26.10.2009

Pierluigi Bersani, nouveau chef de la gauche italienne

Pierluigi Bersani, 58 ans, a été déclaré, dimanche 25 octobre, secrétaire général du Parti démocrate (PD, centre gauche) sans attendre les résultats définitifs des primaires. Il aurait remporté 52 % des suffrages des 2,5 millions de sympathisants du parti qui se sont rendus dans un des 9 800 bureaux de votes installés dans toute l'Italie.

Le nouveau secrétaire général du Parti démocrate italien, Pierluigi Bersani, dans le quartier général du parti, dimanche 25 octobre.
AFP/ANDREAS SOLARO
Le nouveau secrétaire général du Parti démocrate italien, Pierluigi Bersani, dans le quartier général du parti, dimanche 25 octobre.

Leur vote confirme celui des inscrits du PD qui, il y a deux semaines, avaient déjà accordé leur faveur à l'ancien ministre des transports, de l'industrie et de l'économie de Romano Prodi. Ses deux adversaires, Dario Franceschini et Ignazio Marino, recueillent respectivement 34 % et 14 % des suffrages.

Né le 29 septembre 1951, dans la région "rouge" d'Emilie-Romagne, Pierluigi Bersani, diplômé en philosophie, catholique est entré en politique dans les rangs du Parti communiste italien (PCI) avant de rejoindre le parti des démocrates de gauche (DS) puis L'Olivier, la confédération des partis de centre gauche qui porta M. Prodi au pouvoir en 1996, puis en 2006. Cette alliance, qui a permis à la gauche d'accéder au pouvoir – sans réussir à s'y maintenir – garde les faveurs de M. Bersani. Amateur de cigarillos toscans, il passe pour moderne et ouvert aux réformes.

"Je ferai le secrétaire général à ma manière", a déclaré le vainqueur, dimanche soir après avoir tendu la main à ses adversaires afin qu'ils travaillent ensemble dans un parti qui soit "une alternative", un parti "sans maître" absolu, a-t-il ajouté, en référence au Peuple de la liberté (droite) dirigé par Silvio Berlusconi comme s'il s'agissait d'une de ses entreprises. M. Bersani a également souhaité "la collaboration de toutes les oppositions" à l'actuel président du conseil.

Au-delà de la victoire de M. Bersani, le Parti démocrate a démontré sa vitalité et sa capacité de mobilisation malgré l'omniprésence médiatique du "Cavaliere". Critiqué pour sa "mollesse", son "ambiguïté" et n'ayant connu que des défaites, le PD reste une offre politique attractive deux ans après sa création. Enfin les Italiens ont dit leur attachement à ce système des primaires, observé de près par le Parti socialiste français.

LA QUESTION MORALE

La participation a dépassé les espoirs des responsables du PD qui la voyait aux alentours des deux millions. Elle est cependant moins forte qu'en 2007, lorsque 3,5 millions de personnes avaient choisi Walter Veltroni pour défier M. Berlusconi aux élections législatives, ou en 2005 lorsque 4,3 millions d'Italiens avaient adoubé M. Prodi. Mais elle est amplement suffisante pour crier "victoire" dans les rangs du centre gauche où les bonnes nouvelles sont rares. Même le cinéaste Nanni Moretti, extrêmement critique à l'égard de la gauche, a été voter à Rome. L'afflux des électeurs a déjoué les pronostics et les analyses, qui tablaient sur une abstention record après que, samedi, le président de gauche de la région Latium, Piero Marrazzo, avait dû se résoudre à la démission suite aux révélations dans sa presse de ses fréquentations assidues de prostituées transsexuelles.

D'autres affaires ont également secoué le parti depuis sa naissance. Plusieurs de ses élus, comme le président de la région Campanie, Antonio Bassolino, sont en "odeur de mafia". Il y a deux semaines, les magistrats de Castellamare di Stabia, dans la province de Naples, sont parvenus à élucider le meurtre d'un conseiller municipal survenu quelques mois plus tôt : ses tueurs étaient eux aussi inscrits au Parti démocrate, tout comme l'épouse d'un puissant chef de la camorra…

Outre "la question morale" qui mine le parti, M. Bersani trouvera également sur son bureau de nouveau secrétaire le problème de la ligne politique, notamment sur les questions de société. Le vote "en conscience" accordé aux élus masque bien souvent une incapacité à trancher entre laïques venus du PCI et catholiques héritiers de la défunte démocratie chrétienne.

Récemment le parti s'est à nouveau divisé sur un projet de loi visant à alourdir les peines en cas de discrimination et de violences faites aux homosexuels. Une députée catholique, Paola Binetti, avait voté contre ce texte avec la droite, le renvoyant aux oubliettes.

