18.06.2009
Recherche : Valérie Pécresse reprend l'initiative

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Cette mesure est jugée "inacceptable" non seulement par les syndicats, mais aussi par le comité national, l'actuel organe d'évaluation du CNRS, qui contestait en assemblée extraordinaire le 10 juin, non seulement "la réalité de l'indépendance de l'Aeres", mais aussi sa façon de "noter" les laboratoires. Mme Pécresse estime pour sa part que "l'évaluation des laboratoires doit être externe et transparente" pour pouvoir fonder "une politique d'allocation des ressources en fonction de la performance".
Devant le conseil scientifique, la ministre a également défendu la création d'un dixième institut au sein du CNRS consacré aux technologies de l'information, qui ne fait toujours pas l'unanimité. A l'avenir, explique au Monde Valérie Pécresse, cet institut sera appelé à travailler avec l'Institut national de la recherche en informatique et automatique (Inria) et les universités sur le modèle de l'Alliance nationale des sciences de la vie et de la santé (rassemblant sept organismes et les universités). "L'Alliance des sciences de la vie a permis d'accélérer de manière extraordinaire les travaux sur la grippe H1N1 : grâce à elle, on estime à six mois le temps gagné sur ces recherches", poursuit la ministre.
De même, "l'avenir est à la coopération des organismes de recherche et des universités", insiste-t-elle, qui défend les quelque
1 200 unités mixtes de recherche (UMR) universités-organismes. Si ces dernières doivent conserver leurs doubles ou multiples tutelles scientifiques, Mme Pécresse souhaite une seule tutelle de gestion.
La ministre annonce au Monde qu'elle va lancer l'expérimentation de la "délégation globale de gestion" des UMR. "L'université, qui héberge la majorité des UMR, doit à l'avenir assurer la gestion des laboratoires qu'elle héberge pour le fonctionnement courant des équipes", explique-t-elle. Outre l'université Paris-VI qui teste ce dispositif avec le CNRS depuis le début de l'année, Paris-V et Aix-Marseille-II l'expérimentent avec l'Inserm, tandis que l'INRA va le faire avec ses partenaires.
Afin de faciliter la tâche des universités, le ministère va leur fournir un guide des "bonnes pratiques administratives" : délégation de signatures pour les dépenses courantes au directeur de laboratoire, mise en place de cartes "affaires" et "achats", comptabilité toutes taxes comprises, etc.
Concernant le financement des laboratoires, Valérie Pécresse a demandé à l'Agence nationale de la recherche (ANR) de s'appuyer sur les travaux stratégiques des organismes de recherche et de moduler à l'avenir les durées des appels à projets selon les disciplines. La ministre souhaite voir passer la proportion des "projets blancs" (appel à projets non thématiques) de 35 % en 2009 à 50 % en 2010 et revoir à la hausse le preciput (part d'un contrat de recherche revenant à l'hébergeur) qui passerait à 20 % contre 15 % aujourd'hui.
Enfin, le ministère vient de créer avec l'ensemble des acteurs, dont les syndicats, un groupe de travail pour arrêter une prospective de l'emploi scientifique public pour les dix prochaines années, discipline par discipline, dans les universités et les organismes de recherche.
14:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pécresse, recherche, cnrs
















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