03.07.2008
Traité de Lisbonne : le président polonais conditionne sa ratification à celle de l'Irlande

Après avoir annoncé qu'il ne ratifierait pas "pour le moment" le traité de Lisbonne, le président polonais, Lech Kaczynski, a déclaré, mercredi 2 juillet, qu'il approuverait le document uniquement si l'Irlande, qui l'a rejeté le 12 juin, organisait un nouveau référendum et l'approuvait.
A ses détracteurs, qui l'accusent d'avoir enrayé le processus de ratification, M. Kaczynski répond que sa "signature n'aboutira pas à l'entrée en vigueur du traité". "Ma motivation, c'est de ne pas violer le principe de l'unanimité. Si ce principe est traité avec sérieux, en ce moment, la ratification est sans objet, puisqu'elle n'aura pas pour effet l'entrée en vigueur du traité", a-t-il argumenté, estimant que le référendum irlandais bloque toujours cette possibilité.
"METTRE LES CHOSES AU CLAIR" AVEC M. SARKOZY
Lech Kaczynski ajoute par ailleurs une deuxième condition, celle-ci interne à la Pologne, concernant un projet de loi donnant plus de prérogatives au président en matière européenne. "Je pourrai signer le traité quand nous aurons une législation appropriée. Elle aurait été aussi une condition interne pour ratifier le traité, même si le référendum [irlandais] avait eu un autre résultat", a-t-il fait savoir. Le Parlement polonais doit encore voter sur cette loi, que le premier ministre libéral, Donald Tusk, voit d'un mauvais œil.
Enfin, le président polonais a évoqué ses rapports avec Nicolas Sarkozy, qui avait tenu des propos particulièrement durs à son encontre. "Mes rapports avec le président Sarkozy sont très bons. Ses opinions me tiennent à cœur", a-t-il déclaré, tout en laissant entendre que les deux hommes pourraient "mettre les choses au clair" en marge du sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée, le 13 juillet à Paris.
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Réforme des institutions : retour à la case départ sur l'adhésion de la Turquie
Retour à la case départ. La commission des lois de l'Assemblée nationale a décidé, mercredi 2 juillet, de maintenir en l'état l'article 88-5 de la Constitution, introduit par Jacques Chirac en 2005, qui prévoit un référendum automatique en cas de nouvelles adhésions à l'Union européenne. Faute d'accord sur une nouvelle formulation, le président (UMP) de la commission, Jean-Luc Warsmann, en accord avec son homologue du Sénat, Jean-Jacques Hyest, a préféré opter pour " la solution qui mécontentait le moins de monde " : le statu quo. Sans aucune garantie que cela suffise à apaiser les parlementaires les plus en pointe, entre ceux qui tiennent à un dispositif spécifique permettant de dresser un barrage supplémentaire face à une éventuelle adhésion de la Turquie, et ceux qui plaident pour le retour au droit commun, ce qui était l'intention initiale du gouvernement.
Le projet de loi sur les institutions proposait d'aligner la procédure d'autorisation des traités d'élargissement sur celle des projets de révision constitutionnelle, le président de la République pouvant alors recourir soit à la voie parlementaire, soit à la voie référendaire. "Avec cet article, le gouvernement veut éviter qu'on ait à soumettre à référendum la question de l'entrée dans l'Union européenne de pays pour lesquels l'enjeu européen et national serait modeste. Imagine-t-on par exemple un référendum pour l'entrée du Monténégro dans l'Union européenne ?", avait défendu la ministre de la justice, Rachida Dati, en première lecture à l'Assemblée nationale.
Le nouveau dispositif avait toutefois soulevé un vent de fronde à l'UMP. Les plus farouches opposants à l'entrée de la Turquie y voyaient un " recul ". Avec l'aval du président de la République, Nicolas Sarkozy, ils avaient imaginé un " verrou " sous la forme d'un amendement prévoyant le recours automatique au référendum pour les seuls Etats dont la population excéderait 5% de celle de l'Union européenne. Une disposition qui, sans le dire, visait directement la Turquie.
Adopté à l'Assemblée par les seuls députés de l'UMP, cet article nouveau avait été unanimement désapprouvé au Sénat, qui avait rétabli la version initiale du gouvernement. Depuis, Matignon et l'Elysée s'étaient efforcés, avant la réunion de la commission des lois de l'Assemblée nationale, de parvenir à un compromis qui satisfasse tout le monde à l'UMP.
Mardi matin, devant le groupe UMP de l'Assemblée, le premier ministre, François Fillon, annonçait qu'il avait donné son " accord " à une nouvelle proposition : possibilité d'enclencher la nouvelle procédure de référendum d'initiative parlementaire soutenu par une pétition de citoyens, avec un seuil abaissé pour les questions d'adhésion.
Déclaration imprudente. M. Warsmann, toujours en liaison avec M. Hyest et soutenu par les partisans d'une règle de droit commun, soutient auprès de l'Elysée et de Matignon que tout dispositif restrictif sur cet article serait " inévitablement jugé discriminatoire ". La commission des lois s'est tenue mercredi à 10 heures. A 9 h 55, aucune solution n'ayant fait consensus, décision a été prise d'en rester à l'existant. C'est la proposition que fera M. Warsmann et que suivra la commission des lois, " au grand soulagement de tout le monde ", précise celui-ci. " Tout le monde ", cependant, était loin d'être au courant de ce revirement de dernière minute. C'est par un texto sur son téléphone portable que M. Copé a appris vers midi la décision de la commission, qu'il va maintenant lui falloir faire accepter par l'ensemble de ses troupes. Lui aussi en était resté à la version présentée la veille comme " acquise " par M. Fillon. " Je ne sais pas ce qui s'est passé, avoue-t-il, mais je suppose que la proposition Warsmann a l'aval du président de la République. " Suivez mon regard, si elle échoue.
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Sarkozy : "Elle est en bonne santé"
VIDÉO - Retrouvez le discours prononcé par Nicolas Sarkozy au soir de la libération d'Ingrid Betancourt.
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Betancourt en France vendredi au plus tôt

Ingrid Betancourt repartira vers la France avec ses enfants "le plus tôt possible" et devrait arriver vendredi ou samedi. Nicolas Sarkozy ira l'accueillir à sa descente d'avion.
13h00 : Beaucoup d'incertitudes sur le moment exact du retour en France d'Ingrid Betancourt. Annoncée dans un premier temps pour jeudi soir, elle devrait plutôt arriver vendredi après-midi selon le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant. Voir samedi. "C'est à elle de décider du moment exact de son retour", précise-t-il ajoutant qu'elle souhaitait rentrer dès que possible. Une seule certitude pour l'instant : Nicolas Sarkozy ira l'accueillir à sa descente d'avion. L'avion français devrait se poser sur la base aérienne militaire de Villacoubay (Yvelines), où une cérémonie d'accueil sera organisée.
10h54 : L'opération de libération d'Ingrid Betancourt a été 100% colombienne, assure le ministre de la défense colombienne Juan Manuel Santos. Les Etats-Unis "n'ont joué aucun rôle" selon lui, alors que l'ambassadeur américain à Bogota avait déclaré que l'opération de libération avait été le fruit d'une "coopération étroite" et "d'échange de renseignements". Le ministre colombien a tout juste concédé "qu'ils nous ont un peu aidé à calibrer certaines choses mais très à la marge."
