05.10.2009
Valérie Pécresse : "Faire de Paris une des plus belles métropoles universitaires du monde"
La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, a reçu, lundi 5 octobre, les conclusions de la mission menée depuis le début de l'année par l'ingénieur général,Bernard Larrouturou, sur le patrimoine immobilier universitaire.

La ministre de l'enseignement supérieur fait part de sa volonté de regrouper les grandes universités parisiennes et annonce l'ouverture, d'ici à la fin de l'année, d'une concertation sur le sujet.
Bernard Larrouturou propose de créer à Paris des "universités confédérales", de quoi s'agit-il ?
Hors Paris, les universités ont déjà commencé à se regrouper dans des pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES), comme Paris-Sud et Paris-Est en Ile-de-France. En revanche, Paris intra muros ne compte encore aucun regroupement d'universités. Bernard Larrouturou propose que les huit universités parisiennes, mais aussi des grandes écoles constituent des PRES qu'il appelle en effet "universités confédérales". Ce terme veut dire que personne, au sein de ces regroupements, ne doit perdre son identité.
C'est d'ailleurs ce qui se passe dans les grandes universités internationales: vous avez Cambridge, mais à l'intérieur, toujours Trinity College… Pour la visibilité internationale, la bannière sera commune, mais la recherche et la formation seront pluridisciplinaires. Ce type d'université favorise les doubles cursus et doit aussi nous aider à faire tomber les murs qui séparent les universités des grandes écoles.
Vous avec donc un projet pour les universités parisiennes. Mais ne sont-elles pas autonomes ?
Mon projet, c'est de les convaincre ! Les PRES sont nécessairement des entités constituées sur la base du volontariat et qui ne pourraient fonctionner autrement. La seule réserve tient à leur taille. L'expérience des grands campus internationaux montre qu'il existe une taille critique et que le regroupement ne doit pas être trop flou pour que les équipes travaillent vraiment ensemble. Pour cela, la "fourchette" est comprise entre 3 000 et 6 000 doctorants. Compte tenu de la spécificité française qu'est le poids très important des premiers cycles, cela peut correspondre à plus de 100 000 étudiants.
Quels vont être ces pôles parisiens ?
Je ne veux pas me prononcer sur leur configuration précise ! Je n'ai pas l'intention de décréter que tel établissement ira nécessairement avec tel autre. Ce serait anticiper sur les conclusions d'une concertation qui n'est pas encore terminée et dont l'importance est cruciale. Il nous faut un programme immobilier en correspondance avec un projet pédagogique et scientifique.
C'est un sujet compliqué, qui met en jeu notamment des questions d'identité. Nous ne ferons pas des mastodontes ingouvernables, mais des universités toniques ! Bernard Larrouturou propose la formation à Paris de trois pôles universitaires ainsi que d'un campus international sur la montagne Sainte-Geneviève. C'est une proposition qui ressort des nombreuses discussions qu'il a eues avec les acteurs concernés.
D'autres préconisations portent sur la priorité à l'amélioration de la vie étudiante, la modernisation des bibliothèques, la création d'un grand service interacadémique…
Mais je suis surtout enthousiaste sur la très haute ambition qu'il convient de donner à cette opération. Nous engageons une rénovation qui doit permettre de mener de front une réflexion stratégique, pédagogique et scientifique. Notre but est de faire de Paris une des plus belles métropoles universitaires du monde et, comme le dit M. Larrouturou, la vitrine de l'activité intellectuelle du pays.
Quelles sont les prochaines étapes du projet ?
Une période de très intense concertation, en deux temps. Les PRES parisiens pourraient être constitués d'ici à la fin décembre. Je propose que nous prenions deux mois pour en discuter avec tous les acteurs. D'abord avec les présidents d'universités et les directeurs des grandes écoles, sur les alliances pédagogiques et scientifiques nécessaires. Ensuite avec la ville de Paris et la région, pour aboutir à un schéma directeur immobilier concerté, fixant notamment la liste des opérations prioritaires. L'idée est de passer de 120 sites actuellement à une quarantaine. M. Larrouturou – ce sera une nouvelle étape de sa mission – mènera la concertation sur les PRES et le recteur de Paris sur le schéma directeur.
Le principe de subsidiarité s'appliquera : je suis prête à déléguer aux PRES la compétence de réaliser des travaux s'ils se constituent en établissements publics. Dans le cas contraire, l'Etat prendra ses responsabilités car nous ne pouvons laisser perdurer la situation actuelle. D'ici à la fin de l'année, nous créerons à titre transitoire un établissement public d'aménagement, pour accompagner les universités afin de remettre en état ce qui doit l'être, et d'engager sans tarder la rénovation.
Et l'argent ?
D'ici à 2013, ce sont 4 milliards d'euros qui seront investis en Ile-de-France pour les grands équipements universitaires: 2milliards de crédits budgétaires, et 2 milliards dans le cadre du plan Campus. Dans les autres régions, les collectivités territoriales, tous niveaux confondus, apportent en moyenne 1 euro pour 1 euro investi par l'Etat. J'espère que ce sera la même proportion à Paris. Dès qu'il sera prêt, le schéma directeur immobilier pour Paris intra-muros bénéficiera des 700 millions d'euros prévus. Tout cela est déjà budgété. Si nous retroussons tous nos manches, les grues seront là fin 2011.
Article paru dans l'édition du 06.10.09.
12:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pécresse, larrouturou, facs, paris
29.09.2009
Valérie Pécresse : "il faut trois grands pôles universitaires à Paris"
La Tribune.fr - 29/09/2009 | 05:38 - 2417 mots
Valérie Pécresse explique à La Tribune pourquoi la rentrée universitaire s'annonce sereine. La ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche réaffirme aussi ses ambitions pour les universités parisiennes.

La Tribune - Vous avez promis une rentrée sereine mais certains syndicats estiment que les tensions restent fortes. Cela vous inquiète ?
