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03.05.2008

Le centre ne fait plus recette en Italie

LE MONDE | 03.05.08 | 14h23  •  Mis à jour le 03.05.08 | 14h23

L'élection de Gianfranco Fini à la présidence de la Chambre des députés, le 30 avril, a scellé l'ancrage à droite de la vie politique italienne depuis les élections législatives d'avril. Il y a quinze ans, cet homme de 56 ans était encore le leader du Mouvement social italien (MSI, néofasciste). Or, remarquait Il Corriere della Sera, le 1er mai, son élection s'est faite "dans une ambiance très correcte entre majorité et opposition". Après son discours, applaudi de gauche à droite de l'hémicycle, la presse s'est félicitée du "climat de respect naturel qui règne au début de cette législature".

Alliance nationale (AN), le parti fondé en 1994 par Gianfranco Fini sur les restes d'un MSI en perte de vitesse, a achevé sa mue républicaine, à l'instar de son chef, aujourd'hui troisième personnage de l'Etat après avoir dénoncé, en 2003, le fascisme comme étant "le mal absolu". Les contours de cette formation de droite, laïque et nationale, sont longtemps restés flous au côté de Forza Italia, le parti de la droite libérale de Silvio Berlusconi. Son assise est renforcée avec la victoire de Gianni Alemanno, l'un des lieutenants de M. Fini, à la mairie de Rome le 28 avril.

"DIALOGUE"

Longtemps démocrate chrétienne, modérée, de centre droit, l'Italie s'assume désormais à droite, depuis le net succès de M. Berlusconi, obtenu sans les centristes, et avec un poids redoublé de la Ligue du Nord (populiste et xénophobe). L'impopularité du gouvernement de gauche sortant, l'inquiétude du lendemain en raison de la crise économique et l'exploitation du thème de l'insécurité ont contribué à ce vote de droite. Pour les politologues, les erreurs de la gauche l'ont aussi beaucoup favorisé.

L'étude des flux électoraux montre que, dans les régions du Nord, 10 % des électeurs communistes et Verts se sont déplacés sur la Ligue du Nord. Le glissement est surtout spectaculaire dans les milieux ouvriers, où l'on apprécie l'enracinement local du parti d'Umberto Bossi et la gestion des mairies tenues par la Ligue. A Rome, Alliance nationale a fait sa percée dans les quartiers populaires à l'environnement dégradé, où les sections locales d'AN et de petits partis d'extrême droite ont souvent pris le relais de la gauche à l'écoute de la population. "Nous nous sommes intéressés au peuple, pas aux palais du pouvoir, avec un travail quotidien, porte à porte", confiait récemment un militant d'AN au quotidien La Repubblica.

Privée de ses références à l'antifascisme et supplantée sur le terrain, la gauche radicale est gênée politiquement par son absence au parlement. Le Parti démocrate (PD/centre gauche) qui a tiré un trait sur l'antiberlusconisme, ne peut pas se placer dans une opposition frontale au futur gouvernement. Après l'installation des chambres, son leader, Walter Veltroni, s'est à nouveau déclaré disponible pour "un dialogue sur les réformes". Pour l'instant, M. Berlusconi souhaite privilégier une ouverture de type sarkozien. Il a tenté de convaincre Pietro Ichino, un sénateur du PD, spécialiste en droit social, de devenir son ministre du travail.

Jean-Jacques Bozonnet

Article paru dans l'édition du 04.05.08.

Le nouveau président de la Chambre des députés italiens, Gianfranco Fini, le 30 avril.
AFP/FILIPPO MONTEFORTE
Le nouveau président de la Chambre des députés italiens, Gianfranco Fini, le 30 avril.

Boris Johnson «le bouffon», nouveau maire de Londres

 L.S. et O.W. (lefigaro.fr) avec AFP et AP
03/05/2008 | Mise à jour : 11:41
Boris Johnson prononce son discours de victoire devant le amire sortant Ken Livingstone, en retrait. (AFP PHOTO/CARL DE SOUZA).
Boris Johnson prononce son discours de victoire devant le amire sortant Ken Livingstone, en retrait. (AFP PHOTO/CARL DE SOUZA).

L'excentrique candidat conservateur a ravi la capitale britannique au maire sortant Ken Livingstone avec 140 000 voix d'avance. Un échec cuisant pour les travaillistes qui perdent aussi les élections locales.

Boris Johnson a porté le coup fatal aux travaillistes en prenant vendredi la mairie de Londre au sortant Ken Livingstone qui briguait un troisième mandat.

Le candidat conservateur a remporté 1 168 738 votes contre 1 028 966 pour «Ken le rouge», dans le duel phare de ce scrutin local.

Dans un bref discours, le nouvel homme fort de la capitale britannique, surnommé «Boris le bouffon» en raison de son goût affirmé pour les blagues, a promis aux électeurs qu'il «travaillerait d'arrache-pied pour mériter leur confiance». Rendant hommage à son prédécesseur, l'ancien journaliste de 43 ans a ajouté : «je ne pense pas une minute que cette élection démontre que Londres s'est transformée en une nuit en une ville conservatrice. Mais j'espère que cela démontre que les conservateurs se sont transformés en un parti auquel on peut à nouveau faire confiance».

Très ému, Ken Livingstone s'est adressé aux Londoniens : «je suis désolé de ne pas avoir été en mesure de gagner les quelques points supplémentaires qui nous auraient conduit à la victoire et la faute m'en incombe totalement». Il a offert son aide à son successeur le cas échéant.

 

Un coup de tonnerre politique

Ce véritable coup de tonnerre politique est venu conclure de façon spectaculaire une journée particulièrement noire pour le Labour et son chef Gordon Brown. Le parti travailliste a en effet perdu plus de 331 sièges sur les 4 102 sièges en jeu en Angleterre et au Pays de Galles. C'est sa pire défaite depuis 40 ans. Leurs adversaires conservateurs ont eux gagné près de 260 sièges et les libéraux-démocrates 19.

Le quotidien du soir londonien Evening Standard (droite) titrait vendredi en une : «un bain de sang pour Brown».Ce dernier, qui effectuait son premier test électoral majeur depuis son arrivée à Downing Street en juin dernier, n'a pu que promettre de tenir compte du verdict cinglant rendu par les électeurs. «Nous devons en tirer les leçons... Nous allons en tirer les leçons, nous allons analyser ce qui s'est passé et aller de l'avant», a-t-il assuré.

