05.11.2009
Deux ans déjà ...

" Tout passe, tout lasse, tout casse " : c'est à peu près ce qui reste de ces deux années de blog maintenue à jour par mes soins. Je ne pensais pas tenir aussi longtemps et je dois vous avouer que l'arrivée de ce millième article est pour moi une grande surprise ! Rien ne prédestinait ce blog à tenir aussi longtemps et je vous remercie lecteurs assidues que vous êtes de le faire vivre depuis décembre 2007.
Tant de chose ont évolué depuis la création de ce blog et tant de chose dans ma vie se sont produite et ont fait de moi quelqu'un d'infréquentable.
Je voudrais avoir tout d'abord une pensée pour un ami cher qui nous a quitté il y a un an et sans qui probablement ce blog n'aurait jamais vu le jour. Donc je pense fort à toi et de là où tu es j'espère que tu es fier de ce que ce blog est devenu.
Tant de souvenir me reviennent alors en mémoire avec tant de combat et de bataille politique qui refont surface ! Mais je dois dire j'aurais préféré donné le privilège à quelqu'un d'autre d'écrire ce millième article ; mais les aléas de la vie en ont fait autrement. C'est donc à moi que revient la lourde tâche de vous instruire un petit peu avec cette note.
L'amitié est quelque chose pour moi d'important, ceux qui me connaissent bien le savent, je voudrais commencer cette note en remerciant par un message personnel Messieurs TB, SA, AJ, GJ et RF (en espérant qu'ils se reconnaissent).
En outre la disparition de Monsieur Claude Lévi-Strauss (1908-2009) grand Immortel parmi les mortels ne peut nous laisser sans voix. C'est pourquoi je voudrais avoir un moment de pensée pour lui lors de l'écriture de cette note. Les tropiques resteront tristes, l'apport que nous a donné M. Lévi-Strauss dans l'anthropologie et la connaissance des peuples primitifs restera pour moi marqué à vie. « Tristes tropiques » restera l'œuvre majeure qui a composée l'écriture de cet Immortel.
En ce qui concerne la vie politique de ces derniers jours, on peut dire que notre cher Président Jacques Chirac tient le haut de l'affiche. Ce qui pour moi n'est guère pour me déplaire car je dois avouer mon côté « chiraquien » dans la mouvance politique du Mouvement Populaire actuel. La sortie de la première partie des « Mémoires » de Jacques Chirac aujourd'hui nous redonne un petit aperçut de la vie politique française avec son entrée dans la vie politique française dans les années 1960. En outre, le fait que le Parquet de Paris ne fasse pas appel de la décision, en ce qui concerne l'affaire des « emplois présumés fictifs de la Ville de Paris », renouvelle ma confiance envers l'ancien Chef d'Etat.
Je me permets de revenir un instant sur la question du devoir de silence et avec cela la position de Madame Rama Yade au sein du Gouvernement de Monsieur François Fillon. Je ne suis personne pour critiquer ou émettre de jugement attife sur telle ou telle personne mais je voudrais faire remarquer que lorsque l'on accepte la charge d'être membre d'un Gouvernement, il est de bon ton de rester dans la ligne de conduite fixer par ce dernier. Mais je trouve tout aussi intolérable la prise de position de Madame Nadine Morano, sur la grande chaine cryptée, concernant sa collègue Secrétaire d'Etat aux Sports. En revanche je dois applaudir la prise de position du Premier Ministre M. Fillon lors des Questions au Gouvernement à l'Assemblée Nationale mardi dernier.
"Nous avons remis la France en mouvement"
envoyé par FrancoisFillon. - L'actualité du moment en vidéo.
Autre fait d'actualité : le Traité de Lisbonne. Le Conseil Européen des vingt-sept Chef d'Etat et de Gouvernement de l'Union Européenne à Bruxelles de la semaine dernière semblait partir sur un mauvais pied. Mais la nouvelle donnée par la Cour constitutionnelle tchèque mardi nous a prouvé une fois de plus la volonté d'avancement pour l'Europe. La signature du Président Klauss du Traité de Lisbonne relance la dynamique européenne. Ceci permettant la réunion des vingt-sept le 01 décembre prochain pour ENFIN mettre un nom et un visage à l'Union Européenne.
Cher lecteur, te voilà donc reparti pour de nouvelles aventures au travers de ce blog en espérant que les deux années passées sur ce blog ne t'ont pas déçu ! Sachez que toutes remarques et commentaires restent comme d'habitude les bienvenues.
Merci à Thomas, Stéphane, Antoine, Gautier, Romain, Pharaon et tous les autres de votre soutien et amitié.
Permettez-moi de finir avec une touche de chanson française avec quelques mots qui me touche particulièrement en ce moment.
« Et maintenant que vais-je faire ? De tout ce temps que sera ma vie ? De tous ces gens qui m'indiffèrent. Maintenant que tu es partie. Toutes ces nuits, pourquoi pour qui ? Et ce matin qui revient pour rien. Ce cœur qui bat, pour qui, pourquoi ? Qui bat trop fort, trop fort... »
{Gilbert Bécaud}
Et si on se donnait rendez-vous dans deux ans ? ...
