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06.07.2008
Les résultats des examens médicaux d'Ingrid Betancourt sont "rassurants"

Les premiers résultats des examens médicaux pratiqués samedi 5 juillet à Paris sur Ingrid Betancourt, sont "plutôt rassurants", a indiqué à l'AFP sa soeur Astrid. " Le médecin a dit qu'il fallait absolument qu'elle se repose car il peut y avoir des contre-coups". Arrivée à 11 h à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, au lendemain de son retour en France, l'ex-otage est repartie en fin d'après-midi. " Il y aura des examens complémentaires, il y a certains points en observation" a précisé Astrid Betancourt.
L'opération qui a permis la libération d'Ingrid Betancourt et de 14 autres otages des Farc a été avancée de 10 jours par les autorités colombiennes par crainte de fuites, a déclaré samedi à Madrid le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos. Pour M. Santos, il ne s'agit pas d'une opération militaire. "Cette opération n'était pas militaire, aucune personne armée n'y a participé, ce qui a permis de faire courir un risque minimum aux otages", a-t-il déclaré. "L'opération a montré combien l'armée et les services de renseignement étaient préparés et coordonnés", a-t-il ajouté. - (avec AFP)
Depuis sa libération, Ingrid Betancourt, qui a très peu dormi, a multiplié les interviews, les conférences de presse, les interventions officielles, tout en affichant une grande énergie. Mais elle a aussi expliqué avoir été gravement malade au cours de ses six ans de captivité . Dans une vidéo diffusée en novembre, elle était apparue extrêmement maigre et lasse, suscitant l'inquiétude de ses proches. Quelques mois plus tard, des informations alarmantes sur son état de santé avaient entraîné l'envoi par la France d'un avion médicalisé en Colombie. Des maladies comme une hépatite B, une amibiase et une leishmaniose avaient alors été évoquées. Outre les séquelles physiques, des experts mettent en garde contre de possibles traumatismes psychologiques liés à des années d'humiliations et d'espoirs déçus.
Après cette journée à l'hôpital, Ingrid Betancourt prévoit de passer dimanche au calme en famille. Elle devait se rendre lundi à l'Hôtel de Ville de Paris et au cours de la semaine effectuer une visite à l'Assemblée nationale, deux institutions qui se sont fortement mobilisées pour sa libération.
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Betancourt : une vidéo de la libération

Sur cette capture vidéo dévoilée par Bogota, on découvre Ingrid Betancourt en train de monter dans l'hélicoptère. A ce moment là, elle ignore encore qu'il s'agit d'une opération de libération. (AP)
Un faux journaliste a filmé l'opération commando qui a permis la libération des 15 otages des Farc. En dévoilant cette vidéo, Bogota entend prouver qu'il n'y a pas eu de mise en scène destinée à occulter le versement d'une rançon.
Alors que plusieurs médias mettent en cause la version officielle et font état d'une rançon, l'armée colombienne a diffusé vendredi une vidéo de l'opération de sauvetage qui a permis la libération, mercredi, de 15 otages de Farc, dont Ingrid Betancourt. Ce document d'une durée de trois minutes (voir ci-dessous) a été filmé par un membre des commandos spéciaux colombiens qui se faisait passer pour un journaliste.
Dans une première séquence, on y voit les otages traverser une plaine pour rejoindre un hélicoptère, semblable à ceux utilisés lors des précédentes libérations unilatérales d'otages organisées par le CICR (Comité international de la Croix rouge). Ils ont les mains entravées par des tiges de plastique et certains d'entre eux paraissent furieux.
Soudain, la caméra se fixe sur le visage du militaire américain Keith Stansell, otage depuis 5 ans, qui déclare à l'adresse du faux caméraman : «j'aime ma famille». Puis, elle se déplace vers le chef des ravisseurs rebelles, le commandant «Cesar», qui refuse d'accorder une interview.
La seconde séquence est celle de l'annonce aux otages, assis dans l'hélicoptère en vol, qu'ils sont libres. «Vous êtes libres, tout est fini», crie l'un des membres du commando, s'adressant aux otages qui explosent de joie. Ingrid Betancourt, résignée, le visage fermé, ne semble pas dans un premier temps bien appréhender la situation. Puis un sourire se dessine sur ses lèvres.
Enfin, on entend des hurlements de joie, des cris de bonheur et certains otages sont debout dans l'appareil.
Aucune image ne montre comment les deux guérilleros des Farc sont neutralisés par les forces spéciales.
La participation d'Israël démentie
Le ministre de la Défense colombien, Juan Manuel Santos, qui a décidé de diffuser ces extraits de vidéo à la presse, a soutenu vendredi soir que ces images prouvaient qu'il n'y a pas eu de mise en scène destinée à occulter le versement d'une rançon aux rebelles mais une vraie opération commando.
Il a expliqué que la ruse avait été copiée sur deux remises d'otages antérieures, ayant eu lieu en janvier et en février grâce à la médiation du Venezuela. «Lors des deux dernières remises d'otages, il y avait toujours un cameraman fourni par (le président vénézuélien Hugo) Chavez», a-t-il indiqué. En outre, les hélicoptères qui avaient ramené les six otages étaient vénézuéliens et transportaient du personnel de la Croix rouge internationale.
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"Un souvenir, c'est de l'exaltation"
Lundi 23 juin, à 10 heures, la maison de disques RCA attend l'arrivée de Laurent Voulzy avec le master de son nouvel album. Un dernier détail à peaufiner, Voulzy repousse la remise de Recollection (souvenir en anglais), au coeur duquel se trouve une version réenregistrée de Rockollection, l'immense tube de 1977 qui a révélé le chanteur au public. Encore quelques heures, et il rendra son travail. Prévue le 30 juin, la sortie a été repoussée au mercredi 2 juillet. La pochette - Voulzy, devant un mur, guitare Rickenbacker en bandoulière - est une réplique de celle du 45-tours original.

Hôtel Meurice, à Paris, Voulzy, en promotion, chaleureux, explique Recollection, album concept, pas prévu pour l'être. "On était en tournée en 2007, et quelqu'un me fait remarquer que Rockollection est sorti trente ans plus tôt. On a pensé à une petite fête. Et j'ai eu envie de le réenregistrer avec un couplet en plus. J'ai appelé Alain Souchon, il a fait des ébauches, et on est partis assez vite sur l'idée de raconter l'avant-Rockollection, quand j'étais enfant, adolescent."