Selon la BBC, le parti au pouvoir se classe en termes de voix dans une humiliante troisième position, avec 24% seulement, derrière les libéraux-démocrates (25%) et les conservateurs (44%). Le Labour perd ainsi le contrôle de neuf conseils tandis que les conservateurs en emportent 12. Les libéraux-démocrates en gagnent un.

Il s'agit de la meilleure performance des conservateurs lors d'élections locales depuis 1992, et la pire du Labour depuis la fin des années 60, encore plus mauvaise qu'en 2004 après la décision controversée du Premier ministre de l'époque, Tony Blair, d'engager le Royaume-Uni dans la guerre en Irak

Avoir 20 ans en 1968, à New York, par Paul Auster

En cette année terrible, délirante, de feu et de sang, je venais d'avoir 21 ans et, comme tout le monde, j'avais la rage. Cinq cent mille soldats américains s'enlisaient au Vietnam, Martin Luther King venait d'être assassiné, l'Amérique s'embrasait comme une traînée de poudre, le monde entier semblait à la veille de l'apocalypse. La rage était pour moi la seule réaction saine face au sort qui, en 1968, attendait ma génération. A peine sorti de l'université, j'allais être enrôlé dans un conflit qui me faisait horreur et auquel je refusais de prendre part. Mes seules perspectives d'avenir : la prison ou l'exil.

Je n'étais pas un violent. Je me revois plutôt comme un jeune homme discret et studieux, s'appliquant à devenir écrivain, tout entier absorbé par les cours de littérature et de philosophie à Columbia (université à New York). J'avais bien manifesté quelquefois contre la guerre, mais sans adhérer à aucun groupe politique. Je n'avais pour autant jamais assisté à aucune réunion ni distribué le moindre tract. Je m'en tenais à lire mes livres, à écrire mes poèmes, et à traîner avec mes amis au West End Bar.

Il y a tout juste quarante ans, sur le campus de Columbia, se tint un grand rassemblement, qui n'avait cependant rien à voir avec la guerre : il s'agissait de s'opposer à la construction d'un gymnase universitaire à Morningside Park. Comme ce parc était un espace public, il était prévu d'y ménager une entrée séparée pour les riverains (principalement des Noirs). Or ce projet était considéré comme injuste et raciste. Tel était aussi mon sentiment, mais ce n'est pour ça que je suis allé à la manifestation.

J'y suis allé parce que j'avais la rage, parce que j'étais empoisonné par le Vietnam. Et les centaines d'étudiants sur le campus ce jour-là, eux non plus, n'étaient pas vraiment venus protester contre la construction du gymnase : ils voulaient exprimer leur rage, s'en prendre à quelque chose, à n'importe quoi. Nous étions étudiants à Columbia : autant jeter nos pavés contre cette université qui, en menant des projets lucratifs de recherche pour le compte des industries militaires, contribuait à l'effort de guerre au Vietnam.

Après une série de discours enflammés, applaudis par la foule en délire, un mot d'ordre improvisé se propage : tous sur le chantier, on va abattre la palissade ! Dans l'enthousiasme, une masse d'étudiants enragés et vociférants s'élance au pas de charge. Et moi aussi, j'en suis ! Où était donc le gentil garçon qui rêvait de passer le restant de ses jours sagement assis à son bureau, à écrire des livres ? Le voilà parti à l'assaut d'une barricade, emporté par une horde déchaînée, démolissant, arrachant, piétinant - et je dois avouer qu'il a pris un immense plaisir à cet acte de destruction rageuse.

Après ce premier assaut, les bâtiments du campus ont été occupés une semaine entière. Pour ma part, je me suis retrouvé à squatter le pavillon des mathématiques. Les étudiants de Columbia s'étaient mis en grève et, pendant que nous tenions posément nos assemblées dans les locaux, le campus retentissait de clameurs sauvages qui ponctuaient les bagarres sans merci entre partisans et opposants du blocage. Le 30 avril au soir, l'administration mit le holà et fit intervenir la police. Au cours des émeutes qui suivirent, au milieu de plus de 700 personnes, je finis par être interpellé, c'est-à-dire tabassé et traîné par les cheveux jusque dans un fourgon. Je ne regrette rien. J'étais fier d'avoir accompli ce que je croyais être mon devoir. J'étais fier, et j'avais la rage.

Tout ça pour quoi ? Le projet de gymnase fut abandonné, certes, mais le vrai enjeu était la guerre du Vietnam ; or la guerre allait encore durer sept terribles années. On ne change pas la politique d'un gouvernement en s'en prenant à une institution privée. En France, où les universités étaient publiques et dépendaient du ministère de l'éducation nationale, les étudiants se sont confrontés directement à l'Etat : leur révolte de Mai 68 a ainsi provoqué des changements réels dans la société française. Nous, à Columbia, étions impuissants, notre petite révolution restait symbolique. Mais les gestes symboliques ne sont quand même pas vains et, dans les circonstances qui étaient les nôtres, nous avons fait tout ce que nous pouvions. J'hésite à dresser des parallèles avec la situation présente, et je ne conclurai donc pas ces quelques souvenirs en évoquant l'Irak. J'ai aujourd'hui 61 ans, mais je n'ai pas tellement changé depuis cette année de feu et de sang : assis à mon bureau, la plume à la main, je sais que la rage, je l'ai toujours. Peut-être plus encore que jamais.


Traduit de l'anglais par Myriam Dennehy © Paul Auster/The New York Times Syndicate

LE MONDE | 02.05.08 | 14h51  •  Mis à jour le 02.05.08 | 14h51 Article paru dans l'édition du 03.05.08.

01.05.2008

L'éditorial de Pierre Rousselin du 30 avril.

Walter Veltroni.
Walter Veltroni. Crédits photo : AP

1936680764.gifLe KO de la gauche italienne

La gauche italienne est KO debout. Après la chute du gouvernement Prodi, suivie du triomphe électoral de Silvio Berlusconi aux législatives des 13 et 14 avril, voici que la mairie de Rome est tombée à droite.