- J'ai dit que les conditions me semblaient réunies pour une rentrée sereine. La réforme est en marche. Je serai très attentive à ce que cela se fasse le plus sereinement possible. Tous les sujets ne sont pas épuisés, c'est évident. La réforme de la formation des maîtres est sur les rails ; elle suscite un certain nombre de craintes et de questionnements. Je connais très bien la complexité de cette réforme qui est le préalable à la revalorisation des carrières des enseignants du premier et du second degré.
Mais j'aimerais que l'on n'oublie pas les bonnes nouvelles. Tout d'abord, en trois ans, nous avons ouvert 30.000 chambres dans le parc Crous, dont 12 000 cette année. Nous atteignons pour la première fois les objectifs du plan Anciaux et nous allons continuer en 2010. Nous avons aussi introduit la colocation dans le parc HLM avec la loi Boutin, nous travaillons sur les logements modulaires comme il en existe aux Pays-Bas ou en Estonie et, après Arras et Sourdun, avons six projet de réhabilitation de casernes. Quant aux bourses, elles ont été augmentées de 1,5 % dans un contexte d'inflation négative et le nombre de bénéficiaires a progressé de 10 %. C'est un effort sans précédent. Et cela avant même que le Président de la République ne dévoile son plan jeunesse aujourd'hui.
- La réforme du statut des enseignants-chercheurs vient d'entrer en vigueur. Il n'y a plus de contestation à redouter ?
- Le plan de revalorisation des carrières des enseignants-chercheurs et des chercheurs qui accompagne cette réforme prévoit le doublement de toutes les promotions de grades, de nouvelles primes d'excellence scientifique, l'augmentation considérable des primes de responsabilité pédagogique (jusqu'à 15.000 euros), le doublement des primes pour les chercheurs qui enseignent et une augmentation de 20 % de l'enveloppe de primes pour les personnels. Et toutes les universités devenues autonomes ont obtenu une enveloppe de primes majorée de 10 % pour tous leurs personnels. A cela s'ajoute le contrat doctoral qui permet enfin de reconnaître le doctorat comme une expérience professionnelle. En prenant en compte les années doctorales et post-doctorales des jeunes maîtres de conférences recrutés en 2008-2009, nous faisons progresser leurs salaires entre 12 % et 25%. Désormais, un jeune maître de conférences démarre à un salaire de 2.340 euros brut minimum. A une époque, on recrutait les docteurs à 1.500 euros. Enfin, je rappelle qu'il n'y aura pas de suppressions de postes dans l'enseignement supérieur et la recherche. Mieux, en 2008-2009, nous avons même recruté 85 enseignants-chercheurs supplémentaires du fait d'une meilleure gestion des emplois.
- Vous avez instauré l'égalité entre TP et TD dans le décompte des services des enseignants-chercheurs mais certains syndicats craignent que son application n'entraîne des inégalités.
- C'était une revendication historique de tous les syndicats et cela constitue une avancée spectaculaire pour les filières scientifiques car jusqu'à présent, on ne reconnaissait pas les travaux pratiques à leur juste valeur. Certains demandent à ce que cette mesure s'applique aussi aux vacataires. D'une manière générale, qu'il s'agisse des accélérations du début de carrière ou des nouvelles bonifications de rémunérations, je m'engage à faire examiner les situations individuelles afin de permettre à chaque membre de la communauté universitaire de bénéficier des effets positifs du plan de revalorisation.
- Votre budget est en augmentation et vous avez largement bénéficié du plan de relance. Mais les étudiants français restent moins bien lotis que dans la plupart des grands pays industrialisés...
- Il y avait un réel retard de l'investissement de l'Etat dans l'université. En 2007, la dépense annuelle par étudiant était de 7.200 euros, contre 10.000 euros par lycéen. C'est un déséquilibre inacceptable pour un pays développé. En 2009, nous atteignons 9.132 euros par étudiant. L'objectif est d'arriver à au moins 10.500 euros d'ici 2012. Depuis 2007, les moyens dédiés à l'enseignement supérieur et à la recherche augmentent de 1,8 milliard d'euros par an. Et en 2009, grâce au plan de relance, s'y ajoutent 730 millions d'euros. Nous sommes aujourd'hui dans une logique de rattrapage : c'est donc le contraire de ce que craignent les adversaires de l'autonomie, puisque celle-ci s'accompagne d'un engagement financier massif de l'Etat pour ses étudiants. Pour preuve, nous venons de transmettre à toutes les universités leur budget consolidé avec les dotations d'Etat. En moyenne, l'année dernière, leur budget de fonctionnement et d'investissement a augmenté de 20 %, hors plan Campus.
- Mais toutes ne sont pas logées à la même enseigne. Certaines n'ont-elles pas vu leur budget baisser ?
- Non. Tous les budgets ont progressé d'au moins 10 %. Certaines universités ont bénéficié de 100 % de hausse, car cela dépend aussi de la vétusté des locaux, des projets immobiliers... Toutes les informations sur ces budgets au profit des universités sont désormais disponibles sur le site du ministère, de même que les informations sur les revalorisations de carrières. L'effort de l'Etat va très vite devenir visible dans chaque université. Si les gouvernements ont peu investi par le passé - à droite comme à gauche- c'est faute de réforme. Les moyens nouveaux sont la contrepartie de l'autonomie qui se met en place aujourd'hui.
- N'y a-t-il pas un risque de favoriser les universités très réputées au détriment des petites moins prestigieuses ?