Romain BONGIBAULT
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13.10.2009
La leçon romaine de François Fillon
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Le pape Benoît XVI a reçu, samedi en audience, François Fillon accompagné de sa femme et de deux de ses fils. Crédits photo : AFPReçu par le Pape samedi , le premier ministre français a évoqué les «efforts de la France pour moraliser le capitalisme».
François Fillon a attendu d'être au Vatican pour le confesser : «Je ne suis pas aussi pratiquant qu'on le répète. Je vais deux fois par an chez les moines de l'abbaye de Solesmes et, de temps en temps, à la messe.» À la Villa Bonaparte, siège de l'ambassade de France auprès du Vatican, le premier ministre, qui sort de son audience chez le pape Benoît XVI, met les choses au point, il n'a rien d'un bigot. François Fillon, qui est venu assister à Rome aux cérémonies de canonisation de la Française Jeanne Jugan, fondatrice des Petites Sœurs des pauvres, n'en reste pas moins impressionné par son tête-à-tête avec le Souverain Pontife. L'audience chez le Pape est toujours un exercice délicat. Tout est affaire de style dans ce lieu où le protocole est réglé comme du papier à musique. Sur l'épaisse moquette qui conduit à la bibliothèque privée de l'évêque de Rome, la personnalité est observée par les membres de la Curie. Au début de l'année, Barack Obama est arrivé à Rome en conquérant. En décembre 2007, Nicolas Sarkozy l'avait joué décontracté, trop décontracté, ce qui avait suscité des critiques. Accompagné de l'humoriste Jean-Marie Bigard et du curé des loubards Guy Gilbert, il n'avait pas hésité à consulter son portable sous le nez du Pape.
Quand François Fillon se présente samedi, à l'entrée des appartements privés de Benoît XVI, il choisit d'adopter une posture humble et respectueuse des lieux. À l'issue d'un échange en tête à tête de vingt-cinq minutes, à peu près aussi long que celui accordé à Sarkozy, le premier ministre a présenté au Pape son épouse, Pénélope, d'origine galloise, convertie au catholicisme, coiffée d'une mantille noire, deux de ses cinq enfants, Antoine et Édouard, et le reste de sa délégation. Une délégation où figurent des membres de son cabinet (son directeur, Jean-Paul Faugère) et des élus locaux (le sénateur Roland du Luart et le conseiller général de la Sarthe Fabien Lorne).
Le premier ministre a ensuite offert au Souverain Pontife deux livres de Stendhal, Voyages en Italie et Rome-Naples-Florence, illustrés par des peintres du romantisme, et deux CD de chants sacrés de l'abbaye bénédictine de Solesmes, le village sarthois, dont il est conseiller municipal. Le Pape a offert à son hôte un stylo en bois sculpté. «C'est pour signer vos documents», a-t-il glissé en français. «Des documents qui vous agréent», a répondu Fillon qui a également été reçu par le cardinal Tarcisio Bertone, numéro deux du Vatican.
« Laïcité positive »
À la sortie, Fillon lâche mi-ironique, mi-sérieux aux journalistes qui l'accompagnent : «J'espère que l'esprit qui anime ce lieu animera aussi la presse française.» Plus tard, lors de l'inauguration du centre culturel Saint-Louis-de-France, le premier ministre reprendra à son compte le concept présidentiel de «laïcité positive» auquel il ajoute les adjectifs de «juste et apaisée». Devant les prélats français, Fillon évoque la crise économique mondiale et met en garde contre un «capitalisme qui ne doit pas être sans foi ni loi» n'hésitant pas à s'appuyer sur la «doctrine sociale de l'Église», dit-il, qui constitue selon lui, une «source de réflexion» . Ou à citer la dernière encyclique de Benoît XVI, «La charité dans la vérité» dont il a souligné «l'influence positive».
Le premier ministre a également mis en avant «les efforts de la France pour moraliser le système financier mondial» et à nouveau plaidé pour une «taxe sur les mouvements financiers». Durant son week-end à Rome, Fillon s'est bien gardé d'évoquer l'actualité politique nationale. Il a refusé de répondre sur la polémique autour de Frédéric Mitterrand. Mais les parlementaires qui accompagnent le premier ministre n'ont pas caché leurs inquiétudes sur la taxe carbone, l'affaire Mitterrand et le climat dans la majorité.
«Actuellement, le courant n'est pas bon», soupire le sénateur maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Mitterrand ? Le dirigeant de l'UMP ne veut pas en rajouter : «En tout l'excès est désagréable.» Député de l'Isère et président du groupe d'amitié France-Vatican, Jacques Remiller, qui se présente comme un «vrai sarkozyste» , déplore une «dérive bobo» chez le président. Son collègue du Sénat Hubert Haenel est encore plus sévère : «Depuis vingt-quatre ans que je suis parlementaire, je n'ai vu un tel décalage entre le président et sa majorité.»
13:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fillon, vatican, rome, benoitxvi
06.10.2009
Nicolas Sarkozy met ses ministres au régime

Depuis leur entrée au gouvernement, plusieurs membres du gouvernement surveillent méticuleusement leur embonpoint. Sport, soupe, poisson, eau minérale… Le régime, encouragé par Nicolas Sarkozy, serait drastique.
