05.11.2009

Deux ans déjà ...

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" Tout passe, tout lasse, tout casse " : c'est à peu près ce qui reste de ces deux années de blog maintenue à jour par mes soins. Je ne pensais pas tenir aussi longtemps et je dois vous avouer que l'arrivée de ce millième article est pour moi une grande surprise ! Rien ne prédestinait ce blog à tenir aussi longtemps et je vous remercie lecteurs assidues que vous êtes de le faire vivre depuis décembre 2007.

Tant de chose ont évolué depuis la création de ce blog et tant de chose dans ma vie se sont produite et ont fait de moi quelqu'un d'infréquentable.

Je voudrais avoir tout d'abord une pensée pour un ami cher qui nous a quitté il y a un an et sans qui probablement ce blog n'aurait jamais vu le jour. Donc je pense fort à toi et de là où tu es j'espère que tu es fier de ce que ce blog est devenu.

Tant de souvenir me reviennent alors en mémoire avec tant de combat et de bataille politique qui refont surface ! Mais je dois dire j'aurais préféré donné le privilège à quelqu'un d'autre d'écrire ce millième article ; mais les aléas de la vie en ont fait autrement. C'est donc à moi que revient la lourde tâche de vous instruire un petit peu avec cette note.

L'amitié est quelque chose pour moi d'important, ceux qui me connaissent bien le savent, je voudrais commencer cette note en remerciant par un message personnel Messieurs TB, SA, AJ, GJ et RF (en espérant qu'ils se reconnaissent).

En outre la disparition de Monsieur Claude Lévi-Strauss (1908-2009) grand Immortel parmi les mortels ne peut nous laisser sans voix. C'est pourquoi je voudrais avoir un moment de pensée pour lui lors de l'écriture de cette note. Les tropiques resteront tristes, l'apport que nous a donné M. Lévi-Strauss dans l'anthropologie et la connaissance des peuples primitifs restera pour moi marqué à vie. « Tristes tropiques » restera l'œuvre majeure qui a composée l'écriture de cet Immortel.

En ce qui concerne la vie politique de ces derniers jours, on peut dire que notre cher Président Jacques Chirac tient le haut de l'affiche. Ce qui pour moi n'est guère pour me déplaire car je dois avouer mon côté « chiraquien » dans la mouvance politique du Mouvement Populaire actuel. La sortie de la première partie des « Mémoires » de Jacques Chirac aujourd'hui nous redonne un petit aperçut de la vie politique française avec son entrée dans la vie politique française dans les années 1960. En outre, le fait que le Parquet de Paris ne fasse pas appel de la décision, en ce qui concerne l'affaire des « emplois présumés fictifs de la Ville de Paris », renouvelle ma confiance envers l'ancien Chef d'Etat.

Je me permets de revenir un instant sur la question du devoir de silence et avec cela la position de Madame Rama Yade au sein du Gouvernement de Monsieur François Fillon. Je ne suis personne pour critiquer ou émettre de jugement attife sur telle ou telle personne mais je voudrais faire remarquer que lorsque l'on accepte la charge d'être membre d'un Gouvernement, il est de bon ton de rester dans la ligne de conduite fixer par ce dernier. Mais je trouve tout aussi intolérable la prise de position de Madame Nadine Morano, sur la grande chaine cryptée, concernant sa collègue Secrétaire d'Etat aux Sports. En revanche je dois applaudir la prise de position du Premier Ministre M. Fillon lors des Questions au Gouvernement à l'Assemblée Nationale mardi dernier.


Autre fait d'actualité : le Traité de Lisbonne. Le Conseil Européen des vingt-sept Chef d'Etat et de Gouvernement de l'Union Européenne à Bruxelles de la semaine dernière semblait partir sur un mauvais pied. Mais la nouvelle donnée par la Cour constitutionnelle tchèque mardi nous a prouvé une fois de plus la volonté d'avancement pour l'Europe. La signature du Président Klauss du Traité de Lisbonne relance la dynamique européenne. Ceci permettant la réunion des vingt-sept le 01 décembre prochain pour ENFIN mettre un nom et un visage à l'Union Européenne.

Cher lecteur, te voilà donc reparti pour de nouvelles aventures au travers de ce blog en espérant que les deux années passées sur ce blog ne t'ont pas déçu ! Sachez que toutes remarques et commentaires restent comme d'habitude les bienvenues.