09h35: La décision est prise. Ingrid Betancourt annonce qu'elle se rendra en France dès ce jeudi. Elle veut rencontrer le président Nicolas Sarkozy pour le remercier de ses efforts pour obtenir sa libération après plus de six ans aux mains des FARC.
09h17: Ingrid Betancourt ne sait pas encore quand elle reviendra en France. Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères déclare sur i-Télé que "pour le moment, il n'y a pas de décision définitive prise par elle-même. Quand l'avion sera arrivé, entre-temps, Ingrid Betancourt va décider exactement quand elle revient."
08h42: "On avait si peur de croire"... Rama Yade, sur RTL, ne cache pas sa joie étonnée devant un tel succès. "La première leçon que je tire de cette libération, c'est que la pression internationale, ça marche", a-t-elle ajouté. La secrétaire d'Etat estime que la libération d'Ingrid Betancourt était le "fruit de l'engagement sans faille du président" Nicolas Sarkozy, qui n'"a jamais baissé les bras".
Elle a aussi rendu hommage à la mobilisation des Français, estimant que "toute la société française était derrière Ingrid Betancourt".
08h06: Ingrid Betancourt est "parfaite et lucide", déclare à Bogota son mari actuel Juan Carlos Lecompte, qui avoue être surpris du bon état de santé apparent de son épouse. "Elle est simplement un peu maigre", a-t-il constaté en souriant.
07h50: Ingrid Betancourt revient une nouvelle fois sur l'opération de l'armée, dans une déclaration radiotélévisée transmise depuis le palais présidentiel où s'était exprimé peu auparavant le président colombien Alvaro Uribe. "Cette opération de paix va entrer dans les annales de l'histoire, pas seulement la notre mais celle du monde entier", assure-t-elle, la qualifiant de "symphonie parfaite". Visiblement émue, elle raconte qu'une fois dans l'hélicoptère la ramenant à Bogota et malgré le fait qu'elle se savait libérée, elle a eu "très peur" que l'appareil ne s'écrase, attribuant cette émotion aux "moments difficiles que nous avons vécus".
07h36: Quelques questions subsistent, et notamment celles sur l'état de santé de l'otage, sur lequel de nombreuses informations contradictoires ont été diffusées durant sa captivité. Le docteur Christophe Fernandez, médecin-chef de l'Elysée, se trouve donc à bord de l'avion qui emmène sa famille à Bogota, et devra l'examiner. Lors d'une escale aux Açores (Portugal), un des médecins à bord de l'avion a déclaré que "l'état de santé d'Ingrid Betancourt semble plutôt rassurant mais on ne peut rien dire avant d'avoir fait un bilan".
07h30: Hugo Chavez se réjoui de la libération. Le président vénézuélien exprime dans un communiqué sa "grande joie pour l'heureux événement que constitue la libération de l'ex-candidate à la présidentielle Ingrid Betancourt, de 11 citoyens colombiens et de trois Américains qui ont souffert dans leurs propres chairs les angoisses de la jungle et la dureté de la captivité".
07h02: "Jamais nous n'avons improvisé" a déclaré dans un discours à la nation le président colombien Alvaro Uribe qui a salué "le travail magnifique des militaires". "Cette opération qui s'est déroulée à la lumière du Saint esprit et a été placée sous la protection de notre Seigneur et de la Vierge est une opération d'intelligence comparable aux plus grandes épopées épiques de l'histoire de l'humanité", a-t-il aussi déclaré à l'issue d'une rencontre avec les évêques colombiens. Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a estimé pour sa part que cette "opération était digne d'un film". Le commandant des forces militaires Fredy Padilla a précisé qu'au cours de cette opération de libération "il n'y a pas eu un seul tir, pas un seul blessé".
01h19 : "J'aspire à servir la Colombie comme présidente" déclare Ingrid Betancourt. S'exprimant lors d'une conférence de presse, elle a assuré qu'Alvaro Uribe était "un très bon président" mais qu'elle "continuait d'aspirer à servir la Colombie comme présidente". Pour le moment, a-t-elle souligné, "je ne suis qu'un soldat de plus".
01h10 : "Merci à ma douce France. Merci de m'avoir accompagnée toutes ses années, d'avoir toujours cru qu'en luttant pour moi nous réussirions à faire la différence." "Je rêve d'être en France," poursuit-elle. Je veux dire merci au président Sarkozy qui a tant lutté pour moi, mais je voudrais remercier aussi le président Chirac qui a lutté pour les otages en Colombie à un moment où c'était politiquement inconvenant. Et je voudrais dire merci à Dominique de Villepin et à sa femme. Je sais qu'ils ont été avec nous."
"Je suis à vous, je vous porte dans mon sang. Je suis à vous la France, " lance-t-elle.
01h07 : Ingrid Betancourt a confié à Nicolas Sarkozy son souhait de rentrer en France le plus rapidement possible, selon l'Elysée. Le président français, qui s'est entretenu au téléphone avec la Franco-Colombienne cette nuit, lui a indiqué qu'elle pourrait rentrer à bord de l'avion de la République française parti dans la soirée avec ses deux enfants Mélanie et Lorenzo, ainsi que sa soeur Astrid. Nicolas Sarkozy et son épouse Carla ont tous les deux parlé à Ingrid Betancourt. Le président lui a dit qu'une équipe médicale se tenait à sa disposition. Elle a remercié la France et particulièrement Carla Bruni-Sarkozy, pour sa présence à la "marche blanche" organisée le 6 avril à Paris pour demander sa libération.
01h01 : "Je pense que c'était mon destin, que je devais vivre ce que j'ai vécu", confie Ingrid Betancourt.
00h57 : "C'est comme si je revenais d'un voyage vers le passé. C'est retourner vers la civilisation". "Dans l'avion, je ne savais plus comment fonctionnait les portes des toilettes", souffle-t-elle.
00h47 : Une prière commune, spontanée, est organisée avec les otages, sur la demande d'Ingrid Betancourt. Chacun se met à genoux. L'aumônier adresse une prière pour les otages restés dans la jungle.