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«C'est une ennuyeuse maladie que de conserver sa santé par un trop grand régime.» En voilà un - La Rochefoucauld, en l'occurrence - que Nicolas Sarkozy n'aura écouté que d'une oreille. Depuis son élection à l'Elysée, le chef de l'Etat est à la diète. Déjà sept kilos de perdus, croit savoir Le Parisien, dont l'attention s'est portée sur une curieuse épidémie de régimes... au sein du gouvernement.

Crédits photo : AFP
«Plusieurs ministres ont spectaculairement minci ces derniers mois», observe le quotidien. Et pour cause. François Fillon multiplierait les footings et fréquenterait assidument la salle de sports de Matignon. Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, courrait 15 km trois fois par semaine. Brice Hortefeux a suivi un régime drastique, «au point d'inquiéter ses amis». En cause, «un menu soupe-fromage blanc-fruits rouges» auquel le ministre de l'Immigration est devenu «accro», selon un proche. Eric Besson (Intégration), Hervé Novelli (Commerce) ou encore le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, surveilleraient également leurs rondeurs avec une attention toute particulière. «Même Gérard Larcher, le président du Sénat, un lieu où l'embonpoint reste toléré, voire encouragé, a maigri et surveille ce qu'il mange», s'amuse le quotidien.
«La mode des régimes, c'est l'effet du chef»
L'histoire ne serait qu'une anecdote - un brin futile diront certains - si elle n'était pas symbolique. «La mode des régimes, c'est l'effet du chef. La silhouette est devenue un véhicule de communication politique», décrypte, toujours dans Le Parisien, le nutritionniste Jean-Michel Cohen, qui compte dans la sphère politique quelques clients de poids. «Le gros qui rassurait, c'est terminé, lance Cohen dans une allusion non cachée à Raymond Barre ou à Pierre Mauroy. «Au travers de la silhouette, chacun interprète un personnage : Christine Lagarde (Economie) incarne la sécheresse financière, et Roselyne Bachelot (Santé) la mère nourricière et protectrice», analyse encore le spécialiste.
En revanche, l'histoire ne dit pas si Nicolas Sarkozy a réduit son propre régime, pointé du doigt par son ami de trente ans, Patrick Balkany, au lendemain de son malaise vagal, fin juillet. «Il faut que le président fasse attention, qu'il se nourrisse un peu plus, avait glissé le député-maire de Levallois-Perret. A 54 ans, on ne peut pas non plus avoir un régime sévère sans arrêt.» Agacé, l'Elysée avait rapidement corrigé le parlementaire francilien. Sarkozy ne fait pas de «régime», il «surveille son alimentation», avait-on rectifié rue du Faubourg Saint-Honoré…
13:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, régime, gouvernement, fillon, bachelot, lagarde, hortefeux, estrosi, balkany
29.04.2009
Réunie autour de Fillon, l'UMP lance sa campagne européenne
avec AFP | 28.04.09 | 23h00 • Mis à jour le 28.04.09 | 23h26L'UMP s'est officiellement lancée dans la campagne des élections européennes. Réunie à Rueil-Malmaison autour de François Fillon et de plusieurs membres du gouvernement, la majorité a lancé, mardi 28 avril, sa campagne, avec pour mot d'ordre "patriotes et européens", derrière Nicolas Sarkozy. Le premier ministre, François Fillon, a dénoncé le "vide sidéral" des propositions du PS sur l'Europe, attaquant à la fois sa première secrétaire, Martine Aubry, et son ex-candidate à la présidentielle, Ségolène Royal. Il a estimé que "la difficulté pour les socialistes français, c'est qu'ils sont les seuls à vouloir de cette Europe socialiste". "Aucun des partenaires du Parti socialiste en Europe ne souscrit à cette vision. Vous n'en trouverez pas un pour célébrer les 35 heures ou pour célébrer la sur-administration de l'économie, ou pour célébrer l'augmentaion sans limite des dépense publiques", a-t-il insisté.
Xavier Bertrand, dont le scrutin du 7 juin sera le premier test électoral en tant que chef de l'UMP, a demandé aux militants de faire campagne sur le nom du chef de l'Etat, promettant de parler de tous "les sujets", européens et nationaux, pour défendre son action. Dans cette campagne, "est-ce qu'on va parler d'Europe ? la réponse est oui ! Est-ce qu'on ne va parler que d'Europe ? la réponse est non !" a lancé M. Bertrand aux quelque 1 500 militants réunis dans le stadium de Reuil-Malmaison, pour ce premier grand meeting européen de l'UMP, qui n'a toujours pas bouclé ses listes, à six semaines du scrutin. Si les socialistes veulent "nationaliser ces élections, je leur dis chiche !" "Cela ne me dérange pas et ça nous arrange!" a-t-il ajouté. "Le volontarisme politique, ça marche et ça compte", a poursuivi le patron de l'UMP avant de défendre l'action de Nicolas Sarkozy, cette fois à la présidence de l'Union européenne.