Gouvernée par la gauche depuis quinze ans, la Ville éternelle voit les conservateurs l'emporter à des élections municipales, pour la première fois depuis la chute de Mussolini.

La victoire de Gianni Alemanno, candidat de la formation de Berlusconi, a donc valeur de symbole. Elle a été acquise avec une marge de sept points d'avance, d'autant plus remarquable qu'au premier tour la mise en ballottage du favori, le candidat de gauche Francesco Rutelli, avait déjà causé la surprise.

La démobilisation d'une partie de l'électorat, dépitée par l'alternance au niveau national, explique en partie le résultat. Celui-ci confirme de manière éclatante le virage à droite pris par l'Italie, il y a quinze jours, aux législatives.

Mais la défaite est trop importante pour ne pas constituer un sérieux camouflet adressé à Walter Veltroni, le maire sortant, triomphalement réélu en 2006, qui avait laissé sa place pour se consacrer à la bataille des législatives.

En créant le Parti démocrate et en refusant de s'allier à l'extrême gauche, Walter Veltroni voulait rénover la gauche réformiste pour échapper à la surenchère des petits partis. Sa défaite aux législatives pouvait, sur le long terme, être considérée comme un demi-échec dans la mesure où la recomposition politique était en marche, avec l'émergence d'un bipartisme rapprochant l'Italie des autres pays européens.

Après les municipales de Rome, la stratégie de Veltroni est remise en question. Son autorité à la tête du nouveau parti aussi. Il est un peu l'anti-Delanoë, s'étant lancé dans l'arène nationale avant d'avoir consolidé son assise locale.

Au-delà des personnes et des partis, la défaite de la gauche dans son fief romain est un nouveau signe du désarroi de l'Italie. La capitale est le centre de cet État pesant, coûteux et inefficace qui s'avère impossible à moderniser. L'échec de la réforme du système des taxis présentée par Prodi est là pour le rappeler.

La campagne a été menée sur le thème de l'insécurité et du contrôle de l'immigration, à la suite de meurtres commis par des immigrés roumains. Un peu comme notre élection présidentielle de 2002, elle a révélé un pays qui a peur, plutôt qu'un pays décidé à s'adapter aux défis de la modernité.

La droite a profité de ce climat délétère. Il lui reste à ne pas décevoir. Gianni Alemanno est l'un des dirigeants les plus prometteurs d'Alliance nationale, le parti de Gianfranco Fini. Malgré l'étiquette d'ancien militant postfasciste qui lui colle à la peau, la démocratie n'est en rien menacée par sa victoire. Reste à savoir si l'Italie sera grandie par le nationalisme étroit qui lui a fait annoncer que le Festival de Rome n'accueillerait plus que des films italiens.

La Lettre du Gouvernement

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mercredi 30 avril 2008

L'actu
Retraites / Europe / Contraception


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Parlement
A la une

Moderniser l’économie au service de la croissance et de l’emploi

Le projet de loi de modernisation de l’économie présenté par Christine Lagarde au Conseil des ministres du 28 avril devrait rapporter, à terme, 0,3 % point de croissance supplémentaire et permettre la création de 50 000 emplois par an pendant les cinq premières années. Pour enclencher une baisse des prix dans la grande distribution, le texte renforce la concurrence entre les enseignes. Le développement des entreprises est facilité par un ensemble de mesures très fortes, de la réduction des délais de paiement à la suppression des effets de seuil de dix et vingt salariés. Le projet crée un forfait fiscal et social pour l’entrepreneur individuel, qui ne sera imposé qu’à partir du jour où il rentre du chiffre d’affaires. La transmission des entreprises est facilitée. Préparé en étroite collaboration avec tous les acteurs concernés et avec les parlementaires, le projet de loi "s’attaque à des verrous et à des blocages qui ne sont plus supportables dans notre société", a expliqué la ministre au Parisien du 25 avril.

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L'actu

Retraites : premières concertations dans le cadre du rendez-vous de 2008

Xavier Bertrand, ministre du Travail et des Relations sociales a reçu, le 28 avril, les partenaires sociaux pour leur présenter un plan de réforme du régime général des retraites. La mesure phare du document d’orientation est le passage de la durée de cotisation de 40 à 41 ans d’ici à 2012. D’autres propositions comme l’assouplissement du cumul emploi-retraite, le maintien du dispositif pour carrières longues, la revalorisation des retraites et la relance de l’emploi des seniors, seront débattues.

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Comité interministériel sur l’Europe à deux mois de la Présidence française de l’UE

Le comité interministériel sur l’Europe du 30 avril a été l’occasion, pour le Gouvernement, d’aborder des points essentiels de la future Présidence française de l’UE : la recherche d’un accord sur la lutte contre le changement climatique, la sécurité énergétique et le bilan de santé de la Politique agricole commune (PAC).

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Contraception : favoriser le dialogue

Libérer la parole, lever les peurs, aller au-delà des préjugés, susciter la réflexion : tels sont les mots d’ordre de la deuxième phase de la campagne lancée par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, le 29 avril.

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Immigration, nucléaire civil : la France et la Tunisie signent plusieurs accords

Nicolas Sarkozy et plusieurs membres du Gouvernement ont effectué un déplacement en Tunisie les 28, 29 et 30 avril. Paris et Tunis ont signé un accord sur l’immigration. Il devrait permettre à 9 000 professionnels tunisiens d’accéder, en France, à 77 métiers notamment dans les secteurs de la construction, l’hôtellerie et la restauration. Un accord de partenariat économique et un accord sur le nucléaire civil ont également été conclus.

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Les programmes du primaire recentrés sur le français et les mathématiques

Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, a présenté le 29 avril les nouveaux programmes 2008 pour l’école primaire. Plus précis, ils sont recentrés sur les matières fondamentales, le français et les mathématiques. A partir des objectifs nationaux définis dans les programmes, les professeurs des écoles doivent "inventer et mettre en oeuvre les situations pédagogiques qui permettront à leurs élèves de réussir", a indiqué le ministre.