00h40 : Ingrid Betancourt détaille les "conditions surréalistes" de sa libération. "Les guérilleros nous ont fait réunir nos affaires en nous disant qu'on allait être transférés, " raconte Ingrid Betancourt. "Quand j'ai vu arriver les hélicoptères blancs, j'ai senti quelque chose d'étrange, car pendant toutes ces années de captivité, entendre un hélicoptère signifiait attraper ses affaires, courir se cacher, devoir bouger d'endroit dans la jungle. Les hommes qui nous ont pris en charge étaient comme les guérilleros des FARC, ils parlaient comme eux, portant des T-shirts à l'effigie de Che Guevara. Nous sommes montés dans l'hélicoptère, ils nous ont menottés... c'était vraiment humiliant". "Ils ont fermé les portes de l'hélicoptère"... Puis soudain..."Alors j'ai vu le commandant qui a été tellement cruel avec nous. Je l'ai vu au sol, les yeux bandés. Ne croyez pas que j'étais joyeuse, j'ai senti de la pitié pour lui. Car il faut pardonner, même à ceux qui nous ont fait du mal. Le chef de l'opération a alors révélé son identité et nous a dit : vous êtes libres. Alors l'hélicoptère a failli s'écraser, nous avons sauté en l'air, nous avons crié, nous avons pleuré, nous nous sommes embrassés On ne pouvait pas le croire. Dieu a fait ce miracle! "
00h34 : "Je suis très très émue. Je dis merci à Dieu. D'abord à Dieu, deuxièmement, à tous, à vous, à vos prières. Je dis merci aux soldats." "Merci à vous les Français, dit-elle en français. "Merci à tous ceux qui dans le monde ont permis que l'on soit en vie. Merci à l'armée. Merci à votre impeccable opération. Ce matin, j'ai prié, pensé que l'un des nôtres pourrait être libéré aujourd'hui. "
00h08 : Ingrid Betancourt vient d'atterrir à Bogota. (En images, ses premiers pas sur le tarmac). Souriante, elle embrasse ses proches, tombe dans les bras de sa mère et de son mari, qu'elle n'a pas vu depuis six ans et demi. Habillée d'un treillis militaire, elle n'offre pas le visage amaigri des dernières photos diffusées. Elle est pâle, le visage marqué, mais semble malgré tout en bonne santé. Elle se déplace de quelques mètres, fait le signe de croix, face à la presse. Derrière elle, les autres otages descendent à leur tour de l'avion.
23h57 : L'ancien président de la République Jacques Chirac exprime "son immense joie" et sa "très vive satisfaction". "C'est une vraie délivrance pour la famille et tous leurs proches. C'est aussi un soulagement pour la France dont la mobilisation et les efforts en vue de cette libération n'ont jamais cessé depuis son enlèvement". Il adresse ses "félicitations au président Alvaro Uribe, et aux autorités colombiennes, ainsi qu'à tous ceux qui ont oeuvré pour cette libération".
23h52 : "Je veux d'abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie", déclare à la radio privée Caracol l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, quelques heures après sa libération par l'armée. La libération surprise orchestrée par l'armée colombienne a été "absolument impeccable", déclare-t-elle.
23h47 : Le président Alvaro Uribe, annonce s'être entretenu dans l'après-midi au téléphone avec Ingrid Betancourt.
23h36 : Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, exprime sa "joie immense" et assure que la France resterait "mobilisée" jusqu'à la libération de tous les autres otages.
23h34 : "Je voudrais remercier le président français d'avoir tout fait pour la libération de maman", déclare Lorenzo, le fils d'Ingrid Betancourt. "Nous avons gagné un combat pour la liberté. C'est juste le meilleur moment de ma vie". "Merci d'avoir combattu avec nous".
23h32 : "C'est le moment tant attendu" déclare Mélanie Betancourt. "Merci, vraiment, vous nous permettez de vivre le plus beau moment de notre vie". "Je pense à toutes ces années de combat et à tous les gens qui nous ont soutenus. Il y a encore des otages qui sont dans la jungle, il faut se battre pour leur libération", dit-elle, la voix nouée par l'émotion.
23h28 : Entouré des deux enfants d'Ingrid Betancourt, et de sa soeur Ingrid, Nicolas Sarkozy déclare : "Ingrid est en bonne santé." "Mes premiers mots seront pour lui dire combien nous sommes heureux." La maman d'Ingrid est en route pour l'embrasser." a-t-il indiqué. (Retrouvez l'intégralité de la déclaration de Nicolas Sarkozy).
"Dans une heure, un avion de la république française partira avec toute la famille d'Ingrid et avec Bernard Kouchner pour la Colombie " annonce-t-il.
"Je voudrais remercier le président Uribe et les autorités colombiennes, qui ont mené une opération qui a été couronnée de succès." "Je remercie tous les chefs d'Etats d'Amérique du Sud qui nous ont aidé." Je remercie en France tous ceux qui ont milité, les comités de soutien, le chanteur Renaud..."
"Je voudrais dire aux Farc qu'ils arrêtent ce combat absurde et moyennageux", a-t-il ajouté.
Enfin, son dernier mot était pour le soldat Shalit, détenu comme otage par le mouvement palestinien Hamas à Gaza. "Je voudrais que mes derniers mots soient pour le soldat Shalit et pour ses parents, nous ne l'oublions pas. La France est toujours prête à se mobiliser quand quelqu'un est injustement retenu".
23h22 : Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, part pour la Colombie cette nuit, a-t-il annoncé sur BFM TV.
23h09: Les proches d'Ingrid Betancourt sont arrivés à l'Elysée.
22h40 : La libération d'Ingrid Betancourt a été rendue possible par une négociation des services de renseignements colombiens avec des groupes dissidents des Farc, a déclaré l'ex-mari de la Franco-colombienne, Fabrice Delloye, sur I-Télé. "C'est une opération de l'intelligence colombienne" expliquant tenir ses informations du Quai d'Orsay. "Le gouvernement colombien a tenté de trouver des solutions, une solution était bâtie sur le fait que des groupes se distinguaient du secrétariat général et cherchaient une solution pour quitter la guérilla sans être emprisonnés des années."
Il a également remercié "tous ceux qui au cours de ces six années et cinq mois nous ont accompagnés"."Je veux remercier le peuple français, le président Nicolas Sarkozy et son gouvernement et les médias qui ont apporté tout ce soutien et cette attention à cette cause et permis qu'Ingrid puisse revenir avec la vie", a-t-il ajouté.
22h42 : Le président George W. Bush a appelé son homologue colombien Alvaro Uribe pour le féliciter et le remercier après la libération, indique la Maison Blanche.
22h39 : Nicolas Sarkozy "vient de s'entretenir longuement avec le président colombien Uribe", annonce un responsable à l'Elysée.
22h31 : Ségolène Royal, ancienne candidate socialistes à l'élection présidentielle, se déclare "très heureuse" de cette libération. Elle affirme partager "l'allégresse, la joie, le soulagement que doivent ressentir ses enfants qui n'ont jamais perdu espoir et qui ont toujours cru à la libération possible de leur mère même dans les pires moments de doute".
22h29 : Ingrid Betancourt est sur une base militaire en Colombie, selon l'Elysée.
22h28 : Pour Cécile Duflot, secrétaire national des Verts, parti d'Ingrid Betancourt, sa libération est "un immense soulagement et un intense bonheur pour tout le monde". Elle y voit le signe que "l'espoir qui fait vivre, avait raison". "On ne s'était jamais résignés, mais on était dans une situation où on y croyait presque plus". "Je pense à celle qui a retrouver sa famille, mais aussi à la femme engagée, présidente d'honneur des Verts mondiaux. Son avenir et notre avenir sont devant elle", a poursuivi Cécile Duflot.
22h25 : Le Vatican se félicite de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, évoquant "une bonne nouvelle" et "un signe positif pour la liberté de tous les otages" ainsi que pour "la réconciliation" en Colombie.
22h24: "Enthousiasme" et "soulagement" à l'UMP. "C'est une nouvelle extraordinaire, un événement heureux, que certains dans la population n'attendaient plus, et auquel à l'UMP nous avons toujours cru dès lors que l'Etat français a tout mis en oeuvre pour obtenir ce résultat", a déclaré le porte-parole Dominique Paillé.
22h20 : Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement déclare : "Ce soir, tous les députés et tous les sénateurs de France, quel que soit leur engagement politique sont ravis et enchantés de la libération d'Ingrid Bétancourt". Le ministre salue "l'action de la France et de la Colombie" pour parvenir "après des mois d'efforts" à cette libération.
