19.11.2009
And the winner is…


Poser la question de ce que peut être l’Europe c’est donc se poser la question de l’identité européenne. Pour cela il s’agit d’entrevoir une réflexion largement inspiré par l’histoire et la philosophie pour répondre à ces questions contemporaines. Quelles sont les raisons historiques et culturelles qui peuvent conduire ces Etats à travailler sur des politiques communes. Savoir ce qui justifie ce vouloir vivre ensemble ?
Ne serait-ce pas une manière de progresser sur le questionnement de pourquoi les Etats en viennent à travailler ensemble ? Pour ma part le mot clef ici c’est identité. Qu’est-ce que c’est l’identité ? Ce qui me ramène à mon cours de « Grands problèmes de l’Europe contemporaine » dispensé par le Professeur Laquièze, à la Sorbonne Nouvelle – Paris III, nous donnant en exergue la notion de l’identité. Ceci à l’aide de l’ouvrage Vocabulaire philosophique de Lalande (P.U.F. collection Quadrige) :
*identité c’est le caractère de ce qui est unique quoique il est perçut, conçut, nommer de plusieurs manière différente. Ex : Lac Léman c’est la même chose que le Lac de Genève.
** identité c’est le caractère d’un individu ou d’un être assimilable à cet égard à un individu, quand on dit qu’il est le même à différents moment de son existence malgré les changements considérables qui peuvent y être apparus. Différence de traits, de caractères.
Identité ça rejoint l’idée de constante, de traits communs, de caractère commun alors que ça peut être à un être, il y a une identité de l’être en question. Peut être une nation, une civilisation, une société humaine. Ces traits communs impliquent qu’il faut aussi comprendre cette idée de traits communs spécifiques à d’autres. Différents d’autres identités au sens pluriel, il y a d’autres identités non européennes. On notera que le terme identité on le retrouve dans les traités européens fréquemment ; beaucoup plus que celui de souveraineté (idée de pouvoir de l’Etat) qui est un terme bannis.
Le Président Sarkozy a donc tout compris en menant une partie de sa campagne présidentielle et de créer son Ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Le débat lancé par Monsieur Besson le prouve une fois de plus : en 2009 la question de l’identité nationale est toujours à la une.
Il aura fallu du temps, je vous l’accorde, mais l’Union Européenne après pertes et fracas y est parvenu. Mais à quoi me demanderiez-vous ? Et bien à répondre à la fameuse question posée en 1970 par le Président Kissinger : «l’Europe ? Quel numéro de téléphone ? » ! En effet ce sera ce soir au cours d’un diner réunissant les vingt-sept chefs d’Etats que sera désigné le «duo» exécutif dessiné par le nouveau traité de Lisbonne. Le dîner qui réunit ce soir les dirigeants des Vingt-Sept risque de se prolonger tard, faute d’accord préalable.

Source : lefigaro.fr
C'est le sommet où l'Europe, enfin libérée des lourdeurs institutionnelles, va se choisir un visage, une voix et insuffler un peu d'air frais. D’abord la place du président du Conseil, véritable visage de l’Union Européenne. Mais peu à peu son autorité semble se rétrécir peu à peu que se rapproche l’heure du choix. L’Europe a toujours rêvée d’un vrai patron, les Vingt-Sept n’en restent pas moins soucieux de leur prérogatives. Le choix d’un secrétaire général semble se profiler dans un modèle onusien ; de facto le traité le privant du droit de vote.
à ce titre nous avons six concurrents officiels déclarés : Mesdames Lipponen et Robinson ainsi que Messieurs Blair ; Junker ; Balkenende et Verhofstadt. Sur ce sujet là, Tony Blair s'est laissé distancer, malgré les vivats de Londres.
La désignation du haut représentant, voix de l'Europe et de sa politique étrangère, est le second dilemme de la soirée. David Miliband, chef du Foreign Office, apparaissait comme le favori des Européens pour s'imposer comme l'alter ego d’Hillary Clinton, Sergueï Lavrov ou Wang Qishan. Mais c'était cette fois contre l'avis de Gordon Brown. Le rêve de l’Union Européenne d’avoir un grand patron est là, les Vingt Sept n’en restent pas moins soucieux de leurs prérogatives.
Un favori par défaut pour le poste de président, plusieurs challengers encore crédibles, l'incertitude autour du chef de la diplomatie… C'est la nervosité qui régnait à Bruxelles. Jusqu'à la dernière minute, les camps se sont comptés, avec d'un côté une réunion des socialistes à l'ambassade d'Autriche autour de Zapatero, Brown et Papandréou notamment, et de l'autre un entretien Merkel-Sarkozy-Rasmussen, officiellement pour parler du climat.
Le premier ministre belge, Herman von Rompuy, a tenu la corde jusqu’au bout. Homme du consensus, malgré son manque de visibilité sur la scène internationale, il a joué son grand atout : ne mécontenter personne. Membre d’un pays fondateur, catholique, intellectuel, modéré, atlantiste, il renvoie le souvenir perdu d'une coexistence paisible à une Belgique en plein déchirement. Le contraire de Tony Blair en quelque sorte. Dans ce cas il est vrai que le néerlandais Jan Peter Balkenende et le luxembourgeois Jean-Claude Juncker pouvaient se prévaloir de leur appartenance précieuse au Benelux. À son arrivée à Bruxelles, Angela Merkel a insisté sur la nécessité d'un «large consensus». Bruxelles, 21h08, la dépêche AFP tombe : Von Rompuy nommé Président de l’Union Européenne.
En ce qui concerne le choix du Haut représentant la question était tout aussi importante, telle que le prévoit le Traité de Lisbonne. En ce sens, pendant des semaines les marchandages sont allés bon train et lourds d’arrière-pensées. La tâche n’étant pas simple, du fait que si Paris et Berlin imposerait leur candidat pour la Présidence, Londres en ferait de même pour la candidature au poste de Haut représentant avec la Commissaire européenne britannique déléguée au Commerce, Catherine Ashton. Ce qui permet à cette dernière de devenir à 21h12, par dépêche AFP, la première Haut représentant de l’Union Européenne.
Maintenant que le triumvirat de Lisbonne (Président de l’UE ; Président du Conseil de l’Union Européenne ; Haut représentant) est réglé ce n’est pas pour autant que la complexité s’arrête pour autant. Là aussi, les négociations ont été serrées, d'autant plus que le Haut représentant sera le bras droit de José Manuel Barroso et qu'il devra être adoubé par le Parlement. Une fois dotée de ce duo, l'Union va devoir apprendre à fonctionner avec une direction à quatre têtes : le président du Conseil, le haut représentant, le président de la Commission et la présidence tournante. Pas sûr que cela suffise à faire contrepoids à l'Europe des États, qui a une nouvelle fois mené le jeu.