Souchon aux textes et Voulzy à la musique trouvent des transitions, une introduction, un épilogue. Et Rockollection, émaillée de citations de chansons des Beatles, des Stones, de Dylan... "est devenue à son tour une chanson-citation dans un album qui parle d'elle".
"Pour les textes, on a dû penser quelques secondes à changer des choses, être dans les mots actuels. Et puis non. Alors les copains qui se retrouvent autour d'un baby-foot en 1977, c'est peut-être devenu une PlayStation ; le "certif", ça ne dira rien aux plus jeunes. Et le nouveau couplet reste dans le même ton d'écriture."
ARPÈGE DE GUITARE
Voulzy regarde la liste des citations dressée à partir des quatre versions publiées en disques au cours des ans : l'original, celles captées lors des tournées 1994, et 2002-2003, la nouvelle. "Je n'ai même pas fait cette comptabilité. Ah oui, là on voit que Paint It Black, des Stones, fait un retour, No Milk Today d'Herman's Hermits aussi. Pour le prochain, je vous appelle." En surface, ça peut-être vu comme un ancêtre du sample ? Voulzy corrige. Chaque titre est justifié par le texte de Souchon. Les choix sont aussi musicaux : un arpège de guitare à la fin de Turn Turn Turn, des Byrds, a provoqué l'enchaînement avec L'Amour avec toi, de Michel Polnareff, seule chanson française.
En 1977, seul le duo Souchon-Voulzy apparaissait sur le crédit de la composition. Après le blocage des droits d'édition, un règlement à l'amiable avec les représentants des auteurs-compositeurs cités a convenu de la bonne foi du duo. "Nous n'avions pas demandé les autorisations. Avec les samples aujourd'hui, c'est assez banal, la citation. En même temps, c'est devenu de plus en plus compliqué, avec des avocats, un gros boulot de recherche pour trouver le moindre ayant droit. Il y a eu les versions en concert, depuis, on sait faire."
Rockollection 2008, un summum de la nostalgie ? "Non, ça ce n'est pas moi, pas plus que je ne suis atteint par le syndrome de Peter Pan, comme je l'ai lu. J'adore le monde de l'enfance, mais je ne vis pas dedans. La nostalgie, c'est un sentiment de tristesse qui nous envahit à l'évocation d'un souvenir de bonheur perdu, ça peut être pesant. Un souvenir, ça me donne envie de faire une chanson neuve, c'est de l'exaltation."
Et ce duo Souchon-Voulzy, l'un aux textes, l'autre à la musique, ça marche comment ? "On se connaît depuis le milieu des années 1970. Qu'est-ce qui fait qu'Alain Souchon arrive à transcrire exactement ce qui est moi dans les textes ?... c'est intime, mystérieux. Dans l'autre sens, les musiques que j'écris pour lui font abstraction de moi, je pense à sa gestuelle, à ce qui va avec sa tessiture, son phrasé, son esprit." Un Souchon-Voulzy pour bientôt ? Dans un an ou deux. Avec Voulzy, qui vit depuis quelques années en Angleterre, les choses arrivent comme elles doivent arriver, à son pas.
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04.07.2008
Jean-Pierre Jouyet, ministre tourmenté
Il encaisse et il continue. Il a encaissé le non irlandais au traité de Lisbonne, s'est dit "effondré" puis s'est diplomatiquement repris. Il vient d'encaisser le nouveau caprice du président polonais Lech Kaczynski, qui refuse d'apposer sa signature au traité. Et il continue. Le secrétaire d'Etat aux affaires européennes est un bon soldat. Un ministre d'ouverture social-démocrate qui doit aussi encaisser des décisions présidentielles non conformes à ses principes. Il dit ce qu'il pense et il continue. Serviteur de l'Europe et aiguilleur en chef de la présidence française de l'Union européenne qui prendra fin le 31 décembre. "J'irai au bout de la présidence, dit-il. Après..."
1954
Naissance à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
1978
Elève à l'Ecole nationale d'administration (ENA), promotion Voltaire.
1988-1991
Directeur de cabinet de Roger Fauroux, ministre du gouvernement Rocard.
1991
Conseiller de Jacques Delors, président de la Commission européenne.
2007
Secrétaire d'Etat aux affaires européennes (gouvernement Fillon).
2008
Pilote la présidence française de l'Union européenne.
Il reçoit chez lui un dimanche, calme et tout de blanc vêtu, comme s'il revenait d'une tribune de Wimbledon. Il aimerait bien. Cet inspecteur des finances est aussi un bon vivant qui ne s'inquiéterait pas de devoir prendre le large. Dans son immense appartement vont et viennent quelques-uns des dix enfants qu'il a en commun avec sa seconde femme, Brigitte Taittinger. Quatre de son côté à lui, cinq de son côté à elle, une dernière à eux deux.
Paterfamilias, "il adore ça", dit Brigitte, qui a aussi le goût de la vie. Quant à cette manie de toucher ses interlocuteurs et de leur prendre le bras, elle a fait le tour de Paris depuis que l'austère Lionel Jospin s'en est agacé en public : "On est appelé à travailler ensemble. Je n'aime pas beaucoup qu'on me touche", avait lancé le premier ministre, en 1997, à son directeur adjoint de cabinet.
Au gouvernement, Jean-Pierre Jouyet a la tranquillité du détachement. Pas de stratégie personnelle. C'est sa force. "Je suis venu pour l'Europe. Ma conception de l'ouverture est de faire mon devoir en faisant entendre ma différence. Je ne demande rien, je n'attends rien. Etre ministre, je n'en ai pas besoin. Je peux très bien vivre sans." Il n'était d'ailleurs pas fait pour. Le paterfamilias au sourire facile est d'abord un haut fonctionnaire de l'ombre. Un expert qui fut directeur de cabinet dans des ministères ou à la Commission européenne, directeur du Trésor, administrateur de sociétés publiques. Un amoureux des coulisses.
Détaché, ce catholique pratiquant n'en a pas moins l'âme tourmentée. Sa décision de rejoindre Nicolas Sarkozy l'a beaucoup empêché de dormir. Le jeune Jean-Pierre s'était construit à gauche, contre les idées gaullistes de son père, notaire en Normandie. Etudiant en droit à Rouen, il s'était cherché en assistant aux meetings de Georges Marchais et de François Mitterrand. A l'ENA, deux amis de promo l'avaient ancré dans la mouvance du Parti socialiste. Ils s'appelaient François Hollande et Ségolène Royal. Plus militants que lui, qui n'a pris sa carte du parti qu'une seule fois, celle à 20 euros, pour élire Ségolène aux primaires socialistes. Trop indépendant pour les idéologies de parti.