22h17 : François Bayrou, président du MoDem, salue "une incroyable aurore après une si longue nuit". "En cet instant de libération, je pense aux enfants et aux proches d'Ingrid Betancourt".
22h10 : Nicolas Sarkozy annonce qu'il s'exprimera à 22h30.
22h05 : L'ambassadeur de Colombie en France annonce que les otages sont en route vers une base militaire à moins d'une heure de Bogota.
22h00 : L'Elysée confirmé la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt sans donner d'autre précision.
21h50 : Lorenzo, le fils d'Ingrid Betancourt, a réagi sur France info : il se dit «surpris et heureux». Il reste cependant prudent : «J'espère que cette nouvelle est vraie» a-t-il déclaré, «on attend d'avoir plus d'informations». « La France a vraiment fait tout son possible pour la libération de ma mère» a-t-il ajouté. Il a expliqué avoir reçu l'information de sa tante, en Colombie. «Si c'est vrai, c'est la plus belle nouvelle de ma vie», a-t-il déclaré.
21h30 : La famille de Betancourt s'apprête à partir sur place.
21h15 : annonce de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, avec trois otages Américains et onze militaires colombiens, annonce faite à Bogota par le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos. Selon lui, le groupe a été libéré lorsque des commandos de l'armée colombienne ont capturé des membres de la guérilla des FARC appartenant au cercle de sécurité encerclant les otages, dans l'est de la Colombie, lesquels auraient convaincu lers camarades gardant les prisonniers de les livrer à l'armée.
Parmi les otages libérés figurent les trois sous-traitants militaires américains aux mains des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et 11 soldats et policiers, outre la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidence de Colombie. L'opération n'a fait aucune victime, précisé le ministre colombien de la défense.
Outre Ingrid Betancourt, voici les noms des personnes libérées : Thomas Howes, Keith Stansell, Marc Gonsalves, Carlos Bermeo, Raimundo Malagón, José Ricardo Marulanda, William Pérez, Erasmo Romero, José Miguel Arteaga, Armando Florés, Julio Buitrago, Armando Castellanos, Rodríguez de la Policía, John Jairo Durán.
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Ces liens qui nous unissent

«Le sommet de Hokkaido sera l'occasion de tester notre engagement en faveur des Objectifs du millénaire pour le développement. Rien que pour l'Afrique, les pays du G8 ont promis 62 milliards de dollars par an d'ici à 2010. Il est temps de passer à l'acte» Crédits photo : Le Figaro
À la veille du sommet du G8, qui se tiendra du 7 au 9 juillet au bord du lac Toyako, dans l'île de Hokkaido, au Japon, le secrétaire général des Nations unies demande aux pays les plus développés de respecter leurs engagements et appelle à l'accroissement de la solidarité internationale.
Notre époque vit au rythme de la croissance mondiale. La longue expansion économique que nous connaissons depuis plus de cinquante ans a fait progresser les conditions de vie partout dans le monde et sorti de la misère des milliards d'êtres humains.
Mais aujourd'hui, beaucoup se demandent combien de temps cela peut encore durer. Pour la première fois, l'abondance se paie de plus en plus cher. Nous le constatons jour après jour : les prix ne cessent d'augmenter, qu'il s'agisse des carburants, de l'alimentation ou des marchandises. Les consommateurs des pays développés craignent le retour de la stagflation, c'est-à-dire de l'inflation associée au ralentissement de la croissance ou même à la récession, tandis que dans les pays pauvres, les plus démunis n'ont plus les moyens de se nourrir.
D'autre part, les changements climatiques et la dégradation de l'environnement menacent l'avenir même de notre planète. La croissance de la population et l'accession à la prospérité exercent une pression sans précédent sur les ressources naturelles. Le malthusianisme refait surface. Soudain, tout pourrait manquer : l'énergie, l'air pur, l'eau potable, tout ce qui nous nourrit et compose notre mode de vie moderne.
Aujourd'hui, alors que les dirigeants du G8 se réunissent à Toyako, dans l'île de Hokkaido, nous savons qu'aucun pays n'est plus à l'abri des difficultés, qu'il soit du Nord ou du Sud, grand ou petit, riche ou pauvre. Nous savons qu'il nous faut trouver de nouvelles façons de partager les fruits de la prospérité mondiale avec le milliard d'habitants les plus déshérités de notre planète, ceux qui ont été laissés au bord du chemin. Les problèmes ont atteint une ampleur et une complexité telles qu'il n'y a plus qu'une seule manière de les appréhender : les reconnaître pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire les parties d'un tout, et y chercher une solution globale.
C'est dans l'offre au niveau mondial qu'il faut chercher la solution, comme le proposent certains économistes, dans une offre qui doit se fonder sur le développement durable, géré collectivement par les pays et les organisations internationales telles que la Banque mondiale et l'ONU et ses diverses institutions spécialisées.
Prenons d'abord la crise alimentaire mondiale. Parmi ses multiples causes, il y a le fait que le développement agricole n'a pas reçu l'attention qu'il méritait. Ce qu'il faut, c'est une deuxième «révolution verte», semblable à celle qui a transformé l'Asie du Sud-Est mais qui, cette fois, visera surtout les petits agriculteurs d'Afrique. Il n'y a aucune raison pour qu'une combinaison judicieuse de programmes ne permette pas de doubler la productivité dans un délai relativement court et de faire reculer la pénurie à l'échelle mondiale. Le Malawi y est arrivé : en quelques années, avec l'aide internationale, ce pays est sorti de la famine et est devenu un exportateur de denrées alimentaires.
À Hokkaido, j'exhorterai les pays du G8 à tripler dans les trois à cinq prochaines années leur aide publique à la recherche et au développement agricoles. Il nous faut agir immédiatement pour que les agriculteurs des pays vulnérables reçoivent les semences, les engrais et les intrants agricoles dont ils ont besoin pour les prochaines récoltes. D'autre part, nous devons encourager les pays à supprimer les obstacles tarifaires et les restrictions à l'exportation qu'ils ont été nombreux à adopter ce printemps, et les pays développés à éliminer les subventions qu'ils ont mises en place il y a longtemps pour protéger leurs agriculteurs. En faussant la structure des échanges et en faisant grimper les prix, ces obstacles artificiels provoquent une aggravation de la crise actuelle et mettent en péril la croissance mondiale.
En ce qui concerne le changement climatique également, une grande part de la solution réside dans le développement durable. La plupart des experts s'accordent sur la fin imminente de l'énergie bon marché. De nouvelles technologies portent nos plus grands espoirs de produire une énergie plus propre et moins coûteuse. Ici aussi une nouvelle révolution verte commence. Partout dans le monde, on investit de plus en plus dans les énergies durables et de nouvelles méthodes d'économie apparaissent. D'après un rapport récent du Programme des Nations unies pour le développement, 148 milliards de dollars ont été consacrés aux énergies durables l'année dernière, ce qui représente une progression de 60 % par rapport à 2006 et 23 % des nouvelles capacités de production.
Notre mission, en tant que responsables nationaux ou internationaux, est de guider et d'accélérer cette transformation économique naissante. Nous devons modifier les comportements sociaux et les modes de consommation partout dans le monde développé. Mais nous devons aussi, en diffusant le plus largement possible des technologies respectueuses du climat, aider les pays en développement à allier progrès économique et respect de l'environnement.
