14.04.2009
Maurice Druon, un seigneur des lettres s'éteint
Étienne de Montety 14/04/2009 | Mise à jour : 21:23 |
Maurice Druon, chez lui en mai 2008. Crédits photo : Le Figaro
L'ancien secrétaire perpétuel de l'Académie française est décédé à l'âge de 90 ans. Il était l'auteur du «Chant des partisans» et de la série romanesque «Les Rois maudits».
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Dans son Journal, le critique Matthieu Galey fait de Maurice Druon le portrait suivant : «Superbe, solaire, heureux et portant beau. À 37 ans, voici un homme qui a su tirer profit de sa timbale Goncourt. Un contrat mirifique lui assure 800 000 francs par mois contre un certain nombre de feuilletons historiques.»
Nous sommes en 1955. Druon est alors le roi de Paris. Il le restera longtemps : écrivain, élu à l'Académie française, homme politique (ministre et député), couvert de décorations, il fut durant un demi-siècle un authentique personnage de la vie publique française.
Élu de Paris, il avait affirmé un jour : «Je possède un tiers de l'Arc de triomphe. Impossible de sortir de l'indivision.» La formule est belle. Parlait-il du XVIIe arrondissement, dont il fut le député (et qui partage l'Étoile avec le VIIIe et le XVIe) ou de lui-même ? Car Maurice Druon était amateur de capes et d'épées, de grande histoire, de personnages picaresques. Volontiers théâtral, portant canne et chapeau, il s'honorait d'une généalogie complexe et prestigieuse, posée sur plusieurs continents. Arrière-petit-neveu du poète Charles Cros, et surtout propre neveu de Joseph Kessel et pour mieux dire son fils spirituel, il avait rejoint à Londres en 1942 le général de Gaulle, un homme à sa mesure dont il fit un jour la description suivante : «Haut, droit, dans son uniforme et les leggings, il m'apparut comme un chevalier du Moyen Âge, majestueux et déterminé .»
Il y avait chez lui du capteur de gloire comme il y a des capteurs solaires. Il était revenu de la Deuxième Guerre mondiale auréolé d'un prestige aux rayons multiples : en 1939, il avait adressé au directeur de France Soir, Pierre Lazareff, un article intitulé «J'ai vingt ans et je pars». Et il tint parole. Quelques mois plus tard, il était sur la Loire aux côtés des cadets de Saumur et chargea l'ennemi avec une authentique bravoure. Replié avec sa troupe du côté de Bordeaux, il campa dans une propriété ; chez Montaigne, assurait-il, dont il put contempler à loisir la fameuse tour, pendant que la République s'écroulait. Il vécut ainsi la débâcle la plus littéraire qui soit.
Druon était ainsi, à la fois dans l'action et dans la représentation. En 1943, se trouvant à Londres avec son oncle prestigieux Jeff Kessel (Druon est le patronyme de son père adoptif), il composa un hymne, le «Chant des partisans», qui devient dans la Résistance un chant de marche, d'espoir et de bravade. «Ami, entends-tu». Une Marseillaise FFL. Ce refrain, composé par Anne Marly, mit le feu aux maquis, galvanisa les énergies À partir de 1944, on retrouva Druon en Alsace et en Allemagne comme correspondant de guerre. Il écrivit La Dernière Brigade, inspiré par son expérience d'officier de cavalerie.
Le triomphe des «Rois maudits»
En 1948, son roman Les Grandes Familles fut couronné par le prix Goncourt. Maurice Druon devint alors une figure de premier plan de la scène intellectuelle et publique française, qu'il ne quittera jamais plus. Son atelier littéraire, dirigé par Edmonde Charles-Roux et qui utilisait le talent de fines plumes, telles celles de Matthieu Galey ou Pierre de Lacretelle, faisait peut-être sourire les bas-bleus mais rencontra un succès jamais vu depuis Alexandre Dumas. Les Rois maudits fit un triomphe et la fortune de leur auteur. Druon fut plébiscité par des millions de lecteurs. Écoutons une nouvelle fois Galey, aux premières loges pour observer le phénomène : «Entre un appel de son éditeur anglais, les confidences interminables d'une comtesse italienne - une emmerderesse me chuchote-t-il en couvrant l'appareil de sa main gauche -, les questions d'un journaliste de la radio et le rituel coup de fil chez Del Duca pour savoir où en sont les ventes aujourd'hui, J'ai vite compris que sa vie était un enfer, qu'il n'avait jamais une minute à lui, qu'il faudrait trois secrétaires au lieu de deux.»