Jean-Pierre, François, Ségolène et quelques autres : ils passaient leurs vacances ensemble, ne se quittaient plus... jusqu'à la campagne de Ségolène pour la présidence, en 2007. La rupture fut affective et politique. Le couple Royal-Hollande se déchirait, leur ami a penché d'un côté, Ségolène a coupé les ponts. Pendant sa campagne, elle l'ignore. Il se vexe. Et rejoint ce groupe de personnalités de gauche qui prônent une alliance au premier tour avec François Bayrou en signant sous le nom des Gracques. Ségolène ironise : "Dans la mythologie, les Gracques ont mal fini." Jean-Pierre réplique : "Jeanne d'Arc aussi..." Méfiez-vous des hommes souriants.
Après les centristes Gracques, le franc passage à l'ennemi. Pour Nicolas Sarkozy, cet intime du premier secrétaire du Parti socialiste est la prise rêvée. François ne lui a pas pardonné. "Jean-Pierre a toujours été de droite", dit-il, dépité, de son ami. Jean-Pierre Jouyet ne s'en remet toujours pas. "J'avais sous-estimé les difficultés en entrant au gouvernement. De telles ruptures affectives. J'ai blessé François, un frère. Je suis réconcilié avec lui, mais pas autant que je le souhaiterais."
Avec sa femme, Brigitte Taittinger, fille des champagnes, issue d'une famille d'hommes politiques de droite et qui, elle-même, a toujours voté à droite, Jean-Pierre Jouyet pratiquait l'ouverture en famille. Quand on lui demande leurs sujets de divergence politique, Brigitte regarde le plafond, pensive. "Je ne vois pas." Jean-Pierre non plus. "Il reste profondément de gauche", souligne pourtant l'autre ami de toujours, l'avocat et militant socialiste Jean-Pierre Mignard.
Mais la gauche de Jean-Pierre Jouyet tend à l'extrême centre. A une gauche distanciée de l'idéologie, en phase avec l'économie de marché. De ses mentors en social-libéralisme, les anciens ministres Roger Fauroux et Jacques Delors, il a appris à se méfier du nationalisme économique dans un monde "interdépendant". Le Parti socialiste tel qu'il évoluait ne lui convenait plus. Son entrée dans une équipe de droite est aussi le dépit d'un homme de la gauche moderne. "La modernisation économique et sociale que je souhaitais, c'est Sarkozy qui l'entreprenait", dit-il.
Avec Nicolas Sarkozy, il est souvent en désaccord. Il continue, sous l'égide de son ministre de tutelle, Bernard Kouchner, et sans se taire. Il n'a pas du tout apprécié les positions du gouvernement sur les tests ADN ou les quotas pour les immigrés, et l'a dit. Il s'est opposé au président et à son conseiller spécial, Henri Guaino, qui souhaitaient restreindre l'Union pour la Méditerranée aux pays riverains. Il a été le premier à s'indigner publiquement de la décision de Nicolas Sarkozy de nommer lui-même le président de France Télévisions. "Je tirerai les conclusions de tout cela", dit le ministre.
Le catholicisme l'aide à tenir. "Les oratoriens me l'ont appris : l'idée supérieure qui vous a guidé à l'acte est plus importante que les moyens. Dieu vous le pardonnera." L'autre moteur de Jean-Pierre Jouyet, c'est l'envie d'Europe. De la Commission aux parlementaires, qu'il connaît par coeur, on apprécie sa compétence européenne et sa simplicité à partager les joies du foot, son expertise et son absence totale d'arrogance. "Rares sont les fonctionnaires européens passés en politique, c'est sa valeur ajoutée", note Pierre Sellal, représentant permanent de la France auprès de l'Union européenne.
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Ingrid Betancourt à la France : "J'ai besoin de vous, encore"
Ingrid Betancourt est arrivée à Paris, vendredi 4 juillet, à l'aéroport de Villacoublay. Elle a été accueillie par le président de la République, Nicolas Sarkozy, et son épouse Carla Bruni, qui l'attendaient au pied de la passerelle de l'avion. Le président et l'ex-otage, souriante, ont échangé une longue accolade. Ils ont ensuite adressé quelques mots à la presse, avant de se rendre à l'Elysée.
Selon la Radio suisse romande, Ingrid Betancourt n'aurait pas été libérée grâce à une opération militaire de l'armée colombienne. D'après une source "proche des événements", une somme d'environ 20 millions de dollars aurait été versée aux ravisseurs. La radio précise que les Etats-Unis, dont trois agents ont été libérés mercredi, étaient "à l'origine de la transaction".
"Les quinze otages ont en réalité été achetés au prix fort, après quoi toute l'opération a été mise en scène", a rapporté la radio publique dans son journal de la mi-journée. Selon la RSR, c'est l'épouse de l'un des gardiens des otages qui a servi d'intermédiaire pour la transaction, après avoir été arrêtée par l'armée colombienne. Réintégrée au sein des FARC, elle a obtenu de son mari qu'il change de camp, a expliqué la radio.
La "mise en scène" de la libération des otages permet, selon la radio suisse, au président Uribe "de s'en tenir à sa ligne qui exclut toute négociation avec les rebelles tant que les otages ne sont pas libérés". Bogota n'a pas réagi. A Paris, le Quai d'Orsay affirme qu'il n'a versé aucune rançon."AUJOURD'HUI, JE PLEURE DE JOIE"
"On attendait ça depuis longtemps, a déclaré Nicolas Sarkozy, c'est toute la France qui est heureuse que vous soyez là, et c'est toute la France qui admire votre dignité." "C'est un message d'espoir, ça veut dire à tous ceux qui souffrent dans le monde que rien n'est perdu, a ajouté le président. Bienvenue, la France vous aime."
"Je rêve depuis sept ans de vivre ce moment, a répondu Ingrid Betancourt, sur le tarmac de l'aéroport, c'est très émouvant, respirer l'air de la France, être avec vous. Quand je prends le président Sarkozy par la main, quand je l'embrasse, quand je le regarde (...), je regarde à travers lui toute la France, vous tous qui avez partagé le même espoir, vous m'avez sauvé la vie", a poursuivi Mme Betancourt. "J'ai beaucoup pleuré pendant sept ans, de douleurs et d'indignation. Aujourd'hui je pleure de joie", a-t-elle ajouté, au bord des larmes, avant de prendre dans ses bras les membres des comités de soutien, qu'elle rencontrait pour la première fois.
