23.06.2009

Composition du nouveau gouvernement

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Sur la proposition du Premier ministre, le Président de la République a nommé :


- M. Jean-Louis BORLOO ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat ;

- Mme Michèle ALLIOT-MARIE ministre d'Etat garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés ;

- M. Brice HORTEFEUX ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales ;

- M. Xavier DARCOS ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité ;

- M. Eric WOERTH ministre du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l'Etat ;

- M. Luc CHATEL ministre de l'éducation nationale, porte-parole du Gouvernement ;

- M. Bruno LE MAIRE ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche ;

- M. Frédéric MITTERRAND ministre de la culture et de la communication ;

- M. Michel MERCIER ministre de l'espace rural et de l'aménagement du territoire ;

- M. Henri de RAINCOURT ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement ;

- M. Christian ESTROSI ministre auprès de la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi, chargé de l'industrie ;

- Mme Valérie LETARD secrétaire d'Etat auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie et du développement durable ;

- M. Jean-Marie BOCKEL secrétaire d'Etat auprès du ministre de la justice et des libertés ;

- M. Hervé NOVELLI secrétaire d'Etat chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services et de la consommation, auprès de la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi ;

- Mme Rama YADE secrétaire d'Etat chargée des sports, auprès de la ministre de la santé et des sports ;

- M. Hubert FALCO secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants, auprès du ministre de la défense ;

- Mme Nadine MORANO secrétaire d'Etat chargée de la famille et de la solidarité, auprès du ministre du ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité ;

- M. Pierre LELLOUCHE secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes ;

- Mme Nora BERRA secrétaire d'Etat chargée des aînés, auprès du ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité ;

- M. Benoît APPARU secrétaire d'Etat, chargé du logement et de l'urbanisme, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie et du développement durable ;

- Mme Marie-Luce PENCHARD secrétaire d'Etat chargée de l'outre-mer, auprès du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales.

- M. Christian BLANC, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale auprès du Premier ministre.

Par ailleurs,

Bernard KOUCHNER
Christine LAGARDE
Patrick DEVEDJIAN
Valérie PECRESSE
Hervé MORIN
Roselyne BACHELOT
Eric BESSON
Laurent WAUQUIEZ
Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET
Dominique BUSSEREAU
Fadela AMARA
Alain MARLEIX
Anne-Marie IDRAC
Alain JOYANDET
Chantal JOUANNO
Martin HIRSCH
sont confirmés dans leurs fonctions.


Au total 8 ministres ont quitté le gouvernement.
8 nouveaux sont nommés.

 

 

 

18.06.2009

Les sujets du bac de philo

logo.gif18/06/2009 | Mise à jour : 13:06 |

Des élèves de terminale travaillent au lycée Chaptal à Paris sur l'épreuve de philosophie du baccalauréat.
Des élèves de terminale travaillent au lycée Chaptal à Paris sur l'épreuve de philosophie du baccalauréat. Crédits photo : AFP

Les 331.575 candidats au bac général ont planché sur l'épreuve de philosophie. Voici les sujets qui leur ont été proposés.

DISSERTATIONS :

Section L:

Le langage trahit-il la pensée ?

L'objectivité de l'histoire suppose-t-elle l'impartialité de l'historien ?

Série ES :

Que gagne-t-on à échanger ?

Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

Série S :

Est-il absurde de désirer l'impossible ?

Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?

 

EXPLICATION DE TEXTE :

Série L : Un extrait du «Monde comme volonté et comme représentation» de SCHOPENHAUER.

Il n'y a pas de satisfaction qui d'elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu'elle soit la satisfaction d'un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement ne sauraient être qu'une délivrance à l'égard d'une douleur, d'un besoin ; sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l'existence un fardeau.

Or c'est une entreprise difficile d'obtenir, de conquérir un bien quelconque ; pas d'objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin ; sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l'objet atteint, qu'a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s'être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d'être revenu à l'état où l'on se trouvait avant l'apparition de ce désir.

Le fait immédiat pour nous, c'est le besoin tout seul c'est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu'indirectement ; il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passée, qu'elles ont chassées tout d'abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n'en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas ; il nous semble qu'il n'en pouvait être autrement ; et, en effet, tout le bonheur qu'ils nous donnent, c'est d'écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre pour en sentir le prix ; le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s'offre à nous.

Série ES : Un extrait d' «Essai sur l'entendement humain» de John LOCKE

Quant à savoir s'il existe le moindre principe moral qui fasse l'accord de tous, j'en appelle à toute personne un tant soit peu versée dans l'histoire de l'humanité, qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où trouve-t-on cette vérité pratique universellement acceptée sans doute ni problème aucun, comme devrait l'être une vérité innée ? La justice et le respect des contrats semblent faire l'accord du plus grand nombre ; c'est un principe qui, pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et dans les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus loin dans l'abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre eux.

Je reconnais que les hors-la-loi eux-mêmes les respectent entre eux ; mais ces règles ne sont pas respectées comme des lois de nature innées : elles sont appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et on ne peut concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices mais pille et assassine en même temps le premier honnête homme venu, embrasse la justice comme un principe pratique.

La justice et la vérité sont les liens élémentaires de toute société : même les hors-la-loi et les voleurs, qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent donc garder entre eux la fidélité et les règles de l'équité, sans quoi ils ne pourraient rester ensemble. Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude et de rapine ont des principes innés de vérité et de justice, qu'ils acceptent et reconnaissent ?

Série S : Un extrait de «De la démocratie en Amérique» de TOCQUEVILLE

Les affaires générales d'un pays n'occupent que les principaux citoyens. Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et, comme il arrive souvent qu'ensuite ils se perdent de vue, il ne s'établit pas entre eux de liens durables. Mais quand il s'agit de faire régler les affaires particulières d'un canton par les hommes qui l'habitent, les mêmes individus sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et de se complaire.