Merci à Thomas, Stéphane, Antoine, Gautier, Romain, Pharaon et tous les autres de votre soutien et amitié.

Permettez-moi de finir avec une touche de chanson française avec quelques mots qui me touche particulièrement en ce moment.

« Et maintenant que vais-je faire ? De tout ce temps que sera ma vie ? De tous ces gens qui m'indiffèrent. Maintenant que tu es partie. Toutes ces nuits, pourquoi pour qui ? Et ce matin qui revient pour rien. Ce cœur qui bat, pour qui, pourquoi ? Qui bat trop fort, trop fort... »

{Gilbert Bécaud}


Et si on se donnait rendez-vous dans deux ans ? ...

moi.jpgRomain BONGIBAULT

 

02.07.2009

La Suède succède à la République tchèque à la tête de l'Union européenne

Le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt (à gauche), avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors de leur visite à Londres, le 29 juin 2009.

REUTERS/ANDREW WINNING

Le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt (à gauche), avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors de leur visite à Londres, le 29 juin 2009.

STOCKHOLM ENVOYÉ SPÉCIAL

Le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, en est convaincu : en cas d'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, au mieux début 2010, le premier président stable du Conseil européen devrait être un simple "chairman" capable de travailler en symbiose avec la Commission.

Le Belge Guy Verhofstadt a été élu, mardi 30 juin, président du groupe libéral démocrate (ALDE) au Parlement européen. Son statut de candidat alternatif au Portugais José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne en sort renforcé alors que le Parlement doit examiner, du 14 au 16 juillet, la question de sa reconduction. Le Parti populaire européen (PPE), qui soutient M. Barroso, ne dispose pas d'une majorité suffisante pour forcer une décision et le Parti socialiste européen (PSE) est divisé. M. Verhofstadt est décrit comme un candidat "acceptable" par la gauche socialiste et les écologistes. Un autre nom cité est celui de l'ancien commissaire européen Mario Monti (conservateur), dont ne veulent notamment pas les socialistes français. - (Corresp.)

S'il s'agissait d'une personnalité "plus forte", le risque serait, selon lui, de voir le futur président des Vingt-Sept s'adosser sur les grands Etats membres pour court-circuiter les petits et moyens pays. Contre l'avis de Nicolas Sarkozy, partisan d'une direction plus affirmée, M. Reinfeldt veut utiliser les six mois de la présidence tournante, qui commence le 1er juillet, pour faire avancer son point de vue.

Pour commencer, le chef du gouvernement de centre-droit suédois est bien décidé à faire oublier au plus vite les mésaventures de la présidence tchèque. Le bilan de l'équipe sortante est jugé maigre, voire "catastrophique" par les dirigeants européens. Prague est certes parvenu à faire progresser quelques délicats dossiers, comme les taux réduits de TVA ou la régulation financière. Mais après la chute du cabinet dirigé par Mirek Topolanek, en mars, le gouvernement intérimaire a surtout expédié les affaires courantes, en partageant ses prérogatives avec Vaclav Klaus, le très eurosceptique chef de l'Etat.

La situation domestique de M. Reinfeldt est plus confortable. Le chef du Parti conservateur espère profiter de ses six mois à la tête de l'Union européenne (UE) pour améliorer sa cote de popularité en vue d'un scrutin législatif incertain dans son pays, en septembre 2010. Les composantes de la coalition de centre-droit, au pouvoir depuis 2006, ont légèrement progressé lors des dernières élections européennes, le scrutin ayant surtout constitué un revers pour les forces les plus eurosceptiques.

Contrairement à la présidence tchèque, la Suède entend concentrer ses efforts sur deux priorités : la crise économique et la lutte contre le réchauffement climatique. Tandis que le président tchèque doutait ouvertement de la stratégie climatique européenne, M. Reinfeldt veut porter haut l'ambition environnementale en vue de la conférence de Copenhague, en décembre. Il espère y convaincre les Etats-Unis et la Chine de faire plus contre le changement climatique. Un agenda qui risque d'être malmené par la crise économique.

Dans ce domaine, les Vingt-Sept ont, à en croire M. Reinfeldt, épuisé leur capacité de stimulation de l'économie. Ils doivent donner la priorité à la supervision et réduire les "très gros déficits" générés par la crise. Un discours qui promet de belles passes d'armes avec M. Sarkozy, lequel refuse toute politique de rigueur et promet de nouveaux investissements financés par un grand emprunt national.