"J'AI BESOIN DE VOUS, ENCORE"
Arrivée à l'Elysée, l'ex-otage est revenue en détail sur son calvaire pendant six ans : "c'est un monde absolument hostile, mais je savais que j'étais portée par votre amour, par vos prières... Mon Dieu, que je vous aime." Souriante, n'hésitant pas à faire de l'humour, Ingrid Betancourt a ensuite directement interpellé Nicolas Sarkozy. "J'ai laissé derrière moi des êtres humains qui sont encore entre les mains des FARC, alors j'ai besoin de vous, encore. Il faudra que Nicolas Sarkozy aille en Colombie à nouveau."
Elle a ensuite demandé que la France accueille les autres prisonniers des FARC, "je leur ai parlé de la France, pour leur donner des rêves, est-ce que nous pourrions leur offrir de venir ?". A ces deux requêtes, le président a répondu favorablement. "La France n'arrêtera pas le combat, a déclaré Nicolas Sarkozy, et tous ceux qui déposeront les armes seront accueillis." Pour ceux qui "se dissocient du combat de ces tortionnaires moyenâgeux, il y a toujours un espoir", a ajouté Nicolas Sarkozy.
La soirée devait ensuite se prolonger à l'Elysée, avec des personnalités et des hommes politiques. Samedi, Ingrid Betancourt doit passer des examens médicaux approfondis dans un hôpital, sans doute au Val-de-Grâce à Paris, pour prendre la mesure des conséquences physiques de ses six années de captivité.

AFP/MARTIN BUREAU
Ingrid Betancourt à son arrivée à Villacoublay, le 4 juillet.

AP/MICHEL SPINGLER
Ingrid Betancourt et Nicolas Sarkozy, vendredi 4 juillet à Paris.

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03.07.2008
Traité de Lisbonne : le président polonais conditionne sa ratification à celle de l'Irlande

Après avoir annoncé qu'il ne ratifierait pas "pour le moment" le traité de Lisbonne, le président polonais, Lech Kaczynski, a déclaré, mercredi 2 juillet, qu'il approuverait le document uniquement si l'Irlande, qui l'a rejeté le 12 juin, organisait un nouveau référendum et l'approuvait.
A ses détracteurs, qui l'accusent d'avoir enrayé le processus de ratification, M. Kaczynski répond que sa "signature n'aboutira pas à l'entrée en vigueur du traité". "Ma motivation, c'est de ne pas violer le principe de l'unanimité. Si ce principe est traité avec sérieux, en ce moment, la ratification est sans objet, puisqu'elle n'aura pas pour effet l'entrée en vigueur du traité", a-t-il argumenté, estimant que le référendum irlandais bloque toujours cette possibilité.
"METTRE LES CHOSES AU CLAIR" AVEC M. SARKOZY
Lech Kaczynski ajoute par ailleurs une deuxième condition, celle-ci interne à la Pologne, concernant un projet de loi donnant plus de prérogatives au président en matière européenne. "Je pourrai signer le traité quand nous aurons une législation appropriée. Elle aurait été aussi une condition interne pour ratifier le traité, même si le référendum [irlandais] avait eu un autre résultat", a-t-il fait savoir. Le Parlement polonais doit encore voter sur cette loi, que le premier ministre libéral, Donald Tusk, voit d'un mauvais œil.
Enfin, le président polonais a évoqué ses rapports avec Nicolas Sarkozy, qui avait tenu des propos particulièrement durs à son encontre. "Mes rapports avec le président Sarkozy sont très bons. Ses opinions me tiennent à cœur", a-t-il déclaré, tout en laissant entendre que les deux hommes pourraient "mettre les choses au clair" en marge du sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet à Paris.
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Réforme des institutions : retour à la case départ sur l'adhésion de la Turquie
Retour à la case départ. La commission des lois de l'Assemblée nationale a décidé, mercredi 2 juillet, de maintenir en l'état l'article 88-5 de la Constitution, introduit par Jacques Chirac en 2005, qui prévoit un référendum automatique en cas de nouvelles adhésions à l'Union européenne. Faute d'accord sur une nouvelle formulation, le président (UMP) de la commission, Jean-Luc Warsmann, en accord avec son homologue du Sénat, Jean-Jacques Hyest, a préféré opter pour " la solution qui mécontentait le moins de monde " : le statu quo. Sans aucune garantie que cela suffise à apaiser les parlementaires les plus en pointe, entre ceux qui tiennent à un dispositif spécifique permettant de dresser un barrage supplémentaire face à une éventuelle adhésion de la Turquie, et ceux qui plaident pour le retour au droit commun, ce qui était l'intention initiale du gouvernement.
Le projet de loi sur les institutions proposait d'aligner la procédure d'autorisation des traités d'élargissement sur celle des projets de révision constitutionnelle, le président de la République pouvant alors recourir soit à la voie parlementaire, soit à la voie référendaire. "Avec cet article, le gouvernement veut éviter qu'on ait à soumettre à référendum la question de l'entrée dans l'Union européenne de pays pour lesquels l'enjeu européen et national serait modeste. Imagine-t-on par exemple un référendum pour l'entrée du Monténégro dans l'Union européenne ?", avait défendu la ministre de la justice, Rachida Dati, en première lecture à l'Assemblée nationale.
Le nouveau dispositif avait toutefois soulevé un vent de fronde à l'UMP. Les plus farouches opposants à l'entrée de la Turquie y voyaient un " recul ". Avec l'aval du président de la République, Nicolas Sarkozy, ils avaient imaginé un " verrou " sous la forme d'un amendement prévoyant le recours automatique au référendum pour les seuls Etats dont la population excéderait 5% de celle de l'Union européenne. Une disposition qui, sans le dire, visait directement la Turquie.
Adopté à l'Assemblée par les seuls députés de l'UMP, cet article nouveau avait été unanimement désapprouvé au Sénat, qui avait rétabli la version initiale du gouvernement. Depuis, Matignon et l'Elysée s'étaient efforcés, avant la réunion de la commission des lois de l'Assemblée nationale, de parvenir à un compromis qui satisfasse tout le monde à l'UMP.
Mardi matin, devant le groupe UMP de l'Assemblée, le premier ministre, François Fillon, annonçait qu'il avait donné son " accord " à une nouvelle proposition : possibilité d'enclencher la nouvelle procédure de référendum d'initiative parlementaire soutenu par une pétition de citoyens, avec un seuil abaissé pour les questions d'adhésion.