Se pose enfin la question des alliances. L'ancien ministre de l'économie se dit prêt à traiter aussi bien avec les centristes catholiques de l'union du centre qu'avec les "justicialistes" de l'Italie des valeurs emmenés par l'ancien juge Antonio di Pietro. Les élections régionales de mars où treize régions – dont sept tenues par la gauche – seront mises en jeu vont constituer le banc d'essai de la bonne volonté de Pierluigi Bersani. Et le premier écueil.

Philippe Ridet

06.10.2009

La Cour constitutionnelle se penche sur l'immunité pénale de M. Berlusconi

Rome, correspondant

Silvio Berlusconi, en juin 2009.

REUTERS/MAX ROSSI Silvio Berlusconi, en juin 2009.

Friedrich Nietzsche ne fait pas partie des auteurs de chevet de Silvio Berlusconi. Pourtant, c'est vers lui que ce dernier s'est tourné pour commenter, lundi 5 octobre, les motivations du jugement rendu par le tribunal de Milan condamnant la Fininvest, holding du président du conseil, à verser 749 995 millions d'euros de dédommagement à la CIR, le groupe de Carlo De Benedetti, éditeur des journaux d'opposition L'Espresso et La Repubblica. "C'est une décision par-delà le bien et le mal, une énormité juridique", a réagi M. Berlusconi dans un communiqué.

Dans les 140 pages d'attendus, le juge Raimondo Mesiano a expliqué que le chef du gouvernement était "coresponsable dans l'affaire de corruption" qui a entaché, dans les années 1990, la reprise du groupe éditorial Mondadori, ardemment disputée entre M. De Benedetti et M. Berlusconi, qui a fini par l'emporter. Une affaire dans laquelle l'avocat de M. Berlusconi, l'ancien ministre de la défense Cesare Previti, et un juge ont déjà été condamnés.

On connaît mieux aujourd'hui les dessous de cette victoire. Lundi, le juge Mesiano a désigné le donneur d'ordre du virement de 3 millions de dollars versés par la Fininvest pour acheter des verdicts favorables : M. Berlusconi en personne. "Il n'est absolument pas pensable, a écrit le juge, qu'un virement ait pu être décidé ou effectué sans que le représentant légal le sache et l'accepte."

"Un complot subversif !", a immédiatement réagi la garde rapprochée du président du conseil. Selon ses proches, ce jugement est à mettre en relation avec les révélations scabreuses de la presse sur sa vie privée et la réunion, mardi 6 octobre, de la Cour constitutionnelle qui doit rendre sa décision sur la loi Alfano, adoptée dans la foulée des élections d'avril2008, et qui garantit l'immunité pénale pour les quatre plus hautes charges de l'Etat.

Selon la presse italienne, les 15 juges – dont deux ont dîné avant l'été à la table de M. Berlusconi – sont partagés. L'avocat du gouvernement à la Cour a fait valoir qu'une invalidation de la loi causerait "un dommage irréparable" au chef du gouvernement. Ce dernier verrait en effet revenir vers lui les "affaires" dont il pensait avoir écarté le spectre grâce à l'armure juridique de la Loi Alfano – au point peut-être de l'empêcher de conduire son action.

APPELS À LA DÉMISSION

Parmi elles, on trouve encore "l'affaire Mills", du nom d'un avocat anglais condamné en 2008 à quatre ans et six mois de prison pour faux témoignage. Pour ses services, M. Mills a reçu 600 000 dollars. Là encore, les juges, dans leurs motivations, avaient désigné M. Berlusconi comme le "corrupteur". Une autre affaire portant sur une surfacturation d'achat d'émissions de télévision est actuellement en cours d'instruction.

Face à cette hécatombe de mauvaises nouvelles, M. Berlusconi a pris les devants des appels à la démission. "Tous les opposants doivent savoir que le gouvernement ira jusqu'au terme de sa mission quinquennale, et rien ne lui fera abandonner le mandat qui lui a été donné par le peuple", a-t-il souligné, alors qu'une partie de la classe politique organise déjà sa succession et que la presse italienne évoque l'hypothèse d'élections anticipées.

Philippe Ridet

Article paru dans l'édition du 07.10.09

19.08.2009

La Ligue du Nord s'en prend aux symboles de l'unité italienne

Rome, correspondant
Umberto Bossi, le fondateur de la Ligue du Nord, en avril .

REUTERS/© Alessandro Garofalo / Reuters

Umberto Bossi, le fondateur de la Ligue du Nord.

Pour la Ligue du Nord, parti populiste et xénophobe allié de Silvio Berlusconi, le mois d'août n'est pas la morte-saison de la politique. Et Umberto Bossi, son président, fait feu de tout bois pour s'attirer les faveurs médiatiques. Lundi 17 août, le ministre de la réforme s'en est pris à l'hymne national italien dans lequel il voit le symbole de la prééminence de Rome, en soutenant que "personne n'(en) connaissait" les paroles.