OBSTACLES NOMBREUX

A bientôt 44 ans, M. Reinfeldt mise sur les capacités d'influence d'un pays de taille moyenne, entré en 1995 dans l'UE, pour imprimer sa marque sur le fonctionnement des Vingt-Sept. Se démarquant du style Sarkozy au second semestre 2008, il se présente comme un "honnête courtier" entre les capitales. Pour lui, un pays comme la Suède ne peut être tenté "d'imposer son point de vue de manière dirigiste".

Les obstacles sont cependant nombreux, qui risquent de compliquer sa démonstration. M. Reinfeldt craint par-dessus tout de voir sa présidence s'embourber dans les questions institutionnelles. Le sort du traité de Lisbonne est suspendu à un second référendum irlandais, début octobre, puis à la signature des présidents tchèque, et polonais. Le dirigeant suédois n'exclut pas de "nouveaux reports" avant l'entrée en vigueur du traité destiné à améliorer le fonctionnement de l'Union.

Quant à la reconduction rapide de José Manuel Barroso à la tête de l'exécutif européen, elle demeure incertaine alors qu'au Parlement européen un vote de confirmation du candidat conservateur paraît de moins en moins probable en juillet. "L'Europe et la présidence suédoise ne peuvent se permettre une période de vacance du pouvoir", plaide M. Reinfeldt.

Philippe Ricard

Article paru dans l'édition du 02.07.09.

09.04.2009

Poussées de fièvre européenne en Moldavie

logo.gifArielle Thedrel 08/04/2009 | Mise à jour : 22:54

Des affrontements violents ont opposé, mardi à Chisinau, les forces de l'ordre à des manifestants qui remettaient en cause la régularitédes législatives de dimanche dernier.
Des affrontements violents ont opposé, mardi à Chisinau, les forces de l'ordre à des manifestants qui remettaient en cause la régularitédes législatives de dimanche dernier. Crédits photo : AP

Soutenu par la Russie, le président Vladimir Voronine expulse l'ambassadeur de Roumanie, accusée de manipuler les manifestants qui contestent sa réélection à la tête du pays.

Le président moldave, Vladimir Voronine, a menacé mercredi de recourir à la force pour mettre fin aux manifestations qui ont embrasé mardi Chisinau, la capitale moldave. À l'appel d'ONG, quelque 15 000 jeunes s'étaient rassemblés pour dénoncer les fraudes ayant entaché les législatives de dimanche et réclamer un nouveau décompte. Les manifestations avaient dégénéré en émeutes (un mort, une centaine de blessés). L'opposition démocratique accuse des casseurs à la solde des services secrets russes ou moldaves d'être à l'origine de ces provocations qui permettent au président Voronine de justifier des mesures de répression destinées surtout à briser le mouvement de protestation. De fait, malgré les mots d'ordre d'une opposition aussi faible que divisée, celui-ci s'est, dès mercredi, réduit à peau de chagrin (un petit millier de manifestants).

Dans le plus pur style soviétique, Voronine affirme que les manifestants, des «fascistes ivres de colère» manipulés par la Roumanie, ont tenté de «commettre un coup d'État». Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lui a apporté son soutien. L'ambassadeur roumain a été sommé de quitter le pays et, dans la foulée, Chisinau a introduit un régime de visas avec la Roumanie. L'UE, dans l'expectative, se contente d'appeler au dialogue.

 

Bourrage des urnes

Le Parti communiste moldave (PCM), au pouvoir depuis 2001, a remporté une écrasante victoire qui devrait lui donner à nouveau la majorité absolue au Parlement. Les précédentes élections et les sondages d'opinion montraient pourtant une incontestable érosion de son audience. Les observateurs de l'OSCE ont estimé que le scrutin avait été globalement conforme aux normes internationales en reconnaissant toutefois que la campagne électorale avait été émaillée de «fréquentes tentatives d'intimidations d'électeurs et de candidats». Et comme lors des précédents scrutins, l'accès aux principaux médias, contrôlés par le PCM, a été très inégal. En réalité, les irrégularités (le bourrage des urnes notamment) ont été beaucoup plus importantes que d'ordinaire. Usé par une corruption endémique, le PCM n'est pas parvenu à endiguer un taux de pauvreté record qui a contraint plus d'un tiers de la population active à s'expatrier. Les revirements du président en matière de politique étrangère ont achevé d'exacerber le mécontentement.