Michel Barnier, tête de liste en Ile-de-France, a également pris la parole pour ajouter : "On va pas s'excuser d'être derrière Nicolas Sarkozy", "On ne va pas non plus s'excuser d'être à la fois patriote et européen", a-t-il ajouté. Formule reprise par le ministre de l'immigration et secrétaire général adjoint de l'UMP, Eric Besson, qui a salué lui aussi l'action européenne du chef de l'Etat. Et de citer l'ex-premier ministre britannique Tony Blair : "Nicolas Sarkozy a remis la France sur la carte !" "Plus d'Europe, c'est plus de France !" a lancé à son tour le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, allié de l'UMP qui fera listes communes avec elle pour ces européennes, avec trois places éligibles.
L'UMP a choisi les Hauts-de-Seine, fief de Nicolas Sarkozy, pour ce lancement qui suit un rendez-vous manqué à Marseille le 27 mars : un projet de meeting, auquel le premier ministre était attendu, avait alors fait long feu. Le parti présidentiel, qui fait la course en tête dans les sondages (26,5 % contre 22,5 % pour le PS selon IFOP/Humanité), veut ainsi profiter de la "dynamique créée par la présidence française de l'Union européenne", face à un Parti socialiste qui a appelé à un "vote sanction contre Nicolas Sarkozy et ses alliés européens".
00:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fillon, dati, barnier, morin, bertrand, mam, nkm, boutin, bockel, le maire
10.04.2009
François Fillon, l'homme qui ne s'use pas
Par Bruno Jeudy 09/04/2009 | Mise à jour : 21:43 |
François Fillon, jeudi, dans le parc de Matignon. Le chef du gouvernement se voit très bien garder son poste jusqu'en 2010... voire au-delà.
Donné partant il y a un an, le premier ministre, qui a resserré ses liens avec le président, ne devrait pas être touché par le remaniement attendu en juin.
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En septembre, il a failli jeter l'éponge. Au retour d'un voyage de trois jours à Rome et à Sotchi, du 18 au 20 septembre, François Fillon a bien cru qu'il ne pourrait pas poursuivre sa mission à Matignon. «Oui, à ce moment-là, j'ai eu très peur. J'ai eu une rechute de ma sciatique. Je n'ai rien dit, mais j'ai souffert jusqu'en novembre», confie-t-il au Figaro. De longues heures d'avion d'affilée ajoutées à un interminable dîner dans la datcha des bords de la mer Noire avec Vladimir Poutine ont réveillé cette «sciatique assez rude» qu'il croyait avoir guérie pendant ses vacances. Mais cette fois, la douleur est encore plus violente que le 14 juillet. Alors cloué au lit, Fillon n'est pas près d'oublier cette fête nationale : «Je me revois en train de ramper dans mon escalier à Solesmes.»
Pendant quelques semaines, sa famille et son cabinet vont croiser les doigts pour que cette rechute ne tourne pas au problème politique. «J'ai vraiment eu peur qu'il soit contraint de se faire opérer», confirme son amie Roselyne Bachelot, une des rares ministres dans la confidence. Finalement, c'est le Dr Bernard Kouchner qui lui conseillera le bon spécialiste.
Aujourd'hui, Fillon va mieux. À le voir et à l'entendre, il a retrouvé la forme. À Washington, il a retrouvé les joies de la course à pied, deux fois cinquante minutes, et assure faire cinq heures de sport par semaine. «C'est indispensable pour combattre le stress», jure le chef du gouvernement qui aura vécu un drôle de second semestre 2008. Un chemin de croix parcouru en silence et dans une certaine indifférence. On aura finalement peu entendu le président et ses ministres s'inquiéter de son sort.
«Je n'aime pas trop les médias»
Deux ans après sa nomination à Matignon, Fillon reste une énigme. Une première sans doute pour un homme politique qui occupe une des fonctions les plus importantes dans la Ve République. Jamais un premier ministre n'a semblé aussi secret, aussi peu ouvert sur l'extérieur, et recevant aussi peu les journalistes. «Je n'aime pas trop les médias. S'il n'y a rien à dire, je ne vois pas de raison de faire des interviews», avoue-t-il. Ce qui ne l'a pas empêché de réunir 9 millions de téléspectateurs, le 19 mars, sur TF1.
Dans un mois, Fillon devrait franchir le cap des deux ans. C'est quatorze mois de plus que l'éphémère Édith Cresson, deux mois de plus que son prédécesseur Dominique de Villepin, autant qu'Alain Juppé mais un an de moins que Jean-Pierre Raffarin ou trois ans que Raymond Barre. Et ce n'est pas fini. Car ce premier ministre veut durer. «Pour s'en débarrasser, ça va être bonbon. Je ne sais pas s'il restera jusqu'en 2012, mais ce ne sera pas facile de le virer», prévient un de ses amis. «François n'est pas du tout usé. Il est peut-être là pour longtemps», estime Éric Woerth, son ministre du Budget.
Au printemps 2008, au moment des municipales, ses jours à Matignon semblaient pourtant comptés à entendre les conseillers de l'Élysée et les ministres en cour auprès de Nicolas Sarkozy. Le président ne ratait pas une occasion de se plaindre de la «mine triste» de celui qu'il appelait alors son «collaborateur». Plus grave, il regrettait son manque de soutien au moment de ses déboires conjugaux. «Tout ça fut pénible», soupire Fillon. S'il a failli perdre la confiance du chef de l'État, il a gardé celle des députés UMP. Un bien précieux. Tout comme sa bonne cote dans les sondages.