Déclaration imprudente. M. Warsmann, toujours en liaison avec M. Hyest et soutenu par les partisans d'une règle de droit commun, soutient auprès de l'Elysée et de Matignon que tout dispositif restrictif sur cet article serait " inévitablement jugé discriminatoire ". La commission des lois s'est tenue mercredi à 10 heures. A 9 h 55, aucune solution n'ayant fait consensus, décision a été prise d'en rester à l'existant. C'est la proposition que fera M. Warsmann et que suivra la commission des lois, " au grand soulagement de tout le monde ", précise celui-ci. " Tout le monde ", cependant, était loin d'être au courant de ce revirement de dernière minute. C'est par un texto sur son téléphone portable que M. Copé a appris vers midi la décision de la commission, qu'il va maintenant lui falloir faire accepter par l'ensemble de ses troupes. Lui aussi en était resté à la version présentée la veille comme " acquise " par M. Fillon. " Je ne sais pas ce qui s'est passé, avoue-t-il, mais je suppose que la proposition Warsmann a l'aval du président de la République. " Suivez mon regard, si elle échoue.
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Sarkozy : "Elle est en bonne santé"
VIDÉO - Retrouvez le discours prononcé par Nicolas Sarkozy au soir de la libération d'Ingrid Betancourt.
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Betancourt en France vendredi au plus tôt

Ingrid Betancourt repartira vers la France avec ses enfants "le plus tôt possible" et devrait arriver vendredi ou samedi. Nicolas Sarkozy ira l'accueillir à sa descente d'avion.
13h00 : Beaucoup d'incertitudes sur le moment exact du retour en France d'Ingrid Betancourt. Annoncée dans un premier temps pour jeudi soir, elle devrait plutôt arriver vendredi après-midi selon le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant. Voir samedi. "C'est à elle de décider du moment exact de son retour", précise-t-il ajoutant qu'elle souhaitait rentrer dès que possible. Une seule certitude pour l'instant : Nicolas Sarkozy ira l'accueillir à sa descente d'avion. L'avion français devrait se poser sur la base aérienne militaire de Villacoubay (Yvelines), où une cérémonie d'accueil sera organisée.
10h54 : L'opération de libération d'Ingrid Betancourt a été 100% colombienne, assure le ministre de la défense colombienne Juan Manuel Santos. Les Etats-Unis "n'ont joué aucun rôle" selon lui, alors que l'ambassadeur américain à Bogota avait déclaré que l'opération de libération avait été le fruit d'une "coopération étroite" et "d'échange de renseignements". Le ministre colombien a tout juste concédé "qu'ils nous ont un peu aidé à calibrer certaines choses mais très à la marge."
09h35: La décision est prise. Ingrid Betancourt annonce qu'elle se rendra en France dès ce jeudi. Elle veut rencontrer le président Nicolas Sarkozy pour le remercier de ses efforts pour obtenir sa libération après plus de six ans aux mains des FARC.
09h17: Ingrid Betancourt ne sait pas encore quand elle reviendra en France. Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères déclare sur i-Télé que "pour le moment, il n'y a pas de décision définitive prise par elle-même. Quand l'avion sera arrivé, entre-temps, Ingrid Betancourt va décider exactement quand elle revient."
08h42: "On avait si peur de croire"... Rama Yade, sur RTL, ne cache pas sa joie étonnée devant un tel succès. "La première leçon que je tire de cette libération, c'est que la pression internationale, ça marche", a-t-elle ajouté. La secrétaire d'Etat estime que la libération d'Ingrid Betancourt était le "fruit de l'engagement sans faille du président" Nicolas Sarkozy, qui n'"a jamais baissé les bras".
Elle a aussi rendu hommage à la mobilisation des Français, estimant que "toute la société française était derrière Ingrid Betancourt".
08h06: Ingrid Betancourt est "parfaite et lucide", déclare à Bogota son mari actuel Juan Carlos Lecompte, qui avoue être surpris du bon état de santé apparent de son épouse. "Elle est simplement un peu maigre", a-t-il constaté en souriant.
07h50: Ingrid Betancourt revient une nouvelle fois sur l'opération de l'armée, dans une déclaration radiotélévisée transmise depuis le palais présidentiel où s'était exprimé peu auparavant le président colombien Alvaro Uribe. "Cette opération de paix va entrer dans les annales de l'histoire, pas seulement la notre mais celle du monde entier", assure-t-elle, la qualifiant de "symphonie parfaite". Visiblement émue, elle raconte qu'une fois dans l'hélicoptère la ramenant à Bogota et malgré le fait qu'elle se savait libérée, elle a eu "très peur" que l'appareil ne s'écrase, attribuant cette émotion aux "moments difficiles que nous avons vécus".
07h36: Quelques questions subsistent, et notamment celles sur l'état de santé de l'otage, sur lequel de nombreuses informations contradictoires ont été diffusées durant sa captivité. Le docteur Christophe Fernandez, médecin-chef de l'Elysée, se trouve donc à bord de l'avion qui emmène sa famille à Bogota, et devra l'examiner. Lors d'une escale aux Açores (Portugal), un des médecins à bord de l'avion a déclaré que "l'état de santé d'Ingrid Betancourt semble plutôt rassurant mais on ne peut rien dire avant d'avoir fait un bilan".
07h30: Hugo Chavez se réjoui de la libération. Le président vénézuélien exprime dans un communiqué sa "grande joie pour l'heureux événement que constitue la libération de l'ex-candidate à la présidentielle Ingrid Betancourt, de 11 citoyens colombiens et de trois Américains qui ont souffert dans leurs propres chairs les angoisses de la jungle et la dureté de la captivité".
07h02: "Jamais nous n'avons improvisé" a déclaré dans un discours à la nation le président colombien Alvaro Uribe qui a salué "le travail magnifique des militaires". "Cette opération qui s'est déroulée à la lumière du Saint esprit et a été placée sous la protection de notre Seigneur et de la Vierge est une opération d'intelligence comparable aux plus grandes épopées épiques de l'histoire de l'humanité", a-t-il aussi déclaré à l'issue d'une rencontre avec les évêques colombiens. Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a estimé pour sa part que cette "opération était digne d'un film". Le commandant des forces militaires Fredy Padilla a précisé qu'au cours de cette opération de libération "il n'y a pas eu un seul tir, pas un seul blessé".
01h19 : "J'aspire à servir la Colombie comme présidente" déclare Ingrid Betancourt. S'exprimant lors d'une conférence de presse, elle a assuré qu'Alvaro Uribe était "un très bon président" mais qu'elle "continuait d'aspirer à servir la Colombie comme présidente". Pour le moment, a-t-elle souligné, "je ne suis qu'un soldat de plus".