Sous la houlette de Vladimir Voronine, un ancien apparatchik âgé de 68 ans adepte des méthodes autoritaires, les communistes moldaves avaient remporté les législatives de 2001 sur un programme prorusse. En 2003, las des pressions de Moscou sur le statut de la république sécessionniste de Transnistrie, Voronine avait affiché l'intégration européenne comme une priorité. Mais la politique de voisinage mise en place par l'UE n'a pas fait le poids face à la guerre du gaz et aux multiples embargos russes sur divers produits agricoles moldaves, principales ressources de ce pays. Voronine a donc opéré en 2007 un nouveau virage en se rapprochant d'une Russie déterminée à reprendre le contrôle de ses anciens satellites. Les slogans scandés mardi par les jeunes («Liberté», «Nous voulons être dans l'Europe») montrent que, comme l'Ukraine ou la Géorgie, la petite Moldavie désespère de rejoindre l'espace européen.

20.12.2008

Le drapeau européen qui fâche en République tchèque

Le gouvernement tchèque a la vie dure. A deux pas de prendre la présidence de l'Union européenne (UE), le 1er janvier 2009, l'équipe du premier ministre, Mirek Topolanek, doit se contorsionner pour adoucir les foudres lancées, du haut du Château de Prague, par celui qui est devenu leur adversaire de cohabitation : le colérique et europhobe président Vaclav Klaus.

Le ministre tchèque des affaires européennes, Alexandr Vondra, a fait ses assouplissements à Paris, mercredi 17 décembre, invité par le club Grande Europe. "Le drapeau européen est dans mon bureau", a précisé le ministre, un tantinet gêné. Et encore : "Le sentiment européen ne se mesure pas au nombre de drapeaux."

Cette histoire de drapeau européen est un vrai poison. Pour le président Klaus, qui se voit en "dissident de l'Europe", c'est le drapeau-qui-rend-fou. Il est le seul chef d'Etat de l'UE à l'avoir banni dans ses murs et refuse obstinément de le hisser sur le Château de Prague. Cela lui rappelle les drapeaux soviétiques, a-t-il dit, au temps du rideau de fer.

Dans l'enceinte du Parlement européen de Strasbourg, mardi, le président tchèque a été sévèrement taclé. "Ce n'est à l'honneur de personne d'agir ainsi", a dit M. Sarkozy. "Nous avons été blessés quand tous les drapeaux européens ont été retirés des édifices publics. (...) On ne traite pas ainsi les symboles européens."

Il faut dire que Dany Cohn-Bendit, chef du groupe des Verts au Parlement, n'avait pas arrangé les choses, début décembre. En visite à Prague avec les autres chefs de groupe et le président du Parlement, Hans-Gert Pöttering, il avait apporté un minuscule drapeau européen au président tchèque, "en cadeau", pour tester sa phobie. Le test avait été positif.

"VOUS N'ÊTES PAS SUR LES BARRICADES"

Le petit drapeau posé devant lui, Vaclav Klaus n'a pas supporté les questions du député sur ses positions européennes. M. Klaus : "Personne ne m'a jamais parlé ici sur ce ton ! Vous n'êtes pas sur les barricades de Paris !" Il se tourne vers M. Pöttering : "Pouvez-vous interrompre M. Cohn-Bendit et donner la parole à un autre député ?" M. Pöttering n'en fait rien. M. Klaus : "C'est incroyable. Je n'ai jamais vu autant d'insolence ici." M. Cohn-Bendit : "Forcément, c'est la première fois que vous me rencontrez ici." M. Klaus : "La manière dont M. Cohn-Bendit me parle, c'est exactement comme parlaient les Soviétiques." M. Pöttering : "Comparer l'Union européenne à l'URSS est inadmissible !"

A Strasbourg, M. Sarkozy a ajouté du poil à gratter dans la cohabitation tchèque en présentant M. Topolanek, contre Vaclav Klaus, comme le gentil de la pièce : "Je me réjouis que le premier ministre Topolanek ait le courage de ne pas se laisser emporter par ces tendances."La présidence tchèque commence bien.

Marion Van Renterghem (à Prague et à Strasbourg)

Article paru dans l'édition du 19.12.08.

17.12.2008

Les Tchèques présideront l'UE "sans complexe d'infériorité"

La présidence française de l'Union européenne (UE) touche à sa fin. Nicolas Sarkozy a participé à Strasbourg, mardi 16 décembre, à sa dernière session plénière du Parlement. Et il doit se résoudre, après avoir eu la haute main sur six mois de crises violentes, à passer le relais à la République tchèque, le 1er janvier 2009.