- Non. Au contraire, l'autonomie donne une prime aux universités en initiative. Et permet de distinguer celles qui bougent et qui changent. La semaine dernière, j'ai souhaité inaugurer une unité Inserm mixte à Paris XIII, lieu d'excellence en hématologie. Pourquoi ? Parce que cette unité a failli ne pas voir le jour, l'Inserm préférant regrouper ses unités d'excellence dans une grande université parisienne. Ce n'était pas ma vision ; pour moi, l'autonomie doit libérer les énergies et le seul critère pour labelliser une unité de recherche doit être l'excellence scientifique. Quand un laboratoire est évalué A+, qu'il soit à Paris XIII ou à Paris V, l'Inserm doit l'accompagner. C'est une question de stratégie scientifique pour le pays. Autre exemple souvent cité, celui de La Rochelle. Ses équipes se sont battues pour obtenir l'autonomie. Depuis, La Rochelle est considérée comme pionnière et a élaboré un projet pédagogique innovant. Auparavant, les moyens étaient seulement alloués en fonction du nombre de mètres carrés et du nombre d'étudiants inscrits. La grande difficulté aujourd'hui est de combattre les idées reçues. Or, l'université change de visage, entre dans le XXIe siècle à grandes enjambées, se rapproche des grandes écoles. Nous sommes partis de 85 universités et 225 écoles ; à la fin de l'année, nous aurons restructuré le paysage en 15 grands pôles de recherche d'enseignement supérieur (PRES) grâce au ciment financier de l'opération Campus.
- 18 universités ont accédé à l'autonomie au début de l'année. Mais certains présidents d'université se plaignent d'être trop contrôlés et demandent une refonte du système d'allocation des moyens...
- Demandez-vous plutôt pourquoi 33 universités supplémentaires ont demandé et obtenu l'autonomie pour 2010 ! C'est que le bouche à oreille a été bon... Cela dit, certains établissements ont eu besoin d'être accompagnés par l'administration au démarrage. Développer le contrôle de gestion, la gestion des ressources humaines, maîtriser sa masse salariale, cela ne s'apprend pas du jour au lendemain. Je ne vais pas laisser des établissements publics gérer plusieurs centaines de millions d'euros de budget transférées sans contrôle solide. Pour l'instant, aucun « bug » n'est à déplorer. La plupart des universités découvrent même de nouvelles marges de manœuvre après que je leur ai rappelé qu'elles peuvent disposer librement de tous les moyens du plan licence dès lors qu'elles remplissent leurs objectifs, et qu'une enveloppe de primes de 10 % supplémentaire allait leur être allouée. Quant au système d'allocation des moyens, nous allons le corriger à la marge. Le modèle est bon car il prend en compte la réalité de l'activité de l'université (le nombre d'étudiants présents aux examens, etc.) et ses performances. Il ne s'agit pas de changer les critères mais il est vrai que nous avions sous pondéré les licences. Nous allons les rectifier sur ce point, ce qui sera bénéfique aux IUT et aux universités intégrant de nombreux premiers cycles. De la même façon, nous avions sous-évalué la charge des coûts fixes pour les petites universités pluridisciplinaire de moins de 11.000 étudiants. Ces ajustements à la marge permettront de supprimer les inégalités de traitement.
- La réforme de la formation et du recrutement des enseignants menace-t-elle l'avenir des IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres) ?
- Je rappelle que leur intégration au sein des universités s'est plutôt bien déroulée. Maintenant, au-delà même de la question des IUFM, il faut réfléchir à ce que seront les lieux de la formation des maîtres de demain. Luc Châtel, qui est issu du monde des ressources humaines, et moi-même sommes sur la même longueur d'ondes. Aujourd'hui, l'enjeu c'est la formation des maîtres tout au long de la vie, le retour à l'université des professeurs. On ne peut pas commencer une carrière de professeur des écoles ou du second degré en se disant que, pendant quarante ans, on va enseigner de la même façon. Cela donne aux universités avec leurs composantes IUFM une occasion formidable de devenir des lieux de formation tout au long de la vie. Les établissements vont devoir travailler différemment, évoluer en centre de ressources interuniversitaires et nouer de nouveaux partenariats avec les UFR disciplinaires... C'est un vrai défi.
- La question des stages en responsabilité devant une classe d'étudiants qui n'ont pas encore passé le concours inquiète aussi beaucoup la communauté enseignante.
- Aujourd'hui, les vacataires de l'Education nationale titulaires d'une simple licence peuvent remplacer un professeur à temps complet et cela ne choque personne ! Je fais aussi remarquer que les étudiants en 4ème année de médecine sont internes, font des gardes ; que les élèves d'école de commerce effectuent des missions de cadres dès leur 2ème année d'étude... Attention au discours idéologique. Nous créons un diplôme à bac+5 avec des stages en responsabilité offerts à des jeunes qui seront encadrés par l'université. S'il n'y avait qu'un seul élément positif de la réforme, ce serait celui-là : plus un seul étudiant ne passera le concours de professeur des écoles ou le Capes sans connaître la réalité d'une classe. Ma responsabilité en tant que formateur est d'offrir de la pré professionnalisation dans la formation des maîtres. Que les jeunes qui passent les concours le fassent en connaissance de cause.
- Vous venez d'annoncer 700 millions d'euros de dotations pour les campus parisiens, dont les contours ne sont toujours pas connus. Ou en est la mission que vous avez confié à ce sujet à Bernard Larrouturou ?
- En Ile-de-France, sur la période 2007-2013, l'Etat va dépenser 4 milliards d'euros en immobilier (logement étudiant, projets Saclay et Condorcet, Jussieu, Tolbiac, Clignancourt, rénovation de la Sorbonne, d'Assas, de la bibliothèque Sainte-Geneviève...), dont 700 millions dans le cadre de l'opération campus de Paris. Celle-ci a vocation à développer des structures interuniversitaires communes et à doter en capital les futures universités confédérales parisiennes et que l'on nomme des PRES (Pôles de Recherche et d'Enseignement supérieur). Que voulons-nous faire à Paris ? Un schéma directeur immobilier qui ait du sens en matière pédagogique et scientifique et qui soit le catalyseur de rapprochements ou d'alliances entre universités et grandes écoles parce que le paysage à Paris est trop morcelé et trop clairsemé entre les disciplines. L'idéal serait d'avoir trois grands pôles universitaires. L'Ile-de-France compte environ 550.000 étudiants, dont 300.000 à Paris. Le critère retenu est de 3.000 à 6.000 doctorants par pôle. Au-dessus de 6.000 doctorants, nous ne sommes plus dans les critères internationaux.