Origine

Née en 1991 de la fusion de la Ligue lombarde et de la Ligue de Vénétie, la Ligue du Nord, dirigée par Umberto Bossi depuis sa création, est désormais le plus vieux parti politique italien.

Elus

Forte de 60 députés, 30 sénateurs, 4 ministres et 8 secrétaires d'Etat, elle a remporté plus de 8 % des suffrages aux élections générales d'avril 2008. En juin 2009, au scrutin européen, elle a obtenu plus de 10 % des voix (avec des pointes à plus de 30 % dans certaines villes), envoyant neuf députés à Strasbourg. Depuis les élections locales, elle dirige 13 provinces.

Objectifs

La Ligue du Nord compte devenir le premier parti en Lombardie et en Vénétie lors des élections régionales de 2011.

Cet hymne, Fratelli d'Italia, est régulièrement pris à parti par les sympathisants de la Ligue qui lui préfèrent Va Pensiero tiré du Nabucco, de Verdi. En 2008, à pareille époque, M. Bossi avait été autrement plus direct en pointant un doigt d'honneur au moment où le texte dû au poète Goffredo Mameli (1847) évoque l'Italie, "esclave de Rome".

Cette offensive d'août vise également la langue italienne et son drapeau. M. Bossi a soutenu que l'étude des "dialectes régionaux" devait être obligatoire à l'école. Il a aussi déclaré vouloir soumettre une proposition de loi permettant de joindre, lors des manifestations officielles, des oriflammes régionales au drapeau tricolore. Un autre poids lourd de la Ligue, le ministre de l'agriculture Luca Zaia, a exigé que la RAI, la chaîne de télévision publique, produise davantage de "fictions régionales".

Autrefois ouvertement autonomiste, la Ligue du Nord milite aujourd'hui pour une conception fédéraliste de l'Italie dans laquelle le Nord, riche et puissant, laisserait le Sud à son sous-développement endémique. La réforme dite du "fédéralisme fiscal" (chaque région ne pouvant dépenser plus que ce qu'elle gagne) est une étape sur ce chemin.

La Ligue veut également porter, à la rentrée, un projet plus radical encore. Roberto Calderoli, le ministre de la simplification, a évoqué l'idée de "salaires différenciés" selon les régions en vertu du fait que le coût de la vie dans l'Italie du Sud serait moindre que dans l'Italie septentrionale.

Pour faire passer ce message, dénoncé comme "séparatiste" par l'opposition et une bonne partie de la droite et du centre, tout est bon pour remettre en cause l'unité de l'Italie à travers ses symboles (l'hymne, le drapeau, la langue), pour mieux s'attaquer au principe de la solidarité nationale, comme si le fossé entre le Nord et le Sud était un état de fait dont il serait préférable de s'accommoder plutôt que de chercher à le combler. Encore problématique, l'unité italienne fêtera ses 150 ans en 2011.

POLITIQUE SÉCURITAIRE

"Nous devons considérer les déclarations de Bossi comme des messages d'amour à ses électeurs", a voulu minimiser M. Berlusconi. Selon le Corriere della Sera, il aurait toutefois confié son inquiétude : "Pour gagner 0,2 % en Lombardie, Bossi est prêt à faire perdre 2 % à toute la majorité." L'analyse est juste, mais le président du Conseil est-il en mesure de contrecarrer les desseins de son allié, qui a doublé son résultat aux élections européennes de juin et qui croît dans les sondages, en particulier dans l'électorat populaire ?

La première année de son troisième mandat de président du Conseil est marquée de nombreuses concessions à la Ligue. On retrouve sa marque dans le durcissement de la politique sécuritaire, au travers de la création des "rondes citoyennes" et de l'institution d'un délit d'immigration clandestine.

Par-dessus tout, elle a su imposer l'agenda politique. En préemptant, en plein mois d'août, les thèmes du débat de la rentrée, la Ligue prend date. "L'hymne ne nous intéresse pas, a précisé ensuite M. Bossi. Ce qui compte pour nous, ce sont les salaires territoriaux."

L'influence grandissante de la Ligue provoque un malaise dans les rangs du Parti de la liberté (PDL, droite), présidé par M. Berlusconi. "Nous devons être la force entraînante de la coalition", insiste le ministre de la défense, Ignazio La Russa, un des coordinateurs du PDL. Le danger pour ce parti mastodonte issu de la fusion de Forza Italia et de l'Alliance nationale, se situe en Lombardie et en Vénétie où, avec ces mots d'ordre quasiment séparatistes, la Ligue espère bien devenir le premier parti lors des élections régionales de 2011.

Philippe Ridet

Article paru dans l'édition du 20.08.09.