Le président tchèque Vaclac Klaus (à droite) et le premier ministre Mirek Topolanek, le 1er septembre 2006 à Prague.
AP/MICHAL KAMARYT
La Constitution n'est pas claire sur le partage des rôles dans les affaires étrangères entre le président tchèque Vaclav Klaus (à droite) et le premier ministre Mirek Topolanek, et cela promet quelques cafouillages.

Celle-ci aborde sa présidence dans des conditions difficiles : il lui faudra régler une crise institutionnelle (le non irlandais au traité de Lisbonne), alors qu'elle-même n'a pas encore ratifié le traité; une crise internationale (entre la Géorgie et la Russie), alors que le projet américain d'un radar antimissile sur le sol tchèque envenime les relations tchéco-russes; une crise financière et économique alors qu'elle-même n'est pas dans la zone euro.

Il lui faudra surmonter plusieurs handicaps. Le premier est l'attelage pour le moins saugrenu entre le président de la République, Vaclav Klaus, et le premier ministre, Mirek Topolanek. Le premier est le fondateur de l'ODS, le parti libéral-conservateur qui mène la coalition gouvernementale, dont le deuxième vient d'être réélu président. Ils se détestent. Peu avant la réélection de M. Topolanek à la tête de l'ODS, M. Klaus a quitté le parti.

La Constitution n'est pas claire sur leur partage des rôles dans les affaires étrangères et promet quelques cafouillages : ils pourraient venir l'un et l'autre à Strasbourg, en janvier 2009, pour la première session plénière du Parlement. Leur division fragilise le gouvernement : d'abord humaine, elle s'est incarnée dans leurs positions divergentes sur l'Europe et le traité de Lisbonne.

On en vient au deuxième handicap : la réputation de la République tchèque est entachée par son euroscepticisme. Elle est moins due à la population elle-même qu'à ses dirigeants et, surtout, au caractère extraverti du président Vaclav Klaus, constitutionnellement sans vrai pouvoir politique mais populaire et moralement influent. Il s'est fait une marque identitaire de ses tirades europhobes et de son opposition au traité de Lisbonne, qu'il tente de torpiller par tous les moyens.

M.Topolanek, eurosceptique et antifédéraliste, mais pragmatique et finalement acquis à la cause du traité, milite au sein de son parti pour le faire ratifier. Directement aux manœuvres, c'est lui qui conduit la politique étrangère du gouvernement et il entend coopérer pleinement avec l'Union européenne.

Le troisième handicap, dans un contexte international particulièrement difficile, est de tenir la présidence de l'UE sans bénéficier du poids politique d'un grand pays, sans faire partie de la zone euro et sans avoir ratifié le traité de Lisbonne, alors même que la Commission européenne arrivera en fin de mandat après les élections européennes de juin 2009.

"NOUS NE SOUFFRONS PAS DE COMPLEXE D'INFÉRIORITÉ"

Nicolas Sarkozy avait exprimé ses craintes et suggéré un moment de continuer à présider l'UE au niveau de la zone euro, au moins pour une année supplémentaire. Seule une présidence forte, avait-il pensé, a pu négocier avec Moscou sur la crise géorgienne, amorcer un plan commun de sauvetage des banques ou tenter, comme il vient de le faire sans succès, un plan de relance européen.

Les Tchèques n'ont pas apprécié. Ils ont trouvé inopportun, comme d'autres Etats membres de l'UE, de diviser en deux groupes cette Europe qui a déjà tant de mal à se fédérer. "Nous sommes peut-être petits, avait rétorqué, dans Le Monde, le ministre tchèque des affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, mais pour ce qui est des Russes, nous avons plus de savoir-faire que beaucoup d'autres, pour avoir vécu quarante ans avec eux. (…) Nous sommes en bonne position pour négocier avec les Russes."

Quelques jours plus tard, le premier ministre Mirek Topolanek nous avait donné son point de vue sur l'arrogance française : "La plupart des grands pays succombent à l'impression d'avoir une responsabilité plus importante que les autres. Mais les Tchèques sont un peuple fier et nous ne souffrons pas de complexe d'infériorité."

L'agacement a renforcé, au sein du gouvernement tchèque, la motivation de préparer une présidence exemplaire. Le gouvernement a pour cela travaillé activement avec la Commission et les Etats membres. M. Topolanek en fait un point d'honneur : "La présidence tchèque sera un succès."