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Un contrat pour installer durablement les jeunes dans l’emploi

Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville a lancé, le 28 avril, à l’ANPE de Corbeil-Essonne le contrat d’autonomie destiné aux jeunes âgés de 16 à 25 ans. Mesure essentielle de la dynamique Espoir banlieues, ce contrat propose un accompagnement sur 3 ans à 100 000 jeunes des quartiers en difficulté sous la forme de contrats d’apprentissage, de formations qualifiantes ou d’emplois durables. Objectif : accompagner ces bénéficiaires vers l’embauche, la formation ou la création d’entreprise pendant une période de 6 mois renouvelable une fois.

-  La vidéo, sur le site du Premier ministre

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Déplacement du Premier ministre aux Etat-Unis

François Fillon se rendra à Washington pour une visite de travail du 1er au 2 mai. Il sera accompagné de Christine Lagarde, ministre de l’Economie et de Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Il rencontrera des personnalités du monde économique et financier, dont le président du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

La déclaration de revenus 2007 simplifiée

Le site internet pour les télécontribuables ouvrira le 2 mai. Les personnes dont la déclaration de revenus préremplie ne nécessite ni correction ni complément peuvent valider directement leur déclaration par téléphone au 0811 701 702. Pour toutes questions fiscales, les agents des impôts sont accessibles au 0810 impôts (le 0 810 467 687 pour le prix d’un appel local) en semaine de 8 à 22 heures et le samedi de 9 à 19 heures.

-  Impots.gouv.fr, le site de l’administration fiscale

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A venir

Projet de loi portant modernisation du marché du travail
vote à l’Assemblée nationale, le 29 avril

Projet de loi relatif à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique
en discussion au Sénat, les 29 et 30 avril

Projet de loi relatif à la lutte contre le trafic de produits dopants
en examen à l’Assemblée nationale, le 30 avril

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Compte-rendu du Conseil des Ministres Interventions du Premier ministre Communiqués du Premier ministre
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Edito du Monde Adieu à l'antifascisme

LE MONDE | 30.04.08 | 15h15  •  Mis à jour le 30.04.08 | 15h15

L'arrivée de Gianni Alemanno au Campidoglio, la mairie de Rome, constitue une première dans l'histoire de la République italienne. Ce n'est certes pas la première fois que le plus haut magistrat de la Ville éternelle appartient à la droite. Il a fallu attendre 1993 et l'élection de Francesco Rutelli, le candidat malheureux de cette année, pour que la gauche l'emporte sur la Démocratie chrétienne. Mais, depuis la chute de Mussolini, en 1943, les maires de Rome venaient tous de ce qu'il était convenu d'appeler l'"arc constitutionnel", c'est-à-dire les partis ayant participé à la Résistance et à la fondation, en 1946, de la République. L'éventail allait des démocrates-chrétiens aux libéraux, aux socialistes et aux communistes.

M. Alemanno n'appartient pas à cette famille. C'est un ancien dirigeant des jeunesses du Mouvement social italien (néofasciste), qui, pendant des années, a rassemblé les nostalgiques du Duce et leurs héritiers. Sans doute, le nouveau maire de Rome a suivi son chef, Gianfranco Fini, dans sa marche vers la respectabilité républicaine, qui l'a fait passer de la vénération des emblèmes mussoliniens à un poste ministériel. Il doit sa victoire moins à ses anciennes convictions idéologiques qu'à la faible mobilisation de la gauche, sonnée par sa défaite aux récentes élections législatives.

Une tradition n'en est pas moins rompue au moment même où, le 25 avril, l'Italie célébrait, comme chaque année, sa Libération. Et, comme chaque année, cette fête a donné lieu à des polémiques entre une gauche qui a du mal à se défaire des mythes de la Résistance et une droite berlusconienne qui, acharnée à dénigrer la gauche et à saper la légitimité historique de celle-ci, va jusqu'à réhabiliter les "enfants égarés" du postfascisme.

Avec le retour de Silvio Berlusconi au pouvoir, l'élection à la mairie de Rome d'un ancien néofasciste et l'apparition au Parlement de deux partis qui prétendent dépasser le traditionnel clivage gauche-droite, une période de l'histoire italienne se clôt vraiment. Celle où, par-delà les rivalités partisanes, l'antifascisme était le ciment de la société politique. Soixante-cinq ans après la chute de Mussolini, c'est inévitable et, peut-être, souhaitable, à condition que l'absence de conscience historique ne se substitue pas au mythe.

Article paru dans l'édition du 02.05.08.

29.04.2008

Senato, Renato Schifani eletto presidente

431311043.gifL'ex capogruppo dei senatori di Forza Italia prende il posto di Franco Marini. La nomina al primo tentativo

Alla Camera c'è attesa per la designazione di Fini, ma serviranno quattro votazioni

 

Renato Schifani: la sua elezione a presidente del Senato è stata accolta tra gli applausi (Ansa)
ROMA -Renato Schifani è il nuovo presidente del Senato. L'esponente azzurro, che a Palazzo Madama è di casa avendo ricoperato per anni il ruolo di capogruppo di Forza Italia alla Camera Alta, ha raggiunto alla prima votazione i 162 voti necessari per la nomina. Il voto sì è concluso attorno alle 12,30 e già dieci minuti più tardi il presidente di turno dell'assemblea, Giulio Andreotti, procedendo nella lettura delle schede aveva sancito l'avvenuta elezione del senatore siciliano. In queste ore si vota anche per il presidente anche alla Camera, ma la nomina di Gianfranco Fini, probabile successore di Fausto Bertinotti, non potrà avvenire in giornata: essendo previsto per le prime tre votazioni un quorum qualificato di oltre 400 voti che non potrà essere raggiunto, l'elezione avverrà solo al quarto tentativo quando sarà sufficiente una maggioranza semplice. Ma essendo i deputati 630 e avvenendo le operazioni di voto per chiamata individuale, il completamento della procedura richiederà tempi piuttosto lunghi. Come previsto alla prima votazione a Montecitorio si è registrata una «fumata nera». Il quorum necessario dei due terzi dei componenti l'assemblea, infatti, non è stato raggiunto. Gianfranco Fini, candidato di Pdl e Lega, ha avuto 325 voti. Sono state 278, invece, le schede bianche: questa è stata la scelta seguita da Pd, Idv e Udc. Le schede nulle sono state 6. I voti dispersi 12.