 

07.07.2009

Le G8 de L'Aquila à la merci d'un éventuel séisme et… de photos gênantes pour M. Berlusconi

Rome, correspondant

 Des policiers dans Coppito, un quartier de l'Aquila où seront hébergées les délégations du G8.

AP/ALESSANDRA TARANTINO

Des policiers dans Coppito, un quartier de l'Aquila où seront hébergées les délégations du G8.

D'où viendra le danger ? Du plus profond de la terre qui continue à trembler dans les Abruzzes ou de la presse anglaise qui s'apprêterait à publier des photos montrant Silvio Berlusconi en galante compagnie dans sa résidence de Sardaigne ? Dans le doute, le gouvernement italien s'active sur les deux fronts : assurer la sécurité des invités du G8 qui se tiendra, du mercredi 8 au vendredi 10 juillet, à L'Aquila et la réputation du président du conseil.

Manifestation contre l'extension de la base américaine de Dal Molin, en Italie, le 4 juillet.

De nouvelles secousses se sont produites ces derniers jours, faisant craindre une recrudescence de l'activité sismique jusqu'ici déclinante, après que le 6 avril un tremblement de terre a fait 300 morts et jeté 50 000 personnes hors de leurs foyers. L'une d'elle, d'une puissance de 4,1 degrés sur l'échelle de Richter, a eu son épicentre à un kilomètre de la caserne de la Guardia di Finanzia (gendarmerie financière) de Coppito, un quartier de l'Aquila où seront hébergées les délégations.

Construite selon les normes antisismiques, la caserne est réputée être l'édifice le plus sûr des Abruzzes. Il n'empêche : tout en continuant de multiplier les déclarations rassurantes, un plan B a toutefois été activé. En cas de secousse supérieure à 4 degrés pendant le sommet, les chefs d'Etat et leurs délégations seraient provisoirement abrités sous une tente, le temps que les techniciens vérifient la solidité de l'édifice où se dérouleront les travaux.

Le deuxième "front" est plus délicat pour M. Berlsuconi, qui présidera son troisième G8, un record. Pris dans la tourmente de scandales à répétition, il n'a trouvé d'autre parade que le démenti… préventif. Avant même que des photos embarrassantes soient publiées, il a dénoncé "un montage digital" et accusé la presse étrangère de se lancer "dans une campagne morbide".

CHAMBRES RÉSERVÉES À ROME

Entre ces deux écueils, la préparation du sommet avance. Les chefs d'Etat ont maintenu leur présence à Coppito (tout en tenant des chambres réservées dans les grands hôtels de Rome, au cas où…). Leur sécurité sera assurée par 9 000 militaires et policiers envoyés en renfort, des batteries antiaériennes, des patrouilles d'avions de chasse, et des missiles sol-air…

Un large périmètre aux abords de la caserne de Coppito est devenu "zone rouge". La sanctuarisation de la ville devrait, selon le gouvernement italien, décourager les actions des altermondialistes. Deux grandes manifestations sont prévues : l'une le 8 juin à Rome, l'autre à L'Aquila le 10. Les comités de citoyens qui défendent les intérêts des réfugiés ont fait savoir qu'ils ne s'y associeraient pas pour ne pas être "récupérés".

Un premier cortège a défilé, samedi, jour de l'indépendance des Etats-Unis, à Vicence, au nord de la Péninsule, pour dénoncer l'agrandissement d'une base militaire américaine. Il n'a rassemblé que 3 000 personnes et provoqué quelques échauffourées avec les forces de l'ordre. Cette agitation, sans commune mesure avec le G8 de Gênes, en 2001, où un manifestant avait trouvé la mort et plusieurs autres avaient été blessés par les forces de l'ordre, a été jugé suffisante par les autorités américaines pour conseiller à leurs ressortissant d'"être particulièrement vigilants" pendant la durée du sommet.

Mais le tremblement de terre reste la menace principale. Les journalistes japonais accrédités ont choisi, par sécurité, de s'installer dans la capitale italienne. Selon la presse anglaise, le premier ministre, Gordon Brown, a reçu des conseils sur la conduite à tenir en cas de séisme. Il pourra aussi compter sur l'une ou l'un des 300 hôtesses et stewards engagés pour guider les chefs d'Etat dans la caserne. "En cas de secousse, leur a expliqué Guido Bertaloso, commissaire du G8 et chef de la protection civile italienne, ce sera à vous, qui avez déjà vécu un tremblement de terre, de leur venir en aide. Eux ne sont pas habitués." Rassurant, non ?

Philippe Ridet

Article paru dans l'édition du 08.07.09.