Marion Van Renterghem

11.11.2008

Le programme Erasmus s'essouffle

LEMONDE.FR | 10.11.08 | 15h51  •  Mis à jour le 10.11.08 | 16h50

Vingt ans après le lancement du programme Erasmus, le nombre d'étudiants européens qui partent à l'étranger stagne. Il y avait cent soixante mille étudiants Erasmus recensés en 2006-2007, soit seulement 3,2 % de plus que l'année précédente. D'après une étude de l'agence Campus France, ce sont les derniers pays entrés dans l'Union européenne (UE) qui permettent de relever les statistiques.

Selon la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, sur les vingt-sept mille bourses Erasmus proposées aux étudiants français, quatre mille n'ont pas trouvé preneur en 2008. Par ailleurs, le nombre total d'étudiants français inscrits à l'étranger est passé de quatre-vingt-un mille à soixante et onze mille entre 2003 et 2006. La mobilité ne concerne qu'une minorité d'étudiants "initiés et aisés", reconnaît Mme Pécresse même.

Claire Guichet, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), explique ce recul par un manque de reconnaissance de la mobilité – beaucoup d'établissements ne valident pas les examens passés à l'étranger – et la complexité du système d'aides financières existant.

L'Union des étudiants d'Europe (ESU) souhaiterait la création d'un fonds européen pour la mobilité. Les montants varient selon les pays et les régions et sont souvent maigres. La France présidant l'UE, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche recevra les représentants des syndicats européens dans les prochaines semaines.

Depuis son lancement en 1987, le programme Erasmus a permis à un million cinq cent soixante-dix mille Européens de participer à des échanges universitaires. L'objectif fixé par l'UE de trois millions d'échanges d'ici à 2012 paraît difficile à atteindre.

Karine Lambin avec AFP

19.10.2008

Erasmus

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17.10.2008

Trois sommets en une journée pour Sarkozy

De nos envoyés spéciaux à Québec et à Bruxelles, Bruno Jeudy et Charles Jaigu 16/10/2008 | Mise à jour : 19:02 |
Jeudi, à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a recueilli le soutien des Vingt-Sept sur un nouveau Bretton Woods, avant de rejoindre le continent américain.
Jeudi, à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a recueilli le soutien des Vingt-Sept sur un nouveau Bretton Woods, avant de rejoindre le continent américain. Crédits photo : AFP

Le président français passera en coup de vent à la réunion des pays francophones au Québec. Motif : il a rendez-vous samedi soir avec George W. Bush à Camp David.

Trois sommets en vingt-quatre heures ! Nicolas Sarkozy a imposé son agenda aux dirigeants canadiens et québécois en réduisant au minimum sa présence sur place. Une spécialité du président français qui n'aime pas séjourner trop longtemps à l'étranger. Mais, avec la crise bancaire et financière, le président en exercice de l'Union européenne s'est surpassé, réussissant à caser trois sommets en une journée sans compter une rencontre avec George W. Bush dans la résidence de Camp-David.

Ce passage éclair au Canada n'est pas du goût de tout le monde. La presse québécoise critique un président français qui passe «en coup de vent» et regrette, à mi-mot, qu'il se fasse remplacer pour la suite du sommet de la francophonie par François Fillon, qui arrivera samedi matin.

Vendredi, le sommet Union européenne-Canada se résumera donc à un déjeuner. Deux heures plus tard, Nicolas Sarkozy enchaînera avec une rencontre bilatérale France-Québec. Ce moment sera marqué par une intervention du chef de l'État devant l'Assemblée nationale de la Belle Province, une «première» pour un président français, souligne-t-on à l'Élysée.

«Les mots seront très pesés», précise un conseiller de Nicolas Sarkozy. Il s'agit en effet d'effacer l'ambiguïté provoquée lors de la cérémonie dans un cimetière militaire canadien en Normandie. Nicolas Sarkozy avait alors donné l'impression que Paris se rapprochait d'Ottawa au détriment des indépendantistes québécois.

 

«Ça ne bouge pas assez»

Vendredi soir, il devrait enfin être présent pour l'ouverture du sommet de la francophonie. En présence de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, il prononcera un discours. L'occasion pour lui de mettre au centre des préoccupations de cette première réunion Nord-Sud depuis le début de la crise bancaire et financière son projet de refonte du capitalisme. On risque donc d'être bien loin de l'ordre du jour concocté initialement par Abdou Diouf, le président de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF).