«Il n'y a plus de problème de frontière»
Progressivement, les liens entre les deux hommes vont se resserrer. Certes, on ne les reverra plus courir ensemble. On ne verra pas non plus les couples Sarkozy et Fillon sur la même photo. À défaut de sympathiser, ils ont décidé de se respecter. «Dans l'immensité des problèmes que j'ai à gérer, Fillon n'en est pas un», confiait il y a un mois le président en revenant de Rome. C'est un peu sec mais c'est dit. «On a appris à se comprendre et à fonctionner ensemble», complète le premier ministre. La crise économique a fait le reste.
«Les difficultés économiques ont gommé les scories. Aujourd'hui, on sait ce qu'on a à faire. Il n'y a plus de problème de frontière», renchérit Fillon plus vraiment inquiet pour son futur immédiat. Au début du mois dernier, Sarkozy lui a même offert une petite victoire en décidant de ne plus réunir son fameux G7. Ce cercle de ministres chouchous qui agaçait tant Fillon. «J'ai commis l'erreur de taper publiquement sur le G7. Je crois que cela a encouragé Nicolas à continuer», regrette-t-il. «À la différence de mes prédécesseurs, j'ai connu le plus dur au début. Maintenant, je suis dans une phase d'amélioration avec le président», se félicite-t-il.
Reste qu'il doit toujours composer avec l'hyperprésident qui délègue peu et absorbe tout l'espace médiatique. Si la plupart des décisions s'élaborent à l'Élysée, Matignon demeure mécaniquement un centre de décisions. Certains ministres l'ont appris à leurs dépens : Yves Jégo et Laurent Wauquiez, Rachida Dati. Le premier ministre s'est révélé redoutable avec la concurrence. Cités comme éventuels successeurs, Xavier Bertrand et Jean-Louis Borloo en savent tous quelque chose. Fillon a taclé l'un et l'autre. Du coup, les ministres s'en méfient.
Dans le gouvernement, ses amis se comptent sur les doigts d'une main : la fidèle Roselyne Bachelot bien sûr, l'ami Xavier Darcos, Christine Lagarde qu'il estime beaucoup, le copain Michel Barnier et le voisin tourangeau Hervé Novelli. Et puis c'est tout. Car Fillon ne reçoit pas ses ministres à dîner avec leurs épouses. Il décroche rarement son téléphone et n'est pas du genre à copiner. «La calinothérapie, ce n'est pas son truc», s'étonne un ministre qui a connu plusieurs chefs de gouvernement.
Ravalé à un rôle de second plan, Fillon avance quand même ses pions. Lui trouver un successeur ne sera pas si simple. Plus on avance dans le quinquennat et plus Sarkozy semble avoir un problème de casting. Respecté par les parlementaires, Fillon dispose d'une carte majeure pour consolider sa place à Matignon. La majorité apprécie sa rigueur.
Ami de longue date, son conseiller Jean de Boishue avoue sa surprise : «Je le savais habile, je le découvre résistant. Cet homme est immarcescible mais il ne le sait pas encore. Ses ressources morales et physiques sont insoupçonnées. Il est indestructible.»
Fillon à Matignon jusqu'en 2012 ? Sa meilleure avocate, Roselyne Bachelot, le souhaite : «La période impose stabilité et repères. On n'est plus à l'ère du jetable.» D'autres sont plus sceptiques. «Il ne viendrait à l'idée d'aucun ministre de téléphoner à Matignon sur quelque sujet que ce soit. Dans ces conditions, il peut cultiver sa sérénité. C'est vraiment jours tranquilles à Matignon», grince un poids lourd du gouvernement. «Si l'Élysée veut continuer à contourner Matignon, ça ne sert à rien de le changer», ironise un autre.
La mairie de Paris en 2014 ?
Pas concerné par le prochain remaniement, Fillon a de bonnes chances de rester jusqu'aux régionales de 2010. Une date qui semble lui convenir. Comme si l'intéressé cherchait à préparer lui-même sa sortie. Flatté que Jacques Delors cite son nom pour présider la Commission de Bruxelles, François Fillon n'a pas dit non. Ironie de l'histoire, c'est l'Élysée qui a tiqué. On a même entendu un conseiller s'exclamer : «On en a encore besoin !»
De la même manière, Fillon laisse ses amis parisiens organiser son parachutage dans la capitale en vue des municipales de 2014. Sans rien démentir. «Je ne pense pas trop à l'avenir. Le jour où je partirai, je veux avoir le choix entre deux ou trois nouveaux défis à relever.»
En attendant la suite, Fillon a révisé son jugement sur Georges Pompidou, qui resta six ans à Matignon, et dont il vient de lire une biographie. Un Pompidou qui devient, jour après jour, un modèle pour Fillon. «De Gaulle faisait des coups à Pompidou que Nicolas ne me fait pas ! Et pourtant c'est un premier ministre qui a marqué l'histoire. Il aimait l'art moderne et rouler en Porsche. Ce qui, à mes yeux, est exceptionnel.»