Nous pouvons faire un grand pas à Hokkaido. Conscients de nos responsabilités à l'égard des pays les plus pauvres qui sont aussi les plus vulnérables aux changements climatiques, nous devons doter le Fonds d'adaptation mondial du financement nécessaire et le rendre pleinement opérationnel. Dans la perspective de la Conférence sur le changement climatique qui aura lieu en décembre prochain à Poznan et de la Conférence de Copenhague en 2009, nous devons faire progresser les négociations en faveur d'un accord global sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Mais surtout, nous devons arriver à faire ressentir qu'il est urgent de prendre les choses en main et lancer de véritables initiatives. Il ne suffit pas d'établir des objectifs pour 2050 ; cette échéance est trop lointaine. Il faut aussi s'engager pour 2020, c'est-à-dire à moyen terme, si nous voulons arriver à ce que le changement se produise dès aujourd'hui.
Enfin, Hokkaido sera l'occasion de tester notre engagement en faveur des Objectifs du millénaire pour le développement. Rien que pour l'Afrique, les pays du G8 ont promis 62 milliards de dollars par an d'ici à 2010. Il est temps de passer à l'acte.
Il y a longtemps que l'économie mondiale n'a pas été soumise à une telle pression. Plus que jamais, c'est le moment de démontrer que nous sommes capables de coopérer à l'échelle mondiale et d'obtenir des résultats tangibles, qu'il s'agisse de répondre aux besoins de ceux qui ont faim et des pauvres, de favoriser l'accès aux technologies énergétiques durables pour tous ou de sauver le monde des changements climatiques tout en faisant en sorte que l'essor économique mondial se poursuive.
Voilà les liens qui nous unissent. Nous devons agir, à Hokkaido et au-delà : il y va de notre devoir, certes, mais il y va aussi de notre intérêt, bien compris.
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02.07.2008
«Le non irlandais ne plombe pas la présidence française»

Hubert Védrine a été ministre des Affaires étrangères sous la mandature de Lionel Jospin, entre 1997 et 2002. (Martine Archambault / Le Figaro)
INTERVIEW - L'ex-ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine livre au Figaro.fr une analyse sur la présidence française de l'UE à contre-courant du blocage annoncé et supposé de l'Europe.
LE FIGARO.FR - Nicolas Sarkozy a assuré lundi soir qu'il fallait «changer profondément notre façon de faire l'Europe», qui «inquiète les citoyens européens». Le chef de l'Etat a-t-il trouvé le ton juste ?
Hubert VÉDRINE - Je partage la remarque du président Sarkozy si elle signifie qu'il faut mettre la pédale douce sur l'intégration, qui provoque un rejet croissant dans les peuples. Mais on peut poursuivre la construction européenne - qu'il faut distinguer du terme «intégration» - à travers de nouvelles politiques communes (énergie, environnement) ou des initiatives comme Erasmus et Galileo. Il me semble qu'une certaine vision fédéraliste, présupposant que la Nation est dépassée, est elle-même dépassée. Les peuples ne demandent pas que la Commission joue le rôle d'un gouvernement, même contrôlé par le Parlement européen. Un décalage s'est creusé entre les élites européennes et les populations, comme si on allait faire les Etats-Unis d'Europe. C'est irréel.
Les Etats européens doivent-ils continuer la ratification du Traité de Lisbonne, après le «non» irlandais, les hésitations des Tchèques ou encore le refus mardi de la Pologne de ratifier le traité ?
Ils sont libres de continuer, mais le droit international est très clair : il faut l'unanimité pour passer d'un traité à un autre. Une règle valable depuis le traité de Rome. Les événements auraient été différents si on avait décidé à l'unanimité de ratifier les traités internationaux à la majorité qualifiée. Ce qui voudrait dire que l'Europe est devenue une fédération, ce qu'elle n'est pas. Nous n'avons pas le droit de changer de règle juridique au milieu du processus. Surtout pas de la part de pays européens qui donnent des leçons de droits et de démocratie à tout le monde.
Je pense que depuis une dizaine d'années, on exagère l'importance des traités. Il y a une sorte d'attente magique, fétichiste, comme si ça allait régler les problèmes de façon miraculeuse. D'immenses choses se sont faites dans le passé indépendamment des traités : Mitterrand-Kohl dans les années 80, les gens se souviennent des images, pas du traité de l'époque. Le «non» irlandais ne doit pas être une excuse pour ne rien faire. Il ne plombe pas la présidence française de l'UE.
Vous êtes le dernier ministre des Affaires étrangères à avoir exercé durant une présidence française de l'UE. Qu'attendez-vous de cette présidence version 2008 ?
On en attend trop en général. La présidence française n'a pas de pouvoirs supplémentaires, mais des obligations supplémentaires. Elle doit faire de son mieux pour faire la synthèse entre les positions des 27 pays. Je pense même que ce n'est pas une position très commode pour ses propres intérêts. Première chose à faire : dégonfler les attentes, afin qu'elles deviennent raisonnables, précises. Je trouve que les sujets mis en avant par la présidence française sont réellement importants (changement climatique, immigration, agriculture, défense, ndlr). Mais le plus important pour les citoyens européens reste la défense des intérêts des Européens dans le monde et dans la globalisation.
Fallait-il créer une Union pour la Méditerranée, une sorte de «petite sœur» pour l'UE ?
L'idée d'origine était bonne, les pays du Sud étant très énervés par les méthodes de la Commission. Mais la présentation du projet a été trop grandiloquente et provocatrice. La comparaison avec l'Union européenne a donné le sentiment à des pays comme l'Allemagne que naissait un concurrent de l'UE. Cette présentation a fait beaucoup de tort au projet, d'autant que le soutien des pays du Sud est très ambigu et que l'Italie ou l'Espagne restent flous. Une sorte de coalition des oppositions s'est constituée. Le projet ne réussira pas de façon institutionnelle, mais à travers des projets concrets, comme la dépollution de la Méditerranée.
Etes-vous favorable à la présence du président syrien les 13 et 14 juillet ?
Il faut distinguer deux choses. Dès lors que le président invite tous les Etats européens et méditerranéens pour le sommet de l'Union pour la Méditerranée, il était impossible pour lui d'exclure la Syrie. En revanche, on peut s'interroger sur la pertinence de lier ce sommet du 13 juillet et la fête nationale du 14. J'ai des doutes là-dessus.
Que retenez-vous d'un an de politique étrangère française sous Nicolas Sarkozy ?
En matière de politique étrangère, il a voulu modifier la ligne générale de la Ve République, ce qu'on appelait le «consensus gaullo-mitterrandien». Pas sur tous les sujets, mais par exemple sur les rapports avec les Etats-Unis, la question de l'Otan et du Proche-Orient.
Quel regard portez-vous sur l'action de Bernard Kouchner ?
C'est un ami de longue date. Mais je ne porte jamais d'appréciation globale sur l'action de mes successeurs. Je suis bien placé pour savoir à quel point c'est compliqué.
Il y a un an, vous étiez approché par Nicolas Sarkozy pour le Quai d'Orsay en tant que ministre d'ouverture… Quels sont vos rapports aujourd'hui avec le président de la République ?