«SARO' GARANTE, E' LA MIA MISSIONE» - «Ci aspetta una feconda stagione di riforme condivise. Mi impegno a svolgere il mio ruolo come garante delle regole» ha detto Schifani nel suo primo discorso da presidente. Ha poi parlato della necessità di «preservare il dialogo» tra i Poli, indispensabile per la «riscrittura delle regole» considerata una priorità della nuova legislatura (ma il leader del Pd, Walter Veltroni, ha affermato che per adesso non si è visto nessun tentativo di dialogo da parte del centrodestra). Schifani ha poi insistito sulla «reciproca legittimazione», quella che «permette di operare per il bene più importante: la crescita del nostro Paese e la salvaguardia dei valori costituzionali». Tra gli altri temi affrontati, quelli della lotta «a tutte le mafie» (con anche un applaudito riferimento a Falcone e Borsellino), dell'impegno per la sicurezza e contro la criminalità diffusa, dell'unità nazionale che le istanze regionali contribuiscono a valorizzare, della necessità di dare risposte tanto alla questione meridionale quanto a quella settentrionale. «Dobbiamo difendere senza tentennamenti le radici cristiane della nostra identità - ha commentato in un altro passaggio del suo discorso. Dimenticare le nostre radici significa perdere l'anima».

LE CONVOCAZIONI - Le sedute di insediamento di Camera e Senato erano state convocate quasi in contemporanea: alle 10 si è aperta l'assemblea di Montecitorio; mezz'ora più tardi, alle 10,30, è iniziata quella a Palazzo Madama. In entrambi i casi all'ordine del giorno c'erano le formalità di insediamento (la costituzione dell'ufficio di presidenza e delle giunte incaricate della verifica degli eletti) ma anche, appunto, l'elezione dei nuovi presidenti chiamati a sostituire Bertinotti e Marini.

Renato Schifani e Roberto Formigoni, l'altro esponente del Pdl di cui si era ipotizzata la nomina alla presidenza del Senato, all'esterno di Palazzo Madama (Ansa)
IL GIORNO DI SCHIFANI - Che Schifani diventasse la seconda carica dello Stato era scontato. Così come scontata sarà l'elezione di Fini. Schifani ha ottenuto 178 voti, sui 162 richiesti. La sua elezione è stata salutata da applausi provenienti non solo dalla maggioranza, ma anche da alcuni settori dell'opposizione. Che non ci sarebbero state sorprese era stato in qualche modo lui stesso a farlo capire, in mattinata, conversando alla buvette con i cronisti. Parlando come se fosse già stato nominato presidente, Schifani si era detto «sereno e emozionato» per quella che definitva «una giornata storica, per la mia vita, e, credo, anche per il Paese». Conversando con i cronisti aveva poi detto di volere essere «il garante di tutti».

BONINO AUTOCANDIDATA - La elezione di Schifani non ha avuto contrasti. L'esponente radicale Emma Bonino aveva chiesto di essere a sua volta candidata alla presidenza: una scelta in rottura con il Pd (nelle cui fila è stata eletta) che aveva scelto di votare scheda bianca come segno di protesta per la decisione della magggioranza di eleggere propri esponenti alla guida di entrambe le Camere. «Da tanti anni - ha detto la Bonino intervenendo in Aula - chiediamo che queste candidature vanno parlamentarizzate, non si decidono sui giornali ne nei caminetti». Andreotti - che presiedeva la seduta in quanto senatore anziano, dopo le rinunce di Rita Levi Montalcini e Oscar Luigi Scalfaro - ha però respinto la proposta di ufficializzazione della disponibilità dell'ex ministro a presiedere l'assemblea, accolta peraltro con commenti di disapprovazione da parte del Pdl, precisando che «non si possono presentare candidature nè si può chiedere la parola per dichiarazioni di voto».

CAMICIE VERDI (E NERE) - Alla Camera invece bisognerà ancora attendere. E' in questo ramo del Parlamento che siedono anche i big dei partiti italiani, a partire da Berlusconi e Veltroni. Un caloroso applauso aveva accolto ad inizio seduta l'ingresso di Gianni Alemanno, a sua volta eletto deputato nelle elezioni del 13-14 aprile (ma a questa carica dovrà rinunciare), fresco di elezione a sindaco di Roma. Nessun applauso dai banchi della Lega, invece, alla lettura del messaggio inviato dal presidente della Repubblica, Giorgio Napolitano. E proprio dai leghisti, presenti con un nutrito «pattuglione» di sessanta deputati, è arrivata una nota di colore (nel senso letterale del termine): quasi tutti ostentavano gadget e accessori verdi, dalla cravatta alla pochette nel taschino ai foulard delle signore. Ma c'è anche chi si è presentato con la camicia verde d'ordinanza, come il neo deputato Claudio D'Amico, che alla «divisa» leghista ha abbinato una cravatta gialla. Senza cravatta e in camicia nera è invece Ermete Realacci, uno dei leader del Pd: «Sono tra i pochi che può indossarla senza destare sospetti».

 

 

 


29 aprile 2008

Molières 2008 : le palmarès

Molières : triomphe du Roi Lion et sacre du roi Galabru

1936680764.3.gifArmelle Héliot, aux Folies Bergère (Paris) 29/04/2008 | Mise à jour : 00:16

 Michel Galabru a reçu le Molière du meilleur acteur 2008 pour son rôle dans les «Les Chaussettes - opus 124» .

Michel Galabru a reçu le Molière du meilleur acteur 2008 pour son rôle dans les «Les Chaussettes - opus 124» .

La famille du théâtre était réunie lundi soir pour la 22e nuit des Molières aux Folies Bergère, à Paris. Le spectacle musical le Roi Lion s'est taillé une large part dans le palmarès avec trois récompenses. Le film de la soirée.

La fête avait commencé très fort, avec l'entrée spectaculaire des animaux du Roi Lion dans la salle des Folies Bergère, pleine à craquer du tout Paris du théâtre. Images somptueuses et simples qui donnaient une tonalité heureuse à la soirée. Elle se poursuivrait joliment avec l'entrée en scène des président et présidente, Clovis Cornillac, en lice pour le molière de l'acteur mais qui admit d'emblée que face à Galabru il n'avait aucune chance et Barbara Schulz, ravissante dans sa robe d'inspiration crétoise et qui amusa la salle avec une défense paradoxale du théâtre comme art écologique. «faites un geste pour la planete, allez au théâtre», mot d'ordre repris un peu plus tard, différemment par les lauréats du molière du spectacle jeune public, L'Hiver, 4 chiens mordent mes pieds et mes mains Philippe Dorin et Sylviane Fortuny, disant en substance qu'il ne fallait pas que les enfants soient les parents pauvres du théâtre.