Son œuvre est abondante, diverse. On y trouve du roman, du théâtre (il fut représenté au Français), de l'essai politique, de la biographie (Alexandre le Grand), des Mémoires. Et même du conte pour enfants : Tistou les pouces verts. Il était disert, brillant, inattendu. Galey raconte qu'il tenait à ce qu'un des épisodes des Rois maudits se passât à Avignon l'été 1327 pour la seule raison que c'est l'année où Laure a rencontré Pétrarque. Pareil détail signe un auteur.
Le mot qui résume Maurice Druon, par quelque sens qu'on le prenne, c'est l'engagement : engagement militaire quand le sort du pays le requérait, engagement politique, au service de ses idées. Cela passa, puisque tel était son tempérament, par de jolies passes d'armes, par voie de presse le plus souvent. Nommé par Pierre Messmer ministre des Affaires culturelles en 1973, il se singularisa par de courageuses prises de position contre les abus du monde culturel. Une de ses déclarations est restée célèbre : «Les gens qui viennent à la porte de ce ministère avec une sébile dans une main et un cocktail Molotov dans l'autre devront choisir. » Il devint la bête noire de toute une profession (on ne parlait pas encore à l'époque d'intermittents du spectacle). Les conformistes l'exécraient. Il n'en avait cure, jouant volontiers les provocateurs mais s'élevant également avec vigueur contre la féminisation abusive des titres, et plus largement contre l'appauvrissement de la langue française. Il prit mille fois part au débat public, et souvent de façon tonitruante, d'une voix de bronze, au risque de se laisser enfermer dans la caricature.
«Le Malraux de Pompidou»
Ses combats et l'âme qui les menait valaient mieux que cela. Paul Morand note dans son journal : «À l'Académie, Druon, mon voisin, et moi batifolions sur les verbes “délasser” et “délacer” ; aujourd'hui, il se réveille ministre de la Culture. C'est le Malraux de Pompidou.» On ne saurait mieux décrire la formidable énergie qui animait le personnage.
Le Figaro lui ouvrit souvent ses portes pour y accueillir ses chroniques sur le bon français, quelque tribune pour fustiger l'usage approximatif de la langue par un ministre, quelque opinion sur les sondages ou la réforme des institutions. On lui prête un mot malheureux à l'annonce de la candidature de Marguerite Yourcenar à l'Académie française en 1980, qui annonçait l'ouverture de l'institution aux femmes : «D'ici peu vous aurez quarante bonnes femmes qui tricoteront pendant les séances du dictionnaire.» Il affectionnait volontiers le rôle de gardien du Temple, que ce soit celui du gaullisme, de la France ou de l'Académie.
Ses dernières charges firent quelque bruit. Toujours l'Académie : en 2003, par une vigoureuse tribune dans Le Figaro Littéraire, il s'éleva contre l'élection de Valéry Giscard d'Estaing, vidant ainsi une querelle vieille de trente ans, lorsque VGE obtint le soutien de Jacques Chirac, affaiblissant ainsi le candidat gaulliste Jacques Chaban-Delmas. Plus tard, Druon s'en prit encore à François Bayrou, s'attirant de la part de ce dernier une magnifique réplique, cinglante et enlevée, l'un et l'autre prouvant que la polémique permet souvent de donner le meilleur de soi-même. Il n'y a pas de grands hommes, il n'y a que de grandes querelles, n'est-ce pas ?
Maurice Druon avait été élu en 1966 à l'Académie française au fauteuil de Georges Duhamel. Il servit cette institution, dont il fut, durant plus de dix ans, le secrétaire perpétuel. Sa carrière exceptionnelle dissimulait une blessure, et sous l'abondance de titres et de reconnaissances qui définit sa vie, on trouvait le désir ardent de recouvrir la dépouille tragique de son père Lazare Kessel (tragiquement disparu à sa naissance) d'un linceul d'honneurs et de respectabilité.
22:33 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : druon, académie française, les rois maudits, chant des partisans
28.01.2009
Walt Whitman -
Captain! my Captain! our fearful trip is done;
The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won;
The port is near, the bells I hear, the people all exulting,
While follow eyes the steady keel, the vessel grim and daring:
But O heart! heart! heart!
O the bleeding drops of red,
Where on the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.