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23.12.2008
En l'absence de Sarkozy et Fillon, MAM assure l'intérim
Bruno Jeudy 22/12/2008 | Mise à jour : 21:32 |
C'est la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui restera à Paris pour faire face à toute éventualité, Jean-Louis Borloo, le numéro deux du gouvernement, étant aussi en congé. Crédits photo : Le Figaro
Le président et le premier ministre passent leurs vacances à l'étranger. Le PS dénonce la «vacance du pouvoir».
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Pour Noël, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont confié les clés du pouvoir à Michèle Alliot-Marie. Le chef de l'État et son premier ministre ont en effet décidé de passer Noël à l'étranger. Le président achève mardi une visite d'État au Brésil et poursuivra son séjour sur place par une semaine de vacances dans sa belle-famille. Le premier ministre termine, mardi soir, son déplacement officiel au Caire. Il prendra ensuite une semaine de détente avec sa famille dans un hôtel de Charm el-Cheikh. La même station balnéaire où Nicolas Sarkozy et Carla Bruni avaient séjourné l'année dernière.
En l'absence de Jean-Louis Borloo, le numéro deux du gouvernement (en vacances au Maroc), c'est donc la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui restera, selon le chef du gouvernement, «toutes les vacances , pour faire face à toute éventualité. Interrogé sur les absences simultanées de France de Nicolas Sarkozy et François Fillon, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a dénoncé la «vacance du pouvoir au sommet de l'État pour des raisons de vacances privées». «Ils n'ont pas été capables d'accorder leurs agendas, c'est nouveau et étonnant, le pays est entre les mains de Michèle Alliot-Marie… Dormez tranquille, braves gens», a commenté le leader socialiste, lui-même en vacances dans le midi.
«Ce n'est pas la première fois» que cela arrive, a confié lundi Fillon à propos de son absence de Paris et de celle du président de la République, pour neuf jours. «C'est arrivé assez souvent. L'important, c'est de pouvoir rentrer dans les délais les plus rapides», a-t-il justifié, en marge d'une visite dans une école internationale près du Caire. On est à quatre heures de Paris, j'espère simplement qu'il ne se produira rien qui m'oblige à rentrer plus tôt, mais s'il le fallait, je serais à Paris rapidement», a-t-il ajouté prudemment.
Destinations ensoleillées
Beaucoup gardent en mémoire le terrible été caniculaire de 2003. À l'époque, le président Jacques Chirac se trouvait en vacances au Canada. Son premier ministre Jean-Pierre Raffarin faisait de la marche dans les Alpes et son ministre des Affaires sociales François Fillon se reposait en Toscane.
La plupart des ministres ont quitté Paris, vendredi, sitôt la fin du Conseil des ministres, pour deux semaines de vacances. Si les congés de Sarkozy et Fillon ne commenceront que mercredi, certains membres de leur gouvernement ont déjà rejoint des destinations ensoleillées. Christine Lagarde, qui accompagne François Fillon au Caire, a prévu de rester quelques jours en Égypte. Ce qui ne sera pas le cas de Roselyne Bachelot. Avec MAM, la ministre de la Santé est l'une des rares consignées dans la capitale. Elle visitera, le 25 décembre, le service pédiatrique l'hôpital Robert-Debré à Paris.
19:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, fillon, mam, vacances
17.11.2008
Jean-Pierre Jouyet va être nommé à la tête de l'Autorité des marchés financiers

Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, le 21 mai 2007.
Il avait dit qu'il ne resterait pas au gouvernement au-delà de la présidence française de l'Union européenne (UE), qui s'achève fin décembre. Il sera le premier à partir et va ouvrir le bal des départs de l'équipe de François Fillon.
Jean-Pierre Jouyet va quitter son poste de secrétaire d'Etat aux affaires européennes pour présider l'Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme de la Bourse française. A 54 ans, cet énarque va succéder à Michel Prada, 68 ans, dont le mandat arrive à échéance le 21 novembre.
Selon trois sources, dont une en haut lieu à l'Elysée, le président de la République a décidé de nommer son ministre d'ouverture à ce poste stratégique pour un mandat de cinq ans. Inspecteur des finances et ancien directeur du Trésor, M. Jouyet a complété son expérience financière par un bref passage à la banque Barclays. Il a une vision régulatrice de l'économie et de la finance mondiale.
En pleines turbulences financières, il va falloir gérer une période d'intérim délicate. Nicolas Sarkozy voulait que M. Jouyet remplisse sa mission ministérielle jusqu'à la fin de la présidence française. Celle-ci s'arrête en pratique la semaine du 15 décembre, avec la session du Parlement européen à Strasbourg.
On prêtait à M. Jouyet, ancien collaborateur de Jacques Delors à Bruxelles, l'ambition de devenir commissaire européen en 2009. Mais M. Sarkozy souhaite une personnalité plus politique, moins technocratique.
Pour l'heure, l'ex-commissaire et actuel ministre de l'agriculture, Michel Barnier, tient la corde et espère décrocher le portefeuille du marché intérieur. Le président de la République avait imaginé faire figurer M. Jouyet sur une liste d'ouverture en région parisienne pour les élections européennes de 2009. Mais ce social-libéral ne se voyait pas faire campagne, surtout pour l'UMP.