- La recomposition du paysage universitaire parisien entraînera-t-elle des cessions immobilières ?
- Bernard Larrouturou travaille avec les universités sur un certain nombre de projets immobiliers prioritaires, que nous voulons réaliser en concertation notamment avec la Région et la Ville. L'objectif est de passer de près de 120 sites immobiliers à une quarantaine et que chaque université se dote d'un schéma directeur immobilier avant d'obtenir la dévolution de son patrimoine qui est la deuxième étape de l'autonomie. Mais je tiens à ce qu'aucun bâtiment de prestige à vocation universitaire situé dans Paris ne perde cette vocation. Au contraire, j'aimerais récupérer certains bâtiments, notamment ceux des écoles qui partent sur Saclay ou Aubervilliers. Cette redistribution va nous permettre de donner de la cohérence.
- Qu'espérez-vous obtenir du grand emprunt ?
- Pour moi, le grand emprunt doit être l'occasion pour la France de faire un bond en avant scientifique et technologique. Nous avons lancé il y a 6 mois un grand exercice de prospective avec les chercheurs publics et privés et les associations : la Stratégie nationale de rechercher et d'innovation (SNRI). La SNRI a défini trois grands champs prioritaires (santé et l'alimentation ; énergie et environnement ; informations et nanotechnologies) pour lesquels des programmes de recherche ont été identifiés tels le séquençage du génome à haut débit, l'interface entre l'informatique et la biologie, le photovoltaïque... Pour moi, il y a plusieurs champs à couvrir : la recherche fondamentale, la recherche partenariale, les grandes infrastructures de recherche et la valorisation de la recherche pour stimuler les PME innovantes. Dans cet optique j'organise le 6 octobre un séminaire destiné à prolonger la SNRI et la traduire en projets concrets. Je proposerai à la mission Juppé-Rocard que l'on réalise des appels à projet. Je travaille avec Chantal Jouanno en matière environnementale, Bruno Lemaire en matière d'alimentation, Roselyne Bachelot et Christine Lagarde en matière de santé. Nous souhaitons faire émerger des projets d'excellence mondiale. C'est dans ce cadre que le chef de l'Etat souhaite voir créés « cinq instituts hospitalo-universitaires de rang mondial ».
- La règle du non-cumul des mandats remet-elle en cause quelque votre stratégie de conquête en Ile-de-France ?
- Aucunement. J'ai toujours dit depuis un an que ce combat régional est un défi supplémentaire et que, pour moi, présider la région Ile-de-France n'est pas compatible avec une fonction ministérielle.
- Si vous l'emporter, quitter votre portefeuille ministériel ne sera-t-il pas un crève-cœur ?
- C'est un autre défi mais d'ici au mois de mars, je vais graver la réforme dans le marbre. Dans les six mois prochains, nous allons passer des étapes décisives : réforme du CNRS, rapprochement grandes écoles-universités, plan Campus, développement de l'insertion professionnelle... A la fin de l'année, le nouveau paysage universitaire français sera regroupé en 15 PRES. En janvier, 60% des universités seront autonomes.. Toutes ces actions dans le domaine de l'enseignement supérieur, la recherche, l'innovation et de l'aménagement de pôles ...me passionnent et continueront à me passionner.
Propos recueillis par Clarisse Jay et Pierre Kupferman
11:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pécresse, paris, université, rentrée universitaire
05.05.2009
Valérie Pécresse pour le Grand Paris
12:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pécresse, paris, régionales 2010
08.01.2009
Fanny Ardant Airs de ville

Fanny Ardant dans «Hello Goodbye». « En vivant désormais dans le Ve, je retrouve des émotions anciennes, des souvenirs précieux ». Crédits photo : François Bouchon et Martine Archambault/ Le Figaro
Longtemps, elle a vécu au Trocadéro et découvre, ravie, le Quartier latin.
![]()
C'est au cœur de la ville qu'on la rencontre. Au Louvre. Dans le dédale des salles inoccupées du pavillon Mollien, Fanny Ardant tourne un film très mystérieux du réalisateur Tsaï Ming-liang (La Saveur de la pastèque). Elle n'en connaît ni le titre ni l'exact scénario. Elle aime ce flottement. « Il crée de l'image au fur et à mesure. J'aime l'idée que je ne comprends pas les choses… que je pénètre dans le tableau. » La belle redoute simplement le moment où, dans quelques mois, il faudra s'envoler pour Taïwan, tourner d'autres plans. Non qu'elle soit en rien casanière. Mais sa patrie, c'est plutôt l'Europe.
Auparavant, on l'aura applaudie dans Music Hall, pièce à trois personnages de Jean-Luc Lagarce, mise en scène par Lambert Wilson, aux Bouffes du Nord. « J'aime cette langue, sa musicalité particulière et ce qu'il dit d'une recherche de l'absolu, dans cet univers de rêves brisés . » Une très belle histoire, un très beau personnage. Fanny Ardant, qui a fait ses débuts de metteur en scène au Châtelet il y a quelques mois, vient de tourner son premier film comme réalisatrice : Cendre et Sang. Un titre à la Lorca, une histoire de pardon. Un tournage en Roumanie. Elle en est au montage. « J'apprends cette écriture nouvelle. » À Paris. Qu'elle aime. « J'ai longtemps habité le Trocadéro. Je redécouvre le Ve. » Des boutiques ? « Jamais je ne fais de courses ! Mais j'aime les bancs publics… »
En très bonne Compagnie
Il y a évidemment de très nombreuses librairies dans ce quartier, mais j'ai une préférence pour La Compagnie, en face du Balzar, à deux pas de la Sorbonne. Une librairie générale avec tout ce que l'on peut rêver dans tous les domaines du savoir. Elle très bien située, très dense et aérée. On s'y sent bien pour humer l'air du temps… Il y a une griserie très particulière qui saisit dans ces lieux de savoir.