Nicolas Sarkozy n'a jamais caché son peu de goût pour cette grande réunion internationale. En mai dernier, il avait invité l'OIF à «se saisir des grands défis mondiaux». En privé, il juge que «ça ne bouge pas assez». Le sommet de Québec fera pourtant une large part à la question du réchauffement climatique. Mais Nicolas Sarkozy ne sera plus là pour entendre les débats.

Le président de la République quittera Québec samedi à la mi-journée pour rejoindre Camp-David, dans le Maryland, où il a prévu de s'entretenir avec George W. Bush afin de le convaincre d'accueillir, au mois de novembre, à New York, un G8 élargi. Une décision que le président français a fait adopter par l'ensemble des pays européens. À Bruxelles, il s'est offert jeudi un petit moment de gloire. La presse européenne, qui apprécie peu Nicolas Sarkozy d'habitude, a salué cette fois-ci son efficacité. Malgré ce succès d'estime, la rechute des cours de Bourses dans toutes les places financières a quelque peu assombri le climat.

Le chef de l'État français et président en exercice de l'Union a redit sa conviction que l'Eurogroupe a «adopté la bonne stratégie» lors du sommet de Paris. «Il n'y aura pas de plan B», a-t-il lancé, avant de donner un coup de patte inattendu à Laurent Fabius, qui avait défendu l'idée qu'un plan B serait toujours possible en cas d'échec du référendum de 2005 sur une nouvelle Constitution européenne. «Le dernier qui a utiliséle “plan B”en France n'est quasiment plus là pour le porter !»

Avant de rejoindre le continent américain, Nicolas Sarkozy est reparti de Bruxelles avec, assure-t-il, le «soutien u-na-ni-me» de tous les partenaires européens pour lancer un nouveau Bretton Woods. Un moment, l'Élysée a même imaginé qu'il était possible d'organiser la nouvelle conférence mondiale dans cette petite ville du New Hampshire. «Mais il paraît que le seul hôtel du coin n'est pas adapté. Il organise des mariages», confie un conseiller du président.

12.10.2008

Nicolas Sarkozy prend la mesure de la crise

Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso, devant l'Elysée dimanche 12 octobre.
AP/REMY DE LA MAUVINIERE
Nicolas Sarkozy et José Manuel Barroso, devant l'Elysée dimanche 12 octobre.

Un conseil des ministres extraordinaire se tiendra lundi, dans l'après-midi à l'Elysée, pour apporter de nouvelles réponses face à la crise financière et sera suivi d'une déclaration solennelle du président Nicolas Sarkozy. Ce conseil des ministres - remplaçant celui de mercredi - aura lieu lundi à 15 heures, au lendemain du sommet de l'Eurogroupe programmé ce dimanche après-midi à l'Elysée. Interrogé sur cette décision alors qu'il recevait le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le premier ministre britannique Gordon Brown, M. Sarkozy a annoncé qu'"un certain nombre de mesures pour la France" seront annoncées.

Selon une source gouvernementale citée par l'AFP, l'Etat examinera à cette occasion un dispositif de "garanties interbancaires". La présentation d'un "collectif budgétaire", c'est-à-dire d'une version actualisée du budget en cours, n'est pas non plus "exclue". Le quotidien Le Parisien a affirmé, dimanche, que le gouvernement va présenter un collectif budgétaire "d'un montant de 30 à 35 milliards d'euros" pour intégrer dans le budget 2008 les dépenses déjà annoncées pour faire face à la crise, notamment l'aide aux PME (22 milliards d'euros), la sauvegarde de Dexia (1 milliard) et l'aide à la construction de logements (2 milliards). Une source parlementaire a ajouté que le gouvernement devrait notamment présenter un projet de loi visant à créer "un dispositif pour permettre d'accorder aux banques des prêts plus longs" via "un organisme ad hoc".

DES MESURES FORTES, MISES EN PLACE AU NIVEAU NATIONAL

L'information a été confirmée par la suite par le rapporteur de la commission des finances de l'Assemblée, Gilles Carrez, qui a cependant démenti toute modification du budget. "Il ne s'agit pas du tout de modifier le budget, ni d'un collectif budgétaire à proprement parler, a-t-il expliqué. On a besoin d'une loi pour mettre en place une garantie de l'Etat à un organisme qui sera chargé de lever des fonds pour aider les banques à faire face à leur besoin de refinancement". Selon M. Carrez, le projet de loi qui permettra la création de cette "structure juridique""dans le courant de la semaine".