FIN DE LA TRÊVE
C'est en 2004 à Bercy que M.Jouyet, ancien directeur adjoint de cabinet de Lionel Jospin, ami intime de François Hollande et Ségolène Royal, avait été séduit par M. Sarkozy. Pendant la campagne électorale de 2007, il avait rompu avec un Parti socialiste incapable, selon lui, de se moderniser. Il faisait partie des Gracques, ces hauts fonctionnaires de gauche qui avaient appelé à une ouverture au centre.
Le départ de M. Jouyet marque la fin de la trêve sur le front gouvernemental. M. Sarkozy avait indiqué ne pas vouloir bouger ses équipes pendant la présidence française de l'UE. M. Fillon s'est vu signifier récemment son maintien à Matignon, mais des ajustements auront lieu, notamment pour préparer les élections européennes.
M. Barnier compte quitter son ministère au plus tard au printemps pour faire campagne. Selon le vœu de M. Sarkozy, Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, pourrait également être amenée à se présenter à Paris. Dans ce cas, elle devrait elle aussi quitter le gouvernement.
D'autres changements sont évoqués. La ministre de la justice Rachida Dati serait en disgrâce. "Le président en a ras le bol", confie un ministre. Du coup, Christine Lagarde pourrait quitter Bercy pour la remplacer. Parallèlement, M. Sarkozy veut renforcer l'UMP, en donnant de plus fortes responsabilités à Xavier Bertrand, ministre du travail, et Brice Hortefeux, ministre de l'immigration.
Le top de départ du carrousel de 2009 sera donné, estiment les observateurs, lorsque les ministres seront assurés de mettant aux ministres de retrouver leur siège de député sans avoir à repasser devant les électeurs. La loi qui le leur garantit sera votée, sans doute vers la mi-janvier. M. Jouyet, lui, n'a pas ce souci.
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22.10.2008
La tentation parisienne de François Fillon

François Fillon dispose de précieux soutiens s'il décide de partir à la conquête de la mairie de Paris. Crédits photo : Le Figaro
Selon ses amis, le premier ministre envisage «sérieusement» une candidature dans la capitale.
François Fillon candidat à la mairie de Paris en 2014 ? Récurrente depuis plusieurs mois, l'hypothèse devient de plus en plus sérieuse. Officiellement, le premier ministre se concentre sur la «mission» que lui a confiée le président de la République. Matignon s'est déjà fendu d'un démenti sur le sujet avant l'été. Cela n'empêche pas l'homme de la Sarthe de réfléchir à l'après-Matignon. En place depuis dix-huit mois, il ne se sent pas menacé par un prochain remaniement. Son remplacement n'est pas d'actualité, au moins jusqu'à la fin de la présidence française de l'Union européenne. Son bail pourrait même être prolongé bien au-delà des européennes, en juin 2009.
À 54 ans, François Fillon sait bien que sa carrière politique ne s'achèvera pas en quittant l'Hôtel Matignon. Ce passionné de course automobile et d'alpinisme a toujours dans un coin de la tête cette envie de s'évader du monde politique. Il a même rêvé au printemps de présider la Fédération internationale de sport automobile ! Mais le virus de la politique reste plus fort que tout chez cet homme qui en fait depuis 1976, date à laquelle il est entré au cabinet de Joël Le Theule, ministre de Valéry Giscard d'Estaing. «Au petit jeu des mandats qu'il pourrait briguer, l'hypothèse d'une candidature à la mairie de Paris est la plus sérieuse», reconnaît un de ses amis. Comme ses prédécesseurs, il a bien sûr évoqué publiquement la possibilité d'embrasser une carrière européenne, à la Commission de Bruxelles ou ailleurs. Sans vraiment y croire.
Une échéance lointaine
Depuis, il a avancé dans sa réflexion. La première «vraie» conversation sur son avenir remonte à six mois, explique un de ses compagnons de route. Fillon ne veut pas abandonner sa région, les Pays de la Loire, sans avoir préparé sa succession. Ne vient-il pas de recevoir les présidents de droite des conseils généraux de sa région ? Son amie Roselyne Bachelot devrait - même si elle en a peu envie - être désignée tête de liste dans cette Région «gagnable» par l'UMP.
La page des Pays de la Loire tournée, Fillon regarde «sérieusement» la carte de Paris. «L'idée de venir dans la capitale le séduit, mais je ne sais pas s'il ira jusqu'au bout», confie un de ses proches. Il est vrai que l'échéance est lointaine (2014) et que, d'ici là, il va se passer bien des choses. L'hypothèse d'un parachutage dans la capitale ne déplaît pas à l'Élysée. Nicolas Sarkozy et François Fillon auraient, selon un ministre proche des deux hommes, envisagé cette idée lors d'un tête-à-tête avant l'été.
Pour réussir son projet, François Fillon dispose de relais précieux dans la capitale. Plusieurs de ses conseillers et amis y sont élus : Daniel-Georges Courtois dans le XVe, Vincent Roger dans le IVe. Un autre proche, Grégory Canal, adjoint au maire du XVe, sera bientôt délégué UMP dans la circonscription de Jean-François Lamour. Lors de l'université d'été de l'UMP à Royan, on a même vu de jeunes militants, encouragés par Matignon, scander «Fillon à Paris !» Sans attendre la décision du principal intéressé, ses amis préparent donc le terrain.