01h10 : "Merci à ma douce France. Merci de m'avoir accompagnée toutes ses années, d'avoir toujours cru qu'en luttant pour moi nous réussirions à faire la différence." "Je rêve d'être en France," poursuit-elle. Je veux dire merci au président Sarkozy qui a tant lutté pour moi, mais je voudrais remercier aussi le président Chirac qui a lutté pour les otages en Colombie à un moment où c'était politiquement inconvenant. Et je voudrais dire merci à Dominique de Villepin et à sa femme. Je sais qu'ils ont été avec nous."
"Je suis à vous, je vous porte dans mon sang. Je suis à vous la France, " lance-t-elle.
01h07 : Ingrid Betancourt a confié à Nicolas Sarkozy son souhait de rentrer en France le plus rapidement possible, selon l'Elysée. Le président français, qui s'est entretenu au téléphone avec la Franco-Colombienne cette nuit, lui a indiqué qu'elle pourrait rentrer à bord de l'avion de la République française parti dans la soirée avec ses deux enfants Mélanie et Lorenzo, ainsi que sa soeur Astrid. Nicolas Sarkozy et son épouse Carla ont tous les deux parlé à Ingrid Betancourt. Le président lui a dit qu'une équipe médicale se tenait à sa disposition. Elle a remercié la France et particulièrement Carla Bruni-Sarkozy, pour sa présence à la "marche blanche" organisée le 6 avril à Paris pour demander sa libération.
01h01 : "Je pense que c'était mon destin, que je devais vivre ce que j'ai vécu", confie Ingrid Betancourt.
00h57 : "C'est comme si je revenais d'un voyage vers le passé. C'est retourner vers la civilisation". "Dans l'avion, je ne savais plus comment fonctionnait les portes des toilettes", souffle-t-elle.
00h47 : Une prière commune, spontanée, est organisée avec les otages, sur la demande d'Ingrid Betancourt. Chacun se met à genoux. L'aumônier adresse une prière pour les otages restés dans la jungle.
00h40 : Ingrid Betancourt détaille les "conditions surréalistes" de sa libération. "Les guérilleros nous ont fait réunir nos affaires en nous disant qu'on allait être transférés, " raconte Ingrid Betancourt. "Quand j'ai vu arriver les hélicoptères blancs, j'ai senti quelque chose d'étrange, car pendant toutes ces années de captivité, entendre un hélicoptère signifiait attraper ses affaires, courir se cacher, devoir bouger d'endroit dans la jungle. Les hommes qui nous ont pris en charge étaient comme les guérilleros des FARC, ils parlaient comme eux, portant des T-shirts à l'effigie de Che Guevara. Nous sommes montés dans l'hélicoptère, ils nous ont menottés... c'était vraiment humiliant". "Ils ont fermé les portes de l'hélicoptère"... Puis soudain..."Alors j'ai vu le commandant qui a été tellement cruel avec nous. Je l'ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j'étais joyeuse, j'ai senti de la pitié pour lui. Car il faut pardonner, même à ceux qui nous ont fait du mal. Le chef de l'opération a alors révélé son identité et nous a dit : vous êtes libres. Alors l'hélicoptère a failli s'écraser, nous avons sauté en l'air, nous avons crié, nous avons pleuré, nous nous sommes embrassés On ne pouvait pas le croire. Dieu a fait ce miracle! "
00h34 : "Je suis très très émue. Je dis merci à Dieu. D'abord à Dieu, deuxièmement, à tous, à vous, à vos prières. Je dis merci aux soldats." "Merci à vous les Français, dit-elle en français. "Merci à tous ceux qui dans le monde ont permis que l'on soit en vie. Merci à l'armée. Merci à votre impeccable opération. Ce matin, j'ai prié, pensé que l'un des nôtres pourrait être libéré aujourd'hui. "
00h08 : Ingrid Betancourt vient d'atterrir à Bogota. (En images, ses premiers pas sur le tarmac). Souriante, elle embrasse ses proches, tombe dans les bras de sa mère et de son mari, qu'elle n'a pas vu depuis six ans et demi. Habillée d'un treillis militaire, elle n'offre pas le visage amaigri des dernières photos diffusées. Elle est pâle, le visage marqué, mais semble malgré tout en bonne santé. Elle se déplace de quelques mètres, fait le signe de croix, face à la presse. Derrière elle, les autres otages descendent à leur tour de l'avion.
23h57 : L'ancien président de la République Jacques Chirac exprime "son immense joie" et sa "très vive satisfaction". "C'est une vraie délivrance pour la famille et tous leurs proches. C'est aussi un soulagement pour la France dont la mobilisation et les efforts en vue de cette libération n'ont jamais cessé depuis son enlèvement". Il adresse ses "félicitations au président Alvaro Uribe, et aux autorités colombiennes, ainsi qu'à tous ceux qui ont oeuvré pour cette libération".
23h52 : "Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie", déclare à la radio privée Caracol l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, quelques heures après sa libération par l'armée. La libération surprise orchestrée par l'armée colombienne a été "absolument impeccable", déclare-t-elle.
23h47 : Le président Alvaro Uribe, annonce s'être entretenu dans l'après-midi au téléphone avec Ingrid Betancourt.
23h36 : Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, exprime sa "joie immense" et assure que la France resterait "mobilisée" jusqu'à la libération de tous les autres otages.
23h34 : "Je voudrais remercier le président français d'avoir tout fait pour la libération de maman", déclare Lorenzo, le fils d'Ingrid Betancourt. "Nous avons gagné un combat pour la liberté. C'est juste le meilleur moment de ma vie". "Merci d'avoir combattu avec nous".
23h32 : "C'est le moment tant attendu" déclare Mélanie Betancourt. "Merci, vraiment, vous nous permettez de vivre le plus beau moment de notre vie". "Je pense à toutes ces années de combat et à tous les gens qui nous ont soutenus. Il y a encore des otages qui sont dans la jungle, il faut se battre pour leur libération", dit-elle, la voix nouée par l'émotion.
23h28 : Entouré des deux enfants d'Ingrid Betancourt, et de sa soeur Ingrid, Nicolas Sarkozy déclare : "Ingrid est en bonne santé." "Mes premiers mots seront pour lui dire combien nous sommes heureux." La maman d'Ingrid est en route pour l'embrasser." a-t-il indiqué. (Retrouvez l'intégralité de la déclaration de Nicolas Sarkozy).
"Dans une heure, un avion de la république française partira avec toute la famille d'Ingrid et avec Bernard Kouchner pour la Colombie " annonce-t-il.