03.05.2009

L'épouse de Silvio Berlusconi demande le divorce

Lefigaro.fr (avec AFP) 03/05/2009 | Mise à jour : 12:42

Crédits photo : AP

Veronica Lario est excédée par le comportement de son mari. Celui-ci, après avoir inclut des starlettes sur ses listes électorales pour les européennes, a également participé à l'anniversaire des 18 ans d'une jeune femme. «Je ne peux pas rester avec un homme qui fréquente des mineures» confie-t-elle.

Veronica Lario, l'épouse du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, a décidé de demander le divorce, excédée après 30 ans de mariage du comportement de son mari envers sa propre famille mais aussi envers les belles jeunes femmes, écrit dimanche la presse.

"La décision de Veronica: adieu à Silvio", écrit à la Une La Stampa, le quotidien du groupe Fiat. «Veronica, adieu à Silvio: +j'ai décidé, je demande le divorce+», titre en première page la Repubblica, un quotidien de gauche, les deux journaux citant des «amies et des proches».

Les deux quotidiens affirment aussi que Veronica Lario a déjà contacté une avocate de confiance et donné des instructions pour que la procédure de divorce débute le plus rapidement possible.

Il y a trois jours seulement Veronica Lario avait déjà durement attaqué Silvio Berlusconi pour son intention d'inclure des starlettes sur les listes électorales de son parti pour les européennes de juin, obligeant le chef du gouvernement à faire marche arrière.

Il semble cependant que la goutte qui a fait débordé le vase est la participation, il y a une semaine, de Silvio Berlusconi à la fête donnée pour le 18e anniversaire d'une belle jeune fille blonde à Naples, alors qu'il n'a jamais assisté à ceux de ses enfants, selon Veronica Lario.

»Mon mariage est terminé. Je ne peux pas rester avec un homme qui fréquente des mineures», a dit Veronica Lario à une de ses amies, selon la Repubblica.

»Lire dans les journaux qu'il fréquente une mineure, car il la connaissait avant qu'elle n'ait 18 ans, lire qu'elle l'appelle +papy+ et qu'elle parle de leurs rencontres à Rome et Milan, cela était franchement inacceptable. Comment peut-on rester avec un homme pareil», écrit pour sa part La Stampa citant aussi des amies de Veronica Lario.

Silvio Berlusconi et Veronica Lario se sont rencontrés en 1980 et se sont mariés civilement 10 ans plus tard, le chef du gouvernement étant divorcé.

Ils ont trois enfants: Barbara, 24 ans, Eleonora, 22 ans et Luigi 20 ans.

Veronica Lario, qui n'est quasiment jamais présente aux côtés de son mari, l'avait déjà attaqué il y a deux ans pour ses compliments en public à une jolie femme, en adressant une lettre ouverte à la presse.

19.04.2009

Berlusconi fait exploser sa cote de popularité

logo.gifRome, Richard Heuzé  17/04/2009 | Mise à jour : 22:35
Silvio Berlusconi et une fillette à Coppito, six jours après le séisme. Il a promis à tous les sinistrés qu'ils seront rapidement relogés.
Silvio Berlusconi et une fillette à Coppito, six jours après le séisme. Il a promis à tous les sinistrés qu'ils seront rapidement relogés. Crédits photo : AFP

Le chef du gouvernement est passé de 64 à 73 % d'opinions favorables au lendemain du tremblement de terre des Abruzzes. Les Italiens approuvent massivement sa gestion de la crise.

Urgence sanitaire à Naples, crise économique et financière, tremblement de terre dans les Abruzzes : rien n'affecte l'image de Silvio Berlusconi. Bien au contraire : avec une science magistrale, le président du Conseil en tire argument pour accroître sa popularité. 73 % des Italiens approuvent sa gestion de la catastrophe de L'Aquila. Avant le séisme, ils étaient 64 % à lui faire confiance.

Cela ne veut pas dire qu'en cas d'élections anticipées, trois Italiens sur quatre voteraient pour lui. Ni même qu'une majorité d'entre eux approuvent sa politique économique et sociale. Mais le Parti du peuple de la liberté (PDL), issu de la fusion entre Forza Italia et l'Alliance nationale, recueille 44 % des suffrages, contre à peine 24-25 % pour la principale formation d'opposition, le Parti démocrate.

Un an après son écrasante victoire aux élections des 13 et 14 avril 2008, Silvio Berlusconi ne connaît pas l'érosion du pouvoir. À chaque crise, à chaque épreuve, il rebondit et s'impose comme un recours, comme la seule solution qui paraît acceptable à une majorité de ses concitoyens. Trois raisons à cela.

