04.02.2009
Liberté conditionnelle refusée pour Jean-Marc Rouillan

Le tribunal de l'application des peines de Paris, seul compétent en matière de terrorisme, a rejeté, mercredi 4 février, une demande de libération conditionnelle du cofondateur d'Action directe (AD) Jean-Marc Rouillan, jugeant cette requête "illégale".
A la suite d'un entretien controversé à L'Express, cette figure emblématique de l'ancien mouvement armé d'extrême gauche s'était vu retirer en octobre 2008 la semi-liberté dont il bénéficiait depuis décembre 2007. Or, conformément au régime applicable aux condamnés à la prison à vie, il faut au minimum un an en semi-liberté – avec journée au travail en extérieur et nuit passée en prison – avant de pouvoir prétendre à une libération conditionnelle. "Il ne remplissait pas les conditions légales" pour que soit examinée cette nouvelle requête, a expliqué une source judiciaire.
Selon l'avocat de Jean-Marc Rouillan, Me Jean-Louis Chalanset, qui a l'intention de faire appel de la décision, ce rejet repousse d'"au minimum deux ans" la perspective d'un nouvel aménagement de peine. En effet, a-t-il expliqué, l'examen de toute nouvelle demande par la même juridiction parisienne devra être précédé d'un séjour de six semaines au Centre national d'observation (CNO) de Fresnes (Val-de-Marne), une disposition de la loi du 25 février 2008 sur la rétention de sûreté qui est déjà applicable pour tout condamné à la prison à vie en quête d'un aménagement de peine.
Jean-Marc Rouillan, 56 ans, a été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité dans les années 1990, pour les assassinats du PDG de Renault, Georges Besse, en 1986, et de l'ingénieur général de l'armement, René Audran, en 1985.
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