La Compagnie , 58, rue des Écoles, Ve. Tél. : 01 43 26 45 36.
L'île des promenades

Crédits photo : Le Figaro
Lorsque j'habitais vers le Trocadéro, l'une de mes promenades préférées était cette longue langue de terre et de verdure, entre deux ponts, face à la Maison de la Radio, non loin de Beaugrenelle, où, lorsqu'il y avait encore des salles de cinéma, j'étais une spectatrice assidue. C'est un endroit hors du temps, pour les amoureux et les écrivains. Un lieu très romanesque et apaisant.
Allée des Cygnes, entre le pont de Bir-Hakeim et le pont de Grenelle, XVIe.
Mon banc public préféré
Dans les villes, j'aime les lieux où la nature reprend quelques-uns de ses droits. Et j'aime les bancs publics. Ce sont des havres dont personne ne songe à vous déloger. J'ai mon banc préféré. Il est dans les jardins du Trocadéro, à droite en regardant le fleuve. Ce banc est situé non loin de la statue de Paul Valéry. J'y ai passé des heures, à apprendre mes textes en surveillant mon chien, qui s'ébattait non loin, faisait de ce jardin son jardin. Les gens sont gentils, on peut déclamer, ils ne s'étonnent pas.
Jardins du Trocadéro, XVIe.
Le charme des quais

Crédits photo : Le Figaro
Depuis que je vis dans le Ve arrondissement, je ne me lasse pas des berges de la Seine. Je flâne souvent en contrebas du quai de Montebello, face à l'île Saint-Louis, entre le chevet de Notre-Dame et le fleuve qui s'élargit, de l'autre côté vers l'est, on a une image très belle de la ville et de son passé. Il y a là quelque chose de l'ivresse des ports, des départs
Berges de la Seine, sous le quai de Montebello, Ve.
Un square près de Saint-Julien
Il y a du secret dans ce square qui, telle une île de verdure refermée sur elle-même, jouxte Saint-Julien-le-Pauvre. C'est une des nombreuses églises de ce quartier où, à chaque pas, on tombe sur un témoignage fort du passé de la ville.
Église Saint-Julien-le-Pauvre et square Viviani, Ve.
L'atelier de Moreau

Crédits photo : Le Figaro
C'est sans doute l'un des musées de Paris qui me fascine le plus. D'abord parce que j'aime la peinture de Gustave Moreau, ses thèmes, sa manière. Mais aussi parce que l'on est ici à la fois dans sa maison et dans son atelier, tels qu'ils étaient lorsqu'il y travailla. C'est comme si, en franchissant ces portes, on pénétrait dans un monde révolu et qui pourtant palpite.
Musée Gustave-Moreau , 14, rue de la Rochefoucauld, IXe. Tél. : 01 48 74 38 50.
Chez Gibert
Les livres déjà lus sont émouvants. Leur fatigue traduit le temps qui a passé, leur usure, des passions. Ils circulents. J'aime retrouver des poches anciens, que je possédais autrefois ...
Gibert Jeune, 5, place Saint-Michel, Ve. Tél. 01 56 81 22 22.
Au Palais Royal

Crédits photo : Le Figaro
Dans ce jardin là, également, j'ai mon banc préféré. Le quartier est superbe, les bâtiments du Palais--Royal sont d'une beauté admirable. Mais j'aime le jardin, les bruits de l'eau, les cris des enfants qui s'amusent ...
Jardins du Palais Royal, Ier.
D'hier à aujourd'hui, quelques dates
1974-1980 : Théâtre avec Dominique Leverd, Corneille, Montherlant, Racine, Claudel, Obaldia.
1979 : Les Dames de la côte, pour la télévision, avec Nina Companéez.
1981 : La Femme d'à côté, de François Truffaut, avec Gérard Depardieu.
1982 : Vivement dimanche ! de François Truffaut, avec Jean-Louis Trintignant.
2008 : Signe sa première mise en scène, Véronique, d'André Messager, au Châtelet.
00:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ardant, paris, ballade
06.01.2009
INSTALLATION DE LA MISSION SUR L’EVOLUTION DES ETABLISSEMENTS UNIVERSITAIRES PARISIENS
Paris, le 06 janvier 2009
COMMUNIQUE DE PRESSE
INSTALLATION DE LA MISSION SUR L’EVOLUTION DES ETABLISSEMENTS UNIVERSITAIRES PARISIENS
Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a chargé Bernard Larrouturou, ingénieur général, ancien président directeur général de l’INRIA, et ancien directeur général du CNRS, d’une mission sur l’évolution des établissements universitaires parisiens, notamment dans le cadre de la mise en oeuvre de la loi sur l’autonomie des universités.
Cette mission fait suite à l’état des lieux dressé par la mission d’audit de l’immobilier universitaire qui met en lumière toutes les difficultés découlant de l’éclatement du paysage immobilier universitaire, et les aspects particulièrement dommageables de cette situation, pour les étudiants qui rencontrent de grandes difficultés pour trouver des lieux où travailler sereinement, pour se repérer dans l’offre de formations ou encore pour se loger et se restaurer. Le comité de l’Opération campus avait également souligné les difficultés à mettre en place des coopérations stables et structurantes entre les établissements parisiens.
Bernard Larrouturou devra ainsi proposer, en lien étroit avec l’ensemble des acteurs concernés - collectivités locales et établissements - un schéma directeur pour l’enseignement supérieur à Paris, appuyé sur les projets pédagogiques et scientifiques des établissements.
Les recommandations porteront en particulier sur :
-l’amélioration des conditions de vie étudiante à Paris ;
-la structuration et, le cas échéant, le regroupement des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dans la logique des pôles de recherche et d’enseignement supérieur et de l’Opération Campus, afin de renforcer leur visibilité internationale et de réduire le morcellement actuel;
-les opérations immobilières prioritaires à engager dès 2009.