On tire difficilement un homme de lui-même pour l'intéresser à la destinée de tout l'État, parce qu'il comprend mal l'influence que la destinée de l'État peut exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de son domaine, il verra d'un premier coup d'oeil qu'il se rencontre un rapport entre cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il découvrira, sans qu'on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l'intérêt particulier à l'intérêt général.

C'est donc en chargeant les citoyens de l'administration des petites affaires, bien plus qu'en leur livrant le gouvernement des grandes, qu'on les intéresse au bien public et qu'on leur fait voir le besoin qu'ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire.

On peut, par une action d'éclat, captiver tout à coup la faveur d'un peuple ; mais, pour gagner l'amour et le respect de la population qui vous entoure, il faut une longue succession de petits services rendus, de bons offices obscurs, une habitude constante de bienveillance et une réputation bien établie de désintéressement. Les libertés locales, qui font qu'un grand nombre de citoyens mettent du prix à l'affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans cesse les hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les séparent, et les forcent à s'entraider.

Recherche : Valérie Pécresse reprend l'initiative

LE MONDE | 16.06.09 | 14h25  •  Mis à jour le 16.06.09 | 14h28


près un printemps marqué par le conflit dans les universités, Valérie Pécresse reprend l'initiative en matière de recherche, avec le soutien de Bercy. Dans sa lettre plafond, Eric Woerth, en charge du budget, a confirmé à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche qu'elle bénéficiera bien en 2010 de 1,8 milliard d'euros supplémentaires, dont 800 millions pour la seule recherche. Valérie Pécresse veut user d'une partie de cette somme pour "accompagner" la réorganisation du CNRS en dix instituts. Elle en aura bien besoin tant les chercheurs se disent sceptiques à l'égard de la réforme proposée.
Pour tenter de les convaincre, la ministre a effectué, lundi 15 juin, une visite surprise au conseil scientifique du CNRS, qui doit donner son avis sur le nouveau contrat d'objectifs et de moyens du CNRS avec l'Etat (2009-2013). "C'était une surprise, mais cela ressemblait plus à une pression exercée sur le conseil scientifique", persifle un de ses membres. Dans son discours, la ministre a rappelé que le CNRS "doit rester un opérateur de recherche, mais devenir davantage agence de moyens". En revanche, comme le prévoit le projet de décret de réorganisation de l'organisme, il devra abandonner ses prérogatives en matière d'évaluation de ses laboratoires au profit de l'Aeres, l'agence nationale d'évaluation.

Cette mesure est jugée "inacceptable" non seulement par les syndicats, mais aussi par le comité national, l'actuel organe d'évaluation du CNRS, qui contestait en assemblée extraordinaire le 10 juin, non seulement "la réalité de l'indépendance de l'Aeres", mais aussi sa façon de "noter" les laboratoires. Mme Pécresse estime pour sa part que "l'évaluation des laboratoires doit être externe et transparente" pour pouvoir fonder "une politique d'allocation des ressources en fonction de la performance".

Devant le conseil scientifique, la ministre a également défendu la création d'un dixième institut au sein du CNRS consacré aux technologies de l'information, qui ne fait toujours pas l'unanimité. A l'avenir, explique au Monde Valérie Pécresse, cet institut sera appelé à travailler avec l'Institut national de la recherche en informatique et automatique (Inria) et les universités sur le modèle de l'Alliance nationale des sciences de la vie et de la santé (rassemblant sept organismes et les universités). "L'Alliance des sciences de la vie a permis d'accélérer de manière extraordinaire les travaux sur la grippe H1N1 : grâce à elle, on estime à six mois le temps gagné sur ces recherches", poursuit la ministre.

De même, "l'avenir est à la coopération des organismes de recherche et des universités", insiste-t-elle, qui défend les quelque

1 200 unités mixtes de recherche (UMR) universités-organismes. Si ces dernières doivent conserver leurs doubles ou multiples tutelles scientifiques, Mme Pécresse souhaite une seule tutelle de gestion.

La ministre annonce au Monde qu'elle va lancer l'expérimentation de la "délégation globale de gestion" des UMR. "L'université, qui héberge la majorité des UMR, doit à l'avenir assurer la gestion des laboratoires qu'elle héberge pour le fonctionnement courant des équipes", explique-t-elle. Outre l'université Paris-VI qui teste ce dispositif avec le CNRS depuis le début de l'année, Paris-V et Aix-Marseille-II l'expérimentent avec l'Inserm, tandis que l'INRA va le faire avec ses partenaires.

Afin de faciliter la tâche des universités, le ministère va leur fournir un guide des "bonnes pratiques administratives" : délégation de signatures pour les dépenses courantes au directeur de laboratoire, mise en place de cartes "affaires" et "achats", comptabilité toutes taxes comprises, etc.

Concernant le financement des laboratoires, Valérie Pécresse a demandé à l'Agence nationale de la recherche (ANR) de s'appuyer sur les travaux stratégiques des organismes de recherche et de moduler à l'avenir les durées des appels à projets selon les disciplines. La ministre souhaite voir passer la proportion des "projets blancs" (appel à projets non thématiques) de 35 % en 2009 à 50 % en 2010 et revoir à la hausse le preciput (part d'un contrat de recherche revenant à l'hébergeur) qui passerait à 20 % contre 15 % aujourd'hui.

Enfin, le ministère vient de créer avec l'ensemble des acteurs, dont les syndicats, un groupe de travail pour arrêter une prospective de l'emploi scientifique public pour les dix prochaines années, discipline par discipline, dans les universités et les organismes de recherche.

 

Philippe Jacqué
Article paru dans l'édition du 17.06.09

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