Dans ce lieu reconstruit dans les années 30 pour des spectacles somptueux, mais qui fut ouvert en 1869 sous le nom de «Café des sommiers élastiques», il fallait bien que la soirée soit riche en jolis sauts comme en trous ennuyeux. Le spectacle a plutôt été de bon aloi, même si l'on peut regretter que la meneuse de jeu ne soit pas plus au fait des choses du théâtre et multiplie les erreurs…Aux Césars, les maîtres de cérémonie ont beaucoup d'allant et font le nerf de la soirée. Raphaëline Goupilleau, «révélation» alors qu'elle a 25 ans de carrière a loué ce délicieux lifting, elle serait excellente !

 

Les Molières font une grande place aux morts

Mais des jolis numéros avaient été préparés tout spécialement, comme celui de Sara Giraudeau avec James Thierrée, délicieux moment de grâce et de burlesque qui ne retirerait pas à la fine comédienne une tristesse étrange, une inquiétude. James et Sara allaient remettre le molière de la comédienne dans un second rôle à une Valérie Bonneton épanouie et épatante dans Le Dieu du carnage de Yasmina Reza. Acteur dans un second rôle, Gilles Privat ne put être là mais Clovis Cornillac, son partenaire, en fit l'éloge appuyé et mérité. Il aurait un mot évidemment aussi pour sa mère, Myriam Boyer, sacré comédienne pour Madame Rosa dans La vie devant soi.

Les Molièresfont une grande place aux morts. Grand Corps malade fit une belle apparition avec un poème délicatement rythmé devant les images des visages des disparus. Ces disparus ils étaient les grands triomphateurs car leur écriture a été mise en valeur tout au long de la soirée : Desproges, Poiret et Serrault et que les spectacles récompensés au privé comme au public sont d'écrivains contemporains mais décédés : Emile Ajar/Romain Gary pour La Vie devant soi au Marigny, Jean-Luc Lagarce pour Juste la fin du monde à la Comédie Française.

 

L'Amérique à l'honneur

L'Amérique fut à l'honneur avec trois Molières pour Le Roi Lion, et deux pour Good Canary, dont celui de meilleur metteur en scène à John Malkovich.

Rien pourtant ne pouvait égaler le formidable Michel Galabru recevant le molière du comédien pour Les Chaussettes Opus 124. Il rendit hommage à chacun, se moquant de lui-même et des navets qu'il a parfois dû tourner pour vivre....Silencieux, au contraire, ne laissant sourdre qu'un furtif «merci», cloué sur sa chaise, Roland Dubillard pour Les Diablogues qui ont cinquante ans...Et après ? Après, deux options. On se précipite devant la télé et on regarde Le Gardien avec Robert Hirsch dans le rôle-titre. Ou bien, et c'est la majorité des invités, on monte plus haut dans le 9è arrondissement, rue Ballu, et l'on boit la coupe de l'amitié dans les locaux enchanteurs de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, heureux de constater qu'il ne pleut plus et que l'on peut passer côté jardin…

Les prix du théâtre français ont été remis lundi soir lors d'une cérémonie aux Folies Bergère, à Paris.

Comédien : Michel Galabru dans «Les Chaussettes - opus 124»

Comédienne : Myriam Boyer dans «La Vie devant soi»

Comédien dans un second rôle : Gilles Privat dans «L'Hôtel du libre-échange»

Comédienne second rôle : Valérie Bonneton dans «Le Dieu du carnage»

Auteur : Roland Dubillard, «Les Diablogues»

Spectacle seul(e) en scène: Eric Métayer dans «Un monde fou»

Metteur en scène : John Malkovich pour «Good Canary»

Théâtre public : »Juste la fin du monde» de Jean-Luc Lagarce, metteur enscène : Michel Raskine

Compagnies : «La Petite Catherine de Heilbronn» de Kleist, metteur en scène : André Engel(Compagnie Le vengeur masqué)

Théâtre prive : «La Vie devant soi» de Gary/Ajar, m.e.s. Didier Long

Théâtre musical : »Le Roi lion»

Adaptateur : Xavier Jaillard pour «La Vie devant soi»

Révélation Théâtrale : Raphaëline Goupilleau dans «Une souris verte»

Décorateur/ scénographe : Pierre-Francois Limbosch pour «Good Canary»

Créateur costumes : Julie Taymor pour «Le Roi lion»

Créateur lumieres : Donald Holder pour «Le Roi lion»

Jeune public : «L'hiver 4 chiens mordent mes pieds et mes mains», Philippe Dorin, metteur en scène : Sylviane Fortuny

1936680764.2.giflefigaro.fr (avec AFP) 29/04/2008 | Mise à jour : 00:15

Rome passe à droite

«Cette longue bataille s'est conclue par notre victoire. J'ai la ferme intention d'être le maire de tous les Romains», a notamment déclaré Alemanno.
«Cette longue bataille s'est conclue par notre victoire. J'ai la ferme intention d'être le maire de tous les Romains», a notamment déclaré Alemanno. Crédits photo : AP

Après 15 ans aux mains de la gauche, la mairie de la capitale italienne revient à l'ancien néo-fasciste Gianni Alemanno.

Le candidat de la droite à la mairie de Rome, Gianni Alemanno, a remporté la victoire lundi au terme du second tour de l'élection municipale à Rome. «Cette longue bataille s'est conclue par notre victoire. J'ai la ferme intention d'être le maire de tous les Romains. Je remercie ceux qui ont voté pour moi et aussi ceux qui ont fait un autre choix que je respecte», a déclaré à la presse Gianni Alemanno. Et ce avant même la publication des résultats officiels.

Selon les résultats définitifs publiés lundi soir par le ministère de l'Intérieur, le candidat du Parti du peuple de la Liberté (PDL), ancien néo-fasciste passé au parti conservateur Alliance nationale, a rassemblé 53,6% des voix contre 46,4% à son adversaire de gauche Francesco Rutelli, vice-premier ministre et ministre de la Culture dans le gouvernement sortant de Romano Prodi. Rutelli, 54 ans, a occupé le siège de maire de Rome entre 1993 et 2001. Alemanno, 50 ans, est l'ancien ministre de l'Agriculture de Silvio Berlusconi.