Il proposera également un dispositif permettant de piloter, dans la durée, la mise en oeuvre du schéma directeur qui sera retenu par l’Etat, en lien avec les collectivités locales, et d’accompagner et de coordonner les établissements concernés, dans le cadre et le respect de la loi sur l’autonomie des universités.
Les recommandations seront présentées au mois de mars 2009 pour les questions de vie étudiante, et au mois de mai 2009 pour l’ensemble du dossier.
Contact presse :
Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche :
Karen Bornaghi – 33 1.55.55.84.32 – karen.bornaghi@recherche.gouv.fr
source : http://www.nouvelleuniversite.gouv.fr/IMG/pdf/missionevoluniv.pdf
23:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pécresse, plan campus, fac, paris
25.12.2008
Rachida Dati soigne son ancrage parisien
Sophie de Ravinel 23/12/2008 | Mise à jour : 21:37 |
Soucieuse de ne pas être une ministre sans assise électorale, Rachida Dati envisagerait de se présenter aux régionales en 2010. (AFP/CERLES)
La ministre de la Justice poursuit son implantation dans la capitale, qui pourrait passer par la tête de liste UMP aux régionales à Paris.
![]()
«J'ai besoin de faire mes preuves à la mairie.» Rachida Dati est certes garde des Sceaux mais pas question pour autant de négliger sa mairie du VIIe arrondissement, conquise en mars, et, par là, son ancrage parisien. Décidée au contraire à le renforcer, elle s'est présentée le mois dernier aux élections internes de la fédération UMP de Paris, comme déléguée de la 3e circonscription. La ministre a été élue avec 64,46 % des voix, prenant la suite de l'ancien maire Michel Dumont. «Elle veut animer et faire vivre son réseau de militants», note son entourage. «L'élection à la mairie n'a pas été si facile. Il lui faut conserver la dynamique de cette période électorale.»
En vue de prochaines échéances ? Ceux des militants qui ont été conviés, jeudi, à une soirée de motivation politique ont été invités à le croire. Elle leur a promis qu'ils allaient de nouveau faire équipe prochainement. Soucieuse de ne pas être de ces ministres sans attache électorale, Rachida Dati ne veut pas être la cible des reproches présidentiels sur ce thème. Le refus de Rama Yade, secrétaire d'État aux Droits de l'homme, d'être tête de liste aux européennes en Ile-de-France laisse une place à la ministre de la Justice. Et lui ouvre l'opportunité d'offrir une solution à Nicolas Sarkozy, avec qui les liens sont notoirement distendus.
Bataille électorale
Officiellement, pourtant, la question «n'a pas été abordée» avec ses proches collaborateurs, dit-on. Une manière de laisser la porte ouverte sans l'ouvrir franchement. Pressenti pour former un tandem avec Rama Yade, l'ancien ministre Luc Ferry n'est «pas franchement» candidat pour être tête de liste, dit-on dans son entourage.
Rachida Dati tient à sa place au gouvernement et au ministère de la Justice où elle espère que son projet de loi pénitentiaire passera au premier semestre 2009. Accepter d'être tête de liste aux européennes signifierait l'abandon de son portefeuille au printemps pour mener sa campagne, puis son départ vers Bruxelles, aussi provisoire puisse-t-il être. Plus simplement, la ministre pourrait briguer le poste de tête de liste à Paris aux régionales de 2010. Ce qui ne l'obligerait pas à quitter le gouvernement et lui permettrait de s'ancrer encore davantage dans la capitale. Elle serait ainsi prête à s'engager dans cette bataille électorale derrière le chef de file régional de l'UMP, qu'il s'agisse de l'un ou l'autre de ses confrères du gouvernement : Valérie Pécresse, qu'elle invite le 15 janvier dans son arrondissement ou Roger Karoutchi qu'elle a déjà reçu chaleureusement.
Rien n'empêchera ensuite Rachida Dati de briguer en 2012 la succession de la députée UMP Martine Aurillac, qui ne se représentera pas dans une 3e circonscription éventuellement élargie. Les sénatoriales, en 2011, pourraient aussi la tenter. Mais les places sont chères et le combat autrement plus dur.
Cette stratégie lui permet de faire front, alors que les critiques se multiplient. Dati «a pris une certaine indépendance électorale, confirme un élu du VIIe, malgré tout ce que l'on peut dire contre elle.» Tout reste donc possible d'ici à l'échéance, lointaine, des municipales de 2014. Elle pourrait alors tenter sa chance. Si François Fillon ne s'installe pas à Paris.
20:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dati, paris, mairie 7e
02.12.2008
Mais où vont s'arrêter les Verts?
Samedi, les Jeunes Verts ont mené une opération militante inacceptable.
En effet, au lieu de faire correctement valoir leurs idées, les jeunes anti-capitalistes ont "célébré la grande messe de la très sainte consommation" rue Caumartin (Paris IX), au pied de l'église Saint Louis d'Antin. Une vraie mascarade où un jeune badaud des Verts était vêtu d'une chasuble blanche avec une étole où étaient imprimés les logos de plusieurs grandes entreprises et, en guise de collier, le sigle de la monnaie européenne. Ce "prêtre" criait à tu-tête des phrases comme " Gloire à toi profit " ou encore " Gloire à la recherche éternelle du fric! " et ses fidèles reprenaient, tous en choeur. Après Ségolène au Zenith, les Jeunes Verts au Théatre de Paris pour une comédie musicale exceptionnelle?
Je souhaiterais que Rémi Guerber, secrétaire fédéral des Jeunes Verts, m'explique pourquoi il a choisi cette mise en scène pour un message purement politique.
N'est-ce pas une atteinte à la religion catholique? Pour leur prochaine opération, vont-ils simuler une prière musulmane ou juive dans les rues de Paris?