Romain BONGIBAULT
23:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ue, von rompuy, asher, sarkozy, merkel, blair
27.10.2009
Présidence de l'UE : M.Juncker n'aurait "pas de raison de refuser" un appel à candidature
InternetActu | 27.10.09 | 10h25 • Mis à jour le 27.10.09 | 10h25
Luxembourg, envoyés spéciaux
Jean-Claude Juncker est le premier ministre (centre droit) du Luxembourg depuis 1995, président de l'Eurogroupe depuis 2004, et première personnalité à "se mettre sur les rangs" pour devenir président du Conseil européen contre l'ancien premier ministre britannique Tony Blair, si le traité de Lisbonne, qui crée ce poste, entre en vigueur.
Pourquoi vous opposez-vous à la candidature de M. Blair ?
Les trois pays du Benelux ont pris position, cela va au-delà de la personne de M. Blair. Je ne distingue pas les domaines dans lesquels le Royaume-Uni aurait fait preuve d'une véritable inspiration européenne au cours des dix dernières années, hormis des avancées sur la défense. Je me réfère à un modèle théorique voulant que l'Europe soit représentée par quelqu'un qui aurait comme souci principal de la servir, de la rassembler autour de compromis vertueux, et qui ne ferait pas semblant de la représenter à l'extérieur sans avoir assuré sa cohésion interne.
Cette personne doit-elle provenir d'un pays qui participe à toutes les grandes politiques européennes : espace Schengen, zone euro ?
Le parcours de certains Européens a été enrichi par leur volonté de faire avancer l'Union européenne, y compris l'union monétaire. D'autres n'ont pas su adopter ce rythme…
L'Union européenne a acquis une crédibilité internationale à travers la création de la monnaie unique. Nous y sommes arrivés parce qu'il y avait un calendrier préétabli et des institutions fortes au service de ce calendrier. C'est la méthode communautaire, qui suppose une interaction entre la Commission, le Conseil, et le Parlement européens.
En clair, aimeriez-vous vous porter candidat ?
J'ai appris qu'il ne faut pas se porter candidat à une telle fonction. Il faut laisser venir les appels des autres. En 2004, tous les chefs d'Etat et de gouvernement me demandaient de devenir président de la Commission. Mais j'avais promis aux Luxembourgeois de rester leur premier ministre, en cas de réélection. J'ai été de nouveau réélu en juin 2009, sans avoir pris ce genre d'engagement. Si un appel m'était lancé, je n'aurais pas de raison de refuser de l'entendre. A condition qu'il soit sous-tendu par des idées ambitieuses pour ce poste.
Quel doit être le profil du premier président "stable" du Conseil ?
Je ne plaide pas pour moi, mais pour une certaine conception du rôle. J'ai toujours agi en fonction de l'intérêt de mon pays, et surtout de l'Union européenne. Je voudrais que ceux qui prétendent à cette fonction puissent témoigner d'un parcours semblable. L'Europe doit être dirigée d'une façon cohérente, inclusive, et globale. Le président doit savoir conjuguer les plans, les idées et les rêves des grands comme des petits pays. Il doit aussi être un "facilitateur" pour le couple franco-allemand, sans négliger la dimension élargie de l'Union. Les décisions ne peuvent être prises dans les seules capitales occidentales. Si le Conseil européen penchait pour une solution de facilité, un poste d'apparat, jamais l'idée ne me viendrait de dire oui à un éventuel appel.
Pour vous, il s'agit d'éviter un directoire des grands pays ?
Ma longue expérience m'a appris que l'Union ne se fait pas seulement sur les idées des "grands", qui souvent divergent. Ce sont les "petits" et les "moyens" qui les mettent souvent d'accord, ce que les grands feignent d'ignorer.
Quel doit être le lien du futur président avec le haut représentant pour les relations extérieures ?
Le rôle de ce dernier sera plus international, mais il ne pourrait rien faire sans l'aval du premier. Les relations internationales en Europe ont cessé de passer par les seuls canaux berlinois, londoniens ou parisiens. Je ne suis pas un nain… J'ai des relations amicales avec Vladimir Poutine, contrairement à ce que raconte la presse britannique. Et je connais depuis longtemps les dirigeants chinois.
Lors de la crise financière, Nicolas Sarkozy a critiqué votre passivité en tant que président de l'Eurogroupe. Vous êtes-vous réconciliés ?
Nous nous sommes dit les choses. C'est à lui d'en tirer les conclusions. J'ai avec le président de la République des relations que je veux croire amicales. Au plus fort de la crise, j'ai dû prendre en compte les sensibilités des uns et des autres. Puis j'ai appuyé très fortement l'approche française. Jamais l'Europe ne fut présidée avec une telle perspicacité que sous la présidence française. Je rappelle toutefois qu'en 2005 j'ai, quant à moi, dû gérer l'impact des "non" français et néerlandais, et que j'ai réformé le Pacte de stabilité.
Le contentieux sur les paradis fiscaux a-t-il laissé des traces dans vos relations avec la chancelière allemande, Angela Merkel ?
Aucune. Le Luxembourg a dit avant la réunion du G20, à Londres, en avril, qu'il accepterait l'échange d'informations bancaires sur demande en cas de soupçon de fraude. J'ai toujours milité pour cette idée. J'ai été très surpris parce qu'on m'avait dit que jamais le Luxembourg ne figurerait sur les listes grises après avoir adopté les standards de l'OCDE. On l'a tout de même inscrit.
Les Britanniques, quant à eux, vous reprochent d'être trop fédéraliste…
Je ne suis pas fédéraliste au sens britannique du terme : l'Europe n'a pas vocation à ressembler aux Etats-Unis d'Amérique. Les citoyens allemands ou français ne l'accepteraient pas. Les nations ne sont pas une invention provisoire de l'Histoire. Mais je suis un fédéraliste au sens européen du terme, qui conçoit de mettre en commun ce qui importe et laisser hors des zones d'influence de l'Union ce qui nous est propre.
On évoque une candidature du premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende…
C'est un ami, même si j'ai parfois des divergences notables avec lui sur les débats européens de fond. J'ai pris des risques au moment du référendum sur la Constitution dans mon pays, en suggérant de démissionner en cas de victoire du non. Il ne l'a pas fait, mais je le comprends parce que je connais la situation de son pays.
11:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : juncker, europe, blair, luxembourg, sarkozy, merkel
06.10.2009
Nicolas Sarkozy met ses ministres au régime

Depuis leur entrée au gouvernement, plusieurs membres du gouvernement surveillent méticuleusement leur embonpoint. Sport, soupe, poisson, eau minérale… Le régime, encouragé par Nicolas Sarkozy, serait drastique.
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«C'est une ennuyeuse maladie que de conserver sa santé par un trop grand régime.» En voilà un - La Rochefoucauld, en l'occurrence - que Nicolas Sarkozy n'aura écouté que d'une oreille. Depuis son élection à l'Elysée, le chef de l'Etat est à la diète. Déjà sept kilos de perdus, croit savoir Le Parisien, dont l'attention s'est portée sur une curieuse épidémie de régimes... au sein du gouvernement.

Crédits photo : AFP
«Plusieurs ministres ont spectaculairement minci ces derniers mois», observe le quotidien. Et pour cause. François Fillon multiplierait les footings et fréquenterait assidument la salle de sports de Matignon. Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, courrait 15 km trois fois par semaine. Brice Hortefeux a suivi un régime drastique, «au point d'inquiéter ses amis». En cause, «un menu soupe-fromage blanc-fruits rouges» auquel le ministre de l'Immigration est devenu «accro», selon un proche. Eric Besson (Intégration), Hervé Novelli (Commerce) ou encore le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, surveilleraient également leurs rondeurs avec une attention toute particulière. «Même Gérard Larcher, le président du Sénat, un lieu où l'embonpoint reste toléré, voire encouragé, a maigri et surveille ce qu'il mange», s'amuse le quotidien.
«La mode des régimes, c'est l'effet du chef»
L'histoire ne serait qu'une anecdote - un brin futile diront certains - si elle n'était pas symbolique. «La mode des régimes, c'est l'effet du chef. La silhouette est devenue un véhicule de communication politique», décrypte, toujours dans Le Parisien, le nutritionniste Jean-Michel Cohen, qui compte dans la sphère politique quelques clients de poids. «Le gros qui rassurait, c'est terminé, lance Cohen dans une allusion non cachée à Raymond Barre ou à Pierre Mauroy. «Au travers de la silhouette, chacun interprète un personnage : Christine Lagarde (Economie) incarne la sécheresse financière, et Roselyne Bachelot (Santé) la mère nourricière et protectrice», analyse encore le spécialiste.
En revanche, l'histoire ne dit pas si Nicolas Sarkozy a réduit son propre régime, pointé du doigt par son ami de trente ans, Patrick Balkany, au lendemain de son malaise vagal, fin juillet. «Il faut que le président fasse attention, qu'il se nourrisse un peu plus, avait glissé le député-maire de Levallois-Perret. A 54 ans, on ne peut pas non plus avoir un régime sévère sans arrêt.» Agacé, l'Elysée avait rapidement corrigé le parlementaire francilien. Sarkozy ne fait pas de «régime», il «surveille son alimentation», avait-on rectifié rue du Faubourg Saint-Honoré…
13:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, régime, gouvernement, fillon, bachelot, lagarde, hortefeux, estrosi, balkany
07.07.2009
Le G8 de L'Aquila à la merci d'un éventuel séisme et… de photos gênantes pour M. Berlusconi
Rome, correspondant

Des policiers dans Coppito, un quartier de l'Aquila où seront hébergées les délégations du G8.
D'où viendra le danger ? Du plus profond de la terre qui continue à trembler dans les Abruzzes ou de la presse anglaise qui s'apprêterait à publier des photos montrant Silvio Berlusconi en galante compagnie dans sa résidence de Sardaigne ? Dans le doute, le gouvernement italien s'active sur les deux fronts : assurer la sécurité des invités du G8 qui se tiendra, du mercredi 8 au vendredi 10 juillet, à L'Aquila et la réputation du président du conseil.
De nouvelles secousses se sont produites ces derniers jours, faisant craindre une recrudescence de l'activité sismique jusqu'ici déclinante, après que le 6 avril un tremblement de terre a fait 300 morts et jeté 50 000 personnes hors de leurs foyers. L'une d'elle, d'une puissance de 4,1 degrés sur l'échelle de Richter, a eu son épicentre à un kilomètre de la caserne de la Guardia di Finanzia (gendarmerie financière) de Coppito, un quartier de l'Aquila où seront hébergées les délégations.
Construite selon les normes antisismiques, la caserne est réputée être l'édifice le plus sûr des Abruzzes. Il n'empêche : tout en continuant de multiplier les déclarations rassurantes, un plan B a toutefois été activé. En cas de secousse supérieure à 4 degrés pendant le sommet, les chefs d'Etat et leurs délégations seraient provisoirement abrités sous une tente, le temps que les techniciens vérifient la solidité de l'édifice où se dérouleront les travaux.
Le deuxième "front" est plus délicat pour M. Berlsuconi, qui présidera son troisième G8, un record. Pris dans la tourmente de scandales à répétition, il n'a trouvé d'autre parade que le démenti… préventif. Avant même que des photos embarrassantes soient publiées, il a dénoncé "un montage digital" et accusé la presse étrangère de se lancer "dans une campagne morbide".
CHAMBRES RÉSERVÉES À ROME
Entre ces deux écueils, la préparation du sommet avance. Les chefs d'Etat ont maintenu leur présence à Coppito (tout en tenant des chambres réservées dans les grands hôtels de Rome, au cas où…). Leur sécurité sera assurée par 9 000 militaires et policiers envoyés en renfort, des batteries antiaériennes, des patrouilles d'avions de chasse, et des missiles sol-air…
Un large périmètre aux abords de la caserne de Coppito est devenu "zone rouge". La sanctuarisation de la ville devrait, selon le gouvernement italien, décourager les actions des altermondialistes. Deux grandes manifestations sont prévues : l'une le 8 juin à Rome, l'autre à L'Aquila le 10. Les comités de citoyens qui défendent les intérêts des réfugiés ont fait savoir qu'ils ne s'y associeraient pas pour ne pas être "récupérés".
Un premier cortège a défilé, samedi, jour de l'indépendance des Etats-Unis, à Vicence, au nord de la Péninsule, pour dénoncer l'agrandissement d'une base militaire américaine. Il n'a rassemblé que 3 000 personnes et provoqué quelques échauffourées avec les forces de l'ordre. Cette agitation, sans commune mesure avec le G8 de Gênes, en 2001, où un manifestant avait trouvé la mort et plusieurs autres avaient été blessés par les forces de l'ordre, a été jugé suffisante par les autorités américaines pour conseiller à leurs ressortissant d'"être particulièrement vigilants" pendant la durée du sommet.
