20.03.2008

Belgrade met en garde ses voisins sur la reconnaissance du Kosovo

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 19.03.08 | 14h02  •  Mis à jour le 19.03.08 | 16h18

 "Tout pays qui reconnaîtra l'Etat illégal du Kosovo viole le droit international", a prévenu, mercredi 19 mars, le ministre des affaires étrangères serbe, Vuk Jeremic.

AFP/DOMINIQUE FAGET

"Tout pays qui reconnaîtra l'Etat illégal du Kosovo viole le droit international", a prévenu, mercredi 19 mars, le ministre des affaires étrangères serbe, Vuk Jeremic.

Deux pays voisins de la Serbie, la Croatie et la Hongrie, ont reconnu officiellement l'indépendance du Kosovo, mercredi 19 mars, tandis qu'un troisième voisin, la Bulgarie, a annoncé son intention de le faire. En Croatie, cette décision a semé le trouble au sein du gouvernement. En signe de protestation, le vice-premier ministre Slobodan Uzelac, représentant de la minorité serbe de Croatie au sein du gouvernement croate, a présenté mercredi sa démission. "M. Uzelac (...) a remis son mandat à ma disposition et à celle de son parti", a déclaré le premier ministre, Ivo Sanader. "Je comprends son geste, mais je ne vais pas accepter sa démission", a-t-il ajouté, précisant qu'il reviendra au principal parti des Serbes de Croatie, le SDSS, de décider de quitter ou non son cabinet.

 

Belgrade n'a pas non plus apprécié les décisions de ses voisins. Le chef de la diplomatie serbe, Vuk Jeremic, a immédiatement mis en garde ces pays qu'ils ne pourront "pas compter sur de bonnes relations" avec la Serbie, rappelant que "tout pays qui reconnaîtra l'Etat illégal du Kosovo viole le droit international". Mardi, le président serbe, Boris Tadic, avait réaffirmé que son pays n'accepterait jamais l'indépendance du Kosovo et rappelé ses ambassadeurs au Japon et au Canada, tous deux coupables à ses yeux d'avoir reconnu le Kosovo.

"NOUS N'AVONS PAS ORGANISÉ LA LOI MARTIALE"

A Mitrovica, dans le nord du Kosovo, où de violents affrontements entre la minorité serbe et les militaires de l'ONU ont fait un mort et plusieurs dizaines de blessés lundi, la situation était encore sous tension, mardi. Les personnels des Nations unies ayant quitté la région, c'est aux forces de l'OTAN et de la Minuk (Mission des Nations unies au Kosovo) de maintenir l'ordre en imposant un contrôle militaire sur la ville. "Nous n'avons pas organisé la loi martiale", se défend le général Xavier Bout de Marnhac, commandant de la Kfor, la force militaire de l'OTAN forte de 16 000 hommes.

Le général Bout de Marnhac a néanmoins prévenu que ce type d'incidents ne sera plus toléré par les forces internationales. "Ne nous mettez pas en position de le démontrer à nouveau", a-t-il menacé. De son côté, l'ONU a directement mis en cause le gouvernement serbe, coupable à ses yeux d'avoir approuvé tacitement les débordements. "Il est clair pour nous que cette violence a été orchestrée", a affirmé Larry Rossin, adjoint au représentant spécial de l'ONU au Kosovo. Tout du moins, précise-t-il, Belgrade est coupable de ne pas avoir usé de son influence pour empêcher la minorité serbe d'attaquer les soldats. "Nous n'avons jamais eu ce que l'on peut considérer comme une dénonciation claire de ce type de violence par un quelconque responsable serbe", a-t-il regretté.