Si le patron de la fédération UMP, Philippe Goujon, se prononce en faveur de la venue du premier ministre (lire ci-dessous), d'autres élus sont plus sceptiques. Les plus anciens sont encore marqués par l'échec de Philippe Séguin en 2001. «Fillon à Paris ? Quelle drôle d'idée… Il a le profil idéal du gendre de province des années 1980», grince un conseiller de Paris. Un autre renchérit : «Ce qu'il nous faut à Paris, à droite, ce n'est pas un parachutage, c'est une victoire.» Cruel, un élu expérimenté assène : «L'image d'un premier ministre s'émousse très vite. Regardez Raffarin qui a échoué au Sénat !» Comme tout parachutage, celui de Fillon ne sera donc pas de tout repos. «Je trouve qu'il a le look des bobos sérieux», soutient un conseiller.
Sa candidature pourrait donner le départ à une relance de l'UMP parisienne en panne de leader depuis le départ de… Jacques Chirac en 1995. Si François Fillon se risque à changer de territoire électoral, il semble acquis qu'il ne le fera pas au moment des élections régionales de 2010. Candidate en Ile-de-France, Valérie Pécresse est formelle : «Le premier ministre m'a dit qu'il ne veut pas être candidat aux régionales ni dans les Pays de la Loire, ni en Ile-de-France.» La porte d'entrée probable se situerait plutôt au moment des sénatoriales en septembre 2011
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21.07.2008
François Fillon refuse d'"envisager" un rejet de la réforme des institutions
AFP/OLIVIER LABAN-MATTEI
François Fillon assiste à la deuxième lecture du projet de réforme de la Constitution, le 15 juillet 2008 au Sénat à Paris.
François Fillon refuse d'"envisager" l'hypothèse d'un rejet du projet de réforme de la Constitution, qui sera soumis lundi aux députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles. Et si rejet il y avait, le premier ministre indique dans un entretien au Journal du Dimanche du 20 qu'il ne s'estimerait pas "désavoué" , laissant ainsi entendre qu'il ne démissionnerait pas de Matignon. "Il faudra au Congrès une majorité des 3/5èmes. Je serais désavoué si j'étais désavoué par la majorité. Ce qui ne sera pas le cas", estime-t-il, ajoutant que "si quelqu'un sortait affaibli d'un échec de cette révision, ce serait d'abord le Parti socialiste".
Hervé Mariton et Georges Tron, deux députés UMP qui s'étaient abstenus lors des deux lectures du texte à l'Assemblée nationale, ont décidé finalement de voter en faveur de la réforme, "non par adhésion à son contenu, mais dans l'espérance que l'effort de la majorité pour mettre en oeuvre les réformes indispensables ne se brisera pas sur cet écueil que l'on aurait pu éviter", écrivent-ils dans une tribune commune publiée samedi par Le Figaro. - (Avec Reuters.)
Estimant avoir fait, "avec Nicolas Sarkozy", "tout ce qui est en (leur) pouvoir pour assurer la réussite" de la réforme, il "pense que la majorité sera rassemblée", imputant les hésitations et rejets au sein de son propre camp au fait que le texte résulte d'un "compromis". Le chef de l'Etat lui ferait-il porter le chapeau en cas d'échec ? "Ce n'est pas son genre !", d'autant que "c'est une réforme que nous avons portée ensemble" répond François Fillon, prenant bien soin d'associer le président au sort du projet de loi.
"MOMENT DE VÉRITÉ"Le chef du gouvernement dénonce par ailleurs "l'attitude ultra-rigide des dirigeants du PS, qui confondent volontairement l'intérêt du projet et le combat contre le président de la République" et rappelle que François Mitterrand voulait dès 1981 limiter à deux le nombres de mandats présidentiels, puis proposait en 1988 le référendum d'initiative populaire."Nous sommes à un moment de vérité", lance-t-il aux socialistes, qui ont appelé à voter contre la réforme."Personne ne peut nier qu'entre ce projet de révision et la Constitution actuelle, l'avancée est spectaculaire", et "si cette même révision constitutionnelle était proposée par une personnalité de gauche, le Parti socialiste l'adopterait sans l'ombre d'une hésitation", assure-t-il. Si les socialistes faisaient échouer la réforme, "ils en porteraient la lourde responsabilité devant les Français", ''ce serait un échec pour la démocratie et pour tous les Français". Interrogé sur ses éventuels contacts avec les dirigeants du PS, il se dit "en contact permanent avec tous ceux qui peuvent faire évoluer les choses dans le bon sens".
Du côté des centristes, le premier ministre explique que "nombre de leurs demandes ont été prises en compte" , citant l'équilibre budgétaire et le pluralisme. S'agissant de la proportionnelle, réclamée par le MoDem qui, faute d'avoir obtenu satisfaction, votera contre le texte, "il n'y a pas de majorité sur ce point aujourd'hui. Mais le débat se poursuivra. Je m'engage à respecter la sensibilité des centristes et son apport indispensable à l'action de la majorité", déclare-t-il.
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