O Captain! my Captain! rise up and hear the bells;
Rise up—for you the flag is flung—for you the bugle trills;
For you bouquets and ribbon’d wreaths—for you the shores a-crowding;
For you they call, the swaying mass, their eager faces turning;
Here Captain! dear father!
This arm beneath your head;
It is some dream that on the deck,
You’ve fallen cold and dead.
My Captain does not answer, his lips are pale and still;
My father does not feel my arm, he has no pulse nor will;
The ship is anchor’d safe and sound, its voyage closed and done;
From fearful trip, the victor ship, comes in with object won;
Exult, O shores, and ring, O bells!
But I, with mournful tread,
Walk the deck my Captain lies,
Fallen cold and dead.
02:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
IF - Rudyard Kipling
IF you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:
If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:
If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: 'Hold on!'
If you can talk with crowds and keep your virtue,
' Or walk with Kings - nor lose the common touch,
if neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man, my son!
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29.12.2008
Labro, Gallo et Sollers, les têtes d'affiche
Dominique Guiou 29/12/2008 | Mise à jour : 10:37
(François Bouchon/Le Figaro) Crédits photo : Le Figaro
Dans des genres très différents, ces auteurs ont déjà conquis le public. Avec leur nouveau livre, ils se placeront très vite dans les listes des meilleures ventes.
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Philippe Labro est de retour. L'écrivain, qui est aussi journaliste vedette, cinéaste à succès et vice-président de la chaîne de télévision Direct 8, signe chez Gallimard un ample roman de plus de 500 pages qu'il a intitulé Les Gens. Trois ans après Franz et Clara, un roman d'amour plutôt minimaliste dans lequel il se mettait dans la peau d'une jeune violoniste de vingt ans, Philippe Labro change donc de registre et s'attaque au monde d'aujourd'hui à travers les destins de trois personnages que rien ne devait a priori réunir mais qui vont pourtant se croiser : une jeune orpheline d'origine polonaise qui se retrouve à Paris après avoir fui sa famille adoptive, une Parisienne d'une trentaine d'années, qui travaille dans la communication et qui vient d'être abandonnée par son amant, et un journaliste vedette de la télévision, redoutable intervieweur. (À paraître le 29 janvier).
Dès que l'on pense à Max Gallo , un mot vient à l'esprit : démesure. Il est l'écrivain français qui publie le plus de livres, dans les domaines les plus variés. Sur son site officiel, on apprend que l'auteur de La Baie des Anges écrit pas moins de dix pages par jour et qu'il a publié plus de 80 romans dont la plupart se sont vendus à des centaines de milliers d'exemplaires. Mais l'écrivain est boudé des élites. Et le site d'enfoncer le clou en indiquant que l'académicien n'a obtenu qu'un seul prix littéraire… En janvier, Max Gallo va publier sa vision de la Révolution française, dans une de ces sagas historiques dont il a le secret. Après Napoléon et la Grande Guerre, l'historien se penche sur ces vingt ans qui ont changé le cours de notre histoire : 1774-1793. « Un moment unique de notre histoire, vécu de l'intérieur » , précise l'éditeur XO dans la présentation de cet ouvrage. De fait, Max Gallo porte un regard personnel sur ces années de tourmente, et son texte se veut délibérément loin de l'Histoire officielle et des manuels de notre enfance. (À paraître le 19 janvier).
Depuis 1958, date de sa naissance en tant qu'écrivain avec son premier roman Une curieuse solitude, Philippe Sollers a rarement été absent des librairies. Il publie régulièrement, alternant essais et fictions. Il nous offre cette année un roman, Les Voyageurs du temps (Gallimard). Roman ? Le mot figure bien sur la couverture du livre, au-dessous du titre. Mais, comme souvent, avec Sollers, il s'agit plutôt d'une promenade stimulante en compagnie de ses grands hommes - des écrivains bien sûr, Baudelaire, Rimbaud, Lautréamont, Céline, Breton… mais aussi des peintres et des musiciens, Watteau et Bach en tête. C'est vif, rapide, plein d'allégresse, bourré de références et de citations. On ne s'ennuie pas avec Sollers. Parfois, on se dit qu'il en fait peut-être un peu trop. Mais peut-on reprocher à un écrivain sa virtuosité et sa culture ? Sollers, après cinquante ans d'écriture et d'occupation ininterrompue du terrain médiatique, parvient en tout cas à ne laisser personne indifférent. (À paraître le 15 janvier).
22:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : labro, sollers, gallo
11.11.2008
Le Goncourt attribué à Atiq Rahimi
Le jury Goncourt, réuni lundi 10 novembre chez Drouant, a attribué son prix à Atiq Rahimi pour Syngué sabour. Pierre de patience (POL). Au deuxième tour de scrutin, le romancier l'a emporté par sept voix contre trois à Michel Le Bris.
Après Gilles Leroy en 2007 avec Alabama Song (Mercure de France), c'est à nouveau l'une des filiales de Gallimard qui est couronnée, POL, qui n'avait jusqu'alors jamais décroché ce prix.
Ecrivain et cinéaste, Atiq Rahimi est né en Afghanistan en 1962. Elevé dans une famille "libérale et occidentalisée", il fait ses études au lycée franco-afghan de Kaboul. En 1973, à la suite d'un coup d'Etat son père, juge d'instruction monarchiste, est emprisonné ainsi que son oncle. A la suite de cet événement, le jeune garçon, passionné de littérature et de cinéma français, commence à écrire.
Après trois années de prison, ses parents quittent l'Afghanistan pour l'Inde où, Atiq Rahimi les rejoindra après le coup d'Etat communiste. Il y restera six mois. Faute de visa, il est contraint de regagner l'Afghanistan où, à l'hiver 1980-1981, il travaille dans des mines qui lui inspireront Terre et Cendres, son premier roman.
En 1984, la situation dans son pays devenant intenable, il décide de partir pour le Pakistan, puis pour la France où il s'inscrit à l'université et obtient un doctorat de communication audiovisuelle.
La mort de son frère, tué pendant la guerre en Afghanistan, est un choc qui le pousse à écrire. Après Terre et Cendres, écrit en persan, qu'il adapte au cinéma en 2004 (il obtient au Festival de Cannes le prix "Regard d'Avenir"), il composera Les Mille Maisons du rêve et de la terreurLe Retour imaginaire (POL, 2005). (POL, 2002) et
Avec Syngué sabour, Atiq Rahimi offre son premier livre en français. Bien que jamais nommé, son pays natal sert de décor à ce huis clos entre un homme, "héros de la guerre" agonisant, et son épouse, qui le soigne. Passé le temps des prières pour ce mari, qu'en dix ans de vie commune elle n'aura fait que croiser, vient celui de la colère, de la révolte et aussi de l'éveil d'un corps bafoué, humilié, blessé. Immobile comme cet homme, comme aussi cette pierre de patience sur laquelle, selon la légende, on déverse ses heurs et malheurs, le lecteur recueille ce monologue empli de gémissements, de souffrances, de crudité, de silence et de folie.
Comme il est de tradition, quelques minutes après le prix Goncourt, le jury Renaudot a annoncé lundi 10 novembre ses lauréats. C'est le Guinéen Tierno Monénembo pour Le Roi de Kahel (Seuil) qui l'a emporté au 11e tour de scrutin par 5 voix contre 4 à Elie Wiesel.
Le Renaudot essai est revenu à au 1er tour de scrutin à Boris Cyrulnik pour Autoportrait d'un épouvantail (éd. Odile Jacob).
Nouvelle déception donc pour Grasset qui outre l'échec du Médicis mercredi, échoue cette fois au Goncourt où était en lice Michel Le Bris et au Renaudot où concourraient outre Elie Wiesel, Olivier Poivre d'Arvor.
Tierno Monénembo. Né en 1947 en Guinée, Tierno Monénembo, fuit en 1969 la dictature de Sékou Touré et parcourt près de 150 kilomètres à pied pour rejoindre le Sénégal. Il s'inscrit en médecine à Dakar puis gagne la Côté d'Ivoire où il entame des études de biochimie qu'il poursuivra en France en 1973, après un détour par l'Algérie et le Maroc.
L'errance et l'exil sont au cœur de la vie et de l'œuvre de ce Peul qui publie son premier roman Les crapauds-brousse (Seuil comme tous ses livres) en 1979. Sept ans plus tard, ce sera Les Ecailles du ciel, récompensé par le Grand prix de l'Afrique noire. Suivront Un rêve utile (1991), Un attiéké pour Elgass (1993), Pelourhino (1995) ou encore Peuls qui raconte l'épopée de ce peuple, "énigmatique fleuve blanc au pays des eaux noires, fleuve noir au pays des eaux blanches", comme le définit un proverbe bambara.