Mais le tremblement de terre reste la menace principale. Les journalistes japonais accrédités ont choisi, par sécurité, de s'installer dans la capitale italienne. Selon la presse anglaise, le premier ministre, Gordon Brown, a reçu des conseils sur la conduite à tenir en cas de séisme. Il pourra aussi compter sur l'une ou l'un des 300 hôtesses et stewards engagés pour guider les chefs d'Etat dans la caserne. "En cas de secousse, leur a expliqué Guido Bertaloso, commissaire du G8 et chef de la protection civile italienne, ce sera à vous, qui avez déjà vécu un tremblement de terre, de leur venir en aide. Eux ne sont pas habitués." Rassurant, non ?
Article paru dans l'édition du 08.07.09.
09:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : l'aquila, g8, rome, berlusconi, obama, sarkozy, brown
12.06.2009
Communiqué de la Présidence de la République
Publié le 11-06-09 à 19:21
A l’occasion des élections européennes, les Français ont exprimé leurs convictions mais aussi leurs attentes.
Le Président de la République souhaite exposer les orientations qu’il leur propose tant pour ce qui est de notre politique européenne que pour ce qui concerne son projet économique et social.
A cette fin et après avoir consulté le Premier ministre et les Présidents des deux assemblées, il a décidé, en application de l’article 18 de la Constitution, de réunir le Parlement en Congrès, à Versailles, lundi 22 juin 2009.

02:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, europe, congrès, versailles, élections européennes
10.06.2009
Réformes, remaniement : les nouveaux défis de Sarkozy

Nicolas Sarkozy, ici lors des cérémonies du 8 Mai, veut profiter du succès électoral à l'ampleur inattendue des listes de l'UMP. Crédits photo : Le Figaro
Le chef de l'État réfléchit à une intervention dans les médias, avant le remaniement, prévu à la fin du mois.
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Comment profiter de la victoire ? L'Élysée se pose la question depuis lundi, à la lumière de ce succès électoral à l'ampleur inattendue. Dès dimanche soir, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, a souligné qu'il fallait «réussir à capter cette dynamique», et que ces élections européennes ouvraient «la deuxième étape du quinquennat». Un constat qui rejoint celui de l'Élysée.
Mais que mettre dans cette nouvelle séquence ? Nicolas Sarkozy a reçu lundi les responsables de l'UMP, mais aussi les nouveaux députés européens de la majorité. Il a aussi reçu les syndicats pour préparer une intervention sur le contrat de travail, lundi prochain à Genève, devant l'Organisation internationale du travail. «Nous devons prendre les bonnes décisions en fonction de nos convictions», a-t-il expliqué longuement. Le président a donc l'intention de ne rien bousculer. Le calendrier de juin devrait se scander en trois temps : les consultations d'abord, une intervention ensuite, et le remaniement en conclusion.
«Le président veut prendre la mesure de cette photographie grandeur nature de l'opinion», résume un conseiller. Les analyses fines du scrutin ont déjà livré à Nicolas Sarkozy deux éléments décisifs à ses yeux : le front des Verts est friable. Il y a un «effet Cohn-Bendit » qui a «aimanté des électeurs de la majorité», analyse un conseiller élyséen. Il faut donc mettre le cap sur l'environnement ! Le deuxième élément indique qu'au moins «un tiers des électeurs du MoDem ne se reconnaissent pas dans l'opposition frontale au président de la République», selon ce même conseiller.
L'Élysée prend donc acte de la fin de l'antisarkozysme «primaire». «Nous ne voulons ni surinterpréter, ni sous-interpréter les résultats du scrutin», analyse-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy.
Dès mardi, en Savoie, Nicolas Sarkozy a l'occasion de mettre l'accent sur le Grenelle de l'environnement. «Nous sommes très haut placés dans l'opinion sur ce thème, nous n'allons rien lâcher», lance un élu proche du chef de l'État. «Nous avons déjà fait énormément de choses. La loi Grenelle II est en discussion au Parlement. Nous devons expliquer les réformes du gouvernement.»
L'environnement sera aussi au menu de la rencontre Sarkozy-Merkel jeudi, à Paris. Tous deux vont marteler leur intention d'instituer une taxe carbone en Europe pour pénaliser les entreprises étrangères qui ont recours au dumping environnemental. Nicolas Sarkozy abordera également avec la chancelière la question de la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission de Bruxelles.
La question de l'ouverture
Deuxième priorité : l'intervention devant les Français. Un instant envisagée cette semaine, à la radio, elle pourrait avoir lieu la semaine prochaine, sous une forme «à définir», selon le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant : discours lors d'un déplacement, interview radio, allocution. Le secrétaire général confirme seulement que «le président souhaite s'exprimer». Notamment pour énoncer les réformes à venir qu'il veut pousser : le lycée, le travail dominical ou encore la réforme territoriale.
Le remaniement devrait clore cette séquence postélectorale. C'est un «ajustement», précise l'Élysée, qui évoque le chiffre de huit ministres et secrétaires d'État sur les trente-sept membres du gouvernement. Il pourrait intervenir au plus tôt la semaine prochaine, avant le Conseil européen du jeudi 18 juin, ou au cours de la semaine suivante. «Tout cela est en train de mûrir, rien n'est arrêté pour le moment», confie Claude Guéant. Une chose est sûre : la nomination de Claude Allègre paraît plus que compromise. La question de l'ouverture reste néanmoins toujours posée.
10:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, europe, remaniement
06.05.2009
Nicolas Sarkozy : un second souffle ?

Crédits photo : Le Figaro
TRIBUNE - L'écrivain Jean d'Ormesson, de l'Académie française, dresse un bilan des deux ans de la présidence de Nicolas Sarkozy et brosse un tableau de la situation politique française.
Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy était élu président de la République avec une large avance sur Ségolène Royal. Il célébrait le travail, la réussite, le retour de la France au premier plan des nations. Il enflammait les foules. Il rendait confiance aux Français découragés. Tout semblait lui sourire. Les acclamations montaient vers lui. Deux ans plus tard, il est passé des sommets de la popularité aux abîmes de l'impopularité : d'un peu moins de 60 % à un peu plus de 30 %. Une chute de moitié ou presque. Une baisse en tout cas de l'ordre de vingt-cinq points. Que s'est-il passé ?