Sympathiques et cordiaux. J'ai gardé le contact. Je l'ai revu quelque fois à sa demande ou à la mienne. Je garde ma liberté, je ne regrette pas du tout mes choix aujourd'hui. Je n'ai pas changé de famille politique. Je suis un homme de dialogue, je ne suis pas dogmatique, je ne cherche pas l'affrontement. J'avais d'ailleurs l'an dernier mené une réflexion, à la demande du président, sur la France dans la mondialisation, qui comportait tout un volet sur la politique étrangère.
Que pensez-vous de la campagne présidentielle américaine qui monte progressivement en puissance ?
Il faut se garder de tirer des conclusions prématurées. Nous ne sommes que début juillet, il peut se passer bien des péripéties d'ici le mois de novembre. Le monde entier, à deux ou trois pays près, sera soulagé du départ de l'administration Bush qui a globalement échoué. Si McCain l'emporte, il y aura déjà un sentiment de soulagement et de renouveau, car ils penseront que c'est un Républicain dur qui défend des intérêts nationaux d'une manière normale. Si c'est Obama, une sorte de choc mondial se produira, à cause de son parcours, de sa famille. Une grande partie du monde le prendra pour un président du monde, le premier, de par son parcours, capable de comprendre autre chose que les Etats-Unis. Mais il sera avant tout président des Etats-Unis. Avec cette élection, les Etats-Unis disposent d'une occasion extraordinaire de modifier complètement leur image dans le monde.
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Le drame de Carcassonne au coeur d'une nouvelle polémique!
Ce matin Vincent Peillon, proche de Mme Royal, demandait la démission du ministre de la Défense Hervé Morin et osait cette interrogation :"on va aussi maintenant mettre en accusation l'armée, la hiérarchie, les militaires?"
Mais pourquoi cette question, les militaires auraient ils un statut particulier qui leur confère une quelconque immunité? Certainement pas, ils n'en voudraient pas eux mêmes et les Français le refuseraient au nom du principe républicain d'égalité. Lorsqu'on commet une faute aussi grave que celle de Carcassonne (rappelons 17 blessés dont 14 civils et beaucoup d'émotion), qui que l'on soit, quoi que l'on fasse, il doit y avoir une réponse appropriée et à la hauteur de la détresse des victimes.
Avec les socialistes c'est malheureusement toujours la même antienne, responsable mais jamais coupable! Avec ce genre de propos on est sur de ne tirer aucune leçon et de ne rien changer pour ne froisser personne à l'exception des victimes qui se sentent toujours abandonnées après un tel drame.
Sauf que la démission du Général Cuche vient faire mentir cette tradition et montre que notre pays est réellement en train de changer notamment sous l'impulsion de son Président de la République. Cette transparence, qui touche désormais aussi la défense nationale, fait partie de la rupture qu'a promis Nicolas Sarkozy aux Français.
Nicolas Sarkozy se montre parfaitement à la hauteur des attentes qu'il a suscité pendant la campagne lorsqu'il a fait de la défense des victimes l'un de ses engagements de mandature. Au nom des victimes, on ne pourrait tolérer qu'aucune sanction ne soit prise et qu'aucun enseignement ne soit tiré dans ce drame. Ce n'est heureusement pas le cas dans cette affaire.

Pierre-Henry Pouchelon
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Zimbabwe : l'opposition refuse un gouvernement d'union nationale

AFP/CRIS BOURONCLE
Le président sud-africain, Thabo Mbeki, médiateur dans la crise au Zimbabwe, a insisté sur le fait que le régime et l'opposition dans ce pays devaient négocier. "Tout le monde est convaincu que seule [la formation] d'un gouvernement largement représentatif incluant tous les partis politiques du Zimbabwe dans un cadre qu'ils auront eux-mêmes choisi (...) peut permettre au Zimbabwe d'aller de l'avant", a-t-il déclaré à la radio SA FM.
VIFS DÉBATS À L'UA
Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA réunis à Charm el-Cheikh, en Egypte, ont adopté mardi, après de vifs débats, une résolution prônant la "formation d'un gouvernement d'union nationale" au Zimbabwe. Cette résolution "encourage Robert Mugabe et le leader du MDC, Morgan Tsvangirai, à engager le dialogue en vue de la promotion de la paix et de la stabilité". Le sommet soutient"l'appel à la création d'un gouvernement d'unité nationale et la médiation de la Communauté de développement de l'Afrique australe", indique le texte. Selon le porte-parole du ministère des affaires étrangères égyptien, Robert Mugabe, qui a assisté aux négociations, a même évoqué "un dialogue en cours avec le MDC".
14:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Notre bilan contre l'homophobie, par Rama Yade
Le propos est honteux. L'esprit reste confondu. Le combat politique est sans doute âpre et rugueux, mais que le débat d'"idées" sombre à ce niveau ne laisse pas d'inquiéter dans une démocratie apaisée et tolérante. Ce texte outrancier ne mérite pas un excès d'attention. Avant pourtant de le laisser à l'oubli où tombent toutes les vilenies, je voudrais rappeler les initiatives de la France dans ce domaine. La France de Nicolas Sarkozy, c'est quoi ? C'est d'abord la volonté politique de lutter contre toutes les formes de discriminations.
Ce combat est au coeur de notre engagement républicain. Le racisme nous révulse. Comme tous les actes qui blessent la dignité et l'égalité entre les hommes. C'est cette ambition que je porte aussi dans ma fonction de secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et aux droits de l'homme. "Ma France", c'est ensuite notre engagement à mener la lutte contre toutes les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle.
L'homophobie d'Etat alors ? Pour la première fois, cette année, la France reconnaît la journée internationale de lutte contre l'homophobie. C'est ce que j'ai annoncé au nom du gouvernement, le 17 mai, à l'ensemble des associations LGBT (lesbienne, gai, bi et trans), réunies au Quai d'Orsay. Moins d'une dizaine de pays au monde ont pris cet engagement qui était demandé par les associations. Depuis, l'action que j'ai enclenchée en matière de lutte contre l'homophobie dans le monde a été qualifiée d'"historique" par le fondateur de cette journée, Louis-Georges Tin.
L'homophobie d'Etat alors ? Alors que nous allons assumer la présidence de l'Union européenne, je vais prendre l'initiative de présenter - et c'est une première -, devant l'Assemblée générale des Nations unies, une déclaration transrégionale appelant à la dépénalisation universelle de l'homosexualité. Plus de 80 pays pénalisent encore l'homosexualité ; dans six pays, elle est passible de la peine capitale. En convaincre de renoncer à cette législation, tel est le combat opiniâtre et de longue haleine que je mène en ce moment, avec les associations concernées, avec nos partenaires européens et d'autres pays de tous les continents. Alors, nul besoin d'avoir des adversaires, dans ce domaine, à l'intérieur de nos frontières.
L'homophobie d'Etat alors ? C'est aussi l'engagement d'évoquer, dans chacune de nos rencontres diplomatiques, les cas individuels des personnes, menacées, persécutées ou condamnées en raison de leur orientation sexuelle. Et je ne compte pas les démarches d'urgence, publiques ou plus discrètes, que j'entreprends, avec nos partenaires européens, chaque fois qu'un cas est porté à notre connaissance.