C'est dans la lignée de ce roman que s'inscrit Le Roi de Kahel qui relate la vie d'Aimé Victor Olivier, vicomte de Sanderval (1840-1919), explorateur et précurseur de la colonisation française de l'Afrique de l'Ouest. Grâce à cette biographie romancée foisonnante, épique et savoureuse, Tierno Monénembo sort de l'oubli cet africaniste avant la lettre qui devint Peul parmi les Peuls.
Boris Cyrulnik. Responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hôpital de Toulon et enseignant l'éthologie humaine à l'Université du Sud-Toulon-Var, Boris Cyrulnik est surtout connu pour avoir développé le concept de "résilience" (renaître de sa souffrance). Concept que l'on retrouve dans son nouveau livre Autobiographie d'un épouvantail (éd. Odile Jacob) où il retrace ses différentes rencontres à travers le monde avec des blessés de la vie qui ont surmonté leurs souffrances et retrouvé la force de vivre.
00:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : goncourt, atiq rahimi, prix, renaudot
10.11.2008
Quatre candidats pour le Goncourt aujourd'hui

Jean-Baptiste Del Amo, outsider du Goncourt, mais aussi plus jeune candidat, concourt avec son premier roman, «Une éducation libertine».
Outre ce prestigieux prix, le Renaudot est également décerné ce lundi à Paris. Ils constituent le temps fort de la saison des prix littéraires.
Quelle sera la surprise du Goncourt ? Aujourd'hui à 13 heures, le nom du lauréat du plus renommé des prix littéraires français sera connu. Quelques minutes seulement avant l'annonce du prix Renaudot, faite au même endroit, chez Drouant, à Paris.
De la liste de départ du Goncourt qui comptait quinze livres, seuls quatre subsistent. Il y a d'abord celui qui pourrait créer la surprise, Syngué Sabour (P.O.L) de l'écrivain afghan Atiq Rahimi. Ce récit, né d'une colère face à la condition de la femme dans son pays, est écrit sous la forme d'une confession, celle d'une épouse qui tente de se libérer du joug de son mari. Court mais efficace, ce roman est porté par un auteur peu connu qui écrit pour la première fois en français.
Jean-Marie Blas de Roblès est lui aussi une révélation de cette rentrée littéraire. Il offre un roman épais, plus de 800 pages qui ont effrayé nombre d'éditeurs avant de remporter l'adhésion de la maison Zulma. Bonne pioche, celle-ci vient, grâce à lui, de rafler tour à tour le prix Médicis, le prix du roman Fnac et le prix Jean-Giono. Là où les tigres sont chez eux a remis l'aventure et le dépaysement au menu des jurés du Goncourt.
Il faut croire que ces deux valeurs ont la cote, puisque demeure dans l'ultime liste La Beauté du monde (Grasset) de Michel Le Bris, saga voyageuse inspirée des tribulations d'un couple de pionniers du cinéma animalier. Enfin, l'outsider du Goncourt est aussi le plus jeune. Une éducation libertine, premier roman de Jean-Baptiste Del Amo, 26 ans, arrive comme un chien dans un jeu de quilles, évocation de l'ascension sociale d'un jeune provincial au XVIIIe siècle.
Du côté du Renaudot, l'éclectisme est de règle avec une liste étonnante qui mêle Olivier Rolin et Olivier Poivre d'Arvor, favoris des premières listes, le Guinéen Tierno Monénembo, dont le livre paru en mai ne se trouve quasiment plus en librairie, Salim Bachi, la jeune révélation, et enfin Elie Wiesel, 80 ans, Prix Nobel de la paix, rattrapé au dernier moment dans la liste.
12:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : goncourt, prix, renaudot
03.11.2008
Le prix Femina attribué à Jean-Louis Fournier
Avec Où on va papa ? (Stock). Jean-Louis Fournier a remporté, lundi 3 novembre, le prix Femina, par 8 voix contre 4 à Dominique Mainard (Pour Vous, éd. Joëlle Losfeld). Le prix du roman étranger est allé à l'Italien Sandro Veronesi pour Chaos calme (Grasset) et celui de l'essai à Denis Podalydès, avec Voix off (Mercure de France). Zoom sur les trois lauréats.