D'abord l'inexistence de l'op­position. «Silvio Berlusconi et le désert politique italien», titrait cette semaine le quotidien de Turin La Stampa. Le successeur de Walter Veltroni à la tête Parti démocrate, Bruno Franceschini, n'est pas en mesure de l'inquiéter sérieusement. Ce catholique de gauche un peu timide qui assure l'intérim du parti jusqu'au congrès de l'automne prochain n'est pas un leader de combat. En s'imposant le silence face à la tragédie nationale de L'Aquila, il a fait preuve de dignité, mais il a aussi laissé le champ libre à Silvio Berlusconi. «Il n'existe pas d'alternative crédible à gauche», souligne un commentateur politique. De ce point de vue, le président du Conseil a davantage à craindre ses propres alliés : Umberto Bossi lui impose ses propres échéances politiques et mène une rude bataille au PDL dans le nord de l'Italie en vue des élections européennes du 7 juin. Quant au président de la Chambre Gianfranco Fini, il se démarque publiquement de lui sur pratiquement tout.

Maestro de la communication

Deuxième facteur : sa prodigieuse capacité à transformer en gestes spectaculaires tout ce qu'il entreprend. En maestro de la communication, il ne laisse rien au hasard. C'est un phénomène extrêmement rare en politique, surtout pour quelqu'un qui occupe depuis quinze ans le devant de la scène. «Il est populaire dans toutes les couches de la société parce qu'il a l'image d'un homme qui agit, à la différence de Romano Prodi qui donnait l'impression de passer son temps à discuter», relève le politologue Renato Mannheimer. «Il vend bien ce qu'il fait et parvient à distiller confiance et optimisme», renchérit le commentateur politique du quotidien d'affaires Il Sole 24 Ore, Stefano Folli.

Enfin, il s'est imposé dans l'esprit des Italiens comme le garant, celui qui les comprend, parle leur langue et les sauvera de leurs problèmes. Pas un jour depuis le séisme du 13 avril sans se rendre à L'Aquila, sans parcourir les camps de toile où 24 000 sinistrés sont réfugiés, sans écouter leurs plaintes et partager leur douleur. L'efficacité des secours, le dispositif impressionnant dé­ployé par la Protection civile sont portés à son crédit. Et quand il déclare à des sinistrés que «pour le bien de leurs enfants», ils doivent se considérer «comme dans un camp de vacances» en attendant de retrouver un toit, la presse internationale se moque. Mais sur place, les gens applaudissent car ils retiennent surtout la promesse d'être relogés au plus tôt.

Pour Stefano Folli, deux priorités l'attendent d'ici à la fin de son mandat en 2013 : reconstruire les Abruzzes et réviser une Constitution obsolète. «S'il y parvient, il deviendra un grand homme d'État. La tâche est ardue, mais c'est le terrain sur lequel il sera jugé dans l'avenir.»

29.03.2009

Berlusconi élu à la tête du parti du Peuple de la liberté

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logo.gif29/03/2009 | Mise à jour : 16:13 |




(Andreas Solaro / AFP)
(Andreas Solaro / AFP) Crédits photo : AFP

Le chef du gouvernement italien a pris dimanche la direction du grand «parti unique» de la droite italienne, lors du congrès fondateur de cette formation qui ambitionne de conquérir le vote d'un Italien sur deux.

Inoxydable Silvio Berlusconi. Le chef du gouvernement a été élu dimanche sous les applaudissements à la tête du nouveau parti du Peuple de la liberté (PDL), lors du congrès fondateur de cette formation. «J'espère être à la hauteur, j'essaierai de ne jamais vous décevoir (...) Aujourd'hui est né un grand parti pour guider l'Italie dans le nouveau siècle», a déclaré le Cavaliere dans un discours prononcé après son élection par les quelque 6.000 délégués réunis à Rome qui ont voté à mains levées.

Le Cavaliere a fait état d'un sondage créditant le PDL de «plus de 44 %», soulignant que l'objectif était d'atteindre 51 % «car un parti comme le nôtre ne se fixe pas de limites». Lors des élections législatives d'avril 2008, la coalition formée par le parti du Cavaliere, Forza Italia, et celui de Gianfranco Fini, Alliance Nationale (AN, droite conservatrice), dont la fusion donne naissance aujourd'hui au PDL, avait remporté 37,4 % des voix.

 

Renforcer le pouvoir du chef du gouvernement

Mais Gianfranco Fini (57 ans), qui caresse l'ambition de succéder au Cavaliere, n'était pas présent dimanche lors du discours de Berlusconi, une absence d'autant plus remarquée que la presse s'interroge sur la cohésion du futur parti. Le Cavaliere, qui s'accommode mal du régime parlementaire, a plaidé dans un discours de plus d'une heure en faveur d'un renforcement du pouvoir du chef du gouvernement, estimant que ses pouvoirs actuels était «inexistants».