C'est «une victoire historique», s'est félicité le futur chef du gouvernement Silvio Berlusconi, leader du PDL. Ce résultat constitue un grave revers pour la gauche et en particulier pour le Parti démocrate de Walter Veltroni, maire sortant de la capitale italienne, qui a déjà perdu les législatives des 13 et 14 avril face aux conservateurs de Silvio Berlusconi. Le visage défait, Rutelli a reconnu la victoire de son adversaire, précisant qu'il lui avait téléphoné. La gauche dirigeait la mairie de Rome depuis 15 ans. Au premier tour, Rutelli avait remporté 45% des suffrages, contre 40% aux conservateurs.

 

Participation en baisse

Comme le craignaient les états-majors politiques, en particulier la gauche qui en a le plus pâti, la participation s'est inscrite en forte baisse à 63% contre 73,5% au premier tour il y a quinze jours, selon l'agence Ansa. Les Romains ont en effet été nombreux à déserter la capitale (2,7 millions d'habitants) à l'occasion d'un week-end ensoleillé.

Le second tour de l'élection municipale est intervenu au terme d'une campagne centrée sur la réduction du crime dans la capitale italienne et la construction d'infrastructures. Deux viols commis la semaine dernière à Milan et à Rome pour lesquels sont poursuivis un Egyptien et un Roumain ont contribué à durcir la bataille opposant les deux candidats, la droite reprochant à la gauche son laxisme en matière de criminalité et d'immigration.

1936680764.gifJ.B. (lefigaro.fr) Avec AFP et AP

Mai 1968 - Mai 2008 : Quand un absolu chasse l'autre

LE MONDE | 28.04.08 | 13h17  •  Mis à jour le 28.04.08 | 16h21
Le 20 mai 1968, les étudiants en grève se rassemblent dans la cour intérieure de la Sorbonne occupée, devant les affiches de Mao Tse-Toung, Lénine et Karl Marx.
AFP/UPI
Le 20 mai 1968, les étudiants en grève se rassemblent dans la cour intérieure de la Sorbonne occupée, devant les affiches de Mao Tse-Toung, Lénine et Karl Marx.

Le dispositif est familier, et pourtant quelque chose détonne par rapport aux meetings traditionnels. Certes, nous sommes rue des Ecoles, à Paris, en plein Quartier latin. Comme dans toute réunion gauchiste digne de ce nom, la tribune est recouverte d'un tissu rouge et surmontée d'une sono crachotante - que l'exiguïté de la salle rend parfaitement inutile. Toujours selon l'usage, l'orateur se fait attendre. Lorsqu'il paraît enfin, avec ses immenses lunettes, son gilet à rayures et son pantalon de velours, chacun retient son souffle, le regard calé sur ces longues mains juvéniles, qui n'en finissent plus de caresser le texte à proférer.

Jusqu'ici, rien que de très banal, dira-t-on. A ceci près que la scène ne se déroule pas en mai 1968, mais en décembre 2007, et que l'homme du jour s'appelle Jean-Claude Milner, 66 ans, brillant linguiste, auteur d'essais au style implacable et ravageur, dont le dernier en date s'intitule Le Juif de savoir (Grasset, 2006). Il y a quarante ans, ce théoricien glacial intimidait ses camarades de la Gauche prolétarienne (GP), principale organisation maoïste en France dans l'après-68. Désormais, il s'exprime devant les fidèles de l'Institut d'études levinassiennes, créé en 2000 autour de son ami Benny Lévy, ancien chef de la GP. Depuis la mort de celui-ci, à Jérusalem en 2003, Milner a pris la place du maître au sein du petit institut. Ce soir-là, du reste, le silence est impeccable quand, d'une voix souveraine et pincée, le grammairien énonce son sujet : "Sur les ruses de l'universel, études de cas : Mai 68 et le gauchisme."

Une heure durant, Milner cite les bons auteurs (Lévi-Strauss, Foucault, Sartre) pour examiner la "rencontre" entre Mai 68 et le gauchisme français. D'un côté, explique-t-il, Mai 68 pose la question du présent : "Mai 68 dit : la révolution, c'est pas pour les autres, pour plus tard. C'est pour nous, ici, maintenant." D'un autre côté, poursuit-il, le gauchisme redécouvre la question de l'"Histoire absolue", avec un grand "H". A l'intersection des deux, il y a la Gauche prolétarienne, qui tente de conjuguer l'esprit de Mai et la "révolution en soi" en inventant une politique de l'absolu. Or, il n'y a nul hasard, conclut l'orateur, si cette épopée se confond avec les noms de Benny Lévy, de Robert Linhart, auteur d'un livre fameux intitulé L'Etabli (Ed. de Minuit, 1978), ou encore de Pierre Goldman, insoumis et gangster assassiné en 1979 : "Moyennant la Gauche prolétarienne, tranche Milner, le gauchisme français est aussi une histoire juive."

Est-ce une blague ? Dans l'assistance, en tout cas, personne ne rit. Au contraire, Jean-Claude Milner peut contempler la mine exaltée de ses auditeurs, dont certains portent la kippa. Parmi eux, seule une poignée a connu l'époque des manifs et des batailles rangées, avant de vivre les lendemains qui déchantent, les petits matins glauques. Mais tous savent l'essentiel : quand l'espérance radicale s'effondre, seul demeure le désir d'infini ; dès lors que l'histoire manque à ses promesses, l'absolu se cherche un autre nom.

Mai 1968 - mai 2008, de la politique à la spiritualité : dans la grande famille des maoïstes français, ils sont un certain nombre à avoir emprunté ce chemin. Qu'ils soient religieux ou qu'ils continuent de se dire athées, beaucoup sont passés d'une scène marxiste, où le mot qui compte est "révolution", à une scène métaphysique, où l'on ne parle plus que de "conversion". A l'arrivée, c'est le credo monothéiste qui constitue l'horizon vrai de la radicalité : de Mao à saint Paul, pour les philosophes Guy Lardreau, Bernard Sichère ou Alain Badiou ; de Mao à Mahomet, pour leur camarade Christian Jambet, qui a appris le persan afin de se plonger dans l'étude des mouvements extrêmes en islam chiite ; et de Mao à Moïse, donc, pour d'autres.