Jean-Louis Fournier. A 69 ans, celui qui fut l'ami de Pierre Desproges, pour lequel il réalisa "La Minute de Monsieur Cyclopède", est l'auteur d'une vingtaine d'essais et de récits, souvent drôles et corrosifs, dont deux livres autobiographiques consacrés à son enfance. Véritable surprise de la rentrée, Où on va Papa ? est un récit hommage aussi drôle qu'émouvant sur ses deux fils, Mathieu et Thomas, lourdement handicapés. Depuis sa sortie en août, le livre a séduit un très large public au point de continuer à figurer dans les listes des meilleures ventes. Jean-Louis Fournier est également en lice pour le Goncourt.
Sandro Veronesi. Déjà récompensé il y a deux ans en Italie par le prix Strega (l'équivalent du Goncourt), Chaos calme a également fait l'objet d'une adaptation au cinéma par Antonelo Grimaldi. En rôle titre, Nanni Moretti y incarne Pietro Palladini, un homme travaillant pour la télévision qui perd pied le jour où sa femme meurt brutalement. Dès lors, esseulé, le narrateur décide de ne plus se rendre à son bureau et s'installe sur un banc face à l'école où sa fille étudie. Avec un sens aigu de l'observation, Sandro Veronesi analyse la perte d'identité d'un jeune veuf.
Denis Podalydès. Avec Voix off (Mercure de France), le comédien offre un autoportrait des plus singuliers. Jouant de tous les tons, drôle, piquant, vif ou grave, il convoque dans un livre sonore toutes les voix – celles de ses proches ou celles de grands acteurs - qui l'ont accompagné.
Suite des prix mercredi 5 novembre, avec la remise du Médicis.
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09.10.2008
Le Nobel de littérature décerné au Français Jean-Marie Le Clézio

Photo non datée de Jean-Marie Gustave Le Clezio.
Le prix Nobel de littérature 2008 a été attribué à l'écrivain français Jean-Marie Gustave Le Clézio pour son œuvre "de la rupture", a annoncé, jeudi 9 octobre, l'académie suédoise. L'académie a fait ce choix d'un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante", selon les termes de l'académie. Il recevra un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros), le 10 décembre à Stockholm.
2008 : Jean-Marie Gustave Le Clézio
2000 : Gao Xingjian
1985 : Claude Simon
1964 : Jean-Paul Sartre (qui l'a refusé)
1960 : Saint-John Perse (pseudonyme d'Alexis Léger)
1957 : Albert Camus
1952 : François Mauriac
1947 : André Gide
1937 : Roger Martin du Gard
1927 : Henri Bergson
1921 : Anatole France
1915 : Romain Rolland
1904 : Frédéric Mistral conjointement avec José Echegaray y Eizaguirre (Espagne)
1901 : Sully Prudhomme (pseudonyme de René François Armand Prudhomme)
En quarante-cinq ans d'écriture, Jean Marie Gustave Le Clézio, âgé de 68 ans, grand voyageur fasciné par les mondes premiers, est l'auteur d'une cinquantaine de livres, portés par une grande humanité. Le Clézio est né le 13 avril 1940 à Nice d'une famille bretonne (son nom signifie "les enclos" en breton) émigrée à l'île Maurice au XVIIIe siècle. Son père était un médecin de brousse anglais et sa mère, française.
Après sa licence de lettres, il travaille à l'université de Bristol et de Londres, consacrant un diplôme d'études supérieures à Henri Michaux. A l'âge de 23 ans, il obtient le prix Renaudot pour Le Procès-Verbal. En 1967, il fait son service militaire en Thaïlande en tant que coopérant, mais est expulsé pour avoir dénoncé la prostitution enfantine. Il achève son service au Mexique. Pendant quatre ans, de 1970 à 1974, employé par l'Institut d'Amérique latine, il partage la vie d'Indiens au Panama : une expérience qui aura beaucoup d'influence sur son œuvre. Il enseigne ensuite à Albuquerque (Nouveau-Mexique).
Dans une interview à la radio publique suédoise après l'attribution du prix, Jean-Marie Gustave Le Clézio s'est déclaré "très ému et très touché""C'est un grand honneur pour moi", a-t-il ajouté, précisant qu'il remerciait "avec beaucoup de sincérité l'Académie Nobel". A la question de savoir s'il se considérait comme un écrivain français ou francophone, il a répondu : "Je ne crois pas que l'on puisse faire la distinction. Je suis né en France, mon père était britannique, je suis issu d'un mélange, comme beaucoup de gens en Europe." par la récompense.