Le congrès fondateur du PDL se déroule quinze ans après la première victoire de la droite dirigée par Silvio Berlusconi, qui avait fait son entrée en politique quelques mois plus tôt. Il a lieu à deux mois des élections européennes de juin, où la droite italienne parie sur une nouvelle défaite de la gauche. Berlusconi, 72 ans, a confirmé qu'il dirigerait la liste du PDL aux européennes, mettant au défi le leader de la gauche, Dario Franceschini, «s'il existe un leader, d'en faire autant».

24.12.2008

Les Italiens s'appauvrissent et l'Etat peine à leur venir en aide

24.12.08 | 15h50  •  Mis à jour le 24.12.08 | 15h50

Le rapport annuel sur les revenus et les conditions de vie de l'Institut national de la statistique (Istat) confirme l'appauvrissement des Italiens. Publiée lundi 22 décembre, cette enquête a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 20 982 familles (soit 52 772 personnes) en 2006 et 2007. Avant même l'impact de la crise en 2008 et 2009, les chiffres de l'Istat ont été jugé "alarmants" par l'opposition, qui reproche à Silvio Berlusconi de ne pas être "à la hauteur" de la situation.

En 2006, le revenu moyen des familles italiennes s'est établi à 28 552 euros, soit 2 379 euros par mois. Comme toujours, c'est au nord et au centre que les revenus annuels ont été les plus élevés (environ 30 000 euros) alors qu'au sud et dans les îles (Sicile et Sardaigne) le revenu médian s'est établi à 23 584 euros. En Italie septentrionale, le revenu moyen d'un couple avec deux enfants est de 46 185 euros, contre 28 909 dans le Mezzogiorno. Les retraités et les personnes seules sont les plus exposés à la pauvreté.

"QUASI PAUVRES"

L'Istat a également interrogé les Italiens sur leur perception de leur niveau de vie en 2007. 15,4 % d'entre eux (contre 14,6 % en 2006) ont déclaré "arriver à la fin du mois avec difficulté". Dans le détail, 5,3 % confessent avoir manqué d'argent pour les dépenses alimentaires (4,2 % en 2006), 11,1 % (10,4 % en 2006) pour les dépenses de médicaments et 16,9 % (contre 18,8 %) pour les dépenses vestimentaires. Enfin, 32 % déclarent être dans l'impossibilité de "faire face à une dépense imprévue de 700 euros".

Cette enquête confirme d'autres études qui concluent à un appauvrissement des Italiens. Le rapport de Caritas et de la fondation Zancan du 15 octobre sur "la pauvreté et l'exclusion sociale en Italie" indiquait que "13 % de la population italienne vit avec moins de la moitié du revenu mensuel moyen, soit 500 à 600 euros par mois". Caritas relève également l'augmentation toujours plus forte des "quasi-pauvres", c'est-à-dire les personnes dépassant le seuil de pauvreté de 10 à 50 euros.

Sur le terrain, les associations qui s'occupent de venir en aide aux plus démunis constatent une dégradation de la situation. Les bénévoles de la communauté Saint Egidio, qui distribuent des repas et de l'aide alimentaire dans toute l'Italie, constatent qu'ils ont désormais à faire à une nouvelle population. "Nous ne distribuons plus seulement l'aide alimentaire à des immigrés ou des personnes qui vivent dans la rue, mais à des gens qui possèdent une maison et des revenus", explique un permanent de la communauté à Rome.

Face à cette situation, les réponses du gouvernement apparaissent modestes. L'Italie est, selon Caritas, un des pays d'Europe dont la politique sociale a le moins d'impact sur la réduction de la pauvreté. Les syndicats craignent que la situation déjà tendue en 2006 et 2007 ait empiré. Le gouvernement met en avant l'attribution depuis le 1er décembre d'une "carte sociale" d'une valeur de 40 euros par mois aux plus démunis pour expliquer que les "mesures sont prises".

Philippe Ridet

Article paru dans l'édition du 25.12.08.

04.12.2008

Silvio Berlusconi a gagné un surnom : «César»

logo.gifRichard Heuzé, à Rome  04/12/2008 | Mise à jour : 08:09

 


Crédits photo : AP

Les fréquents emportements du président du Conseil contre les journaux et les leaders de l'opposition, ses manières autoritaires inquiètent jusqu'à ses alliés.

Dès qu'il s'agit de télévision privée, le président du Conseil italien se montre particulièrement chatouilleux. Il prend soin d'éviter tout comportement donnant à penser qu'il abuse de son double titre de patron de presse et de chef du gouvernement. Et remet sèchement à leur place les journalistes comme les leaders d'opposition qui l'accusent de prêter le flanc à un quelconque conflit d'intérêt.