"Je voudrais remercier le président Uribe et les autorités colombiennes, qui ont mené une opération qui a été couronnée de succès." "Je remercie tous les chefs d'Etats d'Amérique du Sud qui nous ont aidé." Je remercie en France tous ceux qui ont milité, les comités de soutien, le chanteur Renaud..."
"Je voudrais dire aux Farc qu'ils arrêtent ce combat absurde et moyennageux", a-t-il ajouté.
Enfin, son dernier mot était pour le soldat Shalit, détenu comme otage par le mouvement palestinien Hamas à Gaza. "Je voudrais que mes derniers mots soient pour le soldat Shalit et pour ses parents, nous ne l'oublions pas. La France est toujours prête à se mobiliser quand quelqu'un est injustement retenu".
23h22 : Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, part pour la Colombie cette nuit, a-t-il annoncé sur BFM TV.
23h09: Les proches d'Ingrid Betancourt sont arrivés à l'Elysée.
22h40 : La libération d'Ingrid Betancourt a été rendue possible par une négociation des services de renseignements colombiens avec des groupes dissidents des Farc, a déclaré l'ex-mari de la Franco-colombienne, Fabrice Delloye, sur I-Télé. "C'est une opération de l'intelligence colombienne" expliquant tenir ses informations du Quai d'Orsay. "Le gouvernement colombien a tenté de trouver des solutions, une solution était bâtie sur le fait que des groupes se distinguaient du secrétariat général et cherchaient une solution pour quitter la guérilla sans être emprisonnés des années."
Il a également remercié "tous ceux qui au cours de ces six années et cinq mois nous ont accompagnés"."Je veux remercier le peuple français, le président Nicolas Sarkozy et son gouvernement et les médias qui ont apporté tout ce soutien et cette attention à cette cause et permis qu'Ingrid puisse revenir avec la vie", a-t-il ajouté.
22h42 : Le président George W. Bush a appelé son homologue colombien Alvaro Uribe pour le féliciter et le remercier après la libération, indique la Maison Blanche.
22h39 : Nicolas Sarkozy "vient de s'entretenir longuement avec le président colombien Uribe", annonce un responsable à l'Elysée.
22h31 : Ségolène Royal, ancienne candidate socialistes à l'élection présidentielle, se déclare "très heureuse" de cette libération. Elle affirme partager "l'allégresse, la joie, le soulagement que doivent ressentir ses enfants qui n'ont jamais perdu espoir et qui ont toujours cru à la libération possible de leur mère même dans les pires moments de doute".
22h29 : Ingrid Betancourt est sur une base militaire en Colombie, selon l'Elysée.
22h28 : Pour Cécile Duflot, secrétaire national des Verts, parti d'Ingrid Betancourt, sa libération est "un immense soulagement et un intense bonheur pour tout le monde". Elle y voit le signe que "l'espoir qui fait vivre, avait raison". "On ne s'était jamais résignés, mais on était dans une situation où on y croyait presque plus". "Je pense à celle qui a retrouver sa famille, mais aussi à la femme engagée, présidente d'honneur des Verts mondiaux. Son avenir et notre avenir sont devant elle", a poursuivi Cécile Duflot.
22h25 : Le Vatican se félicite de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, évoquant "une bonne nouvelle" et "un signe positif pour la liberté de tous les otages" ainsi que pour "la réconciliation" en Colombie.
22h24: "Enthousiasme" et "soulagement" à l'UMP. "C'est une nouvelle extraordinaire, un événement heureux, que certains dans la population n'attendaient plus, et auquel à l'UMP nous avons toujours cru dès lors que l'Etat français a tout mis en oeuvre pour obtenir ce résultat", a déclaré le porte-parole Dominique Paillé.
22h20 : Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement déclare : "Ce soir, tous les députés et tous les sénateurs de France, quel que soit leur engagement politique sont ravis et enchantés de la libération d'Ingrid Bétancourt". Le ministre salue "l'action de la France et de la Colombie" pour parvenir "après des mois d'efforts" à cette libération.
22h17 : François Bayrou, président du MoDem, salue "une incroyable aurore après une si longue nuit". "En cet instant de libération, je pense aux enfants et aux proches d'Ingrid Betancourt".
22h10 : Nicolas Sarkozy annonce qu'il s'exprimera à 22h30.
22h05 : L'ambassadeur de Colombie en France annonce que les otages sont en route vers une base militaire à moins d'une heure de Bogota.
22h00 : L'Elysée confirmé la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt sans donner d'autre précision.
21h50 : Lorenzo, le fils d'Ingrid Betancourt, a réagi sur France info : il se dit «surpris et heureux». Il reste cependant prudent : «J'espère que cette nouvelle est vraie» a-t-il déclaré, «on attend d'avoir plus d'informations». « La France a vraiment fait tout son possible pour la libération de ma mère» a-t-il ajouté. Il a expliqué avoir reçu l'information de sa tante, en Colombie. «Si c'est vrai, c'est la plus belle nouvelle de ma vie», a-t-il déclaré.
21h30 : La famille de Betancourt s'apprête à partir sur place.
21h15 : annonce de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, avec trois otages Américains et onze militaires colombiens, annonce faite à Bogota par le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos. Selon lui, le groupe a été libéré lorsque des commandos de l'armée colombienne ont capturé des membres de la guérilla des FARC appartenant au cercle de sécurité encerclant les otages, dans l'est de la Colombie, lesquels auraient convaincu lers camarades gardant les prisonniers de les livrer à l'armée.
Parmi les otages libérés figurent les trois sous-traitants militaires américains aux mains des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et 11 soldats et policiers, outre la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidence de Colombie. L'opération n'a fait aucune victime, précisé le ministre colombien de la défense.
Outre Ingrid Betancourt, voici les noms des personnes libérées : Thomas Howes, Keith Stansell, Marc Gonsalves, Carlos Bermeo, Raimundo Malagón, José Ricardo Marulanda, William Pérez, Erasmo Romero, José Miguel Arteaga, Armando Florés, Julio Buitrago, Armando Castellanos, Rodríguez de la Policía, John Jairo Durán.
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Ces liens qui nous unissent

«Le sommet de Hokkaido sera l'occasion de tester notre engagement en faveur des Objectifs du millénaire pour le développement. Rien que pour l'Afrique, les pays du G8 ont promis 62 milliards de dollars par an d'ici à 2010. Il est temps de passer à l'acte» Crédits photo : Le Figaro
À la veille du sommet du G8, qui se tiendra du 7 au 9 juillet au bord du lac Toyako, dans l'île de Hokkaido, au Japon, le secrétaire général des Nations unies demande aux pays les plus développés de respecter leurs engagements et appelle à l'accroissement de la solidarité internationale.