L'homophobie d'Etat alors ? C'est l'abrogation par le ministère des affaires étrangères, précisément, de la circulaire demandant aux consulats de refuser d'enregistrer les pacs dans les pays qui prohibent la vie de couple hors mariage de deux personnes de sexe différent ou de même sexe ; dès le mois de mars, la France a pris l'initiative de dénoncer la convention de Strasbourg sur le fondement de laquelle l'un de nos compatriotes a été déchu de sa nationalité pour avoir épousé son partenaire. Et que dire de l'oubli délibéré par nos auteurs que l'affaire citée de la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'homme porte sur des faits commis il y a dix ans, sous le gouvernement de Lionel Jospin !
L'homophobie d'Etat alors ? C'est le soutien qu'apporte la France à la Commission européenne dans sa réflexion sur le projet de directive pour lutter contre toutes les discriminations, y compris celles fondées sur l'orientation sexuelle. Ce sont les travaux vigilants conduits, par exemple, par la Halde, par la Commission nationale consultative aux droits de l'homme (CNCDH) sur la base desquels se construit le renforcement de l'Etat de droit. Ce sont les orientations données par Xavier Darcos au ministère de l'éducation nationale pour que la lutte contre l'homophobie soit prise en compte dans les apprentissages scolaires.
Tel est le bilan. Qui pourrait juger honnêtement que c'est celui d'un gouvernement qui a érigé l'homophobie au niveau d'une discrimination d'Etat ? La réflexion doit-elle être poursuivie sur l'homoparentalité, le pacs, le contrat d'union civile ? Certainement. Mais pas par l'anathème, la caricature ou l'aveuglement partisan. En démocratie, c'est au terme du débat de tous que s'ancrent les avancées fondamentales en matière de droits de l'homme.
S'il est une identité de la France, en cette année où nous commémorons le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, c'est bien l'universalité des droits fondamentaux. La France peut être fière de sa place dans le peloton des pays en tête de la lutte contre l'homophobie. C'est là qu'elle trouve sa véritable identité nationale, dans la force de ses convictions et des actes concrets qu'elle développe sur le terrain de la lutte contre l'homophobie. Que cette force trouve son origine dans la détermination sans faille du gouvernement français à lutter contre les discriminations peut être difficile à admettre pour certains. Mais on ne sert jamais une cause en la résumant à un seul de ses aspects au mépris des autres.
Et ce refus de voir la réalité en face n'est pas une raison suffisante pour jeter l'opprobre sur tout un pays à l'heure où, précisément, son engagement sur la scène internationale de la lutte contre l'homophobie est déterminant et pourra sauver des vies. Si cela est l'exception française, alors je la revendique.
Rama Yade Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et aux droits de l'homme
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01.07.2008
Bernard Kouchner, un ministre à contretemps

Dans sa jeunesse, il s'est comparé à Rastignac. Le voilà au Quai d'Orsay depuis un an. Il a 68 ans, le menton toujours volontaire. Mais un petit air de désappointement flotte, une gêne qui le fait s'agiter. Il était censé incarner les "valeurs" dans la diplomatie de Sarkozy : il s'est retrouvé à multiplier les esquives, les acrobaties verbales. Tout en restant, fait observer un diplomate britannique, "l'une des rares personnes qui continuent à dire : il faut se préoccuper des drames qui surviennent loin de nous".
Il a eu un fouillis de paroles contradictoires, de phrases inachevées, emberlificotées. "Faites-le taire, faites votre boulot, il dit des conneries !", s'énervait un diplomate en septembre à l'ONU, s'adressant à l'entourage de Bernard Kouchner, alors que le ministre était entouré de micros.
Sur le Tibet, quelques jours après la répression meurtrière à Lhassa, il a dit à la télévision : "Les Chinois ont fait des progrès formidables" sur les droits de l'homme, ajoutant : "Evidemment, ce ne sont pas des progrès lorsque l'on tire dans les rues." Il se met parfois aux abonnés absents. Il s'est arrangé pour ne pas accompagner Nicolas Sarkozy à Tunis en avril, et il s'est abstenu de dîner à l'Elysée avec le colonel Kadhafi en décembre. Il a laissé le champ libre à la jeune secrétaire d'Etat Rama Yade, qui cherchait à exister, qui l'agace profondément et que le président couve.
Il y a eu sa sortie sur l'Iran, à la radio, en septembre : "Il faut se préparer au pire", le pire étant "la guerre". Il fallut rectifier, recadrer, démentir toute intention belliqueuse de la France. L'Elysée s'irrita de la bourde, fit des remontrances. Mais Sarkozy s'afficha avec Kouchner quelques jours plus tard, lors d'un jogging à New York, ce qui donna cette fameuse photo où le ministre, l'air épuisé, porte un tee-shirt marqué "Gare au Gorille".
"LES IRANIENS, ON LEUR PARLE ?"
Avec l'Iran, il a tenté, un temps, une diplomatie en solo. Un jour de juin 2007, il téléphone au conseiller diplomatique de Sarkozy, qui le surveille de près : "Les Iraniens, on leur parle ? - Oui", lui répond Jean-David Levitte. Prenant cela pour un feu vert, Bernard Kouchner rencontre à Paris, dans le secret, le négociateur iranien pour le nucléaire, Ali Larijani, par l'entremise d'un journaliste. L'Elysée tiqua, mais laissa faire. Il y a eu ses voyages en Irak, en août 2007 et mai 2008, des moments de grande perplexité pour certains diplomates, qui s'interrogeaient : à quoi bon ? "Bernard", comme l'appelle son entourage, voulait "participer au retour de l'espoir" en Irak, mais sans aller jusqu'à s'afficher avec les troupes américaines. Qui allait assurer sa protection à Bagdad ? "Je prendrai les peshmergas (combattants) !", s'énerva-t-il en réunion, avant le premier voyage. Ses entrées en Irak passent par les milieux kurdes, qu'il connaît depuis les années 1980. Au Liban, il a ses "canaux" chez certains chiites.
A propos de la Syrie et du Liban, il a mal vécu d'être court-circuité par Claude Guéant. Le secrétaire général de l'Elysée s'est rendu en novembre 2007 à Damas, accompagné du conseiller Jean-David Levitte. Kouchner se dépensait depuis des semaines en allers-retours vers Beyrouth, et voilà que ses efforts semblaient ruinés ! Il fulminait. Il déploya ses derniers arguments pendant des vacances à la plage, en Egypte, avec le couple Sarkozy-Carla. Là, il avait l'oreille du président. Le 30 décembre 2007, Sarkozy annonçait la rupture des contacts à haut niveau avec les Syriens. "Je le disais depuis des mois !" gronda Kouchner.
Avec Sarkozy, il s'entend assez bien. Ils se sont flairés. Tous deux aiment les coups d'éclat, tous deux sont bouillonnants, colériques, pleins de mépris pour ce qu'ils perçoivent comme les mauvaises habitudes du "Quai", ses "ors", son côté vieillot et engoncé. Tous deux pensent qu'au fond la diplomatie est affaire d'opérations chocs et de relations personnelles. Ce qui n'empêche pas le président de faire surveiller de près son ministre par Jean-David Levitte, diplomate de haut vol, personnage plus froid et classique. Kouchner ne manque jamais une occasion de souligner qu'en quarante ans d'activités sur la scène internationale, il connaît "la terre entière", comme le dit un diplomate.