• Une descente aux enfers
Allons vite. Deux choses surtout : d'abord, il n'était pas rond, il ne fumait pas la pipe, il n'était pas radical-socialiste, il n'était pas sensible à la beauté de La Princesse de Clèves, il aimait trop ce qui brille, il s'était rendu successivement au Fouquet's et sur un yacht de luxe au lieu de faire retraite dans un couvent, il était nerveux, super-actif, impulsif, et on le traitait de bling-bling ; et puis, par vagues successives, est arrivée d'Amérique la crise la plus sévère depuis le jeudi noir de 1929. Dès la fin de 2007, la popularité du président fléchit pour des raisons surtout privées et qui lui sont imputables ; dès la rentrée de 2008, le système bancaire se déglingue un peu partout, l'économie mondiale vacille, et il n'y est pour rien. Sarkozy était victime du Fouquet's et de Madoff. Il payait cher ses propres erreurs et les méfaits des autres.
César le savait déjà, il y a un peu plus de deux mille ans : les Français sont difficiles à gouverner. Et ils sont changeants. Regardez les chiffres : un ou deux ans après leur élection, les trois derniers présidents de la République, Giscard, Mitterrand, Chirac, ont connu aussi une baisse importante de leur popularité. Et la crise économique emporte tout sur son passage. Il n'est pas légitime de tirer argument de ce qui n'a pas eu lieu. Il est pourtant permis de se demander - et à gauche et à droite - où le pays en serait aujourd'hui si Ségolène Royal avait été élue, il y a deux ans, à la place de Nicolas Sarkozy.
Tout va mal partout. Tout le monde souffre et se plaint partout. En Angleterre, le travailliste Gordon Brown est dans une situation bien pire que Sarkozy. Le chômage frappe l'Espagne du socialiste Zapatero plus durement que la France de Sarkozy. N'empêche. Les choses vont moins bien en France pour Sarkozy qu'en Amérique pour Obama, acclamé de toutes parts ; où qu'en Italie pour Berlusconi, encore étonnamment populaire. Un étranger, peu au courant des affaires françaises, qui arriverait à Paris comme les Persans de Montesquieu pour tomber sur les grèves et les manifestations, qui écouterait la radio, qui regarderait la télévision, qui jetterait un coup d'œil sur les hebdomadaires, considérerait à coup sûr la chute de Sarkozy comme inéluctable. Il pourrait même se demander si elle n'est pas imminente.
• Les atouts du président
Deux ans après son élection, la force de Sarkozy réside peut-être seulement dans la faiblesse de ses adversaires. Longtemps, la France a été le pays d'une dispersion politique qui allait jusqu'à l'atomisation. Il y avait dans ce pays autant de partis politiques que de fromages. À force de vivre dans ce système, son remplacement par une bipolarisation à l'anglaise ou à l'américaine est passé presque inaperçu. Le Parti communiste, naguère si puissant, qui a même été, un temps, le premier parti de France, n'existe plus. Le Parti radical, longtemps cœur de la nation, s'est pour ainsi dire infusé dans les autres partis : Giscard était radical par opposition au gaullisme, Chirac était radical par fidélité au gaullisme, et, en fin de compte, le socialiste Mitterrand était radical lui aussi. La droite, traditionnellement divisée, a été rassemblée et unifiée par Sarkozy - c'est même ce que la gauche et une frange de la droite lui reprochent le plus vivement. Il n'y a plus que deux forces en France comme dans la plupart des démocraties : l'UMP et le Parti socialiste. Et le Parti socialiste est en mauvais état. Ce ne sont pas ses adversaires qui dénoncent la décadence du Parti socialiste. Ce sont ses propres partisans et, plus étrangement encore, ses propres dirigeants qui n'en finissent pas de s'en désoler bruyamment. Les choses en sont parvenues à un tel point que, par un paradoxe merveilleusement français, la dégringolade du Parti socialiste, loin de réjouir le parti du président, commence à l'inquiéter sérieusement.
• Une double impopularité
Deux ans après l'élection de Sarkozy, la situation est assez simple. Pour impopulaire qu'il soit - aux yeux au moins des médias qui n'en finissent pas de résonner de cette impopularité -, Nicolas Sarkozy n'a plus d'adversaire. Il n'en a pas, bien sûr, à droite, malgré Dominique de Villepin qui croit, plus que Besancenot, plus que les communistes et plus que Martine Aubry, à une révolution imminente. Mais, bizarrement, il n'en a plus à gauche. Les choses, naturellement, peuvent changer du tout au tout en trois ans. Mais, aujourd'hui, ni Ségolène Royal, ni Martine Aubry, ni Dominique Strauss-Kahn, ni, bien sûr, Laurent Fabius, ni personne ne représente un danger réel pour Nicolas Sarkozy. Si l'élection se déroulait demain, le président, au comble de l'impopularité, aurait pourtant de bonnes chances d'être réélu. Oui, Nicolas Sarkozy a cessé d'être populaire. Il est peut-être franchement impopulaire. Mais ses adversaires le sont encore plus que lui.
• Le seul à droite
C'est là que le destin risque de tourner sur ses gonds. La faiblesse du Parti socialiste, loin d'être une chance pour le président, est plutôt un drame pour lui comme pour tout le monde - ou pour presque tout le monde. Le danger pour Sarkozy est que l'effondrement du Parti socialiste permette à François Bayrou, qui avait été troisième il y a deux ans, d'être deuxième dans trois ans.
Quelle est la ligne politique de Bayrou ? Le moins qu'on puisse dire est qu'elle est floue. Est-il à droite ? Est-il à gauche ? Qui le sait ? Personne. Et peut-être pas lui-même. C'est sa force. Et sa faiblesse. Beaucoup de gens de droite pensent qu'il est passé à gauche. Mais beaucoup de gens de gauche sont persuadés qu'il est resté à droite. La vérité est qu'il essaie simplement de grappiller des voix et à droite et à gauche. Il est l'héritier de Lecanuet qui était l'adversaire du général de Gaulle ; il est l'héritier de Poher qui était l'adversaire de Pompidou. Et, héritier avec évidence des adversaires du gaullisme, il est l'allié de Villepin qui est l'héritier du gaullisme. L'ambiguïté règne avec une clarté éclatante sur la démarche de Bayrou qui n'a pas d'autre ambition et pas d'autre programme que de devenir président à la place du président. Il ne sort de cette ambiguïté que sur un seul point, qu'il partage avec Villepin, et qui est décisif chez presque tous ceux qui se disent ses partisans : la détestation presque physique de Sarkozy. Cette détestation est le ressort à peu près unique et fort bien formulé de son livre de combat : Abus de pouvoir où une absence d'idées et de propositions est dissimulée avec talent sous le ressentiment.