Notre époque vit au rythme de la croissance mondiale. La longue expansion économique que nous connaissons depuis plus de cinquante ans a fait progresser les conditions de vie partout dans le monde et sorti de la misère des milliards d'êtres humains.
Mais aujourd'hui, beaucoup se demandent combien de temps cela peut encore durer. Pour la première fois, l'abondance se paie de plus en plus cher. Nous le constatons jour après jour : les prix ne cessent d'augmenter, qu'il s'agisse des carburants, de l'alimentation ou des marchandises. Les consommateurs des pays développés craignent le retour de la stagflation, c'est-à-dire de l'inflation associée au ralentissement de la croissance ou même à la récession, tandis que dans les pays pauvres, les plus démunis n'ont plus les moyens de se nourrir.
D'autre part, les changements climatiques et la dégradation de l'environnement menacent l'avenir même de notre planète. La croissance de la population et l'accession à la prospérité exercent une pression sans précédent sur les ressources naturelles. Le malthusianisme refait surface. Soudain, tout pourrait manquer : l'énergie, l'air pur, l'eau potable, tout ce qui nous nourrit et compose notre mode de vie moderne.
Aujourd'hui, alors que les dirigeants du G8 se réunissent à Toyako, dans l'île de Hokkaido, nous savons qu'aucun pays n'est plus à l'abri des difficultés, qu'il soit du Nord ou du Sud, grand ou petit, riche ou pauvre. Nous savons qu'il nous faut trouver de nouvelles façons de partager les fruits de la prospérité mondiale avec le milliard d'habitants les plus déshérités de notre planète, ceux qui ont été laissés au bord du chemin. Les problèmes ont atteint une ampleur et une complexité telles qu'il n'y a plus qu'une seule manière de les appréhender : les reconnaître pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire les parties d'un tout, et y chercher une solution globale.
C'est dans l'offre au niveau mondial qu'il faut chercher la solution, comme le proposent certains économistes, dans une offre qui doit se fonder sur le développement durable, géré collectivement par les pays et les organisations internationales telles que la Banque mondiale et l'ONU et ses diverses institutions spécialisées.
Prenons d'abord la crise alimentaire mondiale. Parmi ses multiples causes, il y a le fait que le développement agricole n'a pas reçu l'attention qu'il méritait. Ce qu'il faut, c'est une deuxième «révolution verte», semblable à celle qui a transformé l'Asie du Sud-Est mais qui, cette fois, visera surtout les petits agriculteurs d'Afrique. Il n'y a aucune raison pour qu'une combinaison judicieuse de programmes ne permette pas de doubler la productivité dans un délai relativement court et de faire reculer la pénurie à l'échelle mondiale. Le Malawi y est arrivé : en quelques années, avec l'aide internationale, ce pays est sorti de la famine et est devenu un exportateur de denrées alimentaires.
À Hokkaido, j'exhorterai les pays du G8 à tripler dans les trois à cinq prochaines années leur aide publique à la recherche et au développement agricoles. Il nous faut agir immédiatement pour que les agriculteurs des pays vulnérables reçoivent les semences, les engrais et les intrants agricoles dont ils ont besoin pour les prochaines récoltes. D'autre part, nous devons encourager les pays à supprimer les obstacles tarifaires et les restrictions à l'exportation qu'ils ont été nombreux à adopter ce printemps, et les pays développés à éliminer les subventions qu'ils ont mises en place il y a longtemps pour protéger leurs agriculteurs. En faussant la structure des échanges et en faisant grimper les prix, ces obstacles artificiels provoquent une aggravation de la crise actuelle et mettent en péril la croissance mondiale.
En ce qui concerne le changement climatique également, une grande part de la solution réside dans le développement durable. La plupart des experts s'accordent sur la fin imminente de l'énergie bon marché. De nouvelles technologies portent nos plus grands espoirs de produire une énergie plus propre et moins coûteuse. Ici aussi une nouvelle révolution verte commence. Partout dans le monde, on investit de plus en plus dans les énergies durables et de nouvelles méthodes d'économie apparaissent. D'après un rapport récent du Programme des Nations unies pour le développement, 148 milliards de dollars ont été consacrés aux énergies durables l'année dernière, ce qui représente une progression de 60 % par rapport à 2006 et 23 % des nouvelles capacités de production.
Notre mission, en tant que responsables nationaux ou internationaux, est de guider et d'accélérer cette transformation économique naissante. Nous devons modifier les comportements sociaux et les modes de consommation partout dans le monde développé. Mais nous devons aussi, en diffusant le plus largement possible des technologies respectueuses du climat, aider les pays en développement à allier progrès économique et respect de l'environnement.
Nous pouvons faire un grand pas à Hokkaido. Conscients de nos responsabilités à l'égard des pays les plus pauvres qui sont aussi les plus vulnérables aux changements climatiques, nous devons doter le Fonds d'adaptation mondial du financement nécessaire et le rendre pleinement opérationnel. Dans la perspective de la Conférence sur le changement climatique qui aura lieu en décembre prochain à Poznan et de la Conférence de Copenhague en 2009, nous devons faire progresser les négociations en faveur d'un accord global sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Mais surtout, nous devons arriver à faire ressentir qu'il est urgent de prendre les choses en main et lancer de véritables initiatives. Il ne suffit pas d'établir des objectifs pour 2050 ; cette échéance est trop lointaine. Il faut aussi s'engager pour 2020, c'est-à-dire à moyen terme, si nous voulons arriver à ce que le changement se produise dès aujourd'hui.
Enfin, Hokkaido sera l'occasion de tester notre engagement en faveur des Objectifs du millénaire pour le développement. Rien que pour l'Afrique, les pays du G8 ont promis 62 milliards de dollars par an d'ici à 2010. Il est temps de passer à l'acte.
Il y a longtemps que l'économie mondiale n'a pas été soumise à une telle pression. Plus que jamais, c'est le moment de démontrer que nous sommes capables de coopérer à l'échelle mondiale et d'obtenir des résultats tangibles, qu'il s'agisse de répondre aux besoins de ceux qui ont faim et des pauvres, de favoriser l'accès aux technologies énergétiques durables pour tous ou de sauver le monde des changements climatiques tout en faisant en sorte que l'essor économique mondial se poursuive.
Voilà les liens qui nous unissent. Nous devons agir, à Hokkaido et au-delà : il y va de notre devoir, certes, mais il y va aussi de notre intérêt, bien compris.
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