthétique".
Le groupe de travail mis en place en janvier 2007 sous l'égide du ministère de la santé, suite à la polémique sur l'extrême maigreur des mannequins, a abouti à un texte plein de promesses, essentiellement fondé sur des mesures "d'information et de sensibilisation", mais ne comportant aucune mesure contraignante. Se félicitant du contenu de cette charte, la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a appelé à une "évolution des représentations" afin de "faire accepter la diversité corporelle".
Mardi 15 avril, l'Assemblée nationale devrait examiner une proposition de loi, déposée par Valérie Boyer (UMP, Bouches-du-Rhône), visant à rendre passible de deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende "le fait de provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive en encourageant des restrictions alimentaires prolongées". Une sanction identique à celle qui punit la "provocation au suicide".
Cette proposition de loi, soutenue par la ministre de la santé, vise "les magazines, les sites et les blogs faisant l'apologie de l'anorexie, tels le mouvement "pro-ana" ou d'autres dérives", explique Mme Boyer. "On sait que l'image du corps, telle que véhiculée par certains médias, peut jouer un rôle très néfaste, de même que la valorisation à outrance d'une image filiforme de la femme", affirme-t-elle.
Pour le député socialiste Jean-Marie Le Guen, spécialiste des questions de santé, ce texte procède de l'"agitation médiatique et de la bonne conscience". "L'anorexie est un vrai problème de santé publique, mais ce n'est qu'un des tableaux des troubles de l'alimentation, souligne le député de Paris. Personne n'a pu démontrer que l'imitation en était à l'origine."
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Jean-Loup Dabadie élu à l'Académie française
LEMONDE.FR avec AFP | 10.04.08 | 19h33 • Mis à jour le 10.04.08 | 20h45

Le scénariste et parolier Jean-Loup Dabadie, 69 ans, a été élu, jeudi 10 avril, à l'Académie française, au fauteuil de l'écrivain Pierre Moinot. Auteur prolifique, Jean-Loup Dabadie a écrit de très nombreuses chansons pour plusieurs générations d'interprètes : Serge Reggiani, Yves Montand, Michel Polnareff ("Tous les bateaux, tous les oiseaux") ou encore Julien Clerc ("Ma préférence").
Il est également l'auteur des scénarios ou dialogues d'une trentaine de films majeurs de ces dernières années : César et Rosalie, Les Choses de la vie ou Vincent, François, Paul et les autres, tous les trois réalisés par Claude Sautet. Après l'élection de Jean-Loup Dabadie, six fauteuils sur quarante restent à pourvoir à l'Académie française, qui a enregistré une série exceptionnelle de décès au cours des derniers mois.
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