Je ne tiens pas du tout un discours conservateur, mais je pense qu'il faut savoir se limiter à des actions raisonnables et utiles lorsque l'on prétend faire de la politique.
Antoine de Jerphanion, Vice Président de l'UMP Lycées, Délégué Jeune UMP Boulogne Billancourt
source : http://antoinedejerphanion.hautetfort.com/
11:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : verts, paris
22.10.2008
La tentation parisienne de François Fillon

François Fillon dispose de précieux soutiens s'il décide de partir à la conquête de la mairie de Paris. Crédits photo : Le Figaro
Selon ses amis, le premier ministre envisage «sérieusement» une candidature dans la capitale.
François Fillon candidat à la mairie de Paris en 2014 ? Récurrente depuis plusieurs mois, l'hypothèse devient de plus en plus sérieuse. Officiellement, le premier ministre se concentre sur la «mission» que lui a confiée le président de la République. Matignon s'est déjà fendu d'un démenti sur le sujet avant l'été. Cela n'empêche pas l'homme de la Sarthe de réfléchir à l'après-Matignon. En place depuis dix-huit mois, il ne se sent pas menacé par un prochain remaniement. Son remplacement n'est pas d'actualité, au moins jusqu'à la fin de la présidence française de l'Union européenne. Son bail pourrait même être prolongé bien au-delà des européennes, en juin 2009.
À 54 ans, François Fillon sait bien que sa carrière politique ne s'achèvera pas en quittant l'Hôtel Matignon. Ce passionné de course automobile et d'alpinisme a toujours dans un coin de la tête cette envie de s'évader du monde politique. Il a même rêvé au printemps de présider la Fédération internationale de sport automobile ! Mais le virus de la politique reste plus fort que tout chez cet homme qui en fait depuis 1976, date à laquelle il est entré au cabinet de Joël Le Theule, ministre de Valéry Giscard d'Estaing. «Au petit jeu des mandats qu'il pourrait briguer, l'hypothèse d'une candidature à la mairie de Paris est la plus sérieuse», reconnaît un de ses amis. Comme ses prédécesseurs, il a bien sûr évoqué publiquement la possibilité d'embrasser une carrière européenne, à la Commission de Bruxelles ou ailleurs. Sans vraiment y croire.
Une échéance lointaine
Depuis, il a avancé dans sa réflexion. La première «vraie» conversation sur son avenir remonte à six mois, explique un de ses compagnons de route. Fillon ne veut pas abandonner sa région, les Pays de la Loire, sans avoir préparé sa succession. Ne vient-il pas de recevoir les présidents de droite des conseils généraux de sa région ? Son amie Roselyne Bachelot devrait - même si elle en a peu envie - être désignée tête de liste dans cette Région «gagnable» par l'UMP.
La page des Pays de la Loire tournée, Fillon regarde «sérieusement» la carte de Paris. «L'idée de venir dans la capitale le séduit, mais je ne sais pas s'il ira jusqu'au bout», confie un de ses proches. Il est vrai que l'échéance est lointaine (2014) et que, d'ici là, il va se passer bien des choses. L'hypothèse d'un parachutage dans la capitale ne déplaît pas à l'Élysée. Nicolas Sarkozy et François Fillon auraient, selon un ministre proche des deux hommes, envisagé cette idée lors d'un tête-à-tête avant l'été.
Pour réussir son projet, François Fillon dispose de relais précieux dans la capitale. Plusieurs de ses conseillers et amis y sont élus : Daniel-Georges Courtois dans le XVe, Vincent Roger dans le IVe. Un autre proche, Grégory Canal, adjoint au maire du XVe, sera bientôt délégué UMP dans la circonscription de Jean-François Lamour. Lors de l'université d'été de l'UMP à Royan, on a même vu de jeunes militants, encouragés par Matignon, scander «Fillon à Paris !» Sans attendre la décision du principal intéressé, ses amis préparent donc le terrain.
Si le patron de la fédération UMP, Philippe Goujon, se prononce en faveur de la venue du premier ministre (lire ci-dessous), d'autres élus sont plus sceptiques. Les plus anciens sont encore marqués par l'échec de Philippe Séguin en 2001. «Fillon à Paris ? Quelle drôle d'idée… Il a le profil idéal du gendre de province des années 1980», grince un conseiller de Paris. Un autre renchérit : «Ce qu'il nous faut à Paris, à droite, ce n'est pas un parachutage, c'est une victoire.» Cruel, un élu expérimenté assène : «L'image d'un premier ministre s'émousse très vite. Regardez Raffarin qui a échoué au Sénat !» Comme tout parachutage, celui de Fillon ne sera donc pas de tout repos. «Je trouve qu'il a le look des bobos sérieux», soutient un conseiller.
Sa candidature pourrait donner le départ à une relance de l'UMP parisienne en panne de leader depuis le départ de… Jacques Chirac en 1995. Si François Fillon se risque à changer de territoire électoral, il semble acquis qu'il ne le fera pas au moment des élections régionales de 2010. Candidate en Ile-de-France, Valérie Pécresse est formelle : «Le premier ministre m'a dit qu'il ne veut pas être candidat aux régionales ni dans les Pays de la Loire, ni en Ile-de-France.» La porte d'entrée probable se situerait plutôt au moment des sénatoriales en septembre 2011
15:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fillon, paris, mairie, 2014
14.03.2008
A J-3, Panafieu et Xavier Bertrand envoient un signal aux électeurs du MoDem
Françoise de Panafieu entourée de plusieurs membres du gouvernement dont Xavier Bertrand (2ed), le 13 mars 2008 à la Mutualité à Paris
PARIS (AFP) — A J-3 du second tour des municipales, le gouvernement, Xavier Bertrand en tête, est venu en force jeudi soir à la Mutualité soutenir Françoise de Panafieu, appelant à la mobilisation de l'électorat de droite et tendant clairement la main à celui du MoDem.