"Aujourd'hui, cette structure existe, et elle porte déjà la participation de l'Etat dans Dexia. Afin qu'elle puisse disposer de tous les capitaux nécessaires (...) le gouvernement sollicitera du Parlement, par voie d'amendement au projet de loi de finances, la garantie explicite de l'Etat", a justifié M. Carrez, ajoutant que la structure créée par décret pourrait être "un établissement public ou une société anonyme". Actuellement, les banques centrales ne peuvent prêter qu'au jour le jour, en échange d'actifs. Le dispositif sur lequel travaillerait le gouvernement permettrait de faciliter l'attribution de prêts plus longs par un "organisme ad hoc".

La présidence de la République s'est contentée de renvoyer à la conférence de presse de M. Sarkozy, prévue à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe,pour plus de détails. Lors de ce sommet, les dirigeants des pays des la zone euro devront s'accorder sur une stratégie au niveau européen pour rassurer. Après l'échec de l'idée d'un fonds de sauvetage des banques calquée sur le plan Paulson américain, les Européens semblaient se diriger vers des mesures fortes, mais mises en place au niveau national. Outre les mesures qui se dessinent en France, l'Allemagne réfléchirait sérieusement à un plan de 400 milliards d'euros  incluant des garanties et l'entrée de l'Etat au capital de banques, alors que le Portugal a d'ores et déjà apporté, dimanche, une garantie pour les "opérations de financement" des banques à hauteur de 20 milliards d'euros.

08.10.2008

Traité de Lisbonne: l'Irlande prolonge le suspens

08.10.2008

Dublin ne devrait pas proposer de solution de sortie de crise avant le Conseil européen de décembre. C’est ce qu’a indiqué le ministre irlandais des Affaires étrangères, Micheal Martin, aux députés de la commission des Affaires constitutionnelles (AFCO) du Parlement européen, qui le pressaient d’exposer une solution concrète au problème irlandais.

«Nous n’avons pas encore eu suffisamment de temps pour mener un débat national.» Côté irlandais, le message est clair. Selon Micheal Martin, son pays ne sera «pas en mesure de proposer une solution lors du Conseil européen d'octobre étant donné que le processus de réflexion national n'est pas encore achevé».
Estimant qu’il serait contreproductif de prendre des mesures trop rapidement, il a d’ailleurs rappelé que le référendum irlandais s’était déroulé il y a quatre mois seulement.

En revanche, il a indiqué que le gouvernement irlandais préconisait plutôt une approche «pas à pas» en renforçant le consensus avec les partenaires européens. Il a tenté de rassurer les députés en précisant que le gouvernement irlandais ferait «de son mieux» pour «clarifier» la situation d'ici décembre. En un mot, comprendre les raisons du non et trouver les mesures adéquates.

Micheal Martin a indiqué que la commission des Affaires européennes du parlement irlandais avait créé un comité chargé d’examiner les raisons du non. Il devra faire des propositions d’ici fin novembre, qui seront présentées au Conseil européen des 11 et 12 décembre.

Lisbonne ou Nice?

Selon les récents rapports publiés dans les médias irlandais, la tenue d’un second référendum avant les élections européennes de juin 2009 semble très peu probable. Le scrutin risque donc de se dérouler sur la base du traité de Nice, qui fixe à 736 eurodéputés le nombre de députés élus, contre 751 pour le traité de Lisbonne.

Les eurodéputés favorables au traité de Lisbonne ont fait part de leur consternation. L’eurodéputé allemand, président de la commission des Affaires constitutionnelles, Jo Leinen, a déclaré que sa commission tenait à ce que le traité de Lisbonne soit ratifié par l’ensemble des 27 Etats membres avant les prochaines élections du Parlement européen. Il a également signalé que 24 pays membres l’avaient ratifié jusqu’ici et que les deux derniers –la Suède et la République tchèque– devraient sans doute le faire bientôt (Lire le dossier d’EurActiv.fr).

Interrogé par le député britannique Andrew Duff (ADLE), Micheal Martin a pourtant refusé d'indiquer une date pour un second référendum.

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source :  http://www.euractiv.fr/priorites-de-lue-elections/article/traite-lisbonne-irlande-prolonge-suspens-001123

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