Le calcul de Bayrou est simple : s'il arrive deuxième à l'élection présidentielle dans trois ans, la gauche tout entière sera contrainte de voter pour lui contre Sarkozy. Arrivé second en 2002, Le Pen n'a pas réussi à l'emporter contre Chirac parce qu'il se situait à sa droite. Se situant à la gauche de Sarkozy, Bayrou espère l'emporter contre lui à l'élection de 2012. On voit le sort cruel des socialistes affaiblis par la montée de Besancenot comme la droite avait été affaiblie naguère par la montée de Le Pen : les voilà menacés d'être contraints à voter demain pour Bayrou comme ils avaient été contraints hier à voter pour Chirac.
Dans ce jeu d'enfer, Sarkozy, en mauvaise position apparente, joue pourtant sur du velours. Malgré Villepin et les siens qui le poursuivent de leur vindicte, il est le seul à droite - et, au lieu d'avoir à sa gauche et au centre un adversaire unique et puissant, il en a deux qui se détestent et se méfient l'un de l'autre, François Bayrou et le Parti socialiste.
• Trois ans pour convaincre
Beaucoup de périls nous menacent aujourd'hui : la grippe porcine, peut-être déjà en recul ; un chômage que Sarkozy avait fait baisser de façon spectaculaire et qui s'est remis à grimper comme partout, avec toutes les souffrances qu'il entraîne ; les réformes qui patinent parce que tous les Français les veulent pour les autres et que chaque Français les refuse pour lui-même ; la crise surtout qui frappe le monde entier et qui bouleverse l'économie. Sur tous ces points, qui échappent pour la plupart au contrôle de qui que ce soit, Nicolas Sarkozy fait ce qu'il peut, et plutôt moins mal que les autres. Comment ne pas comprendre, comment ne pas partager la colère de ceux qui manifestent par crainte de perdre leur travail et de voir baisser leur niveau de vie ? Et comment ne pas constater en même temps que les racines de tous les maux qui fondent sur nous sont à chercher dans cette crise mondiale dont les effets finiront bien par s'estomper.
Tout dépend désormais de Sarkozy, de ce qu'il va vouloir, de ce qu'il va faire. Son destin personnel. Et le sort du pays. Il lui faut un nouveau souffle. Après avoir réussi avec éclat à rassembler la droite, il reste trois ans à un président éminemment pragmatique, devenu par la force des choses un négociateur hors pair, pour convaincre ce pays dont de Gaulle pensait qu'il n'était ni de droite ni de gauche, mais qu'il était la France. C'est la grâce qu'on lui souhaite. Ses adversaires n'y croient pas. Ses partisans lui font confiance. L'avenir tranchera.
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05.05.2009
Sarkozy entre de plein pied dans la campagne européenne
Charles Jaigu 04/05/2009 | Mise à jour : 21:42 |
Mardi soir à Nîmes, Nicolas Sarkozy développera la conception d'une Europe «qui protège» contre la mondialisation (ici lundi à l'Élysée, lors du 90 e anniversaire de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge).
À Nîmes pour un meeting mardi, le chef de l'État compte défendre son volontarisme européen.
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Comment redonner des couleurs au débat anémié sur l'Europe ? À près d'un mois des élections européennes, le 7 juin, Nicolas Sarkozy doit relever ce défi, quand son propre camp peine à donner le ton. Il sera donc mardi soir à Nîmes pour livrer sa vision de «l'Europe d'après». Le chef de l'État sait aussi qu'il n'a pas intérêt à ne pas engager sa majorité dans la campagne politique qui s'annonce. «Les européennes de 2004 ont cumulé le record d'abstention et le vote sanction pour la majorité», explique-t-on dans l'entourage présidentiel en réponse à ceux qui laissent entendre que l'Élysée pourrait se contenter d'une non-campagne.
Les sondages qui donnent l'UMP en tête seraient une bonne raison, selon certains, pour se retrancher derrière cette «ligne Maginot», pendant que chacun mène sa «drôle de campagne». Le dernier sondage Ipsos pour Le Point, qui donne 27 % à l'UMP, indique d'ailleurs que «le taux de mobilisation de l'électorat de droite a rejoint celui de la gauche», selon un sondeur. «Sans doute la grève des enseignants-chercheurs aide-t-elle à remobiliser son électorat contre la chienlit», note au passage un conseiller élyséen.
Nicolas Sarkozy doit emmèner mardi Michel Barnier dans l'avion. Il veut régler avec l'animateur national de la campagne les derniers ajustements attendus avant l'annonce des listes complètes de l'UMP. Car si les têtes de liste de la majorité sont connues depuis le 24 janvier, l'UMP a en revanche perdu depuis tout le bénéfice de l'impulsion qui avait été donnée à l'époque, quand le souvenir de la présidence européenne était encore dans les têtes.
Michel Barnier se trouve lui-même dans une situation difficile. Il avait demandé à quitter le ministère de l'Agriculture début mai pour se consacrer pleinement à la campagne, mais, crise des pêcheurs oblige, il devra mener de conserve les deux tâches. Même s'il affirme qu'il peut «faire campagne le week-end et le soir». Reste au chef de l'État à donner le ton et porter la campagne sur ses épaules… Ce qu'il va s'efforcer de faire mardi soir, à Nîmes. Quatre mille personnes sont attendues pour l'écouter revenir sur les succès de la présidence française et tracer les perspectives de l'Europe de demain.
Défendre l'Europe agissante
Le 9 mai 2006, Nicolas Sarkozy avait prononcé le deuxième discours de sa campagne présidentielle sur le thème de «La France éternelle». Cette fois, il ajoutera, au côté du drapeau tricolore, le drapeau étoilé de l'Europe des Vingt-Sept. Il devrait appeler au «retour de la politique en Europe», sur le modèle de ce qu'elle a su faire en 2008. Et défendre l'Europe agissante, en reprenant ses positions classiques, notamment contre l'entrée de la Turquie. La question turque a semblé un instant revenir dans le débat politique après la déclaration de Barack Obama en faveur de son intégration dans l'Union européenne, le 4 avril dernier, à Prague. Mais elle n'a pas depuis rallumé les passions.
C'est toute la difficulté d'un discours mobilisateur sur l'Europe. L'Élysée ne s'en étonne pas. «L'Europe a disparu du paysage avec la présidence tchèque», glisse un collaborateur du chef de l'État. Car, pour que l'Europe avance, il lui faut un leadership fort, or l'actuel traité de Nice ne le lui permet pas. La non-ratification du traité de Lisbonne ôte également au Parlement européen l'occasion de proclamer ses nouveaux pouvoirs, et elle reporte à plus tard la nomination d'un président du conseil pour deux ans et demi.