Il apporte cela à Sarkozy, sa saga personnelle qui court du Biafra au Kosovo, une popularité qu'il entretient comme une rente. Ils partagent une vision du monde faite d'atlantisme et de la volonté de faire barrage à la menace islamiste, que Kouchner appelle le "fascisme vert".
Seulement voilà, il lui aurait été plus facile d'être ministre des affaires étrangères dans la décennie 1990, cette fenêtre inespérée pour l'"ingérence", au Kurdistan, au Timor, au Kosovo. Au Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie et la Chine protègent des dictateurs, birmans, soudanais et autres. Des nationalismes se sont soulevés. L'heure est aux résistances pugnaces contre l'imposition de normes par l'Occident, et au refus des interventions armées au nom des valeurs. L'Irak, l'Afghanistan sont passés par là. Il y a, convient Kouchner, "un retour de bâton".
Lui qui moquait jadis le "costume trois pièces" de son ami Joshka Fischer, ancien militant soixante-huitard devenu ministre des affaires étrangères en Allemagne, le voilà à son tour dans un habit étroit, une fonction où les bornes sont tracées, où le monde n'est pas "sans frontières". Est-il bien à la bonne place ? Au bon moment ?
SA NOMINATION ? "L'IMPROBABLE COURS DU DESTIN"
Après sa nomination par Sarkozy, il a jubilé. C'était, a-t-il dit devant des ambassadeurs, "l'improbable cours du destin". A New York, un soir de septembre 2007, il embrasse d'un regard la ville qui étincelle à ses pieds, du haut de la tour qui abrite le bureau de son ami Jean-Maurice Ripert, ambassadeur auprès de l'ONU : "Un bureau comme ça, tu n'imaginais pas en avoir un un jour !"
Mais il a avalé des chapeaux. Il a dû composer. Il a subi des critiques. Il réagit en "travaillant" les médias, en vertu de cette "loi du tapage" qu'il affectionne et qu'il a mise en oeuvre dans l'affaire du cyclone en Birmanie. Il s'est positionné en pointe, à l'échelle mondiale, en invoquant la "responsabilité de protéger", sans être suivi à l'ONU. Il a dépêché un navire militaire au large des côtes birmanes, qui a dû rebrousser chemin car la junte n'en voulait pas. Sur la Chine, il s'est coulé dans le discours conciliant de l'Elysée vis-à-vis de Pékin, lui qui dénonçait jadis avec force l'écrasement du Tibet. En privé, il moque la théocratie des moines, tout en déclarant souvent, en public, qu'il parle au dalaï-lama.
Hormis le Kosovo, les dossiers européens ne l'intéressent que peu. Son terrain de prédilection est la catastrophe humanitaire. Sa tentation, l'intervention armée. Dans son livre Power and the Idealists (éd. Soft Skull Press, 2005), l'Américain Paul Berman définit l'itinéraire de Kouchner comme du "guévarisme des droits de l'homme". Il écrit que c'est ce penchant pour l'action de force qui a poussé Kouchner, en 2003, à voir avant tout, dans l'invasion américaine de l'Irak, un moment de "libération" d'un peuple opprimé par une terrible dictature. Selon Berman, les motivations profondes de Kouchner, comme pour d'autres représentants de la génération 1968 en Europe, se situent dans une volonté constante d'être "résistant" : prendre les armes ou le maquis, comme il aurait aimé le faire s'il en avait eu l'âge, en 1939-1945. Kouchner parle peu de son histoire familiale, de ses grands-parents paternels raflés à Paris par la Gestapo en 1943 et déportés à Auschwitz lorsqu'il avait 4 ans. Ses intimes savent qu'elle compte.
"IL EST SECOURISTE, PLUS QUE DROITS-DE-L'HOMMISTE"
C'est animé de ce sentiment-là, le "Plus jamais ça !", qu'il a voulu faire du Darfour son dossier phare, dès son arrivée au Quai. Il avait signé en décembre 2006 un texte dans Le Monde, fustigeant la "triste tergiversation" de la France face à "la réalité du génocide". Il appelait à l'établissement, "à partir du Tchad", d'un "corridor humanitaire sécurisé par la communauté internationale". Cette idée, il la développe une fois ministre. Il prône une effraction, par la force, de la souveraineté soudanaise, une intervention à travers la frontière : l'ingérence pure ! Et quand des représentants d'ONG le contredisent lors d'une réunion, mettant en garde contre l'erreur d'analyse, il se lève de son siège et quitte la salle, furieux.
"Il est secouriste, plus que droits-de-l'hommiste", observe un diplomate. "On est allé le voir pour évoquer le glissement autoritaire dans des pays ex-soviétiques, et la politique à déployer face à cela. Il y était indifférent", raconte une responsable d'organisation de défense des droits de l'homme basée hors de France. Le long, patient, pénible effort qui consiste à codifier une politique pour pousser les régimes répressifs à s'amender, à se transformer, ne le fait pas vibrer.
En juillet 2007, il reçoit son homologue tchèque, le prince Schwarzenberg, un proche de Vaclav Havel et grand militant de la cause des dissidents cubains. Le ministre tchèque lui expose sa vision de ce que devrait être la politique de l'Union européenne à Cuba. Soudain, Kouchner s'exclame : "Ah ! Fidel ! J'ai été ça, aussi !" Il partait dans ses souvenirs, dans son voyage à Cuba en 1964, quand il dînait avec Castro. "L'entretien s'est mal passé, ça partait dans tous les sens", relate un témoin.
Kouchner voulait rééditer au Darfour l'opération de 1991 au Kurdistan irakien - le premier cas, dans l'histoire, de la mise en application de l'ingérence humanitaire par le biais d'une opération militaire autorisée par l'ONU. A Potsdam, fin mai 2007, il expose son plan. Ses homologues du G8 l'écoutent poliment. Aucun ne reprend publiquement son idée. L'Elysée non plus, qui le laisse en rase campagne.
"DES COULOIRS À TRAVERS LA FRONTIÈRE, JAMAIS JE N'AI DIT ÇA !"
C'est un moment décisif, un tournant au coeur de son expérience au gouvernement, mais qu'il rechigne à évoquer. Il réécrit parfois l'histoire : "Des couloirs à travers la frontière, jamais je n'ai dit ça !", prétend-il, assis dans le salon de la rotonde, majestueux bureau qui s'ouvre par trois baies sur le jardin du ministère.
Les accommodements, les contorsions de Kouchner sur d'autres sujets, comme le Tibet, ne sont finalement pas grand-chose en comparaison avec cela, avec cette prise de conscience, au tout début de son ministère, que ses idées, sa posture allaient se heurter à de lourdes contingences.
C'est sur le Darfour, face à un régime soudanais coupable, à ses yeux, du pire des crimes, celui de génocide, que son affichage d'un militantisme fougueux s'est brisé contre le mur des nouvelles réalités des relations internationales. Il l'a accepté. Il s'est replié sur un autre scénario, que déjà l'équipe Chirac-Villepin avait prôné : une force internationale au Tchad, aux portes du Darfour. Il a mis sur pied l'Eufor, la force militaire européenne de 3 700 soldats pour l'est du Tchad. Cette opération de "protection de civils" est son principal accomplissement de ministre. "Avec ça, il