L'écrivain était, jeudi matin, l'invité de France-inter, avant l'attribution du prix Nobel.
UNE ŒUVRE FOISONNANTE
Son œuvre, qui comprend des contes, des romans, des essais, des nouvelles, des traductions de mythologie indienne, des livres de photo, d'innombrables préfaces, articles et contributions à des ouvrages collectifs, est perçue comme une critique de l'Occident matérialiste, sous-tendue par une attention constante aux faibles et aux exclus. Son écriture est classique, simple mais raffinée, colorée. Jean-Marie Le Clézio, qui fait partie du jury Renaudot, a notamment écrit La Fièvre, L'Extase matérielle, Terra amata, Le Livre des fuites, La Guerre, Désert, Le Chercheur d'or, parus chez Gallimard pour l'essentiel.
Un sondage publié dans la revue française Lire en 1994 le désignait comme "le plus grand écrivain de langue française" devant Julien Green. Il avait alors déclaré : "Moi, j'aurais mis Julien Gracq en tête."
22:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le clezio, nobel, littérature
08.10.2008
Le Clezio, Magris, Adonis, favoris du Nobel de littérature
A la veille de l'annonce du nom du prix Nobel de littérature, la cote de certains écrivains européens a grimpé, tels les Français J. M.G Le Clezio ou Yves Bonnefoy (souvent nommés ces derrières années) ; le Tchèque Arnost Lustig ou encore l'Italien Claudio Magris, grand favori sur le site de paris en ligne Ladbrokes qui le donne vainqueur à 3/1.
Comme chaque année, rumeurs et pronostics vont bon train depuis quelques semaines. Rumeurs auxquelles s'ajoutent des déclarations de journalistes ou de libraires suédois auxquelles sont venues s'ajouter, fait rare, celles du discret Horace Engdahl, secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise. Ce dernier déclarait en effet la semaine dernière à l'Associated Press : "Les Etats-Unis sont trop isolés. Ils ne traduisent pas assez et ils ne participent pas au grand dialogue des littératures. Cette ignorance les restreint." Ajoutant après cette première pique : "Il y a de la littérature de qualité dans toutes les grandes cultures, mais on ne peut échapper au fait que l'Europe, toujours, est le centre du monde littéraire."
METTRE UN TERME À LA POLÉMIQUE
De quoi susciter l'ire des Américains et plonger dans la perplexité les pronostiqueurs qui donnaient, comme l'an passé, parmi les favoris Philip Roth, Joyce Carol Oates, John Updike, Don DeLillo ou encore John Ashbery. Le dernier prix Nobel de littérature décerné à un Américain remonte à 1993 avec Toni Morisson.
Pour mettre un terme à la polémique déclenchée Outre-Atlantique, l'Académie suédoise pourrait cependant se tourner très diplomatiquement vers une aire géographique plus "neutre", en choisissant l'Israélien Amos Oz et/ou le Syro-Libanais Adonis, grand favoris en 2007 et toujours très bien coté sur le site Ladbrokes, le Japonais Haruki Murakami ou encore le poète australien Les Murray.
Reste qu'en 2007, le nom de Doris Lessing n'apparaissait chez aucun pronostiqueur. Peut-être faut-il s'attendre à une nouvelle surprise venant de Stockholm. Fin des paris et du suspens : jeudi 9 octobre à 13 heures.
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25.08.2008
Citations
- "Pour l'instant, vivez les questions. Peut-être, un jour lointain, entrerez-vous ainsi, peu à peu, sans l'avoir remarqué, à l'intérieur de la réponse." Rainer Maria Rilke (1875-1926) Lettres à un jeune poète.
"L'éléphant se laisse caresser. Le pou, non. Je ne vous conseille pas de tenter cet essai périlleux." Lautréamont (1846-1870), Les Chants de Maldoror.
"La puissance des mouches ; elles gagnent des batailles, empêchent notre âme d'agir, mangent notre corps." Pascal (1623-1662), Les Pensées.
"La mer, compliquée du vent, est un composé de forces. Un navire est un composé de machines. Les forces sont des machines infinies, les machines sont des forces limitées. C'est entre ces deux organismes, l'un inépuisable, l'autre intelligent, que s'engage ce combat qu'on appelle la navigation." Victor Hugo (1802-1885) Les Travailleurs de la mer.
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