L'Élysée souligne que l'autre raison du désintérêt des Français pour la campagne européenne tient aux huit circonscriptions décentralisées : «Le nouveau système détruit les campagnes nationales sans favoriser les vraies campagnes locales», résume Henri Guaino, la plume du président pour le discours de ce soir. Mardi soir, le chef de l'État devra remonter le courant pour convaincre qu'on ne peut pas «changer la France sans changer l'Europe».
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25.04.2009
Les principales mesures du plan Sarkozy pour les jeunes
Marc Landré 24/04/2009 | Mise à jour : 20:46 |
Vendredi, à Jouy-le-Moutier, Nicolas Sarkozy a rencontré des stagiaires en apprentissage dans le centre de formation du groupe Veolia.Crédits photo : AFP
L'objectif de ce nouveau plan d'urgence est de faciliter la formation ou l'embauche de 700 000 jeunes d'ici à la mi-2010.
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Le plan d'urgence en faveur de l'emploi des jeunes que Nicolas Sarkozy a dévoilé vendredi vise à développer l'apprentissage et à aider les jeunes à s'insérer durablement dans la vie active. En voici les principaux points.
320 000 contrats d'apprentissage en un an
Les entreprises, quelle que soit leur taille, qui recruteront un jeune en apprentissage avant le 30 juin 2010 seront exemptées de toute charge pour un an. Celles de moins de 50 salariés qui procéderont à une embauche supplémentaire recevront une prime de 1 800 euros.
Un programme intitulé « pas d'apprenti sans employeur » va être mis en place pour proposer aux jeunes apprentis qui ont rompu leur contrat de retrouver un nouveau patron.
Une campagne nationale d'information sur l'apprentissage et de mobilisation de tous les acteurs va être également lancée.
170 000 contrats de professionnalisation en un an
Les entreprises qui embaucheront un jeune de moins de 26 ans en « contrat pro » bénéficieront d'une aide de 1 000 euros, et de 2000 si le jeune n'a pas le niveau bac. Pôle emploi devra notamment placer 25 000 jeunes en contrat de professionnalisation et nommera 400 référents dans toute la France pour faire la promotion de l'alternance.
Une mission Proglio
Henri Proglio, le PDG de Veolia Environnement, qui recrute 900 jeunes en alternance par an, est chargé d'une « mission de promotion et de développement » de l'alternance. Son rôle ? Inciter les entreprises à signer une charte d'apprentissage contenant des objectifs d'embauche.
50 000 contrats accompagnement formation en 2009
Ce nouveau dispositif s'adresse aux jeunes non qualifiés, en rupture de dispositif, ou diplômés et ne pouvant pas bénéficier d'un contrat en alternance classique. Il contiendra des actions de formation qualifiantes et rémunérées sur des métiers porteurs (développement durable…).
50 000 embauches de stagiaires
Les stages de plus de deux mois seront rémunérés 400 euros par mois (seuls ceux de plus de trois mois l'étaient jusqu'à présent). Les entreprises recrutant en CDI avant fin septembre un de leurs stagiaires toucheront un chèque de l'État de 3 000 euros (moitié à l'embauche, moitié au bout de six mois).
50 000 contrats initiative emploi de plus
Le gouvernement financera 50 000 contrats supplémentaires (CDI ou CDD de 2 ans, pour les jeunes éloignés de l'emploi) en entreprise au second semestre. Soit le double du nombre prévu.
30 000 contrats passerelle sur un an
Destiné surtout aux collectivités locales, l'objectif est d'affecter 50 000 contrats d'accompagnement dans l'emploi (financés à 90 % pendant un an par l'État) à des jeunes mais dans des fonctions aux « compétences transférables » (communication, gestion du patrimoine, petite enfance, informatique…) dans le privé. Pôle emploi sera chargé de proposer à leurs bénéficiaires des emplois en entreprise ou des formations qualifiantes.
23:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, hirsch, wauquiez, plan emploi, jeunesse
10.04.2009
François Fillon, l'homme qui ne s'use pas
Par Bruno Jeudy 09/04/2009 | Mise à jour : 21:43 |
François Fillon, jeudi, dans le parc de Matignon. Le chef du gouvernement se voit très bien garder son poste jusqu'en 2010... voire au-delà.
Donné partant il y a un an, le premier ministre, qui a resserré ses liens avec le président, ne devrait pas être touché par le remaniement attendu en juin.
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En septembre, il a failli jeter l'éponge. Au retour d'un voyage de trois jours à Rome et à Sotchi, du 18 au 20 septembre, François Fillon a bien cru qu'il ne pourrait pas poursuivre sa mission à Matignon. «Oui, à ce moment-là, j'ai eu très peur. J'ai eu une rechute de ma sciatique. Je n'ai rien dit, mais j'ai souffert jusqu'en novembre», confie-t-il au Figaro. De longues heures d'avion d'affilée ajoutées à un interminable dîner dans la datcha des bords de la mer Noire avec Vladimir Poutine ont réveillé cette «sciatique assez rude» qu'il croyait avoir guérie pendant ses vacances. Mais cette fois, la douleur est encore plus violente que le 14 juillet. Alors cloué au lit, Fillon n'est pas près d'oublier cette fête nationale : «Je me revois en train de ramper dans mon escalier à Solesmes.»
Pendant quelques semaines, sa famille et son cabinet vont croiser les doigts pour que cette rechute ne tourne pas au problème politique. «J'ai vraiment eu peur qu'il soit contraint de se faire opérer», confirme son amie Roselyne Bachelot, une des rares ministres dans la confidence. Finalement, c'est le Dr Bernard Kouchner qui lui conseillera le bon spécialiste.
Aujourd'hui, Fillon va mieux. À le voir et à l'entendre, il a retrouvé la forme. À Washington, il a retrouvé les joies de la course à pied, deux fois cinquante minutes, et assure faire cinq heures de sport par semaine. «C'est indispensable pour combattre le stress», jure le chef du gouvernement qui aura vécu un drôle de second semestre 2008. Un chemin de croix parcouru en silence et dans une certaine indifférence. On aura finalement peu entendu le président et ses ministres s'inquiéter de son sort.