D'ordinaire, Silvio Berlusconi s'en prend au quotidien de gauche La Repubblica ou encore aux chaînes de télévision, y compris dans son propre groupe Mediaset, qui déverseraient sur lui «des torrents de mensonges». Cette fois, ce sont les directeurs du Corriere della Sera et de La Stampa qui suscitent sa colère. Il s'indigne que leurs journaux aient titré en manchette «Berlusconi contre Sky» à propos d'un article de loi relevant de 10 à 20% la TVA sur les abonnements de la télévision de Rupert Murdoch.

«C'est honteux», n'a-t-il cessé de répéter tout au long d'un voyage officiel en Albanie, accusant les directeurs de ces deux grands quotidiens de «ne pas savoir faire leur travail» : «Ils feraient mieux de changer de métier.» Pincés , les deux directeurs ont répondu que leurs journaux avaient «scrupuleusement» respecté l'obligation d'informer pleinement leurs lecteurs de l'affaire. «Nous continuerons à exercer notre métier comme nous l'avons toujours fait, même si cela procure de temps à autre un déplaisir au président du Conseil en poste.»

Sur le fond, Silvio Berlusconi n'a certainement pas tort. L'article de loi sur la TVA corrige une anomalie qui permet depuis 1995 au groupe Murdoch de bénéficier d'un privilège inexpliqué puisque tous les autres opérateurs sont taxés à 20 %.

 

Anomalie fiscale

Sky revendique 4,2 millions de téléspectateurs et une part du marché de 30 % (contre 32 % pour Mediaset et 34 % pour la RAI). De manière assez étourdie et incompréhensible, le Parti démocrate de Walter Veltroni a immédiatement pris fait et cause pour le «pauvre Murdoch», victime, à l'en croire, de la «vindicte» du Cavaliere.

Mais le ministre de l'Économie italien, Giulio Tremonti, a fait taire d'un coup les critiques en produisant un avis d'infraction émis en octobre 2007 par la Commission de Bruxelles qui enjoignait le gouvernement de l'époque, présidé par Romano Prodi, de mettre fin sans tarder à cette anomalie fiscale.

La tempête passée, reste l'amertume d'un premier ministre de moins en moins disposé à subir le flux de critiques auxquelles l'expose sa manière autocrate de conduire la politique. Les esprits malicieux lui ont trouvé un surnom : «César» . Son principal allié, le post-fasciste Gianfranco Fini, lui reproche un « bonapartisme » suspect à quelques mois d'un événement majeur pour la droite italienne, la fusion pure et simple, en mars prochain, de son parti de l'Alliance nationale avec la formation du Cavaliere, Forza Italia.

06.11.2008

Quand Silvio Berlusconi se voit au pouvoir jusqu'à 120 ans

Compte rendu

Trente secondes de silence, c'est long, très long. Sur le plateau de l'émission "Questa Domenica" sur Canale 5, Paola Perego répète sa question à Giulio Andreotti : "Président, quel avenir attend nos enfants ?" Le regard fixe, le sénateur à vie ne répond pas. La présentatrice se fait plus pressante : "Président ? Président !" Panique en régie, on envoie la pub.

L'ancien président du conseil, 90 ans en janvier, vient d'avoir, dimanche 2 novembre, un malaise en direct. Surnommé "l'inoxydable" en raison de sa longévité politique et de son habileté à se sortir des procès qui lui ont été intentés pour ses liens supposés avec la Mafia notamment, il reviendra plus tard sur le plateau pour rassurer les téléspectateurs et recevoir une standing ovation : "C'était une fausse alarme", a-t-il simplement commenté.

Au pays des sénateurs à vie, 90 ans, c'est encore jeune. Aux côtés de sa "collègue", la lauréate du prix Nobel de médecine Rita Levi-Montalcini, qui fêtera ses 100 ans en 2009, Andreotti, sept fois président du conseil, vingt et une fois ministre, fait gamin. En Italie, les carrières politiques sont longues. Le président de la République n'a-t-il pas 83 ans ?

Sans attendre cet âge, Silvio Berlusconi, 72 ans, veut lui aussi défier le temps. Dans un article à la revue Kos, il s'interroge : "Pourquoi ne pas atteindre dans un futur proche l'âge de 120 ans en bonne santé ?" Citant Goethe, amoureux à 72 ans, Tolstoï qui, au même âge, se lança dans l'apprentissage de l'hébreu, le président du conseil explique que "s'occuper de politique c'est aussi s'impliquer sur ce front" parce que "le temps de vie gagné par l'homme doit être vécu avec toutes les opportunités possibles". Lui-même a pris plus que sa part dans la course à une éternelle jeunesse. Les Italiens se sont habitués à le voir disparaître pour une pose d'implants capillaires ou une cure de remise en forme. Victime d'un malaise durant sa campagne électorale de 2008, il laisse ses proches jouer avec l'idée qu'il pourrait un jour accéder à la présidence de la République.

Philippe Ridet (à Rome)

Article paru dans l'édition du 06.11.08.

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