Ou plutôt "de Moïse à Moïse en passant par Mao", comme le précisait lui-même Benny Lévy, qui aura incarné, mieux que quiconque, ce grand passage d'un absolu à l'autre. "Tôt, je rencontrai le Tout-Puissant. Dans le texte de Lénine, qui fut l'objet de ma première année à l'Ecole normale supérieure : je mettais en fiches les 36 tomes des Œuvres de Moscou", écrivait-il.

Leader charismatique de la Gauche prolétarienne, il devient ensuite le secrétaire personnel de Sartre et se tourne avec lui vers l'étude des textes juifs, au milieu des années 1970, délaissant les 36 tomes de Lénine pour les 20 volumes du Talmud. "Sous les pavés, la plage !","Et si sous les pavés de la politique se cachait la plage de la théologie ?", rectifiait Benny Lévy, en 2002, dans Le Meurtre du Pasteur (Grasset-Verdier). Publié dans la collection "Figures", dirigée par Bernard-Henri Lévy, cet ouvrage était sous-titré "Critique de la vision politique du monde", comme pour entériner le divorce de la politique et de l'absolu : non, tout n'est pas politique ; non, la condition humaine n'est pas un problème dont la politique représenterait la solution. avaient lancé les insurgés en Mai 68.

De cet amer constat, les enfants du maoïsme français ont payé le prix fort. Un quart de siècle avant Le Meurtre du Pasteur, du reste, un autre livre avait déjà dressé l'inventaire : publié dans la même collection, cosigné par deux "ex" de la GP, Guy Lardreau et Christian Jambet, L'AngeL'Ange disait adieu aux années militantes, venant clore pour de bon les années "68" : "Nous avions fait l'épreuve d'une conversion (...). Nous croyions avoir touché le fond : savez-vous ces temps où tout vient à faire défaut, les nuits entières passées à pleurer à petit bruit, à petit flot, sur le passé sans remède (...). Nous nous retirâmes au désert", notaient Lardreau et Jambet dans ce "guide des égarés", où le congé donné à l'engagement politique débouchait sur une autre rébellion, spirituelle celle-là. était paru en 1976, l'année où Mao mourait, au moment où s'affirmait un certain discours antitotalitaire. Et si l'on considère souvent cet essai comme le manifeste des "nouveaux philosophes", c'est que

Tout ça pour ça ? A la place de la révolution culturelle chinoise, le retour à l'ancienne "révolution chrétienne" ? Là où Mao martelait que "l'oeil du paysan voit juste", s'agissait-il simplement d'affirmer, comme le faisaient les deux philosophes dans un pied de nez, que "l'oeil du prêtre voit juste" ? Ce serait trop facile, répond aujourd'hui Guy Lardreau. Au début des années 1970, ce normalien était l'un des chefs de la Gauche prolétarienne, coiffant à la fois le journal de l'organisation, La Cause du peuple (dont Sartre était directeur) et son secteur "cinéma" (où il côtoyait Jean-Luc Godard). A l'issue de son parcours militant, Paris lui étant devenu "intolérable", Lardreau s'est installé à Dijon.

Professeur en classe préparatoire (khâgne), il y habite maintenant un hôtel particulier un brin délabré, réaménagé en cabinet philosophique. Autour de son bureau, les oeuvres complètes de Hegel et de Thomas d'Aquin ; dessus, un vieux coupe-papier, quelques notes griffonnées. Et les Psaumes. Hanté par l'Orient chrétien, Lardreau entretient désormais une relation très forte avec "une certaine forme de rigueur qu'on appelle la théologie". Et avec la prière ? "Je vous répondrai comme Jésus : je ne sais pas ce que c'est que prier. Vous êtes bien suffisant, en disant "prier"...", lâche-t-il dans un douloureux sourire.

Sa mère était institutrice. Son père enseignait les maths au collège. Dans les années 1930, celui-ci avait été royaliste d'Action française. Après la guerre, "sur la base de la Résistance", il avait voté communiste, demeurant à la fois athée et "profondément catholique", précise Guy Lardreau. Lui-même, tout en définissant le christianisme comme "la plus grande révolution dans l'histoire de l'âme", refuse qu'on parle de son itinéraire comme d'un retournement.

"C'est cette idée qui a fait l'abominable succès de L'Ange, dont je me mords encore les doigts, confie-t-il. Le malentendu était complet : on a lu le livre comme une espèce de jérémiade calotine, couvrant d'une dignité spirituelle un pur et simple retour au bercail. Mais pour moi, c'était autre chose : j'avais investi une espérance maximale dans un domaine où elle s'était avérée mal placée. Alors il fallait essayer de comprendre ce que nous avions cherché, à partir du moment où cela ne s'épelait plus avec les mots du discours politique. Ce que nous appelions "l'Ange", c'était une figure telle qu'elle fit dans l'histoire une rupture absolue."

Malgré tout, maintenir l'horizon d'un autre monde possible ; à toute force, perpétuer l'espoir d'un "au-delà" pour notre temps : dans le sillage de Mai 68, chacun à sa manière, nombre d'anciens maoïstes ont tenté de relever ce défi. Aller à leur rencontre, ce n'est pas seulement brosser le portrait d'une génération au miroir de ses illusions passées. C'est aussi reconnaître, à même le présent, une ferveur et une virulence inentamées. Une soif d'absolu, surtout, qui en dit long sur notre époque, alors que la question religieuse y est redevenue centrale : "Quand la politique est à la baisse, la théologie est à la hausse. Quand le profane recule, le sacré prend sa revanche. Quand l'histoire piétine, l'Eternité s'envole", déplorait récemment le philosophe trotskiste Daniel Bensaïd dans un pamphlet intitulé Un nouveau théologien, B.-H. Lévy (Ed. Lignes).

De ce grand mouvement de bascule, les desperados du maoïsme français sont de parfaits témoins. Mieux : ils sont, cette fois encore, à l'avant-garde.

Jean Birnbaum
Article paru dans l'édition du 29.04.08.

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