«Je n'aime pas trop les médias»
Deux ans après sa nomination à Matignon, Fillon reste une énigme. Une première sans doute pour un homme politique qui occupe une des fonctions les plus importantes dans la Ve République. Jamais un premier ministre n'a semblé aussi secret, aussi peu ouvert sur l'extérieur, et recevant aussi peu les journalistes. «Je n'aime pas trop les médias. S'il n'y a rien à dire, je ne vois pas de raison de faire des interviews», avoue-t-il. Ce qui ne l'a pas empêché de réunir 9 millions de téléspectateurs, le 19 mars, sur TF1.
Dans un mois, Fillon devrait franchir le cap des deux ans. C'est quatorze mois de plus que l'éphémère Édith Cresson, deux mois de plus que son prédécesseur Dominique de Villepin, autant qu'Alain Juppé mais un an de moins que Jean-Pierre Raffarin ou trois ans que Raymond Barre. Et ce n'est pas fini. Car ce premier ministre veut durer. «Pour s'en débarrasser, ça va être bonbon. Je ne sais pas s'il restera jusqu'en 2012, mais ce ne sera pas facile de le virer», prévient un de ses amis. «François n'est pas du tout usé. Il est peut-être là pour longtemps», estime Éric Woerth, son ministre du Budget.
Au printemps 2008, au moment des municipales, ses jours à Matignon semblaient pourtant comptés à entendre les conseillers de l'Élysée et les ministres en cour auprès de Nicolas Sarkozy. Le président ne ratait pas une occasion de se plaindre de la «mine triste» de celui qu'il appelait alors son «collaborateur». Plus grave, il regrettait son manque de soutien au moment de ses déboires conjugaux. «Tout ça fut pénible», soupire Fillon. S'il a failli perdre la confiance du chef de l'État, il a gardé celle des députés UMP. Un bien précieux. Tout comme sa bonne cote dans les sondages.
«Il n'y a plus de problème de frontière»
Progressivement, les liens entre les deux hommes vont se resserrer. Certes, on ne les reverra plus courir ensemble. On ne verra pas non plus les couples Sarkozy et Fillon sur la même photo. À défaut de sympathiser, ils ont décidé de se respecter. «Dans l'immensité des problèmes que j'ai à gérer, Fillon n'en est pas un», confiait il y a un mois le président en revenant de Rome. C'est un peu sec mais c'est dit. «On a appris à se comprendre et à fonctionner ensemble», complète le premier ministre. La crise économique a fait le reste.
«Les difficultés économiques ont gommé les scories. Aujourd'hui, on sait ce qu'on a à faire. Il n'y a plus de problème de frontière», renchérit Fillon plus vraiment inquiet pour son futur immédiat. Au début du mois dernier, Sarkozy lui a même offert une petite victoire en décidant de ne plus réunir son fameux G7. Ce cercle de ministres chouchous qui agaçait tant Fillon. «J'ai commis l'erreur de taper publiquement sur le G7. Je crois que cela a encouragé Nicolas à continuer», regrette-t-il. «À la différence de mes prédécesseurs, j'ai connu le plus dur au début. Maintenant, je suis dans une phase d'amélioration avec le président», se félicite-t-il.
Reste qu'il doit toujours composer avec l'hyperprésident qui délègue peu et absorbe tout l'espace médiatique. Si la plupart des décisions s'élaborent à l'Élysée, Matignon demeure mécaniquement un centre de décisions. Certains ministres l'ont appris à leurs dépens : Yves Jégo et Laurent Wauquiez, Rachida Dati. Le premier ministre s'est révélé redoutable avec la concurrence. Cités comme éventuels successeurs, Xavier Bertrand et Jean-Louis Borloo en savent tous quelque chose. Fillon a taclé l'un et l'autre. Du coup, les ministres s'en méfient.
Dans le gouvernement, ses amis se comptent sur les doigts d'une main : la fidèle Roselyne Bachelot bien sûr, l'ami Xavier Darcos, Christine Lagarde qu'il estime beaucoup, le copain Michel Barnier et le voisin tourangeau Hervé Novelli. Et puis c'est tout. Car Fillon ne reçoit pas ses ministres à dîner avec leurs épouses. Il décroche rarement son téléphone et n'est pas du genre à copiner. «La calinothérapie, ce n'est pas son truc», s'étonne un ministre qui a connu plusieurs chefs de gouvernement.
Ravalé à un rôle de second plan, Fillon avance quand même ses pions. Lui trouver un successeur ne sera pas si simple. Plus on avance dans le quinquennat et plus Sarkozy semble avoir un problème de casting. Respecté par les parlementaires, Fillon dispose d'une carte majeure pour consolider sa place à Matignon. La majorité apprécie sa rigueur.
Ami de longue date, son conseiller Jean de Boishue avoue sa surprise : «Je le savais habile, je le découvre résistant. Cet homme est immarcescible mais il ne le sait pas encore. Ses ressources morales et physiques sont insoupçonnées. Il est indestructible.»
Fillon à Matignon jusqu'en 2012 ? Sa meilleure avocate, Roselyne Bachelot, le souhaite : «La période impose stabilité et repères. On n'est plus à l'ère du jetable.» D'autres sont plus sceptiques. «Il ne viendrait à l'idée d'aucun ministre de téléphoner à Matignon sur quelque sujet que ce soit. Dans ces conditions, il peut cultiver sa sérénité. C'est vraiment jours tranquilles à Matignon», grince un poids lourd du gouvernement. «Si l'Élysée veut continuer à contourner Matignon, ça ne sert à rien de le changer», ironise un autre.
La mairie de Paris en 2014 ?
Pas concerné par le prochain remaniement, Fillon a de bonnes chances de rester jusqu'aux régionales de 2010. Une date qui semble lui convenir. Comme si l'intéressé cherchait à préparer lui-même sa sortie. Flatté que Jacques Delors cite son nom pour présider la Commission de Bruxelles, François Fillon n'a pas dit non. Ironie de l'histoire, c'est l'Élysée qui a tiqué. On a même entendu un conseiller s'exclamer : «On en a encore besoin !»
De la même manière, Fillon laisse ses amis parisiens organiser son parachutage dans la capitale en vue des municipales de 2014. Sans rien démentir. «Je ne pense pas trop à l'avenir. Le jour où je partirai, je veux avoir le choix entre deux ou trois nouveaux défis à relever.»
En attendant la suite, Fillon a révisé son jugement sur Georges Pompidou, qui resta six ans à Matignon, et dont il vient de lire une biographie. Un Pompidou qui devient, jour après jour, un modèle pour Fillon. «De Gaulle faisait des coups à Pompidou que Nicolas ne me fait pas ! Et pourtant c'est un premier ministre qui a marqué l'histoire. Il aimait l'art moderne et rouler en Porsche. Ce qui, à mes yeux, est exceptionnel.»
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