"Je compte sur vous pour vous mobiliser et pour mobiliser autour de vous", a lancé la candidate UMP aux municipales dans la capitale, où 43% des électeurs inscrits se sont abstenus au premier tour.
"Je veux poser avec franchise une question aux électeurs du centre: de qui sont-ils le plus proches? Je leur dis: regardez le projet du MoDem, regardez le nôtre. Voyez à quel point ils sont proches", a-t-elle déclaré à la tribune.
Et de lancer "Bienvenue aux électeurs du MoDem!", sous les applaudissements de quelque 400 militants et de plusieurs membres du gouvernement, dont Jean-Louis Borloo, Rachida Dati --en ballottage favorable dans le VIIe arrondissement--, Rama Yade --en ballottage à Colombes (Hauts-de-Seine)-- et Roger Karoutchi.
"Les jeux ne sont pas faits à Paris", a lancé le ministre du Travail Xavier Bertrand, relevant à son tour le très faible taux de participation dans la capitale au premier tour. "Il y a des réservoirs de voix comme dans peu de villes en France".
"C'est dans notre électorat que nous mobiliserons", a-t-il insisté. Et de fustiger le maire socialiste sortant Bertrand Delanoë pour avoir "baladé" le MoDem et ses électeurs dans le jeu des alliances de l'entre deux-tours et "les avoir rejetés de façon sectaire et choquante".
"On tend la main au MoDem parce que Bertrand Delanoë leur a claqué la porte. Il dit +Moi je prends le PS sur la gauche, J'envoie des signaux à gauche toute!+ pour faire de Paris l'arme fatale contre le gouvernement", a expliqué son porte-parole de campagne Pierre-Yves Bournazel après le meeting.
"Une élection en cache une autre à Paris, car la seule élection qui intéresse Delanoë aujourd'hui, c'est celle du premier secrétaire du PS" au prochain congrès du parti, avait lancé auparavant à la tribune Xavier Bertrand.
Le ministre des Relations avec le Parlement Roger Karoutchi a lui aussi appelé à la mobilisation "pour un Paris débridé au service des Parisiens et non pas de l'ambition d'un homme."
Quant à la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, elle a raillé "l'homme des 35 heures qui a complètement désorganisé les hôpitaux de Paris" et le président du conseil général du département de la Seine qui a été "incapable" de faire face à la canicule de 2003, "alors que c'était sa responsabilité".
Dénonçant les "vieilles alliances, ringardes et démodées" de M. Delanoë, Xavier Bertrand a ironisé : "Avec les communistes, pour attirer les entreprises à Paris, franchement on fait mieux! Et avec les Verts il y a peu de chances que ça s'améliore sur la circulation".
Françoise de Panafieu (27,6% des suffrages au premier tour) est largement devancée par son rival socialiste (41,9%).
00:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipales, paris
05.03.2008
Delanoë pose ses conditions à une alliance avec le Modem

Malgré les appels du pied de Marielle de Sarnez, Bertrand Delanoë demande un «partenariat solide et durable» avec les centristes dans la capitale.
«Trop d'habileté tactique et trop de contradictions» dans les positions prises par le Modem. Grand favori à Paris, avec 45% d'intentions de vote au premier tour selon notre dernier sondage, Bertrand Delanoë fait monter la pression sur le parti centriste, qui multiplie les appels du pied à son égard pour l'entre-deux-tours.
Le maire sortant de Paris a dit «oui», mercredi matin sur i-télé à une alliance avec le parti de François Bayrou, mais à ses conditions. Bertrand Delanoë a «besoin de savoir si de 2008 à 2012, les partenariats sont solides et durables», car il ne veut «pas être soumis à des majorités à géométrie variable». «Je veux que les Parisiennes et les Parisiens, quels que soient leurs votes, soient mes vrais patrons et pas des appareils politiques quels qu'il soient», a martelé le maire de Paris. Avant de rappeler : «nous avons tous un devoir d'honnêteté intellectuelle vis-à-vis de tous nos électeurs».
Sarnez : «partenaires, nous y sommes prêts»
La veille, Marielle de Sarnez, chef de file des centristes dans la capitale, avait une nouvelle fois fait allusion à une alliance avec le PS dans l'entre-deux-tours. «Nous sommes la seule offre politique nouvelle parce que nous acceptons de sortir de la guerre de tranchées d'un camp contre l'autre», expliquait-elle à ses militants, lors d'un meeting en présence de François Bayrou.
La candidate, créditée de 11% d'intentions de vote dans un sondage Ipsos-Dell publié mardi, ajoutait : «nous avons été plus proches de Bertrand Delanoë comme maire de Paris» que de son prédécesseur Jean Tiberi. Avant d'assurer : «Partenaires, oui, nous y sommes prêts. Solidaires, oui, la solidarité dans l'action est nécessaire. Mais soumis non, sectaires, non».
Les Verts, partenaires exemplaires
Une position qui ne suffit pas à Bertrand Delanoë. Le maire de Paris dénonce le discours de certains candidats du Modem, comme Jan Peyrelevade dans le XVIe «qui dénigre notre ambition économique» ou Corinne Le Page, dans le XIIe, qui «dit des choses qui inquiétantes» sur la lutte contre la pollution automobile.
Et Bertrand Delanoë d'ériger en exemple les Verts, composante de sa majorité sortante, qui culminent à 5% d'intentions de vote. «Les Verts pendant sept ans, même si on a eu des désaccords, ont voté les budgets, ont été loyaux, même si par moment il y a eu une surenchère que je n'ai pas appréciée».
Réponse de Marielle de Sarnez, mercredi midi : «Je resterai sereinement sur une attitude responsable, non sectaire, ouverte, mais déterminée sur nos propositions, notre projet et dans le dialogue avec les Parisiens». Et la chef de file du Modem de conclure : «aux autres de se définir».
16:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : delanoe, modem, paris















